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20 septembre 2006 3 20 /09 /septembre /2006 16:19

 

http://www.vox-poetica.com/entretiens/intstead.html


Le Monstre, le singe et le fœtus. Tératogonie et Décadence dans l’Europe fin-de-siècle

Entretien avec Évanghélia Stead

Professeur de Littérature Comparée à l’Université de Reims, Évanghélia Stead est l’auteur du livre Le Monstre, le singe et le fœtus. Tératogonie et Décadence dans l’Europe fin-de-siècle, publié en 2004. Elle a également édité deux numéros spéciaux, La Lecture littéraire, n° 5-6 : Lire avec des images au XIXe siècle en Europe, et Romantisme, n°118 : Images en texte, en 2000 (travaux collectifs). Elle anime le séminaire TIGRE à l’ENS-Ulm sur Livres illustrés, Revues illustrées, XIXe-XXe siècles. Outre sur la fin du XIXe siècle et la Décadence, ses recherches portent sur le livre et la revue illustrée et la présence du monde antique dans la littérature moderne.

 

par Annick Louis

AL : Évanghélia Stead, vous êtes l’auteur de nombreux travaux sur la littérature européenne fin-de-siècle et sur l’imaginaire de la Décadence, qui ont abouti à ce vaste ouvrage au titre à la fois inquiétant et attrayant : Le Monstre, le singe et le fœtus. Tératogonie et Décadence dans l’Europe fin-de-siècle. Je voudrais tout d’abord faire référence à un aspect méthodologique auquel vous faites vous même allusion : votre corpus comprend aussi bien des auteurs célèbres de la période que des auteurs peu connus, voire inconnus, et met en place une érudition impressionnante. En d’autres termes, votre travail pose le problème du contraste (ou du décalage) entre les constructions de l’histoire littéraire et l’étude des productions telles qu’une époque les a connues.


ES: Vous mettez le doigt sur un point crucial. L’objectif que je me suis donné est triple : montrer l’étendue du phénomène, reconstituer et interpréter, et ce faisant, réfléchir sur la notion même de recherche en littérature.
Montrer tout d’abord l’étendue du phénomène, au-delà des quelques figures de proue qu’on a l’habitude de convoquer, car en prendre la mesure signifie le sortir de la marginalité dans laquelle on a tendance à le confiner. Essayer ensuite de constituer un corpus représentatif d’un esprit qui «se grossit et se gonfle quantitativement» et se complaît dans le «grouillement des innombrables», comme le dit bien Vladimir Jankélévitch, et qui procède davantage par figures et schèmes que par formulations et définitions. Ce n’est pas un hasard si la mosaïque ou le palimpseste sont souvent convoqués en relation avec la Décadence, qui se pense, qui se dit et se redit, mais sans nécessairement se définir. Il m’importait d’essayer de reconstituer certains de ces schèmes et de les éclairer, plutôt que de partir d’idées préconçues ou de définitions préalables. Les époques littéraires complexes ont beaucoup à nous apprendre sur notre façon d’appréhender les constructions de l’esprit. Notre méthode ne peut pas être une, indépendante de son objet. Elle se modèle au fur et à mesure que l’objet se dessine et s’adapte à lui. Nos critères ne peuvent être ni immuables, ni infaillibles. Or, les décadents se sont dit hostiles à l’école, ils ont boudé le manifeste, troublé les catégories, conspué critiques et journalistes. C’est le mot du jeune Valéry «[…] décadent pour moi veut dire, artiste ultra affiné, protégé par une langue savante contre l'assaut du vulgaire, encore vierge des sales baisers du professeur de littérature, glorieux du mépris du journaliste […]» . Une approche classique d’histoire littéraire ne me semblait pas convenir, d’autant moins que j’ai cherché à cerner un imaginaire associé à une poétique, à une façon de considérer le langage et la création, non pas à décrire la décadence comme catégorie. Il est vrai que cela a abouti à un corpus très important, qui peut impressionner, mais qui n’a jamais été une fin en soi. Je ne parlerais donc pas d’érudition, mais de recherche qui construit un corpus adéquat à l’objet d’étude. Pour le dire autrement, le corpus est symptomatique, il ne tend pas à l’exhaustivité, ce qui caractériserait davantage l’approche érudite.


AL : Cette question d’ordre méthodologique renvoie au fait que dans votre travail vous envisagez la Décadence comme un phénomène social et culturel, non pas exclusivement artistique ; la Décadence serait donc impossible à définir à partir de textes exclusivement littéraires, d’où un des apports essentiels de votre travail, puisque vous incorporez au corpus des débats, des illustrations, des définitions, etc. Ces éléments sont-ils reliés par une relation d’ordre hiérarchique ?


ES: Il est certain que l’époque connut une sorte de hantise du déclin et de la chute, que le terme de Décadence servit à polariser. C’est là l’expression d’un phénomène culturel et social, plus ou moins enraciné et sensible suivant les pays et les contextes, que la littérature, les arts graphiques et plastiques se sont plu à ausculter et à rendre. Ce fut une façon de considérer le monde, la chute de Dieu et des dieux, l’homme dépérissant dans un univers qui lui renvoie des images dégradantes ou menaçantes. Les théories et les visions scientifiques que j’ai été amenée à prendre en considération (évolutionnisme, darwinisme et ses corollaires, embryologie) et divers autres débats m’ont donc parfois incitée à élargir le corpus. Mais ce sont les œuvres littéraires, plastiques ou graphiques qui sont toujours au cœur du propos, c’est elles que je cherche à interpréter. J’aborde les textes littéraires dans leur triple dimension de représentation du phénomène socioculturel, de construction d’un imaginaire à décrypter, et d’utilisation normatif et anormal du langage – ce dernier est un fil conducteur important du livre. Quant aux œuvres plastiques et graphiques, elles ne m’intéressent pas en tant qu’illustrations, mais en tant qu’expressions fortes, synthétiques, imaginatives de cet esprit complexe. Elles n’ont pas une valeur pédagogique d’explicitation. Elles demandent à être interprétées au même titre que les textes. J’ai d’ailleurs écarté du dossier iconographique du livre tout ce qui, dans la version antérieure, relevait de l’illustration ou de l’explicitation des postulats. C’est une époque splendide pour les beaux-arts, l’iconographie m’a beaucoup apporté comme elle m’a aussi beaucoup éclairée.

AL : Vous consacrez, d’ailleurs, le premier chapitre (intitulé « Décadence, déformation et création ») à définir ce terme de « Décadence », dont un usage à la fois vaste et précis était fait à l’époque, soulignant notamment l’importance d’un usage particulier de la langue ; vous détachez le concept de ses implications morales (de déchéance) pour mettre en valeur la construction d’un mouvement esthétique. Cependant, la décadence n’en apparaît pas moins comme un « fait extrême de civilisation ». Le phénomène a-t-il eu aussi une dimension politique, comme, par exemple, dans les pays hispano-américains ?


ES: Les décadents ont voulu refaire le corps et refaire la langue, c’est un point capital que le livre cherche à souligner. Ils ont même superposé l’un à l’autre et pensé la langue comme un corps. Il ne faut pas oublier qu’hybride s’applique à l’époque à la botanique et à la grammaire, comme le montre le dictionnaire de Littré. Cette conception organique du langage dans l’imaginaire de l’époque est essentielle pour comprendre le drame de la création, tel que les décadents l’ont dépeint. Il y a là-dessous un schème de pensée de finitude : la langue est fatiguée et meurt, comme les individus dépérissent et les nations périclitent. Par contrecoup, créer, et surtout créer l’anomalie, le monstre, est une démarche qui s’inscrit à l’encontre de : de la nature et de la création, telles que les donne le récit vétérotestamentaire; de l’homme, centre et sommet de la création; de la langue, enfin. Dans une préface de Paul Alexis au premier roman de Paul Adam Chair molle, qui fit scandale, la langue française est représentée comme une femme, la mère de l’auteur, et Paul Adam, ce jeune écrivain qui bouleverse la syntaxe et cherche les mots rares, comme le fils dénaturé qui lui soulève les jupes à l’endroit de la syntaxe pour toucher à son pudendum . Ce sont des images comme celle-ci que j’ai cherché à éclairer en les plaçant dans un contexte plus large : la langue est violentée, ce viol est corporel et relève de l’inceste. Autrement dit, l’acte contre-nature, épine dorsale de mon enquête, s’en prend à la langue dans sa double dimension organique et sacrée.
Ces images sont très répandues à l’époque et correspondent à une sensibilité qui ne touche pas les seuls décadents, c’est-à-dire les seuls écrivains qu’on admettrait comme tels dans un dictionnaire littéraire. On trouve trace de ces préoccupations, et de façon forte, passionnante même, chez des écrivains bien pensants et bien installés dans la hiérarchie des lettres. C’est pour cela que je n’ai pas voulu envisager la Décadence en termes de «construction d’un mouvement esthétique», mais bien plutôt en termes de climat, de sensibilité, de syndrome. C’est plus diffus, je vous l’accorde, mais c’est aussi plus souple. On touche là encore les limites d’une approche classique d’histoire littéraire, habituée à penser par écoles, mouvements, manifestes. Mais si l’on prend comme pierre de touche la poétique, la façon de considérer le langage et la création, on ne perd pas de mire l’objet d’étude, bien au contraire.
Pour toutes ces raisons, il est difficile de répondre à la question de la dimension politique du phénomène de façon claire. Ce serait d’ailleurs plutôt la tâche d’un historien ou d’un sociologue, et je n’en ai pas la prétention. Ce qui me semble évident, c’est que ces implications portent la sensibilité décadente vers les extrêmes politiques, mais des deux côtés. L’anarchie ou la dictature, en tout cas le désaveu de la démocratie, souvent vilipendée par une pensée qui se veut aristocratique. La Décadence, dans les pays de l’Europe occidentale du moins, pays colonisateurs et de vieille culture, épouse, me semble-t-il, ces voies-là, sans rencontrer les nationalismes naissants comme dans les pays hispano-américains. Mais il faudrait reposer la question politique contexte par contexte. Sans doute, plus à l’Est de l’Europe, d’autres combinaisons sont possibles. Mais cela dépasse les limites que je me suis données.


AL : Comment cette série, « le monstre, le singe et le fœtus » s’est-elle constituée et en quoi est-elle pour vous l’axe qui organise la culture décadente ?


ES: Je suis partie de l’article que Vladimir Jankélévitch consacra à la Décadence en 1950. «La décadence », disait-il, «est une fabrication de monstres, une tératogonie» . J’avais travaillé auparavant sur la figure de Circé et la Décadence, l’animalité et la métamorphose étaient des motifs centraux. Ça m’avait permis de toucher à des traitements qui me semblaient inédits, scission des schémas mythiques, réversibilité… La dimension esthétique, poétique, de ces bouleversements était sous-jacente, non explicitée, mais souvent présente. Je me suis demandée comment on pouvait comprendre la formule de Jankélévitch et s’il était possible de construire un corpus littéraire et plastique montrant ce que le philosophe avait ressenti très fortement, mais exprimé par un postulat de valeur axiomatique. Ma démarche était différente, il m’importait de constater, de montrer, puis d’interpréter dans une perspective, disons, d’histoire culturelle. En quoi ce moment-là nous importe-t-il dans notre passé littéraire récent ?
Un moment-clé de la constitution de la série est le fait que j’ai pris le terme de tératogonie, de genèse de monstres, à la fois dans le sens biblique de renvoi au récit de la Création du monde et de l’homme, et dans le sens de genèse de l’œuvre, de création littéraire et artistique. Un autre, l’idée de considérer l’hybridation non pas sur le simple plan physiologique, mais également sur le plan littéraire et plastique. On disait à l’époque que le monstre était failli, caduc. En le recréant, et en hybridant les règnes, comment pense-t-on sa propre création, sa propre œuvre ? Pouvait-on postuler et montrer une hybridation sur le plan littéraire ou plastique ? Et de quoi relèverait-elle ? Ce sont des questions qui m’ont beaucoup occupée pendant que je menais ma recherche. Jean de Palacio, avec qui je travaillais, m’a suggéré de regarder du côté du darwinisme. C’était une excellente idée. Si l’homme se voyait comme déclinant et caduc dans une nature vieillie, et dans un monde sans dieu, s’il cherchait à créer désormais l’anomalie pour confirmer ce bouleversement essentiel de la nature et de sa culture, ce que lui renvoyait l’imaginaire scientifique de l’époque renforçait son sentiment de finitude. Qu’avait-il comme frères immédiats ? Un être simiesque et un être indéterminé, qui traversait toutes les étapes animales avant de naître humain. Dans certains textes, ces caractéristiques persistaient même dans la petite enfance…
Du coup, le monstre, le singe et le fœtus ont composé une triade idéalement anormale permettant de lier tous ces éléments en un nœud, qui fut le nœud de ma thèse, et qui reste, bien sûr, le nœud du livre. Nombre de schèmes confirment cette affiliation, je ne les reprendrai pas ici. Ce choix, qui fut, je crois, pertinent, m’a permis de sortir d’une recherche qui risquait d’être interminable. Lorsque je me suis lancée dans ce travail, j’accordais une grande place au monstre mythologique. Ma formation et mon goût m’y entraînaient, et le domaine est très riche, j’aurais pu m’y enliser. Le choix opéré m’a permis de traiter le monstre mythologique de façon ponctuelle, en filigrane, tout en menant de front l’enquête qui m’importait le plus, celle de la création. Un livre comme celui-ci n’est d’ailleurs pas conçu pour constituer une fin en soi mais pour ouvrir vers des recherches futures.

AL : Pour en revenir au monstre : en quoi le monstre féminin constitue un enjeu à part dans cette culture fin-de-siècle ?

ES: Les décadents sont d’une misogynie irrémédiable. Ils s’inscrivent en cela dans la droite ligne de l’affirmation baudelairienne «la femme est naturelle, c’est-à-dire abominable» . Le monstre féminin peut par conséquent être une entrée en matière féconde pour interroger le problème de la création. Un titre comme «Monstre féminin» est bien sûr aussi large que provoquant. Il peut susciter toutes sortes de réactions. Je me rappelle qu’à l’époque où j’écrivais ce chapitre, un des amis qui me relisaient – c’était un historien – me disait, pour me taquiner: «féminin dans ce titre tient du pléonasme. ‘Monstre’ suffit amplement» ! On peut, bien évidemment, avoir une réaction tout à fait opposée, ce serait pour le moins normal!
Mon intention n’était pas cependant de susciter des polémiques de ce type ou d’entrer dans des débats contemporains. J’ai suivi deux axes. Le premier est celui de l’animalité qu’on trouve partout à l’époque. Code obsédant, qui fait feu de tout bois, code inventif aussi, qui nous réserve de belles surprises, avec des points d’orgue, comme la femme-araignée, par exemple. En l’interrogeant, je me suis aperçue que sous la bête, il y avait le corps, l’organique, avec tout ce qui pouvait susciter à la fois la fascination et l’épouvante: la pilosité, la nudité, le sexe, associés à un problème esthétique et plastique, la représentation du nu. Et que le problème de la beauté côtoyait en permanence celui de la laideur. On se trouvait donc devant un déplacement: on quitte le monstre imaginaire ou fantastique pour le monstre somatique. Ce passage est quelque chose de déterminant car on voit parallèlement les entrées de dictionnaire évoluer, à peu près sur un siècle. C’est une des surprises qu’on peut avoir en lisant le livre. On s’attend à toutes sortes de monstres fantastiques (le livre a parfois été présenté ainsi à tort), or voilà, c’est le corps qui prend les devants.
Le deuxième axe est celui du conte de Mme Leprince de Beaumont, «La Belle et la Bête», qui existe également dans une autre version, plus osée, plus diffuse aussi, celle de Mme de Villeneuve. Les décadents ont lu ce classique en le pervertissant et l’ont abondamment réécrit. J’ai travaillé sur les relectures et les réécritures, sur l’image aussi. Cela m’a permis d’interroger un phénomène d’époque, très parisien, tous ces recueils de textes dont le titre fait allusion à «La Belle et la Bête» (Les Belles et les Bêtes, Monstres parisiens, Bêtes roses, Monstres roses etc.) et montrer comment les traits du conte se diluent dans le recueil. Comment le paradigme changeant de beauté se trouve foncièrement lié à la conception du livre. Livre désormais épars ou disparate, almanach, album, voire Bottin (!), qui est, lui surtout, le monstre.
Cette enquête m’a d’ailleurs montré combien le livre fin-de-siècle est nourri de la presse. On imagine souvent les décadents comme des esthètes bibliophiles, amateurs d’éditions rares, et uniquement ainsi. C’est une vision partielle. Le livre fin-de-siècle est largement tributaire de la presse, bien plus qu’on ne le croit.

AL : Peut-on dire que dans l’esthétique décadente l’enfantement, en tant que figure de la création, est à la fois impossible et monstrueux ?

ES: Bien sûr. La Décadence revient sur une des plus vieilles métaphores de la culture occidentale, la projection de la relation entre père et progéniture sur celle entre auteur et livre, présente au moins depuis Platon, comme l’a montré Ernst Robert Curtius . Ils travaillent cette idée jusqu’à l’épuiser, jusqu’à instaurer, aux lieu et place de l’œuvre, le livre-fœtus ou le livre fœtal. C’est fascinant de cohérence et d’inventivité. Quelques-unes des plus illustres œuvres y passent, la Vita Nuova de Dante, qui devient le support d’un manifeste étonnant dans Incipit Vita Nova de Beardsley, les madones à l’enfant, des vers célèbres d’Ovide. C’est à la fois une invention étonnante de la Décadence et le prolongement d’une boutade romantique. Elle a au départ une valeur de provocation, mais c’est dans quelques-unes de ces idées provocantes que la Décadence montre en quoi elle est un maillon important de notre modernité. Accepter cet enfantement impossible et monstrueux, c’est accepter les «avortements de la plume» comme une œuvre, c’est supprimer la barrière entre brouillon et livre achevé, entre intime et public, entre particulier, infirme et informe d’un côté, général, valide, formé, de l’autre. C’est en cela que la création n’est pas niée, elle est déplacée. On est invité à prendre en compte les limbes. Pour les décadents, c’est une catégorie.

AL: Vous travaillez précisément dans votre ouvrage la tradition du singe, en marquant l’empreinte symbolique et narrative du darwinisme dans les arts, et en particulier dans la littérature, sans oublier pour autant ce que ces pratiques fin-de-siècle peuvent avoir de réécriture de la mythologie. Comment peut-on penser cette fascination de la culture d’une époque pour le singe dans toute son ampleur et sa complexité ?

ES: C’est le chapitre le plus long du livre. Il s’appuie en partie sur une très belle étude de Horst Woldemar Janson, faite dans l’esprit de l’Institut Warburg, Apes and Ape Lore in the Middle Ages and the Renaissance . Je serais très heureuse si on voyait mon chapitre comme le prolongement de ce livre merveilleux, au-delà de sa spécificité. Vous avez mentionné le darwinisme et la réécriture simiesque de grands mythes: on trouve effectivement à l’époque des réécritures étonnantes de grands textes (Homère, Shakespeare, la Bible, même la somme de Jules Verne y passe) et de grandes figures mythiques (Isis, Vénus, Orphée, le sphinx, le Christ, Faust) sont retouchées par le même biais. Ce ne sont pas des parodies, mais toute une réflexion sur le problème d’imitatio, que le singe incarne de façon exemplaire. Ce chapitre contient en effet une réflexion, fondamentale à mes yeux, qui touche autant au langage et à l’écriture, qu’à la peinture et à la sculpture. Il y eut à l’époque des travaux scientifiques sur le langage des singes. Les décadents s’en sont inspirés pour mettre le langage à mal, comme ils ont repris la tradition égyptienne du singe hiérogrammate, ou scribe divin, pour détruire l’écrit. Un autre point parlant, c’est la façon dont ils reviennent sur le concept ancien d’ars simia naturae, de l’art singe de la nature, en matérialisant (ou plutôt en animalisant) le lien entre art et nature. Cela va beaucoup plus loin que les tableaux de Téniers et la tradition plaisante de la singerie. Le singe artiste de la Décadence incite à découvrir l’abstraction, le fauvisme et la géométrie dans les arts…

AL : Comment la notion de modernité se trouve-t-elle revisitée à partir de vos hypothèses ?

ES: Il y a deux façons de répondre à cette question, en regardant vers le passé et en regardant vers l’avenir. Elles sont complémentaires. Les décadents regardaient pour la plupart vers le passé. Péladan le dit excellemment lorsqu’il affirme, en parlant de Rops: «Etre moderne c'est d'abord être conscient de toutes les antiquités […] ; contemporain de tous les âges et citoyen de tous les lieux, en demeurant de son âge et de son lieu. […] Etre moderne, c'est avoir tout le passé présent à l'esprit» . Cela montre à quel point la Décadence est un summum de la culture occidentale, une configuration où la mémoire joue un rôle primordial. En un sens, on ne peut comprendre la Décadence que dans le ressassement, la répétition de ce passé obsédant. Mais on peut aussi adopter un point de vue plus contemporain, fondé sur la notion de rupture. Les décadents consomment la rupture entre signifié et signifiant, entre modèle et représentation en les faisant coïncider ou adhérer l’un à l’autre. Ils ne sont certes pas les premiers à découvrir l’écart, l’inversion et la perversion du sens. Mais ils sont les premiers à en faire un art poétique involutif, sensible dans les grands et les petits textes, sensible aussi dans l’image. Leur attitude provocante affiche volontiers la destruction et le silence comme posture. Cela a un effet trompeur. On peut penser qu’il n’y a pas de postérité, pas de continuité. L’Histoire nous y invite aussi avec l’arrivée de la guerre de 1914, que l’histoire littéraire adopte volontiers comme un terminus ad quem.
On a ainsi l’impression d’une fin déliquescente: le XIXe siècle se délite et se dilue dans le début du XXe et la guerre arrive pour mettre fin à tout. Mais c’est une vision trop tranchée. On s’aperçoit que les avant-gardes reviennent sur plusieurs postulats décadents, qu’on connaît mal en général, pour les retravailler. Que dans les années 1920, l’esprit de Décadence resurgit dans la production romanesque, comme quelque chose qui aurait du mal à s’arrêter et à s’éteindre. Que le Surréalisme est pétri d’images et de textes fin-de-siècle. Tout ceci dessine des terrains d’investigation inexplorés pour l’essentiel. Ils mériteraient qu’on s’y intéresse de plus près, qu’il y ait enquête, recherche, interrogation. Que l’on n’envisage pas la fin du XIXe siècle uniquement comme une fin. C’en est bien sûr une, car les décadents sont bien les derniers épigones des classiques. Mais pas seulement. Je crois que notre façon de comprendre la modernité aurait tout à y gagner.

AL : Cette tératogonie fin-de-siècle, a-t-elle mis en place des traditions de représentation qui se retrouvent dans notre présent, que ce soit dans la littérature ou dans le cinéma ?

ES: Je crois qu’on est passé d’une représentation qui primait le gigantisme et l’agencement des parties reconnaissables, et codées par l’héritage culturel, à une représentation fondée sur l’organique, l’informe, le grossissement de l’infiniment petit etc. Dans sa première version, mon travail s’achevait sur l’importance du motif de la gélatine, qui touchait tout, les êtres, les livres, même les meubles. C’est une grande obsession de l’époque, qui renouvelle la conception de la monstruosité. Je n’ai pas pu l’inclure dans le livre, il fallait réduire autant que possible. Je devrais sans doute y revenir, surtout lorsqu’on voit à quel point l’informe envahit nos écrans. Refaire le monstre, et de façon crédible, c’était un des paris fin-de-siècle. Huysmans et les Goncourt l’ont bien souligné entre 1860 et 1880 : exit le dragon, exit la chimère ! C’est l’ère du monstre somatique, physiologique et organique que j’ai étudiée. Elle est toujours au centre de nos préoccupations, à voir combien certaines de ces représentations nous bouleversent. Il faudrait bien sûr prolonger, s’interroger sur la place de l’informe dans l’esthétique du XXe siècle…

AL : Cet ouvrage a-t-il ouvert de nouvelles perspectives de travail pour vous ?

ES: Des travaux qui touchent au livre fin-de-siècle, surtout le livre à figures. C’est venu en travaillant sur l’hybridation : de même qu’on a cherché à rendre la monstruosité dans le langage en le greffant de toutes sortes de paralangages, d’onomatopées, de cris, on a fait du livre le théâtre d’une série d’opérations complexes qui usent de l’image, de la décoration, de la typographie pour tenir un langage qui interrompt et parasite celui du texte. On parle souvent de «livre illustré», mais le mot a une connotation explicative et pédagogique qui fait dépendre l’image du texte. Il vaut mieux parler de «livre à figures». Dans ces recherches, j’ai lié la matérialité au contenu, l’aspect visuel au projet poétique. J’ai aussi essayé de penser le livre fin-de-siècle dans un contexte plus vaste, celui de l’imaginaire de l’écriture, de la bibliothèque, entre les éditions luxueuses, à tirage limité, et les livres que l’on produit par milliers à l’époque sur un papier trop acide et friable. Le séminaire du TIGRE qui m’a été confié cette année à l’ENS tourne autour de ces questions. Espérons que je pourrai bientôt éditer ces travaux, qui datent de 1998. Cela peut paraître incroyable, mais j’ai mis dix ans à faire paraître Le Monstre, le singe et le fœtus, qui date de 1993. Le manuscrit m’a demandé un très gros travail de condensation et de calibrage. Il a fallu que je m’occupe personnellement de la saisie et de la mise en page du dossier iconographique. Si Paul Edwards, photographe et spécialiste des rapports entre littérature et photographie au XIXe siècle, ne m’avait pas aidée, le dossier iconographique n’aurait jamais paru. On touche avec le livre à figures à des créations superbes, il faudrait que les éditeurs en prennent la mesure et permettent la publication de ce genre de travaux.

 


- entretien publié le 24 janvier 2005 -

 
   
 

 

 

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20 septembre 2006 3 20 /09 /septembre /2006 16:18



Jules Laforgue et les DECADENTS

2000, par Valérie MARTIN-PEREZ


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Jules Laforgue et les décadents


 

1) Qu'est-ce que la Décadence ?

Citation d'un article de V. Jankélévitch, « La Décadence », in Revue de métaphysique et de morale, n°4,1950.

« Le décadent qui prend goût aux modes de 1900, raffole de romances démodées, réhabilite les chef-d'œuvres méconnus, (…) l'amateur décadent s'intéresse à la décadence elle-même, _ à la basse latinité ou aux fastes du second Empire ; le charme mélancolique des civilisations finissantes ne le laisse pas insensible. A la nature l'abstraite surconscience préfère les sous-produits secondaires et tertiaires de l'artifice : aux fleurs naturelles, les fleurs artificielles, à l'original le daguerréotype, au modèle la copie. »

La décadence apparaît à la fin du XIXème siècle, à contre courant de la référence quasi universelle du progrès humain. Voir Préface de Mademoiselle de Maupin : « Mon Dieu ! que c'est une sotte chose que cette prétendue perfectibilité du genre humain dont on nous rebat les oreilles ! »

Dés les années 80, la « fin-de-siècle », avec toutes ses connotations ambiguës, obsède les esprits. Les fins de civilisations sont à la mode, en littérature et en peinture (Byzance, Babylone). Joséphin Péladan écrit son éthopée La Décadence latine.

La génération qui atteint 20 ans en 1875 et dans les années suivantes s'empare de la notion de décadence, autant par bravade et dérision que par délectation morose. Elle définit son état d'âme par cette citation du sonnet de Verlaine Langueur parut dans Le Chat Noir du 26 mai 1883 : « Je suis l'Empire à la fin de la décadence ».

Le sentiment qui domine, est celui d'être arrivé trop tard dans un monde trop vieux, sentiment que Bourget résume par ces mots : une « mortelle fatigue de vivre » ; citation de Musset (Rolla) citée par Bourget dans Théorie de la Décadence in Essais (1883) repris dans les Essais de psychologie contemporaine : « je suis venu trop tard dans un monde trop vieux ». Dans ce texte Bourget cite aussi La Bruyère : « Tout est dit, et l'on vient trop tard depuis plus de sept mille qu'il y a des hommes et qui pensent. » Voir aussi le texte de Laforgue Trop tard in Le sanglot de la terre.

Bourget dit encore, tentant de définir la littérature de décadence : « Le psychologue que j'imagine raisonnerait de même à l'endroit des littératures de décadence [il était auparavant question de civilisation]. Il dirait : « Ces littératures non plus n'ont pas de lendemain. Elles aboutissent à des altérations de vocabulaire, à des subtilités de mots qui rendront ce style inintelligible aux générations à venir. Dans cinquante ans, la langue des frères de Goncourt, par exemple, ne sera comprise que des spécialistes. Qu'importe ? Le but de l'écrivain est-il de se poser en perpétuel candidat devant le suffrage universel des siècles ? Nous nous délectons dans ce que vous appelez nos corruptions de style, et nous délectons avec nous les raffinés de notre race et de notre heure. » (Paul Bourget, Essai de psychologie contemporaine, Plon, 1924). Les réflexions de Bourget se poursuivent ensuite en analysant Baudelaire comme un auteur décadent : il souligne le goût de celui-ci pour ce qui est morbide et artificiel. Baudelaire est ensuite qualifié d'un « des éducateurs préférés de la génération qui vient. »

Voir aussi la fin du chap. XIV d'A rebours : « la décadence d'une littérature, irréparablement atteinte dans son organisme, affaiblie par l'âge des idées, épuisée par les excès de la syntaxe, sensible seulement aux curiosités qui enfièvrent les malades et cependant pressée de tout exprimer à son déclin, acharnée à vouloir réparer toutes les omissions de jouissance, à léguer les plus subtils souvenirs de douleur ». Bourget parle lui aussi d'organisme.

Mallarmé, Verlaine, Huysmans, Péladan : la décadence, qui est d'abord un cri de ralliement, une prise conscience esthétique, devient finalement une école qui se définit par rapport aux classiques, aux réalistes et aux naturalistes : voir extrait de la revue « Le Décadent » du samedi 12 juin 1886.

Résumons l'esprit de décadence, dont l'attitude de des Esseintes représente un accomplissement parfait : tentation de l'artificiel, puisque la nature ne peut rien apporter de nouveau ; recours à toutes sortes de raffinements, en sombrant dans tous les excès ; et en même temps, on s'isole de la société pour aller à la recherche de sensations rares au cœur d'un univers artificiel. Et si le poète sombre dans la névrose ou l'ennui (le taedium vitae), il n'en garde pas moins en contrepartie l'esprit de blague (évident chez Laforgue, voir par exemple la Complainte sur certains ennuis p. 109, et la Complainte-Placet de Faust fils p. 58).

Sur ce sujet vous lirez avec profit l'admirable anthologie de Daniel Grojnowski et Bernard Sarrazin : L'esprit fumiste et les rires fin de siècle aux éditions José Corti, 1990.

2) Décadence et impressionnisme

L'esprit décadent, en tant que mouvement littéraire, est aussi lié à l'impressionnisme pictural : ils ont en commun la découverte du charme de la vie quotidienne : le poète, comme le peintre cherche à saisir les aspects de la vie réelle tout en s'abandonnant aux sensations qu'il procure.

L'impressionnisme est la forme décadente de la peinture : affinité de regard entre les peintres et les écrivains.

Cela est très net dès les années 1880 qui voit s'épanouir bon nombre de revues et de petits textes qui tiennent à la fois de poèmes en prose à la manière de Baudelaire, et de la brève chronique. Le mot « impression » apparaît très souvent dans leur titre. Voir ce qui est dit sur les revues littéraires dans l'introduction p. 7 de l'édition des Complaintes de Laforgue.

Caractéristiques de l'impressionnisme en littérature

Il donne l'illusion de notes prises sur le vif, de surprendre les instants de la vie quotidienne, comme le font croquis et scènes de rue. Un bon exemple : les « Paysages belges » des Romances sans paroles de Verlaine : voir par exemple Bruxelles Simples Fresques :

« Le château, tout blanc,

Avec, à son flanc,

Le soleil couché.

Les champs à l'entour…

Oh ! que notre amour

N'est-il là niché ! »

Les structures logiques de la phrase disparaissent au profit d'une succession discontinue de noms, sans organisation rhétorique : exprimer la sensation. On retrouve ce style dans Les Complaintes de Laforgue :

« Des prairies adorables,

Loin des mufles des gens ;

Et, sous les ciels changeants,

Maints hamacs incassables ! »

in Complainte des formalités nuptiales p.98.

Attention, les décadents ne se réfèrent pas aux Romances sans paroles, mais comme Verlaine, ils s'interrogent sur la possibilité de transposer dans le domaine littéraire le regard du peintre impressionniste.

L'activité créatrice du poète décadent est à mettre en parallèle avec celle du peintre. Si l'un manie les mots, l'autre manie la peinture, dans l'objectif commun de faire du nouveau. Cette recherche sur le langage et sur la modernité est notamment formulée par Anatole Baju, porte-parole des Décadents : « que les futurités littéraires se mettent à l'œuvre. Un art nouveau, quintessencié, plus impalpable encore sortira de ce gâchis chaotique. » (Le Décadent, 24 avril 1886).

Au sujet de cette poésie du quotidien, voir les complaintes suivantes :

-  C. d'un certain dimanche ;

-  C. d'un autre dimanche ;

-  C. de la fin des journées ;

-  C. des printemps ;

-  C. de l'automne monotone ;

-  C. des bons ménages ;

-  Etc.

La décadence n'aura été qu'un courant éphémère : apparition du symbolisme à partir de 1885 (on passe de la sensation simplement constatée à la recherche de sa signification). Mais cette apparition du symbolisme n'exclut pas cependant l'esprit décadent.

Conclusion :

Points commun entre la décadence et l'impressionnisme :

1) Participation au monde de la sensation.

2) Sensibilité à la présence du paysage urbain.

3) Nécessité d'une expression neuve.

Bref aperçu de ces trois points dans Les Complaintes :

1) Le monde de la sensation

Anatole Baju fondateur de la revue Le Décadent (voir plus haut) réclame « une poésie vibrante et sonore où l'on sent passer comme des frissons de vie » et veut « noter l'idée dans la complexité de ses nuances les plus fugaces ».

· le corps, la sensualité : voir la Complainte des voix sous le figuier boudhique (p.61) ; champ lexical du corps très significatif ; exemple :

« Reviens, vagir parmi mes cheveux, mes cheveux

Tièdes, Je t'y ferai des bracelets d'aveux ! »

Reprise comique plus loin du motif de la chevelure : « Bestiole à chignon », « Ô femme, mammifère à chignon ».

Notations impressionnistes : « Yeux désolés, bouche ingénue » ; « Yeux trop mûrs, mais bouche ingénue ;/ Œillet blanc, d'azur trop veiné ; » (Complainte de la bonne Défunte p. 71)

Voir aussi la Complainte des nostalgies préhistoriques p. 91.

· les parfums : « usine de sève aux lymphatiques parfums » (Complainte à Notre-Dame des Soirs).

· L'ouïe : « On entend les étoiles » in Complainte de cette bonne lune ;

2) Sensibilité à la présence du paysage urbain

Complainte d'un autre dimanche (p.76) :

« C'était un très au vent d'octobre paysage,

Que découpe, aujourd'hui dimanche, la fenêtre, »etc.

Complainte des nostalgies préhistoriques (p.91) :

« La nuit bruine sur les villes. »

Complainte de l'automne monotone (p. 87)

« Le vent, la pluie, oh ! le vent, la pluie ! »

3) Nécessité d'une expression neuve

« Vos Rites, jalonnés de sales bibliothèques,

Ont voûté mes vingt ans, m'ont tari de chers goûts »

(Complainte à Notre-Dame des Soirs)

Bouleversement de la syntaxe (très nombreux exemples, presque dans chaque complainte) : « Jolie ou vague ? triste ou sage ? encore pure ? (= phrases adjectivales)

Ô jours, tout m'est égal ? ou monde, moi je veux ? »

(Complainte des pianos qu'on entend dans les quartiers aisés p. 68).

Création de mots : « Eternullité » ; « mon rêvoir » ; « hontes sangsuelles » (p. 63) ; « ces vendanges sexciproques » (p. 59)

Orthographe et langage familier (relevé aisé à faire !)

Mélange des tons :

Complainte des printemps (p. 85) :

« Permettez, ô sirène,

Voici que votre haleine

Embaume la verveine ;

C'est l'printemps qui s'amène ! »



Valérie MARTIN-PEREZ
Professeur agrégée de Lettres Modernes.
Formatrice à l'IUFM du Pacifique.
Tahiti.











 

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20 septembre 2006 3 20 /09 /septembre /2006 15:11

Chiraquiens et PS s'accordent sur le dos des sarkozystes

LE MONDE | 20.09.06 | 12h27
 




En annonçant, mardi 19 septembre, "l'accord" intervenu entre les présidents de groupe pour que la discussion du projet de loi sur l'énergie s'achève le 28 septembre, le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, est parvenu à ses fins. Il évite à Dominique de Villepin un recours à l'article 49-3 de la Constitution qui permet l'adoption du texte sans vote.

 


 
Négocié depuis la fin de la semaine dernière avec Jean-Marc Ayrault, le président du groupe socialiste, ce scénario de sortie de crise, fruit d'un accord inédit entre le PS et les chiraquiens, se fait sur le dos des sarkozystes. Ces derniers vont en effet devoir approuver une privatisation de GDF dont Nicolas Sarkozy avait promis deux ans plus tôt qu'elle était exclue.

Dès jeudi 14 septembre, le contact a été établi entre MM. Debré et Ayrault. Les deux hommes ont, entre autres intérêts communs, de mettre un terme au jeu d'obstruction où s'épuisent les députés socialistes. M. Ayrault a conscience que la bataille d'amendements est mal comprise par l'opinion. Qui plus est, la mobilisation contre le projet de loi organisée par plusieurs syndicats le 12 septembre a été faible. Et les élus PS peinent à être une dizaine en séance.

Vendredi le pacte est passé : le débat sera prolongé, mais n'ira pas au-delà du 28 septembre. Lundi soir, M. Debré a un entretien téléphonique avec Alain Bocquet, le président du groupe communiste. Ce dernier fait le même constat que M. Ayrault. Et donne à son tour son aval, à une condition : que le vote solennel du texte ait lieu à la reprise de la session ordinaire, le 3 octobre. Ce qui lui est immédiatement accordé. Le président de l'Assemblée fait un geste en direction des socialistes : mercredi 20 septembre, la séance est levée, pour permettre aux députés PS de se rendre à leurs journées parlementaires.

FAIT ACCOMPLI

Mardi matin, Jean-Louis Debré annonce l'accord scellé en conférence des présidents. Le président du groupe UMP, Bernard Accoyer, est mis devant le fait accompli. C'est alors l'heure des réunions de groupe. A l'UMP, les députés comprennent vite qu'on ne leur laisse guère le choix. Nicolas Sarkozy a bien vu le piège se refermer : ses troupes vont devoir voter le texte, pour ne pas donner prise aux accusations de division, de rupture de la solidarité gouvernementale.

Lors de cette réunion, M. Sarkozy doit demander à "ceux qui [lui] font confiance de voter le texte". A la sortie, ses lieutenants minimisent la taille de la couleuvre à avaler. "Le match qui compte, c'est celui de la présidentielle", souligne Patrick Devedjian, député des Hauts-de-Seine. "La majorité sera fidèle à l'esprit de solidarité en vue de l'élection présidentielle", renchérit Pierre Lellouche (UMP, Paris) qui confie : "Au lieu de compter l'opposition, on veut nous contraindre à compter la majorité. Du coup, la majorité va voter massivement oui, même ceux qui n'en avaient pas envie."

Au PS, l'ambiance n'est pas moins électrique. Laurent Fabius monte au front. "Avec ce type d'accord, on donne à l'opinion l'impression que chacun joue sa partition sur une musique écrite d'avance", dénonce le député de Seine-Maritime, insistant sur "la nécessité de mener une opposition frontale". "Il faut que le gouvernement et la majorité assument leur responsabilité. Cela ne peut pas être par la commodité du 49-3", plaide en retour Eric Besson (PS, Drôme). "C'est bien de défendre une position maximaliste, mais cela suppose de payer de sa personne, maugrée Christian Bataille (PS, Nord). On serait heureux que les conseilleurs soient plus présents dans les débats."

Soucieux que l'accord intervenu ne soit pas interprété comme une capitulation, M. Ayrault fait une mise au point publique, à la reprise des travaux, mardi. "La bataille continue", indique-t-il. Les députés socialistes ont prévu de se concentrer sur l'article 10 du texte, qui prévoit la privatisation de GDF. Tous devraient être pressés d'être à ce moment-là en séance et l'ensemble des ténors mobilisé.

Mardi soir, dans l'entourage du ministre de l'économie, Thierry Breton, on se félicitait de l'accord en laissant entendre que la Commission européenne devrait répondre favorablement aux réponses de GDF et Suez. "Elle y a d'ailleurs tout intérêt puisque nous créons un concurrent à EDF", confiait un conseiller.

Patrick Roger
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Chiraquiens et PS s'accordent sur le dos des sarkozystes

LE MONDE | 20.09.06 | 12h27
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En annonçant, mardi 19 septembre, "l'accord" intervenu entre les présidents de groupe pour que la discussion du projet de loi sur l'énergie s'achève le 28 septembre, le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, est parvenu à ses fins. Il évite à Dominique de Villepin un recours à l'article 49-3 de la Constitution qui permet l'adoption du texte sans vote.

 


 
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Vendredi le pacte est passé : le débat sera prolongé, mais n'ira pas au-delà du 28 septembre. Lundi soir, M. Debré a un entretien téléphonique avec Alain Bocquet, le président du groupe communiste. Ce dernier fait le même constat que M. Ayrault. Et donne à son tour son aval, à une condition : que le vote solennel du texte ait lieu à la reprise de la session ordinaire, le 3 octobre. Ce qui lui est immédiatement accordé. Le président de l'Assemblée fait un geste en direction des socialistes : mercredi 20 septembre, la séance est levée, pour permettre aux députés PS de se rendre à leurs journées parlementaires.

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Le président de GDF, Jean-François Cirelli, le 21 septembre 2005. | AFP/MEHDI FEDOUACH
Cadrage
Pour répondre aux "griefs" de l'UE, GDF avance des concessions minimales
Parmi les articles précédents
Les faits <a href="http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@
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20 septembre 2006 3 20 /09 /septembre /2006 08:19

Manuel II Palaiologos

 Wikipedia 

Emperor Manuel II Palaiologos
Emperor Manuel II Palaiologos
Half stavraton coin by Manuel. On the reverse, Manuel's bust.
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Half stavraton coin by Manuel. On the reverse, Manuel's bust.
The Byzantine Empire in 1403.
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The Byzantine Empire in 1403.

Manuel II Palaiologos or Palaeologus (Greek: Μανουήλ Β΄ Παλαιολόγος, Manouel II Palaiologos) (June 27, 1350July 21, 1425) was Byzantine emperor from 1391 to 1425.

Contents

[hide]

Life

Manuel II Palaiologos was the second son of Emperor John V Palaiologos (1341–1376, 1379–1390, 1390–1391) and his wife Helena Kantakouzena.

 His maternal grandparents were Emperor John VI Kantakouzenos (1347–1354) and Eirene Asanina.

Created despotes by his father, the future Manuel II traveled west to seek support for the Byzantine Empire in 1365 and in 1370, serving as governor in Thessalonica from 1369. The failed attempt at usurpation by his older brother Andronikos IV Palaiologos in 1373 led to Manuel being proclaimed heir and co-emperor of his father. In 13761379 and again in 1390 they were supplanted by Andronikos IV and then his son John VII, but Manuel personally defeated his nephew with help from the Republic of Venice in 1390. Although John V had been restored, Manuel was forced to go as an honorary hostage to the court of the Ottoman Sultan Bayezid I at Prousa (Bursa). During his stay, Manuel was forced to participate in the Ottoman campaign that reduced Philadelpheia, the last Byzantine enclave in Anatolia.

Hearing of his father's death in February 1391, Manuel II Palaiologos fled the Ottoman court and secured the capital against any potential claim by his nephew John VII. Although relations with John VII improved, the Ottoman Sultan Bayezid I besieged Constantinople from 1394 to 1402. After some five years of siege, Manuel II entrusted the city to his nephew and embarked on a long trip to western courts (including those of the Kingdom of England, France, the Holy Roman Empire, and Aragon) to seek assistance against the Ottoman Empire.

Meanwhile an anti-Ottoman crusade led by the Hungarian King Sigismund of Luxemburg failed at the Battle of Nicopolis on September 25, 1396, but the Ottomans were themselves crushingly defeated by Timur at the Battle of Ankara in 1402. As the sons of Bayezid I struggled with each other over the succession in the Ottoman Interregnum, John VII was able to secure the return of the European coast of the Sea of Marmara and of Thessalonica to the Byzantine Empire. When Manuel II returned home in 1403, his nephew duly surrendered control of Constantinople and was rewarded with the governorship of newly recovered Thessalonica.

Manuel II Palaiologos used this period of respite to bolster the defenses of the Despotate of Morea, where the Byzantine Empire was actually expanding at the expense of the remnants of the Latin Empire. Here Manuel supervised the building of the Hexamilion (six-mile) wall across the Isthmus of Corinth, intended to defend the Peloponnese from the Ottomans.

Manuel II stood on friendly terms with the victor in the Ottoman civil war, Mehmed I (1402–1421), but his attempts to meddle in the next contested succession led to a new assault on Constantinople by Murad II (1421–1451) in 1422. During the last years of his life, Manuel II relinquished most official duties to his son and heir John VIII Palaiologos, and in 1424 they were forced to sign a peace treaty with the Ottoman Turks, whereby the Byzantine Empire undertook to pay tribute to the sultan. Manuel II died on 21 July 1425.

Manuel II was the author of numerous works of varied character, including letters, poems, a Saint's Life, treatises on theology and rhetoric, and an epitaph for his brother Theodore I Palaiologos.

Family

By his wife Helena Dragaš, the daughter of the Serbian prince Constantine Dragaš, Manuel II Palaiologos had several children, including:

  1. John VIII Palaiologos, Byzantine emperor 1425-1448
  2. Theodore II Palaiologos, despotes in Morea
  3. Andronikos Palaiologos, Lord of Thessalonike, despotes in Thessalonica
  4. Constantine XI Palaiologos, Byzantine emperor 1448-1453
  5. Demetrios Palaiologos, despotes in Morea
  6. Thomas Palaiologos, despotes in Morea

An illegitimate daughter named Isabella married Ilario Doria.

Pope Benedict XVI controversy

In a lecture delivered on 12 September 2006, Pope Benedict XVI quoted from a dialogue supposedly written around 1391 by Manuel II that has the Emperor debating an imaginary Persian scholar (Dialogue 7 of Twenty-six Dialogues with a Persian), including a passage in which the Emperor states: "Show me just what Muhammad brought that was new and there you will find things only bad and inhuman, such as his command to spread by the sword the faith he preached." Many Muslims were offended by what was perceived as a denigration of Muhammad.

External links

References

  • Oxford Dictionary of Byzantium, Oxford University Press, 1991.
Preceded by:
John V
Byzantine Emperor
13911425
Succeeded by:
John VIII
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20 septembre 2006 3 20 /09 /septembre /2006 08:18

Manuel II Paléologue

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

 
Manuel II Paléologue, monnaie
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Manuel II Paléologue, monnaie

Manuel II Paléologue, empereur byzantin de 1391 à 1425 :

  • Jean VIII (1392 † 1448)
  • Constantin (1394 † 1402)
  • Théodore, despote d'Achaïe (1396 † 1448)
  • Andronic (1400, † 1428), despote de Thessalonique, puis entré dans les ordres
  • Constantin XI Dragasés (1405 † 1453)
  • Michel (1405 † 1410)
  • Démétrios (1407 † 1470), despote de Mistra
  • Thomas Paléologue (1409 † 1465), despote de Morée

Règne [modifier]

Prisonnier du sultan Bayezid Ier et retenu à Brousse, il craint que celui-ci, en sa qualité de suzerain de l'Empire byzantin, ne nomme Basileus son neveu Jean VII Paléologue. Il s'enfuit de Brousse le 7 mars 1391 et rentre triomphalement à Constantinople.

Quand le sultan Bayezid Ier l'attaque de nouveau, il fait appel aux Croisés occidentaux, qui sont vaincus à Nicopolis en 1396.

Laissant alors le pouvoir à son neveu Jean VII, il va cherche de l'aide en occident de 1399 à 1402. Mais en vain, étant donné que les Occidentaux sont trop occupés par le conflit franco-anglais, et par le Grand Schisme d'Occident.

Constantinople est cependant sauvée de la menace turque par la victoire de Tamerlan sur les Turcs à Ankara en 1402. En 1403, un traité est conclu avec Isa Çelebi, aux termes duquel les Byzantins retrouvent leur indépendance et se voient restituer Thessalonique, le Mont Athos et les îles de la Mer Egée. Lorsque Moussa assassine Isa, en 1411 et annule ces dispositions, Manuel II s'allie à son frère Suleyman Çelebi qui vainc Moussa le 5 juillet 1413 à Camurlu, en Serbie, et devient le sultan Mehmed Ier.

Mehmet Ier confirme alors tous les engagements pris avec Manuel II et une paix s'établit entre Byzantins et Turcs jusqu'en 1421.

Constantinople est à nouveau assiégée à l'avènement de Murad II, fils de Mehmet Ier, en 1421. La Morée est ravagée par les Turcs en 1423 et Manuel doit laisser son fils aîné, Andronic, offrir la ville aux Vénitiens. La ville de Constantinople n'est pas prise, mais elle doit se reconnaître vassale du sultan en 1424 et payer tribut pour conserver ses possessions : Il refuse en cette occasion l'aide proposée par le pape Martin V en échange de l'union des églises.

En juin 1425, il prononçe ses voeux de moine en adoptant le nom de Matthieu ; il meurt le 22 juillet de cette même année, pleuré par son peuple.

Controverse de Benoît XVI [modifier]

Le pape Benoît XVI dans un discours prononcé à Ratisbonne en septembre 2006 sur le thème de la foi et de la raison, cite, sans se les approprier, des paroles de Manuel II Paléologue à un érudit persan : « Montre-moi ce que Mahomet a apporté de nouveau et tu ne trouveras que des choses diaboliques et inhumaines, comme son ordre de diffuser par l'épée la foi qu'il prêchait ». C'est le départ d'une controverse, certains commentateurs avançant que le pape s'est livré à une critique du Jihad.


Empereur romain d'Orient ou Basileus
Précédé par
Jean V
Paléologue

Manuel II Paléologue
avec Jean VII
Suivi par
Jean VIII
Paléologue
 
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20 septembre 2006 3 20 /09 /septembre /2006 08:12

Manuel II Paléologue

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Manuel II Paléologue, monnaie
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Manuel II Paléologue, monnaie

Manuel II Paléologue, empereur byzantin de 1391 à 1425 :

  • Jean VIII (1392 † 1448)
  • Constantin (1394 † 1402)
  • Théodore, despote d'Achaïe (1396 † 1448)
  • Andronic (1400, † 1428), despote de Thessalonique, puis entré dans les ordres
  • Constantin XI Dragasés (1405 † 1453)
  • Michel (1405 † 1410)
  • Démétrios (1407 † 1470), despote de Mistra
  • Thomas Paléologue (1409 † 1465), despote de Morée

Règne [modifier]

Prisonnier du sultan Bayezid Ier et retenu à Brousse, il craint que celui-ci, en sa qualité de suzerain de l'Empire byzantin, ne nomme Basileus son neveu Jean VII Paléologue. Il s'enfuit de Brousse le 7 mars 1391 et rentre triomphalement à Constantinople.

Quand le sultan Bayezid Ier l'attaque de nouveau, il fait appel aux Croisés occidentaux, qui sont vaincus à Nicopolis en 1396.

Laissant alors le pouvoir à son neveu Jean VII, il va cherche de l'aide en occident de 1399 à 1402. Mais en vain, étant donné que les Occidentaux sont trop occupés par le conflit franco-anglais, et par le Grand Schisme d'Occident.

Constantinople est cependant sauvée de la menace turque par la victoire de Tamerlan sur les Turcs à Ankara en 1402. En 1403, un traité est conclu avec Isa Çelebi, aux termes duquel les Byzantins retrouvent leur indépendance et se voient restituer Thessalonique, le Mont Athos et les îles de la Mer Egée. Lorsque Moussa assassine Isa, en 1411 et annule ces dispositions, Manuel II s'allie à son frère Suleyman Çelebi qui vainc Moussa le 5 juillet 1413 à Camurlu, en Serbie, et devient le sultan Mehmed Ier.

Mehmet Ier confirme alors tous les engagements pris avec Manuel II et une paix s'établit entre Byzantins et Turcs jusqu'en 1421.

Constantinople est à nouveau assiégée à l'avènement de Murad II, fils de Mehmet Ier, en 1421. La Morée est ravagée par les Turcs en 1423 et Manuel doit laisser son fils aîné, Andronic, offrir la ville aux Vénitiens. La ville de Constantinople n'est pas prise, mais elle doit se reconnaître vassale du sultan en 1424 et payer tribut pour conserver ses possessions : Il refuse en cette occasion l'aide proposée par le pape Martin V en échange de l'union des églises.

En juin 1425, il prononçe ses voeux de moine en adoptant le nom de Matthieu ; il meurt le 22 juillet de cette même année, pleuré par son peuple.

Controverse de Benoît XVI [modifier]

Le pape Benoît XVI dans un discours prononcé à Ratisbonne en septembre 2006 sur le thème de la foi et de la raison, cite, sans se les approprier, des paroles de Manuel II Paléologue à un érudit persan : « Montre-moi ce que Mahomet a apporté de nouveau et tu ne trouveras que des choses diaboliques et inhumaines, comme son ordre de diffuser par l'épée la foi qu'il prêchait ». C'est le départ d'une controverse, certains commentateurs avançant que le pape s'est livré à une critique du Jihad.


Empereur romain d'Orient ou Basileus
Précédé par
Jean V
Paléologue

Manuel II Paléologue
avec Jean VII
Suivi par
Jean VIII
Paléologue
 
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