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9 août 2006 3 09 /08 /août /2006 08:11



Retour aux sources
"Vous reprendrez bien un peu de latin", par Claude Terreaux.



Alors que notre société en pleine déliquescence, où fantaisie, rigueur et logique s'amenuisent, voit des pans entiers de son identité culturelle s'effondrer, Claude Terreaux nous propose son livre "Vous reprendrez bien un peu de latin" qui vient à point nommé.

L'auteur, professeur de lettres, entraîne son lecteur vers un retour aux sources, "sans ennui ni contrainte dans la langue latine qui fut le creuset de la langue française".
Ce traité, qui se veut à la fois pédagogique et divertissant, s'adresse aussi bien à ceux qui "au temps de leurs humanités" se sont penchés sur l'"Enéide" ou le "De Viris Illustribus" qu'à ceux, plus jeunes, qui n'ont jamais ouvert une grammaire Petitmangin.

Au fil de textes élégamment choisis, Claude Terreaux plonge son lecteur - j'allais dire:
son élève - dans les déclinaisons et les conjugaisons tout en lui permettant de découvrir, parmi bien d'autres merveilles, la poésie et le lyrisme de Lucrèce dans le "De Natura Rerum", le talent oratoire de Cicéron à travers "Les Catilinaires" ou la qualité du style de Tite-Live avec son histoire de Rome.

Au long de ses douze chapitres, dont il suffit de lire les titres pour naviguer dans une sorte de bonheur antique, l'auteur promène son lecteur dans une "visite aux Enfers" en compagnie de Virgile, lui fait côtoyer "la jolie servante Photis" dont Apulée décrit avec gourmandise la silhouette et l'art culinaire, lui permet de rencontrer les empereurs Claude et Néron et poursuit ce voyage avec des haltes chez Ovide, Lucain, César et les très inattendus Abélard et Héloïse qui, au XIIe siècle, s'écrivaient toujours en latin.

Ce livre est un véritable régal. Claude Terreaux, comme l'écrit son éditeur en quatrième de couverture, "a mis au point une méthode qui, à partir de textes de différents âges du latin, peut fournir au plus réfractaire des apprentis les clés de cette langue savante et savoureuse".


René SCHLEITER


"Vous reprendrez bien un peu de latin"
Claude Terreaux
Editions Arléa
Septembre 2002
210 pages
7,5 euros





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« L’Empire des dettes : A l’aube d’une crise économique épique » par William Bonner et Addison Wiggin
traduit par Marianne Véron


« Paul Morand : un évadé permanent »
par Gabriel Jardin


« Patriotisme économique : De la guerre à la paix économique »
par Bernard Carayon


« 77 ans d’enthousiasme »
par François Bluche


« 1788 : Essai sur la maldémocratie »
par Roger-Gérard Schwartzenberg


« Le conservatisme impossible. Libéraux et réactionnaires en France depuis 1789 »
par François Huguenin


« Etre de droite, un tabou français »
par Eric Brunet


« Du pouvoir dans la modernité et la post-modernité »
par Javier Barraycoa


« La raison des nations : Réflexions sur la démocratie en Europe »
par Pierre Manent


« Une brève histoire des mythes »
par Karen Armstrong


« Chroniques »
Par Jacques Perret


« Le gouvernement idéal et la constitution mixte au Moyen Age »
Par James M.Blythe


« Démocratie : le Dieu qui a failli » par Hans Hermann Hoppe

Harmonies économiques
par Frédéric Bastiat


« Place Beauvau »
par Olivia Recasens, Jean-Michel Decugis et Christophe Labbé


« Austerlitz – Napoléon, l’Europe et la Russie »
par Oleg Sokolov


« La barbarie intérieure : essai sur l’immonde moderne », de Jean-François Mattei

« Le Premier Sexe », par Eric Zemmour

« Le Pingouin », par Andrei Kourkov, traduit du russe par Nathalie Amargier

Trois ouvrages de Christian Jelen : « La famille, secret de l’intégration »

« Dictionnaire historique de l’islam », par Jeanne et Dominique Sourdel

« Comprendre le pouvoir stratégique des médias »

« Arrêt de mort »

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L’Europe malade de la Turquie

« Islam », de Bernard Lewis

Abrégé de « L’Action humaine, traité d’économie »

L’Homme nouveau dans l’Europe fasciste (1922-1945)

Les sept peurs

La main invisible des puissances…

Le sport contre les peuples

Entre empire et nations : penser la politique étrangère

La désinformation arme de guerre

Sociologie du communisme

Les secrets de la guerre économique

La Rebelle ?

Les islamistes sont déjà là

De Gaulle : la grandeur et le néant

Ce que nous voile le voile :

L’enlèvement

I.R.S. tome 6 : Le Corrupteur

La guerre des deux France

Le poids des armes

Quatrième guerre mondiale…

La guerre cognitive : l’arme de la connaissance

Infosphère et intelligence stratégique

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Guerre et contre guerre : survivre à l’aube du XXIe siècle

ETA, l’enquête

Mystique et Politique

Le choc des civilisations

Le Grand Échiquier

Marcel Gauchet, le fossoyeur des illusions

L’avant-guerre civile

L’été rouge de Pékin

Chirac et le déclin français

Le mythe du fossé Nord-Sud

Bas les voiles !

Les guerres préhistoriques

Petits suicides entre amis…

Un goût de cendres…

« Fausse route » : réflexions sur 30 ans de féminisme

Guerres contre l’Europe

La France qui tombe

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Rapporteur de guerre

Géopolitique : constantes et changements dans l’histoire

Qui veut tuer la France ?

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Actualité de Carl Schmitt

Plaisirs des sports

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La France en danger d’islam

L’ennemi à l’ère numérique

L'éclatement de la société française

"God bless Africa"

La France rebelle

La démission de la République : Juifs et Musulmans en France

Enquête au cœur de la censure

La puissance russe, un puzzle à reconstituer ?

BB, porte-parole de la « France d’en bas »

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Services secrets et géopolitique

"Les soldats de lumière" : une autre image du jihad

Un songe dans la nuit de l’hiver

La guerre ne fait que commencer…

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Les 20 ans du « Radeau de Mahomet »

Contre l’historiquement correct

La guerre asymétrique

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Les multinationales américaines en guerre contre l'Europe


Le roman de Saint-Pétersbourg

Ils vont tuer le capitalisme !

Islam : la République aveugle

Houellebecq, en fait…

La lenteur coupable de la justice

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L'imposture écolo-médiatique

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Quand gestion rime avec tradition

Enquête sur la construction d’un homme et de son empire

Encore trop off pour être honnête

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Contre la république à la française

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9 août 2006 3 09 /08 /août /2006 08:10


Chirac et le déclin français

Régulièrement, des ouvrages, des articles de presse ou des campagnes électorales nous vendent le thème du « déclin français »,
 
 thème récurrent propre à réveiller notre ego blessé de vieux Gaulois, mais dont l’annonce n’est pas toujours pertinente, ne serait-ce que par manque de recul à l’égard des profondes mutations en cours.

Yves-Marie Laulan, l'auteur de ce « Jacques Chirac et le déclin français », est plus convaincant. Il dresse ici en économiste et non en doctrinaire un état des lieux volontairement catastrophique de l'état de la France sur les trente dernières années, ces « Trente Piteuses » (Nicolas Baverez).

Dans une première partie, Y.-M. Laulan analyse froidement les différents aspects du déclin français.

Déclin économique en premier lieu,
en raison de l’étatisme qui constitue une véritable et étouffante « exception française ».
Dans ce domaine, le déclin culmina dans les années 90 lorsque le chiffre record de trois millions de chômeurs a été atteint.

Déclin militaire ensuite :
le budget de la Défense est passé de 3,7 % du PIB en 1991 (au moment de l’explosion définitive de l’URSS et avant la première Guerre du Golfe) à 1,96 % du PIB en 2001 (année qui nous trouva fort dépourvus lorsque le terrorisme de masse fut venu…). Plus grave encore que ces données macroéconomiques, l'armée française se retrouve, aujourd’hui encore même si un réveil semble se produire, dépourvue de toute doctrine stratégique ou même tactique.
Avec la multiplication des opérations extérieures sous mandat international, l'armée française s'enlise dans des opérations financièrement coûteuses (y compris du fait de l’usure des hommes et des matériels), politiquement dangereuses, militairement inefficaces (Kosovo, Bosnie, Afghanistan).
 Et dans tous les cas de figure, assez peu en prise avec l'intérêt national, comme le démontre jusqu’à un passé très récent le rôle attribué à la France, au mieux, de « brillant second » des Etats-Unis.

Déclin diplomatique en troisième lieu.
 Puissance moyenne durant la Guerre froide, jouissant d'un prestige certain dans le monde arabe et en Afrique, la France n'a pas su intégrer la nouvelle donne géopolitique issue de la disparition de l'U.R.S.S. et de la réunification allemande.
La France perd pied en Afrique face à l’agitation anglo-saxonne, et l'Allemagne retrouve son rôle de leader naturel en Europe centrale et orientale.
Paris s'est fait pendant trop longtemps le chantre des interventions humanitaires à l'étranger, « droit d'ingérence » oblige, au nom de la défense universelle des Droits de l'Homme (eux-mêmes universels).
 Politique aussi naïve que contre-productive, qui (contrairement à celle des Etats-Unis, champions d'hypocrisie en la matière) ne constitue même pas un alibi à nos intérêts bien compris.

Déclin démographique encore.
La chute de la natalité entraîne le vieillissement de la population.
 Or, une population vieillie manque d'audace, ne fait preuve d'aucune initiative.
On peine à suivre Yves-Marie Laulan lorsqu'il rend la loi Veil et le PACS responsables du déclin de la natalité au motif que mariage et fécondité iraient de pair.
Ceci dit, l'auteur aborde la question de l'immigration sans a priori ni préjugés.
Il stigmatise une politique de l'immigration qui, par les naturalisations menées sans discernement et par le regroupement familial, a abouti à fabriquer des ghettos où les jeunes « immigrés », même titulaires de la nationalité française, ne se sentent pas français.
À rebours du « politiquement correct », l'auteur n'hésite pas à établir un lien entre immigration et violences urbaines. Nullement xénophobe, il déplore que les jeunes issus de l'immigration refusent de s'assimiler à la nation française.

Déclin politique également de la France.
 Laulan voit dans la montée de l'abstentionnisme la conséquence logique du discrédit de nos élites, embourbées dans les affaires de corruption.
 En outre, les trois cohabitations, en diminuant le rôle du Président de la République, ont contribué à affaiblir les institutions de la Vème République.

Déclin de la société enfin.
L'auteur dénonce la montée de l'insécurité, consécutive au déclin du civisme,
 insécurité qui touche essentiellement les personnes les plus faibles et les plus démunies.

La seconde partie de l'essai est consacrée à Jacques Chirac, en tant qu’acteur omniprésent de la vie politique française depuis 1974.


Pour Laulan,
Chirac a contribué au déclin de la France en liquidant ce qui restait du gaullisme en 1974, lorsqu'il soutint Giscard au détriment des derniers gaullistes regroupés derrière Chaban-Delmas.
 
Devenu Premier Ministre, Chirac fit adopter deux mesures lourdes de conséquences pour l'avenir de la France :
         la réforme Haby et l'institution du collège unique,
 
triomphe de l'égalitarisme au détriment de l'élitisme républicain,
 
2°         le regroupement familial à l'origine d'une immigration mal contrôlée dont nos banlieues payent aujourd'hui - et pour longtemps encore - le prix fort.
 

Devenu Premier Ministre de Mitterrand,
 
Chirac contribua à miner la Vème République en acceptant le principe de la cohabitation,
 
 et son ralliement définitif à l'Europe fédérale acheva de dissoudre la France dans une vaste fédération européenne.

Devenu Président en 1995 à l'issue d'une campagne d'une rare démagogie, l'ayant opposé à son ami de trente ans, Edouard Balladur,
Chirac multiplia les erreurs par Premier Ministre interposé (Alain Juppé), ceci jusqu'à la calamiteuse dissolution de 1997.
 

Yves-Marie Laulan ne se lasse pas d'énumérer les bourdes du chef de l'Etat dans ces années 1995/97 : reprise des essais nucléaires concomitant au 50ème anniversaire d'Hiroshima, repentance forcenée pour les « crimes » du colonialisme, leçons de démocratie données au président
 
Poutine, excuses faites à la communauté juive au nom de la France pour la déportation du Vel d'Hiv (ce qui revenait à assimiler la France à Vichy et non à de Gaulle)...

L'essai s'achève sur un portrait peu flatteur sur l’homme Chirac, décrit comme un homme sympathique certes, ayant du cœur, hyperactif et chaleureux, mais terriblement superficiel et creux, inconséquent et arriviste.

Pas intellectuel pour un sou, dépourvu de toute idée et a fortiori de toute conviction politique, opportuniste absolu, il serait capable de récupérer n'importe quelle idée pour progresser dans les sondages.
 
 Qui se souvient du thème de la fracture sociale grossièrement « piquée » à Emmanuel Todd (à la juste fureur de ce dernier d'ailleurs) ? Relooké par sa fille Claude, Chirac a compris parmi les premiers que l'apparence comptait plus que l'essence, le « look » que les idées.

Au total, le constat que dresse l’ancien membre du RPR qu’est Yves-Marie Laulan est que Jacques Chirac laisse derrière lui le vide absolu. Est-il directement responsable du déclin de la France, lui qui occupe la scène politique depuis trente ans ?
 
 Même pas répond l'auteur !
 
Chirac est moins la cause du déclin français que son symptôme.

Publié en 2001, donc avant la réélection à plus d’un titre étonnante de Jacques Chirac, et ayant inspiré pour une grande part le récent et médiatique essai de Nicolas Baverez sur le même sujet, « Chirac et le déclin français » est un livre engagé, parfois contestable - surtout avec le recul - mais toujours utile. En creux, il souligne l’immense responsabilité d’une certaine « droite honteuse » dans l’affaissement du pays.
 
Et l’extraordinaire capacité de survie et de rebonds des hommes politiques.


Y. L.
Envoi internet
23/10/2003


« Jacques Chirac et le déclin français (1974/2002 : Trente ans de vie politique, premier bilan) » d’Yves-Marie Laulan, François Xavier Guibert éditions, novembre 2001, 235 p., 18,29 euros.

 

 

 

 

 






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9 août 2006 3 09 /08 /août /2006 08:09



« Quelle époque peut mieux que la nôtre comprendre l'inquisition médiévale à condition que nous transposions le délit d'opinion du domaine religieux au domaine politique ? » (Régine Pernoud).

Pour qui aime l'histoire, ce livre remplit bien son office. L'auteur,
Jean Sévillia, est journaliste et critique littéraire.
Rédacteur en chef adjoint au très conformiste Figaro Magazine, il sait de quoi il parle quand il rappelle que « le débat public fait constamment référence à l'histoire » et que « les hommes de presse, les polémistes, les gardiens sévères de la bienséance intellectuelle et, en tout cas, les policiers de la pensée cadrent leurs propos par rapport à des représentations du passé qui sont fausses… ». Il fustige les manuels scolaires en réhabilitant le fait historique et en le dépouillant de toute idéologie marxisante. Ne pouvant être exhaustif il limite son étude à « dix-huit points chauds » de l'histoire française et européenne.

Il entre tout de go dans l'histoire avec la Féodalité dont il désamorce un certain nombre de légendes telles que celle du droit de cuissage et surtout rétablit des concepts fondateurs comme celui, élémentaire mais primordial, de l'instauration de la royauté et de la nation par les Capétiens. Il bat en brèche cette vieille antienne chantée encore aujourd'hui aux jeunes Français lors de la Journée d'appel à la préparation de la défense : « La France commence en 1789 ».
Les Croisades : que de choses ont été écrites à leur sujet ! Aujourd'hui, il est de bon ton chez les humanistes de les considérer comme « une agression perpétrée par les Occidentaux violents et cupides à l'encontre d'un Islam tolérant et raffiné », alors que, si l'on en croit Sévillia, les Croisades sont tout bonnement une riposte à l'expansion militaire de l'Islam et une réplique à l'implantation des Arabes et des Turcs en des régions berceaux du christianisme. Cette considération partisane, pense-t-il, ne fait qu'alimenter la culpabilisation de l'Occident vis-à-vis de l'Orient dans le contexte colonialiste.

Un long chapitre est consacré aux rois catholiques d'Espagne et à l'Inquisition.
On cite souvent Torquemada comme le modèle de l'intolérance et de la cruauté ;
 l'auteur, quant à lui, soutient que l'Inquisition au XVe siècle évolue dans un contexte très particulier propre à l'Espagne :
 « Torquemada n'est pas le fruit du catholicisme mais le produit d'une histoire nationale ».
Toujours selon lui, et contrairement à une croyance bien ancrée, l'antisémitisme qui règne en Espagne au temps d'Isabelle la Catholique n'est nullement du fait de la reine mais des masses populaires qui reprochent aux juifs (air connu !) d'être « puissants, arrogants et accapareurs des meilleures places ». Leur expulsion en 1492 aurait une tout autre raison que celle, simpliste, qui est généralement présentée.

Revenant en France, Sévillia prend la défense de l'Ancien Régime contre les instructions de l'Education nationale.
Il trouve comme une forme de paradoxe que, durant leur scolarité, les Français ont fort peu l'occasion d'entendre parler du Grand Siècle en cours d'histoire et, quand on leur en parle, c'est toujours sous le couvert de l'absolutisme et de l'obscurantisme. Pourtant, dans l'esprit de ces mêmes Français, l'Ancien Régime est bien vivant : ils adorent aller au théâtre voir jouer Molière, ils sont fous de la musique baroque, ils envahissent les monuments lors des Journées du patrimoine, etc.
Comment comprendre, se demande l'auteur, que ces chefs-d'œuvre sont le fruit de l'intelligence et de la sensibilité d'une société qui aurait été hébétée par la servitude résultant de l'absolutisme ? Il a toute une série de réponses, fort séduisantes et convaincantes, sur la réalité de cet absolutisme dont le terme même a été forgé par la Révolution.

Sévillia dénonce la vision angélique que nos républicains modernes ont de la Révolution et de la Terreur en considérant la décennie 1790 comme un passage de l'absolutisme à la liberté, la Terreur ne constituant qu'un accident de parcours. Lui, il voit les choses différemment : « Conduite au nom du peuple, la Révolution s'est effectuée sans le consentement du peuple et souvent même contre le peuple ».
Une révolution en chassant une autre, l'historien traverse à pas de géant le XIXe siècle, alors qu'il aurait eu beaucoup à dire sur le Ier Empire et Napoléon fort délaissés par l'Education nationale, et aboutit à la Commune de 1871 dont il place avec clarté les origines dans la nostalgie de 1792 et les souvenirs de 1830 et 1848. Sa question :
 « Qui est responsable de cette tache sanglante dans l'histoire de France ? Est-ce le républicain Thiers, qui laisse ses troupes mener sans discernement la répression, ou bien sont-ce les communards, dont l'utopie était porteuse d'une violence que plus personne n'ose rappeler ? ».

Tout naturellement, la Commune, phase préparatoire de la IIIe République, amène l'auteur à s'intéresser à la question ouvrière au cours de l'industrialisation du XIXe siècle. Une fois encore, il dénonce un postulat républicain largement répandu dans les manuels scolaires en démontrant par les faits l'absurdité d'une idée bien installée selon laquelle seuls les socialistes ou les révolutionnaires auraient pris en charge le monde ouvrier.
Rien n'est plus faux, dit-il : il suffit de faire l'inventaire des lois et des œuvres sociales ou de charité pour se convaincre qu'elles furent prises ou créées le plus souvent par des politiques ou des entrepreneurs catholiques.
Pour rester dans ce siècle avant de basculer dans le deuxième millénaire, l'abolition de l'esclavage, grande victoire de la IIe République, n'échappe pas à la loupe de Sévillia.
À l'issue d'un long rappel historique, il conclut sur ce sujet par cette phrase laconique : « Qu'un magazine d'histoire, dénonçant un “tabou français”, publie les vrais chiffres de la traite des Noirs, c'est une démarche très légitime.
Cependant, il ne serait pas moins intéressant de connaître les vrais chiffres de la traite des Noirs par les musulmans ».
 
Parmi les plus « chauds » sujets choisis par l'auteur apparaît l'Affaire Dreyfus. Il nous en livre une exégèse toute personnelle et fort intéressante. Selon lui, l'antisémitisme n'explique pas seul l'Affaire Dreyfus.
 Il va même jusqu'à écrire que « si l'accusé de 1894 n'avait pas été juif, il y aurait quand même eu une Affaire Dreyfus ».
En effet, il fait intervenir dans cette alchimie d'autres éléments, notamment le radicalisme naissant, l'antimilitarisme de gauche et l'anticléricalisme, sujets interactifs qu'il développe.

« Ce n'est pas Hitler qui a engendré le nationalisme allemand ».
Au risque de passer pour un iconoclaste, Sévillia dénonce trois raisons à ce nationalisme exacerbé :
les énormes pénalités du Traité de Versailles, la stratégie exclusivement défensive conçue par l'état-major français en 1929 et le pacifisme des quarante-deux cabinets ministériels (!) en vingt et un ans.

L'entre-deux-guerres aura été la période du fascisme florissant, avec l'Italie et l'Allemagne et, par voie de conséquence, de l'antifascisme.
 Ce dernier naît en France de toutes pièces le 6 février 1934 quand la République entre en crise et que l'imaginaire politique de la gauche craint « le danger fasciste contre lequel doivent s'allier les forces de progrès ».
 Sévillia insiste bien sur le fait que le fascisme français des années 1930 représenté par les ligues et quelques petits partis sans aucune envergure est un mythe que la gauche utilise pour mieux combattre ses adversaires.

L'auteur traite les années 1940-1945 d'une façon inhabituelle mais intéressante. Ne voulant pas se plier à la règle qui veut qu' « aujourd'hui tout concourt à appréhender prioritairement l'étude de la seconde guerre mondiale par le récit des malheurs juifs », il préfère considérer que « sur le plan historique, cette tragédie est survenue à l'occasion d'un conflit mondial dont les enjeux n'engageaient pas que les juifs ».
 
 Après un rappel des événements survenus entre le 10 mai et le 10 juillet 1940, Sévillia analyse la période des quatre années suivantes selon un découpage thématique :
Vichy n'est pas un bloc ; La tragédie juive : qui est responsable ? ; De Gaulle : de la révolte à la victoire ; Contre les Allemands, des hommes de tous les camps ; Vérités et légendes de la résistance ; Résistants de droite et collaborateurs de gauche.
Pour ce qui concerne la tragédie juive, l'auteur est mesuré dans ses observations : « S'il n'y a pas une faute collective de la France comme l'a affirmé Jacques Chirac le 16 juillet 1995, ses racines plongent jusqu'à la IIIe République ».
 
 « Les Français ne sont pas les antisémites que décrit une certaine légende noire », ce qui apporte un démenti à tout ce qui peut être dit sur cette tragédie dans les manuels scolaires et, plus généralement, dans les médias.

Quant à la Résistance et à la Collaboration, Sévillia réduit à néant le manichéisme habituel d'une gauche résistante et d'une droite collaborationniste en s'appuyant là encore sur des faits et en donnant des exemples de personnalités attachées à l'un ou l'autre camp.
Vers la fin de son livre, l'auteur s'intéresse, d'ailleurs avec une certaine sympathie, à la personnalité du pape Pie XII dont l'attitude pendant la guerre est très controversée.
 
 Pour les uns, il n'aurait été que le complice tacite du régime national-socialiste en restant silencieux face au martyre juif dont il aurait eu connaissance ; pour d'autres, il aurait été à la fois favorable aux Alliés et secourable aux juifs en organisant le sauvetage de certains d’entre eux. Sévillia, lui, se dit appartenir au camp de ses défenseurs et s'appuie pour cela sur les archives du Vatican que le pape Paul VI fit ouvrir en 1963 pour faire justice des accusations lancées contre Pie XII.
On pourra regretter que l'auteur n'ait pas poussé plus avant sa recherche sur la véritable attitude du pape puisque, écrit-il, « Pendant la guerre, ni Roosevelt, ni Churchill ni le général de Gaulle n'ont publiquement accusé l'Allemagne nazie d'exterminer les juifs ».

Jean Sévillia a atteint son objectif.
Puisse son livre être lu ! Fort d'une documentation sérieuse, il a la vivacité et la concision d'une œuvre journalistique, la précision et la clarté du travail de l'historien.

Cependant, on peut reprocher à Jean Sévillia, bien qu'il s'en défende, de ne pas s'être suffisamment extrait de la Pensée unique et du Politiquement Correct (environnement oblige !).
 Alors qu'en sa qualité de journaliste, il ne peut l'ignorer, il omet - et en cela il demeure "Historiquement Correct" - de citer tout l'arsenal répressif qui a été mis en place pour protéger une certaine histoire officielle et interdire certains écrits.
Ainsi il a passé sous silence les annulations administratives de thèses et de mémoires universitaires, comme à Nantes ou à Lyon, et bien sûr la loi Fabius-Gayssot du 13 juillet 1990, loi dite « sur la liberté de la presse » qui entrave dans les faits la liberté de recherche historique.


René SCHLEITER
©POLEMIA
4 mai 2003


Jean Sévillia, « Historiquement Correct/Pour en finir avec le passé unique », Perrin, 2003, 456 pages, 21,50 euros.








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« L’Empire des dettes : A l’aube d’une crise économique épique » par William Bonner et Addison Wiggin
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Le 25 Mai 2006

 

Qui, aujourd'hui en France, ose dire :
« Je suis de droite » ?
Quel artiste ?
Quel journaliste ?
Quel enseignant ?
Quel fonctionnaire ?

S'affirmer de droite dans un pays, pourtant majoritairement de droite, expose au risque d'être taxé au mieux de réac,
 éventuellement de facho, ce qui est rédhibitoire. Cet ostracisme remonte à la Libération. Dans la plupart des lieux publics il est de bon ton et plus payant de revendiquer son appartenance à la gauche.
Etre de droite demeure dans de nombreux cas une maladie honteuse.

Dans ce pamphlet caustique, l’auteur, journaliste à France 3 et auteur de « La Bêtise administrative et 60 millions de cobayes »,
 
 a voulu briser l'omerta et décrypter les codes, les hypocrisies et les mythes d'un tabou très français. Il a poussé la porte des « lieux interdits à la droite ».
Il a rencontré des « clandestins idéologiques » qui ont été mis à l'écart pour leurs opinions politiques,
jusqu'à voir leur vie sociale et parfois privée brisée parce qu'ils n'étaient pas de gauche.
 Un voyage stupéfiant dans une France bloquée et sectaire.


Georges Lenormand
© Polémia
22/05/06


« Etre de droite, un tabou français », par Eric Brunet, Albin Michel, déc. 2005, 269 p.

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9 août 2006 3 09 /08 /août /2006 07:48


« Le Premier Sexe », par Eric Zemmour

Il est possible d’être journaliste au « Figaro » et anticonformiste. Eric Zemmour en a déjà apporté la preuve. Il récidive dans un court pamphlet incisif et iconoclaste : «Le Premier Sexe».

La thèse est simple : le « deuxième sexe », décrit il y a plus d’un demi-siècle par Simone de Beauvoir, est devenu le premier. Et même le seul. « L’homme est une femme comme les autres » et « le père… une mère comme les autres ». Audiard, Ventura et Gabin sont morts et Michel Blanc incarne le nouvel idéal masculin. On est passé du monde du « Clan des Siciliens » à celui de « Trois hommes et un couffin » ou de « Je vous trouve très beau ». Les causes de cette mutation radicale sont nombreuses.

La plus lointaine remonte à la grande ordalie de 1914 qui a dévalorisé les valeurs guerrières par sa débauche d’offensives vaines et d’héroïsme inutile. Dans la foulée, les femmes ont découvert l’usine et le féminisme. Et le féminisme l’arme absolue en disqualifiant le « macho ». L’idéologie 68, « peace and love », a permis une nouvelle avancée des valeurs féminines. Et le capitalisme, puissante machine créant et vivant de l’indifférenciation, y a trouvé son compte ; les femmes sont devenues des producteurs comme les autres, tirant le coût des salaires à la baisse ; et les hommes des consommateurs comme les autres, créant de nouveaux débouchés aux multinationales de la fringue et de la frime. Les pygmalions du monde nouveau sont les homosexuels – pardon : les gays – et les images qu’ils véhiculent à travers la mode et la publicité façonnent les esprits et dévirilisent les hommes. L’homme moderne, ouvert à la publicité, s’épile, se pomponne, se parfume, s’achète des dessous et des bijoux et tout ça c’est bon pour la croissance !

Les conséquences de cette évolution sont nombreuses. C’est l’affaiblissement, sinon la disparition, du modèle masculin traditionnel : l’individu combatif, conquérant, courant des risques. Le sentimentalisme remplace l’énergie, l’émotion, la raison, la compassion, le conflit.

Sur les ruines de l’individu s’érige une nouvelle valeur : le couple. La société vit à l’ère de la « couplisation » éphémère qui prend la place de la famille inscrite dans la lignée de l’hérédité et de l’héritage. Dès qu’ « il y a un problème dans un couple », il se brise au détriment de la famille et des enfants. Dans cette société féminisée, où le « couple » est l’alpha et l’oméga de la vie sociale, il y a « de plus en plus d’enfants sans pères et donc sans repères ».

Dans cette société féminisée, la politique, qui est conflit, qui est combat (la distinction ami/ennemi, chère à Carl Schmitt), s’éloigne de son champ d’origine. Le vote n’est plus utile, il est futile. Longtemps « macho », Jacques Chirac devient et redevient président de la République, en se coulant dans la communication soft et conforme que lui prépare sa fille. Les priorités de son quinquennat sont la lutte contre le cancer, la lutte contre l’insécurité routière, la lutte contre le handicap, bref, un « beau programme pour président du conseil général ».

Cette évolution (involution ?) produit aussi une perte de dynamisme de la société qu’Eric Zemmour attribue moins au vieillissement qu’à la féminisation : car la femme conserve, elle ne crée pas, elle ne transgresse pas. L’érection (si l’on ose dire) du « principe de précaution » en principe central de la société ne va pas, il est vrai, dans le sens de l’innovation et de la rupture !

Dernier point soulevé par Eric Zemmour, la persistance de modèles masculins chez les minorités ethniques et religieuses. Ainsi « Le jeune Arabe est le non-dit le plus lourd de la société française » car « il appartient à un univers ou les hommes ne sont pas féminisés ». L’auteur retrouve ici une thèse développée par Alain Soral dans « Misères du désir ». Eric Zemmour voit même dans l’agression dont furent victimes de la part de Noirs et d’Arabes des jeunes Blancs, lors de la manifestation lycéenne du 8 mars 2005, une conséquence de la féminisation : pour lui c’est moins comme « riches » ou comme « blancs » qu’ils furent tabassés que comme « jeunes hommes gonzéifiés et méprisés ». C’est aussi à travers la féminisation de la société qu’Eric Zemmour interprète la crise identitaire des « jeunes juifs des quartiers populaires » qui « ont, eux aussi, trouvé une virilité par procuration, ils sont sionistes ». Eric Zemmour n’en parle pas, mais il y a aussi d’autres groupes de jeunes hommes blancs virils ou machos : skinheads, supporters de foot, militants d’extrême droite, mais ceux?là sont, il est vrai, d’autant plus marginalisés qu’ils sont l’objet d’une répression très sélective.

Au terme de l’ouvrage on s’interroge avec l’auteur sur les suites possibles du phénomène ainsi décrit : la disparition programmée par crise démographique et crise d’énergie d’un peuple français féminisé ? Son remplacement par les minorités ethniques restées viriles ? Un réveil progressif des modèles masculins, comme on l’a vu aux Etats-Unis où l’idéologie cow-boy remplace progressivement le féminisme des années 70 ?

Le livre d’Eric Zemmour irritera beaucoup. Il n’est exempt ni de parti pris, ni de contradictions. Mais il pose de vraies questions. Et il réhabilite un genre littéraire bien viril : le pamphlet.


Andrea Massari
© Polémia
10/03/06


Eric Zemmour, « Le Premier Sexe », Denoël.



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9 août 2006 3 09 /08 /août /2006 07:35

Après avoir sous-estimé en 2002 le vote en faveur de Jean-Marie Le Pen, certains sondeurs et politologues

 

le situent aujourd'hui à un niveau élevé.

 
C'EST un bruit qui se répand comme une traînée de poudre dans le monde médiatico-politique parisien.
 Et si Jean-Marie Le Pen dépassait en 2007 le score de 16,86% obtenu en 2002 ? Derrière cette crainte, il y a le spectre du 21 avril.
 Et si le Front national était une nouvelle fois en mesure de se maintenir au second tour ?
Pourtant, les sondages publiés, s'ils montrent un FN à un niveau élevé, n'atteignent pas ces sommets. Selon les instituts, il recueille, sur les six derniers mois, entre 9 et 15% des intentions de vote, quand les deux principaux candidats de l'UMP et du PS, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, dépassent les 30%.
 
L'état-major du FN lui-même entretient la rumeur, en prédisant, un an avant le scrutin, un score de 20% pour son président.
Selon Dominique Reynié, professeur de sciences politiques, «beaucoup de sondeurs enregistrent des résultats bruts, non corrigés, à un niveau très élevé». Il avance deux explications :
soit une «poussée considérable» du vote FN, soit la banalisation du vote d'extrême droite, les électeurs étant désormais suffisamment «décomplexés» pour afficher leur vote devant les sondeurs. Sans oublier un élément susceptible de troubler la lecture des enquêtes :
 «Les électeurs sont de plus en plus habitués aux sondages et utilisent leur réponse, voire la contrefont, pour faire passer un message de mécontentement ou imposer des thèmes de campagne
 
Les sondeurs sont partagés, mais tous démentent que les scores bruts du FN soient redressés à la baisse.
Pour Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département opinion de l'Ifop, au-delà des sondages d'intention de vote,
«le potentiel électoral du FN est élevé» parce que ses thèmes de prédilection rencontrent désormais une adhésion importante, qu'il s'agisse de l'immigration, de la demande d'autorité ou de la défiance vis-à-vis de la classe politique.
Selon lui, à dix mois des élections, «25 à 30% des électeurs qui disent avoir déjà voté par le passé pour le FN se portent sur Nicolas Sarkozy».
 
La répartition entre Sarkozy, Villiers et Le Pen
 
Or, le président de l'UMP est à un niveau très élevé composé de l'électorat traditionnel UMP, d'une partie du vote UDF, auxquels s'ajoutent des électeurs qui oscillent d'un scrutin à l'autre entre droite et extrême droite. Le conservera-t-il intact jusqu'au scrutin ?
Toute la question, pour Jérôme Fourquet, est de connaître «la clé de répartition de cet électorat, le jour du vote, entre Nicolas Sarkozy, Philippe de Villiers et Jean-Marie Le Pen».
Notant qu'en 2002, le président du FN avait fortement progressé dans la dernière ligne droite après avoir stagné bien en dessous des scores qu'on lui attribue aujourd'hui, il estime qu'en théorie, «6 à 7 points» peuvent basculer en faveur de Le Pen. C'est par ce calcul que l'on en arrive au score de 20% qui fait figure de chiffon rouge et permet aux partis d'appeler au vote utile.
 
Brice Teinturier, directeur général adjoint de la Sofres, prône la plus grande prudence et dénonce «le jeu politique et médiatique qui consiste à dire que le FN serait sous-estimé» par les instituts de sondage, «alors qu'il a été correctement apprécié aux régionales et aux européennes» grâce à des «mécanismes correcteurs».
 «Nous le mesurons à 15 parce qu'il est à 15», affirme Stéphane Rozes, directeur du département Opinion de CSA, pour qui «il n'y a pas de loi mécanique» permettant de déduire que Le Pen enregistrerait une même progression dans les six derniers mois de la campagne qu'en 2002.
Certes, selon son institut, le FN est passé de 9 à 15% en six mois «mais en aucun cas on ne peut prolonger la courbe» faute de connaître la vraie liste des candidats et le contexte de la campagne.
 Le M. Sondages du PS, Gérard Le Gall, se moque de «ceux qui, n'ayant rien vu en 2002, veulent être les premiers à voir les mouvements aujourd'hui mais ne savent pas grand-chose».
 
 

 

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9 août 2006 3 09 /08 /août /2006 07:24


L’enlèvement

« Comme la beauté du monde sensible naist de l’ordre qui s’y observe et se forme de la iuste situation et du mouvement régulier des pièces de cette admirable machine, ainsi dans le train des choses morales et le cours de l’humaine société, la perfection consiste en ce que chaque partie garde le rang qu’elle y doit tenir et accomplit les fonctions qu’elle y doit faire.
En effet, quand les hommes s’attachent invariablement à leur devoir et s’efforcent de remplir les obligations sous lesquelles ils viennent ou prennent place dans le monde, il n’y a point d’harmonie si excellente en la nature ».
Cet extrait d’un texte de 1638, « Le Parfaict Capitaine », ouvrage de chevet et plus encore guide d’un personnage de même grade de « L’Enlèvement », constitue à lui seul la trame et le prétexte à ce roman âpre, sombre et haletant.
 Car il s’agit bien d’un ouvrage sur le devoir, où « l’on fait ce que l’on doit parce qu’on se doit d’abord à soi-même » (Dominique Venner, « Le cœur rebelle »), et où ce sont des principes, davantage que des calculs ou même des choix, qui guident l’action. La difficulté étant bien sûr, non pas tant de faire son devoir, mais de savoir où il se trouve.
En ce sens, « L’enlèvement » est peut-être moins un roman qu’une tragédie, surtout lorsqu’elle s’inscrit et entre en résonance avec l’un des épisodes les plus tragiques de notre passé immédiat : l’écrasement du « vouloir vivre » serbe par l’OTAN au cours de la dernière décennie du XXe siècle.

On sent bien que le slave orthodoxe Volkoff a souffert dans sa chair et dans son âme de ce qu’il faut bien appeler le martyr de la Serbie :
 cette brûlure justifie à elle-seule l’ouvrage ; elle le traverse de part en part.
 « L’enlèvement » constitue ainsi l’un des romans, sans doute pas le plus réussi au sens technique du genre et du style, mais sans doute l’un des plus personnels, utiles et convaincants de l’œuvre déjà conséquente de Vladimir Volkoff, ce « maître du thriller géopolitique et métaphysique » (Christophe Derkerke, « Relève politique » n° 5, printemps 2004).

De quoi s’agit-il ?

Du projet d’enlèvement de Vladimir Knezevitch, président de la république du Monterosso élu avec un score chiraquien et qui, pour défendre les libertés multi-séculaires de son peuple et refuser l’occupation musulmane d’une partie de son territoire, rejette le statu quo imposé par la « communauté internationale » - c’est-à-dire l’occident américanisé.
 L’affaire réussira, bien sûr, mais non sans mal, et non sans bouleverser en profondeur les différents protagonistes du drame :
Knezevitch bien sûr, héraut populaire en quête de rédemption personnelle ; l’ex-KGBiste Goloubinsky, reître cherchant une cause à défendre ; l’honorable correspondant Sacha, que le lecteur retrouvera moins cynique et flamboyant dans « Le Complot » ; Georges, le Français en quête de sens qui s’abandonne au délice de l’Islam (« la soumission ») ;
 Samson et surtout « 2K », officiers du service action de la DGSE évitant de se poser des questions aux réponses par trop cruelles… Mais les personnages, à la psychologie sommaire, n’existent que comme archétypes, soulignant la cruauté, la grandeur ou l’absurdité de l’enchaînement implacable des situations qui fait l’Histoire - grande ou petite.

Au-delà d’un récit et d’une intrigue parfaitement maîtrisés, révélant comme toujours chez Volkoff une connaissance pointue du milieu du « renseignement », des rouages et ressorts de l’infoguerre ou encore des enjeux stratégiques des temps présents, on retrouve avec plaisir l’ironie grinçante et jubilatoire - pour ne pas dire le mépris aristocratique - à l’égard des fausses valeurs d’une modernité définitivement à bout de souffle (la démocratie, les droits de l’homme, le magistère moral des médias, la mondialisation…).
Sous le roman se dessine ainsi, en creux, un véritable manifeste, d’où trois idées force se dégagent :
1. Seule la Russie, protégée de la marchandisation du monde par l’épisode communiste, aujourd’hui réconciliée avec son identité profonde, dont l’orthodoxie constitue le ciment autant que le destin, est à même de s’opposer sérieusement à l’emprise américaine.
Mieux encore :
d’offrir une alternative à cette emprise. Cette capacité est tout autant géopolitique que spirituelle : elle est donc riche de tous les possibles.
2. Les Etats-Unis ne s’y trompent pas, et ne considèrent pas l’islam radical, mais bien la Russie, comme leur ennemi principal. Cette certitude révèle une acuité des rapports de force chez les Américains que certains Européens, trop heureux de préférer – comme si l’une était possible sans l’autre – « l’influence » à la puissance, auraient tort de sous-estimer.
 
 La vulgarité crasse de bon nombre de dirigeants états-uniens est moins le reflet de ce qu’ils sont que ce qu’ils souhaitent paraître aux yeux de la « société de l’information » - ce viol des foules permanent.
3. L’Islam constitue certes un danger, mais qu’il faut se garder en revanche de surestimer : son expansion n’est que le fruit de nos doutes et nos faiblesses d’Européens.
 
Sa force, c’est sa simplicité brutale, irréfutable, aveuglante : « Il n’y a de Dieu que Dieu et Mohammed est son prophète ». Et c’est tout ! En ce sens, le récit de la conversion de Georges et de sa transformation en « guerrier d’Allah » a une valeur pédagogique supérieure à tous les brûlots d’Oriana Fallaci et à tous les éditos d’Alexandre Adler réunis.

« L’enlèvement » est ainsi une histoire sombre, désenchantée car en prise avec les pulsations du monde actuel, comme en suspens dans l’attente du réveil grand russe.
 
 La seule lueur d’optimisme livrée par l’auteur est ne nous conseiller l’exil :
« Il vaut mieux rester soi-même ailleurs plutôt que rester chez soi et devenir un autre »…
 
Paroles d’expert, qui résonnent moins douloureusement qu’il n’y paraît si l’on veut bien considérer ce qu’il s’agit aujourd’hui de préserver : une certaine façon d’être au monde. La nôtre.


G.T.
31/05/2004
ã POLEMIA


« L’enlèvement » de Vladimir Volkoff, Editions du Rocher, oct. 2000, 509 pages, 21,19 € (également publié au Livre de Poche, 2002, 7,26 €).





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9 août 2006 3 09 /08 /août /2006 07:23


Quatrième guerre mondiale…

François-Bernard Huyghe signe ici son ouvrage sans doute le plus abouti sur son sujet de prédilection :
 les rapports entre médias et conflits, médiatisation des conflits et conflits médiatiques. Dans le prolongement de « L’ennemi à l’ère numérique », mais sous un angle résolument plus stratégique et géopolitique, il décortique parfaitement l’infosphère comme nouveau champ de conflictualité – en fait comme le champ principal de « la violence qui vient » (Eric de la Maisonneuve).
Avec « Quatrième guerre mondiale », il ne reste plus rien de l’avenir radieux, de l’horizon indépassable qu’étaient censés constituer le triple avènement de la « société de l’information »,
de la démocratie de marché et du village planétaire. Crispations identitaires et guerre électronique, pulsions archaïques au sein même des networks, violence de l’hétérogénéité contre l’unité techno-marchande : le XXIe siècle s’annonce résolument « archéo-futuriste » (Guillaume Faye).

Car au-delà de la nouvelle polémologie des conflits qui s’impose aux (rares) observateurs lucides de l’entrée dans la post-modernité, cet ouvrage dense et riche embrasse et décrypte en fait l’ensemble des problématiques qui se posent au monde actuel, et des défis qui sont lancés aux peuples de « l’Eurasie » en particulier :
 néo-impérialisme états-unien, activisme djihadiste, politiques de puissance et stratégies d’influence à l’œuvre dans les sphères économiques et culturelles (les véritables « théâtres d’opération » à venir), manipulation des images et formatage des systèmes de représentation qui en découlent…

La thèse principale de François-Bernard Huyghe est contenue dans le sous-titre de son ouvrage (« Faire mourir et faire croire ») : les conflits actuels, et plus encore ceux de demain, ne relèvent pas de l’affrontement des forces mais des systèmes de croyances et de représentation ; l’enjeu principal est médiatique et symbolique bien plus que politique, militaire ou même économique.
C’est une tendance de fond, qui touche tous les aspects de la vie sociale (de la comédie politicienne aux « OPEX » en passant par les conflits sociaux ou les négociations commerciales internationales), mais l’actualité brûlante de ces derniers mois en offre une illustration exemplaire, palpable :
l’enlisement américain en Irak, pour être prévisible, scelle en effet l’avènement stratégique de la guerre asymétrique (« ou la défaite du vainqueur », J. Baud) ; et les attentats islamistes de Madrid ont, pour la première fois dans l’histoire du terrorisme de façon aussi rapide, brutale et éclatante, imposé un changement politique fondamental au pays visé.

Partant à la fois de cette tendance de fond et de ces faits récents, brillamment analysés et mis en perspective, François-Bernard Huyghe décortique cette « quatrième guerre mondiale » (la troisième ayant été la guerre froide) en passant en revue toutes ses facettes :
le terrorisme (désormais mythifié comme « invisible, unique, cathodique, diabolique »), l’idéologie (une « pensée contre » servant autant à expliquer le monde qu’à condamner les interprétations qu’en proposent d’autres idéologies), l’intelligence (au sens anglo-saxon des « méthodes de collecte et d’élaboration de connaissances en vue d’objectifs »), l’image (comme arme,
 moyen de propagande et cible de l’idéologie), de l’influence enfin, notion englobante de toutes les autres et à ce titre la plus passionnante - et dont Huyghe note à juste titre qu’elle ne saurait être le cache-sexe de l’impuissance…

Contrairement à ce qu’on essaie toujours de nous faire croire, cette « quatrième guerre mondiale » n’a pas été déclenchée par une poignée de musulmans fanatiques :
elle constitue l’aboutissement de la réaction américaine aux attentats du 11 septembre (et en fait l’aboutissement de leur « vision du monde »), le continuum de la « guerre au terrorisme » puis de la « guerre préemptive » (cette guerre « morale », permanente et ingagnable), et a d’ailleurs été proposée dans le mois d’octobre 2001 par Eliot Cohen dans la revue néo-conservatrice Commentary.
 C’est pourquoi F.-B. Huyghe n’est pas tendre avec les « faucons » du bushisme, dont il dévoile et explique la lente et déjà ancienne ascension au sein de la nomenklatura US : en appliquant une grille de lecture à la fois schmittienne et droit-de-l’hommiste, sur fond de paranoïa aiguë et d’autisme « sûr de lui et dominateur », les « néo-cons » contribuent indubitablement à embraser un monde déjà au bord du chaos.


Pour autant, bien évidemment, il ne saurait être question de dédouaner l’insondable abrutissement des terroristes musulmans : mais le refus du manichéisme permet de cerner au plus près cette nouvelle menace. Ainsi, les mécanismes du terrorisme sont-ils parfaitement analysés comme une forme de guerre essentiellement médiatique (« la propagande par le fait ») :
 
 la terreur est davantage celle que l’on craint que celle que l’on subit. Cette « terreur » repose sur l’intuition de la proximité de la menace (« comme un poisson dans l’eau » au sein de la population) mai aussi de sa profonde et inexorable altérité à l’égard de notre mode de vie et de nos systèmes de valeurs.
En ce sens, même si F-B Huyghe est plus circonspect, il n’est pas déraisonnable de considérer le djihadisme contemporain comme le « stade ultime » du terrorisme…
 
Mais, au-delà de l’islamisme, le terrorisme de masse n’est-il pas une fatalité de notre époque ? « Le terrorisme spectaculaire, global et en réseaux est le double négatif de notre société de la mondialisation, de la communication et des nouvelles technologies »…

Dans le flux incessant et généralement inutile et/ou indigeste de livres sur l’Irak, le terrorisme et les Etats-Unis, « Quatrième guerre mondiale » est le premier à fournir de véritables clefs pour comprendre. Par sa pédagogie et sa limpidité, il offre aussi des méthodes de décryptage et des exemples très documentés pour éclairer « la grande guerre de l’information du XXIe siècle ».
 
Riche, stimulant et souvent ironique (comme il sied aux véritables contempteurs des temps présents), c’est une synthèse originale et magistrale qui mène le lecteur , parfaitement maintenu hors d’haleine, des bureaux feutrés des think tanks de Washington aux mises en scènes à destination des équipes de TV dépêchées sur les différents terrains d’affrontement militaire, en passant par les pitreries médiatiques de « certains représentants de la « pensée 68 » reconvertis dans l’antitotalitarisme cathodique » (Kouchner, Gluscksmann, Bruckner, Goupil), le poids du messianisme biblique dans les postures US et les manip’ plus ou moins « foireuses » de l’Information Awareness Office... Une exploration systématique et stupéfiante des coulisses du véritable pouvoir !
 
Un pouvoir qui échappe d’ailleurs presque totalement aux mains des Européens, et que François-Bernard Huyghe exhorte finalement à retrouver les voies de la puissance et de l’influence - en un mot de la Grande Histoire. Puisse-t-il être entendu !


G.T.
24/04/2004
POLEMIA


Pour connaître les dernières analyses de François-Bernard Huyghe :
www.mediologie.org/comite/huyghe/html
www.vigirak.com



« Quatrième guerre mondiale – Faire mourir et faire croire », de François-Bernard Huyghe, Editions du Rocher, collection « L’Art de la Guerre », avril 2004, 237 p., 19 euros.

 


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9 août 2006 3 09 /08 /août /2006 07:22


Géopolitique : constantes et changements dans l’histoire

« Dévoiler, sans complaisance ni jugement de valeur, les enjeux et les intérêts des Etats et des acteurs internationaux » : tel est l’objectif principal de cet ouvrage aussi dense que riche ; telle est d’ailleurs la raison d’être de la géopolitique. Science longtemps occultée en raison de sa réputation sulfureuse, liée à son utilisation par différents gouvernements en vue de justifier des fins expansionnistes, la géopolitique est aujourd’hui heureusement sortie de son long purgatoire : les faits, têtus, lui ont en effet donné raison, la chute du Mur de Berlin puis les attentats islamistes du 11 septembre 2001 assurant visiblement le retour de l’Histoire sur l’échiquier mondial.

Elève de François Thual, docteur ès sciences politiques, chargé de cours à Paris I et directeur des études du Collège Interarmées de Défense (ex-Ecole de Guerre),
Aymeric Chauprade est sans conteste l’auteur le plus en vue de « l’école géopolitique française » en gestation, laquelle s’affiche « réaliste », et se distingue donc autant de l’Ecole du Chaos (Jean-Christophe Rufin, Martin Van Creveld) que des idéalistes qui inspirent encore trop souvent les commentaires des gros médias (Yves Lacoste, Maurice Bertrand…)(1). Renvoyant pour ainsi dire dos à dos un Pascal Boniface et un Samuel Huntington, A. Chauprade a le mérite de refuser toutes les explications mono-causales par trop simplistes et l’audace de dépoussiérer la géopolitique de ses gangues idéologiques -
 notamment « droits-de-l’hommistes » - pour se colleter avec le réel, lequel n’est jamais le fruit du hasard, ni même de la seule volonté, mais bien plus souvent celui de la nécessité. Il affiche, et démontre sans difficulté, l’influence de la géographie physique et humaine sur les traits sociologiques et politiques des sociétés et donc des Etats.
 Il associe l’ensemble des facteurs identitaires, autant que « la quête des ressources » (matières premières, pétrole, eau…), à sa « grille de lecture » des relations internationales.
Bref, en intégrant à sa démarche aussi bien la géographie que la sociologie politique, la démographie, l’économie ou encore l’ethnologie, il rend à la géopolitique ses lettres de noblesse, et plus encore sa nature intrinsèque : l’illustration de « la force du réel, des forces profondes de l’histoire, dont l’existence même donne sens au génie propre que l’homme oppose à la persistance des déterminismes » (p. 12).

« Géopolitique, constantes et changements dans l’histoire » est un manuel qui se lit comme un roman, présentant de façon exhaustive et vivante les constantes de la géopolitique et des relations internationales, ce qui les définit, les détermine, mais aussi les modifie et les fait évoluer.
Après une première partie consacrée à l'histoire des idées géopolitiques, l'ouvrage s'attache à éclairer les grandes permanences de l'histoire : la dualité centre-périphérie, l'opposition terre-mer, l'enclavement, l'insularité, l'ethnie, la langue, les catégories socio-économiques... L'ouvrage s'achève sur une analyse des évolutions de la géopolitique :
 les grandes révolutions géographiques et la remise en cause du concept d'État-nation par la mondialisation, la régionalisation ou encore la montée en force des acteurs transnationaux. Sur ce dernier point, l’auteur affiche à juste titre son « déterminisme chaotique »
: l’aspect déterministe inspire l’étude des facteurs permanents (« les forces profondes de l’histoire » chères à Duroselle), tandis que l’aspect chaotique prend en compte la « turbulence » (Rosenau) provoquée par la montée des facteurs de changement, au premier rang desquels l’irruption des acteurs et des paramètres transnationaux (multinationales, « opinion internationale », organisation criminelles transnationales…) dans le champ de force classique du système des Etats (2).

Fin connaisseur de l’histoire française, A. Chauprade y puise une « realpolitik » faite de mesure et d’équilibre entre les puissances, notamment européennes, qui constitue en outre un reflet autant qu’un prolongement de l’équilibre des facteurs qu’il revendique dans l’explication scientifique des données géopolitiques.
Cette vision traditionnelle de la France, hermétique voire opposée à toute idée d’Empire, conduit l’auteur à juger sévèrement les différents « panismes » (3) à l’œuvre en réponse au chaos provoqué notamment par le double phénomène de mondialisation-atomisation.
Mais c’est là encore, aussi, par refus de l’univocité des causes et par méfiance à l’égard des constructions idéologiques : le cœur de la compréhension des relations internationales reste quoi qu’il en soit l’expression des volontés de puissance, portées par une multiplicité d’acteurs, dans les Etats, entre les Etats ou par-dessus les Etats.

Démarxisée, décomplexée face aux réalités qu’elle appréhende sans détours, l’école géopolitique « néoréaliste » française dont Aymeric Chauprade jette ainsi les bases est aussi saine que stimulante.
Si l’on comprend pourquoi l’auteur se refuse à toute projection de son analyse vers des objectifs opérationnels, il appartient à ses lecteurs d’assurer cette tâche. A l’instar de ce qui se fait dans les think thanks américains. Mais pour faire face efficacement, appuyé sur l’« heartland » eurasiatique, à l’hégémonisme états-unien et aux menaces montantes du Sud.


G.T.
1er/09/2003
© POLEMIA


« Géopolitique, constantes et changements dans l’histoire » d’Aymeric Chauprade, Editions Ellipses, réédition 2003, 960 p., 112 cartes, 45 €.


NOTES
(1) Cette liberté de ton, ce souci de l’appréhension du réel, cette distanciation avec les valeurs imposées et les discours convenus du « politiquement correct » valent à Aymeric Chauprade une hostilité à peine voilée de la part de l’Etablissement. Ainsi a-t-il notamment été catalogué, avec François Thual, comme « réactionnaire » dans la revue « Le débat stratégique » pour ne pas avoir condamné les « auteurs maudits » allemands que sont Karl Haushofer, Carl Schmitt ou encore Jordis von Lauhausen (André Bigot, « Rejets et nécessité d’une géographie politique européenne »,
in « Le débat stratégique » N°47, novembre 1999). Mais c’est une situation qui est en train de changer :on en veut pour preuve notamment la publication, dans la dernière livraison du magazine « l’Histoire », d’une étude d’A. Chauprade consacrée à la géopolitique du pétrole…
(2) Ce qui laisse le champ ouvert à l’intégration de nouveaux facteurs, comme par exemple les ONG ou l’infoguerre. En effet, l’avènement de l’information comme outil au service de la puissance implique de facto une redistribution et un changement de nature dans les jeux de puissance…
(3) « Les panismes sont des mouvements politico-idéologiques où le regroupement de tous les membres d’une communauté éparse devient l’objectif fondamental des dispositifs géopolitiques. Ces mouvements sont de deux sortes : soit ils se fondent sur des critères ehno-linguistiques, comme par exemple le pan-turquisme, le pan-mongolisme, le pan-germanisme ; soit sur des critères géographiques : le pan-américanisme, ou des regroupements plus vastes encore comme le pan-arabisme ; soit encore sur des critères religieux comme la pan-orthodoxie. Dans tous les cas, il s’agit de mouvements de rassemblement, d’unification et de fusion qui ont tous les mêmes caractéristiques » (François Thual, « Méthodes de la géopolitique », Ellipses 1996).





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9 août 2006 3 09 /08 /août /2006 07:19

 

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La démission de la République : Juifs et Musulmans en France

C’est le temps des remises en question et des grands revirements.
Ayant longtemps cru possible l’intégration des immigrés, la démographe Michèle Tribalat publie aujourd’hui un essai alarmiste : « L’Islam et la République : entre crainte et aveuglement ».

Militante des combats du féminisme, Elisabeth Badinter en dénonce désormais les dérives et les dangers dans un nouveau livre « La fausse route ».

Penseur de la Shoah et longtemps attaché au combat anti-raciste, Shmuel Trigano s’inquiète de la « dénationalisation de la France » et de ses conséquences sur les Juifs dans « La démission de la République ; juifs et Musulmans en France ». Un ouvrage qui bouscule bien des idées reçues. Explications.

1. Agressions antisémites et milieux arabo-musulmans

Shmuel Trigano commence son livre en soulignant un fait longtemps occulté : les agressions antisémites qui se multiplient en France depuis le début de la seconde Intifada « ont été le fait de milieux arabo-musulmans » (p. 5). Mais elles ont été occultées, les parquets se refusant à ouvrir des enquêtes ou minimisant les faits, comme ce procureur de Montpellier qualifiant d’« actes de jeunes désœuvrés » la tentative d’incendie d’une synagogue (p. 8). Shmuel Trigano s’étonne de ces faits et de la « fausse symétrie » établie par les médias entre les communautés juives et arabes car, dit-il, « je ne sache pas que les Juifs aient incendié des mosquées ni agressé des Musulmans dans la rue » (p. 13).

Il explique cela par « un préjugé favorable au camp arabe, sur fond de conscience post-colonialiste coupable de l’occident », avec pour conséquence « l’angélisation des ex-colonisés (qui) en a effectivement fait des innocents de principe » (p. 13/14). Aux yeux de Shmuel Trigano, ce qui est encore « plus grave est le procédé de dénationalisation de la communauté juive que la théorie de la fausse symétrie implique. Elle opère en effet implicitement une comparaison entre les Juifs français et des populations immigrées, récemment arrivées en France ou naturalisées depuis peu » (p. 15).

2. Le « droit de l’hommisme » et l’assimilation Juifs = immigrés

Shmuel Trigano voit l’origine de cette fausse symétrie dans le « droit de l’hommisme », c’est-à-dire l’instrumentalisation de la mémoire de la Shoah et des droits de l’homme à des fins politiciennes.

On peut même parler de double instrumentalisation : de certaines institutions juives par la gauche mitterrandienne mais aussi de la gauche mitterrandienne par certaines institutions juives.

C’est d’abord Henri Hadjenberg qui inventa un « vote juif » en 1981 « en appelant à sanctionner Valéry Giscard d’Estaing opérant ainsi la première communautarisation de la communauté juive appelée à voter d’un seul bloc pour un seul parti politique » (p. 21).

Ce fut ensuite François Mitterrand ressuscitant, avec l’aval du président du CRIF, Théo Klein, un « Front anti-fasciste » en 1983 pour faire passer le tournant de la rigueur en soutenant alors la création de SOS-Racisme par Julien Dray, Eric Ghébali et l’Union des étudiants Juifs de France (UEJF).

Et Shmuel Trigano d’expliquer : « C’est dans le feu de cette action que fut forgé le slogan si significatif de SOS-Racisme : Juifs = immigrés. Il exprimait la quintessence de l’alchimie qui a placé les Juifs au cœur de la scène politique française. La figure du Juif invoquée en l’occurrence draine bien évidemment la charge de la Shoah et de l’antisémitisme mais aussi de Vichy et du nazisme. Mise en équation avec l’immigré menacé par le racisme, elle fut érigée au rang du symbole de la lutte contre le fascisme, du critère suprême de la morale des droits de l’homme qui se voyait appeler à lutter contre (…) En somme, c’est au nom de la lutte contre l’antisémitisme que l’on appelait à lutter contre le racisme anti-arabe » (p. 22).

3. Les méfaits de la démocratie compassionnelle

Fondée sur l’émotion et la starification, la toute puissance des radios et des télévisions s’est établie. Résultat : « Le vecteur du débat démocratique est de moins en moins le Parlement et de plus en plus le réseau médiatique. Or le pouvoir qu’il représente est resté sans contrôle » (p. 49).

Alors qu’il y a des « faux en image » comme il y a « des faux en écriture » (p. 48), « la démocratie compassionnelle », titre d’un chapitre fort intéressant, se met en place : « Commémorations de deuils, d’anniversaires, de catastrophes, encombrent la vie publique devenue une gigantesque scène de la lamentation ou de l’éloge funèbre » (p. 63).

C’est ce processus qui ouvre l’ère de la publicité des « grandes causes » humanitaires et de la diffusion du droit de l’hommisme. Avec une grille de lecture particulière qui confère par avance le statut de victime à l’Arabo-musulman en France et au Palestinien au Proche-Orient ; le Palestinien ayant même le statut de « victime des victimes » (p.67).

Ce mécanisme idéologico-médiatique de grande ampleur débouche sur trois conséquences majeures :
- La dénationalisation de la communauté juive,
- La montée des revendications arabo-musulmanes,
- Une mise en cause de l’identité nationale française.

4. La dénationalisation de la communauté juive

Pour Shmuel Trigano, l’équation Juifs = immigrés impliquait forcément une « déconstruction de la communauté juive » (titre du chapitre 14) et sa dénationalisation : « Le Juif se voyait, en effet, irréversiblement campé comme un immigré de l’intérieur. Sa dénationalisation était en acte. Pis ! Devenu un archétype, il devenait plus immigré que les immigrés » (p. 23). Alors que la communauté juive s’était construite dans l’expression de sa particularité dans le cadre de la citoyenneté française, elle tend à apparaître aujourd’hui comme « une minorité politico-nationale en retrait de la citoyenneté » (p. 110). De ce point de vue-là, l’idée des ministres de l’Intérieur successifs de construire un CORIF – un conseil représentatif des musulmans – comme il y a un CRIF – un conseil représentatif des institutions juives – apparaît particulièrement perverse.

En effet, la démarche de Napoléon, inscrite dans la logique de l’émancipation des Juifs pendant la Révolution (« leur reconnaître tout comme individus, rien comme peuple »), avait conditionné, en 1807, l’entrée des Juifs dans la nation française à leur acceptation de toute une série de règles.

Ces questions couvrent tous les domaines de l’existence (le mariage, les lois civiles) mais aussi les rapports à la France et aux Français (la reconnaissance de la France comme patrie, l’obligation de la défendre) ; ces questions concernant aussi le pouvoir rabbinique et la morale économique du judaïsme.

Bref, la démarche de Napoléon fut extrêmement exigeante et fut indiscutablement un élément majeur de l’intégration de Juifs dans la République. Prétendre appliquer un processus comparable aux Musulmans aujourd’hui sans leur demander en contrepartie des droits qu’on est prêt à leur accorder, des devoirs qu’on leur impose, c’est évidemment une tromperie.

5. La montée des exigences arabo-musulmanes

Comme le note Shmuel Trigano : « la question qui se pose est de savoir si la République a aujourd’hui l’audace et le courage de poser de telles questions embarrassantes aux musulmans français » (p. 124).

La réponse est manifestement : non ! Ainsi le Conseil Français du culte musulman (CFCM) a été constitué sans qu’aucun problème qui puisse fâcher ne soit abordé :

- Ni sur le statut géographique ou symbolique du territoire français : s’agit-il du Dar el Islam (la maison de l’Islam où doit s’appliquer la loi coranique) ? Ou du Dar el Harb (la maison de l’Epée où s’exerce la guerre de conquête, le Djihad) ? Ou encore du Dar el Solh (la maison de la trêve qui comme son nom l’indique n’est qu’une étape provisoire…).
- Ni sur les lois civiles.
- Ni sur le statut de la femme, point manifeste de polarisation des oppositions entre la civilisation européenne et la civilisation arabo-musulmane.

Cette extraordinaire faiblesse de la France explique que « sous couvert de la démocratie et du visage victimaire des ex-colonisés, les islamistes avancent leurs pions en catimini. Pourquoi s’en priveraient-ils ? Ils sont portés par l’idéologie anti-mondialiste, la stratégie machiavélique des néo-trotskystes et la morale de la culpabilité de l’Occident » (p. 81).

Mus par « une attitude extrêmement concurrentielle envers la communauté juive objet de convoitise et de désir » (p. 84), bien des cercles arabo-musulmans développent de grandes revendications vis-à-vis de la France. Une attitude que Shmuel Trigano juge « plutôt inhabituelle pour une population immigrée de fraîche date. Ce n’est pas ainsi que les autres immigrations se sont comportées » (p. 84). Et c’est vrai qu’il y a de quoi s’inquiéter lorsqu’on observe les pressions exercées sur l’école (emplois du temps, programmes, fêtes religieuses, interdits alimentaires…), voire désormais sur les entreprises, les administrations et même les lieux publics (comme les piscines municipales par exemple) où la même logique d’extension des règles islamiques tend à s’appliquer.

Shmuel Trigano souligne aussi les failles du code de nationalité et la délégitimation de tout modèle normatif par les anti-racistes qui « a abouti à l’idée que le candidat à la nationalité avait tous les droits, transformant le processus d’intégration en un processus revendicatif, générateur de ressentiment et d’affirmation identitaire vindicative » (p. 89).

6. La mise en cause de l’identité nationale française

Toutes ces dérives n’ont été rendues possibles que par la mise en cause de l’identité nationale française.

Celle-ci a d’abord reçu « une véritable secousse sismique » (p. 29), le « choc démographique » (p. 87) de l’arrivée de millions de personnes venues de civilisations différentes.

Là-dessus, s’est greffé le processus de culpabilisation de la France.

D’abord par l’interprétation univoque de la colonisation - le colonisateur étant un coupable et l’ex-colonisé une victime - et par l’assimilation de l’identité nationale au racisme : « L’identité nationale s’est vue délégitimée au nom des droits de l’homme » (p. 89) ; « en somme on n’aime pas la France parce qu’elle serait identitaire (…) Mais on adorerait le monde arabo-musulman parce qu’il incarnerait non plus l’identique mais l’Autre » (p. 87).

À cela il faut ajouter une autre forme de culpabilisation : celle issue de la mise en perspective, répétée et mémorialisée, des évènements de la Seconde Guerre mondiale : « L’immigré ayant été placé au sommet des valeurs et la nation stigmatisée du fait de sa corruption vichyssoise, (l’)identité (nationale) devient une tare, un dangereux nationalisme (…) La mémoire de la Shoah devint le repoussoir de l’identité nationale » (p. 25/26).

À partir de là, Shmuel Trigano conclut son livre par un chapitre intitulé « renouveler le pacte national » (chapitre 17) où il juge nécessaire le renforcement de l’identité française, en notant d’ailleurs avec justesse que « la tradition républicaine n’a jamais suffisamment assumé ouvertement la réalité de l’identité nationale » (p. 131).

On peut d’ailleurs se demander si l’ouvrage, au lieu de s’appeler « La démission de la République », n’aurait pas dû s’intituler plutôt « La démission (ou la culpabilisation) de la nation » ; mais peut-être cela aurait-il été politiquement moins correct… Car il aurait fallu en revenir aux sources de la civilisation française et s’intéresser davantage aux pages de fierté nationale qu’à ses heures les plus sombres.

7. Un livre majeur

Reste que par l’ampleur des sujets brassés, et par la remise en cause dans ses fondations même de l’idéologie anti-raciste et d’une certaine instrumentalisation de la Shoah, l’ouvrage de Shmuel Trigano est un livre majeur.

Certes, bien des critiques peuvent lui être faites ; dans son chapitre sur la « novlangue », l’auteur confond Aldous Huxley et H.G. Wells ; et il est inexact de dire « que la gauche a toujours été dans l’opposition » (p. 19) sauf à de rares périodes : c’est oublier que de 1877 à 1914, c’est principalement la gauche républicaine qui gouverna la France, reléguant dans une opposition difficile et inconfortable les monarchistes et les conservateurs.

De même, bien des faits sur la déconstruction de l’identité nationale mis en lumière par Shmuel Trigano l’ont été avant lui : il y a 20 ans par les intellectuels nationaux ou identitaires (Alain Griotteray, Jean Madiran, Alain de Benoit, Louis Pauwels ou les auteurs du Club de l’Horloge) ; il y a dix ans – et venant d’un autre horizon – par Paul Yonnet, auteur d’un remarquable essai sur « Le malaise français » qui lui valut … un an de diabolisation et dix ans de purgatoire médiatique.

Mais la réalité est ainsi faite que les choses ne sont pas seulement importantes parce qu’elles sont dites, mais d’où elles sont dites.

Et de ce point de vue-là, c’est un événement majeur que les effets pervers du discours anti-raciste et de l’hyperculpabilisation de la France soient analysés par un intellectuel juif ayant consacré l’essentiel de ses travaux à la pensée juive et aux problèmes juifs.

Bien sûr, il reste beaucoup de chemin à faire. L’analyse lucide de Shmuel Trigano n’empêche pas la poursuite des faits (et méfaits) qu’il dénonce.

La politique de répression judiciaire des parquets reste toujours inspirée par l’anti-racisme à sens unique ; et cette attitude reste encouragée et (as)servie par les grands médias.

Quant au président du Conseil représentatif des Institutions juives de Rhône-Alpes, maître Alain Jacubowicz, ancien adjoint de Michel Noir à la mairie de Lyon, il publie dans le Monde du 6 juin 2003 une tribune libre intitulée « Laïcité, aïd cité, id cité » où il réclame « la suppression de toutes les fêtes religieuses du calendrier républicain ou l’intégration de celles des cultes israélites et musulmans ». Outre que l’histoire de la spiritualité du monde ne se réduit pas aux monothéismes venus du Proche-Orient, on ne peut qu’être consterné par une attitude tombant en plein dans les travers dénoncés par Shmuel Trigano.

Il n’en reste pas moins vrai que le débat est désormais ouvert et que le livre de Shmuel Trigano contribuera à fragiliser les digues du politiquement correct et de la hideuse censure qui l’accompagne.


Y. M.
13/06/2003
©POLEMIA





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