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8 avril 2007 7 08 /04 /avril /2007 08:13

Mes livres

collection Le Musée du Monde

TASCHEN 2005


    

 

( di Mariano )di VANNI FILIPEI alessandro

    dit  BOTTICELLI sandro 1444/45-1510+

   VINCI ( Da ) Leonardo    1452-1519 +

       MICHEL ANGELO : BUONARROTI michelangiolo

       ( dit Michel-Ange )           1475 -1564     

       ARCIMBOLDO giuseppe   1527-1593+

       MERISI michelangelo dit Le  CARAVAGE        

            il Caravaggio           1571-1610+

        VERMEER  jan                  1632-1675+

        TURNER  J M W                          1775-1851+

        DEGAS  edgar                        1834-1917+

        CEZANNE paul                      1839-1906+

         MONET  claude oscar                 1840-1926+

        ROUSSEAU henri-julien-félix( le douanier) 1844-1910+

       GAUGUIN paul                 1848-1903+

      VAN GOGH  Vincent        1853- 1890+

      KLIMT  gustav                 1862-1918+

     MUNCH   edward           1863-1944+

    KANDINSKY vassili          1866- 1944+

    MATISSE  henri-émile benoit       1869-1954 +

    MALéVITCH   kazimir severinovitch   1878-1935+

     HOPPER  edward  1882- 1967 +

    MODIGLIANI amedeo   1884-1920+

    CHAGALL marc              1887-1985+

    SCHIELE egon                 1890-1918+

    ERNST max   1891-1976+

    MIRO joan                1893-1983+

     MAGRITTE rené      1898- 1967+

     DALI    salvador            1904- 1989 +

    KAHLO-CALDERON magdalena carmen-frieda

    dite Frida KAHLO          1907-1954+

     Comte  KLOSSOWSKI DE ROLA Balthasar , dit

   BALTHUS                            1908-2001+

    BACON francis                      1909-1992+

      WARHOL andy (andrew Warhola)     1928-1987+

 

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29 mars 2007 4 29 /03 /mars /2007 09:39
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29 mars 2007 4 29 /03 /mars /2007 09:38
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Communiqué public GEAB N°11
15/01/2007


Pour l’équipe LEAP/E2020, l’année 2007 va voir les Etats-Unis s’enfoncer dans la « Très Grande Dépression », à savoir la rare conjonction historique d’une forte dépression économique, d’un effondrement stratégique et d’une crise politique et sociale interne majeure, qui constituera le cœur de la phase d’impact de la crise systémique globale : crise immobilière, crise financière, crise économique, guerre commerciale, escalade militaire et crise politique en seront les six principaux aspects développés dans le GEAB N°11, selon les axes ci-dessous :

1. Taux d’épargne négatif et baisse annuelle des prix de l’immobilier au niveau national : deux indicateurs économiques majeurs américains désormais à leur plus bas depuis la crise des années 1930

2. La « montagne russe » des taux d’intérêts US en 2007 : Forte baisse au printemps et forte hausse à l’automne

 

3. Le secteur financier US est déjà entré en faillite :

aujourd’hui Ownit, Mortgage USA Lenders,… demain Ameriquest, Wells Fargo, HSBC Finances ?

 

4. Moyen-Orient : pour masquer son échec en Irak, l’administration Bush prépare la guerre intra-musulmane chiites contre sunnites et Israël le bombardement nucléaire tactique du programme atomique iranien

 

5. Chine et Russie s’activent pour refouler en 2007 les Etats-Unis hors d’Asie centrale et organiser la poursuite de la chute du Dollar

 

6. Marchés émergents, prêts immobiliers à risque : 2007 va voir le grand retour du risque sur les marchés financiers … et l’addition va être lourde après les années d’insouciance.


 

Dans ce communiqué public, LEAP/E2020 a choisi de présenter des extraits des chapitres 1 et 4 qui permettent au lecteur de bien mesurer l’ampleur de la dépression en train de se mettre en place. Mais auparavant, il paraît important de bien préciser les raisons des incertitudes sur l’avenir qui dominent les analyses de ce début d’année 2007. La principale cause selon les chercheurs de LEAP/E2020 tient au concept de « brouillard statistique ».

_______

Le « brouillard statistique » de l’entrée en récession destiné à faire douter que le Titanic est bien en train de couler

Le passage de 2006 à 2007 illustre parfaitement l’entrée dans la phase d’impact de la crise systémique globale annoncé par LEAP/E2020. Et comme dans tout changement de phase, le passage par le point zéro est caractérisé par ce qu’on peut appeler le « brouillard statistique », qui voit les indicateurs pointer dans de directions opposées et les mesures donner des résultats contradictoires, avec des marges d’erreur désormais supérieures ou égales aux mesures elles-mêmes [1] C’est une situation caractéristique des naufrages, quand progressivement le navire est en train d’être inondé mais que les machines fonctionnent encore. Les impressions sont confuses ; les informations deviennent contradictoires.

Ainsi, lorsque le Titanic est déjà condamné, les passagers de première classe dansent encore, persuadés par les officiers que le naufrage est impossible.

En l’occurrence pour la planète en 2007, le naufrage qui va préoccuper tout le monde est celui des Etats-Unis, que LEAP/E2020 a décidé d’appeler la « Très Grande Dépression », d’une part parce que le nom « Grande Dépression » est déjà utilisé pour faire référence à la crise de 1929 et aux années qui ont suivi ; d’autre part car pour nos chercheurs, la nature et l’ampleur de ce qui va se passer est d’une tout autre dimension (suite GEAB N°11).

Et ce n’est pas le discours officiel ronronnant de ce début d’année 2007 qui peut changer grand-chose à l’évolution déjà bien entamée. Il suffit pour s’en convaincre de mettre les déclarations actuelles en perspective avec les annonces du début 2006.

Taux d’épargne négatif et baisse annuelle des prix de l’immobilier au niveau national : deux indicateurs économiques majeurs américains désormais à leur plus bas depuis la crise des années 1930

Ainsi, lorsqu’au début 2006 la Réserve Fédérale américaine et l’ensemble des principaux opérateurs et relais d’information économique et financière niaient l’existence d’une bulle immobilière (et rejetaient donc formellement tout risque de crise dans ce secteur), l’effondrement des prix avait déjà commencé conduisant l’immobilier américain à sa plus grande crise depuis les années 1930 (d’ailleurs des analystes parlent désormais de « la dépression immobilière 2007 ») avec pour la première fois depuis cette époque une baisse annuelle du prix de l’immobilier sur l’ensemble du territoire des Etats-Unis (Standards and Poors / Business Week). Et la baisse de l’immobilier US n’est pas terminée même si les données officielles essaient de cacher la réalité, au point que même CNN s’en émeut et dénonce la déconnection entre des chiffres qui décrivent une « réalité » mitigée et un marché immobilier américain réel s’enfonçant dans la crise (CNN Money). Ainsi, comme le rapporte une très intéressante étude de Merryl Linch, fin Décembre, l’indice de l’achat immobilier de l’Université du Michigan est tombé à 41 (contre 45 précédemment) (Merrill Lynch) . Le marché va donc continuer à s’effondrer faute d’acheteurs [2].

Avec les taux d’épargne négatifs, la baisse annuelle du prix de l’immobilier est la deuxième donnée économique fondamentale en moins d’un an à rejoindre des niveaux jamais observés depuis la Grande Dépression des années 30 ((suite GEAB N°11))

Moyen-Orient : pour masquer son échec en Irak, l’administration Bush prépare la guerre intra-musulmane ‘chiites contre sunnites’ et Israël le bombardement nucléaire tactique du programme atomique iranien

Ainsi lorsque, il y a un an seulement, le gouvernement américain vantait le succès des élections législatives en Irak et la formation du nouveau gouvernement en niant tout risque de conflagration interne au pays, la guerre civile avait déjà débuté pour aboutir aujourd’hui à l’escalade militaire américaine dans la région et aux prémisses d’une crise politique interne majeure aux Etats-Unis même. La confrontation entre le Congrès démocrate et l’administration Bush a commencé dès l’entrée en fonction des nouveaux élus, comme annoncé dès Septembre 2006 dans le GEAB N°7. Et ce n’est qu’un début. L’approche des élections présidentielles de 2008 va entraîner une radicalisation des deux camps dès le Printemps 2007. Le tropisme pro- israélien d’une grande partie des ténors démocrates cumulé avec le choix pro-sionniste de l’administration Bush place la crise israélo-iranienne au cours de l’agenda washingtonien des trois prochains mois. Une fois que G.W. Bush aura constaté (au Printemps) que l’ajout de 20.000 soldats US en Iraq n’a en rien empêché (au contraire) l’extension de la guerre civile, dans un contexte de dépression économique et de conflit politique intérieur croissant, il ne trouvera de « solution politique » que dans une nouvelle aventure militaire au Moyen-Orient. Son allié israélien Ehud Olmert ayant lui aussi désespérément besoin de se « refaire » une image de leader fort, les conditions idéales pour l’escalade contre l’Iran sont réunies. Pour l’équipe LEAP/E2020, il apparaît donc clairement que si les Etats-Unis acceptent l’idée d’une confrontation militaire avec l’Iran, elle aura lieu au Printemps 2007 et tentera de prendre deux formes complémentaires : une attaque nucléaire tactique israélienne sur les installations atomiques iraniennes d’une part, et d’autre part, un conflit de « terrain » sur le sol irakien dissimulé sous l’habit d’une nouvelle guerre de religion intra-musulmane Chiites contre Sunnites [3]. Outre que ce scénario est dans la logique guerrière des décisions de G.W. Bush, dont tout le monde a pu constater qu’il a superbement ignoré (comme l’anticipait l’équipe de LEAP/E2020 dans les GEAB N°9 et GEAB N°10) les conseils diplomatiques de la Commission Baker-Hamilton ou les volontés du nouveau Congrès démocrate. Il est également en phase avec la relation incestueuse de cette Administration américaine avec les grands intérêts financiers et pétroliers puisque non seulement c’est bien un militaire qui est à l’origine du « nouveau » plan pour l’Irak, le Général Jack Keane, mais il l’a rédigé en coopération avec un universitaire de l’American Enterprise Institute, Frederik W. Kagan (The Red Hunter) ; et surtout, ce général a la retraite dirige une entreprise de conseil, est un consultant senior de la firme KKR et siège au conseil d’administration de grands groupes américains comme l’assureur Metlife ou le groupe d’armement General Dynamics et la société de sécurité Allied Security Holdings. Allied Security Holdings (Metlife) est une des principales firmes privées américaines dans le domaine de la sécurité ; General Dynamics est la 6° société mondiale dans le domaine de l’armement ; et KKR, Kohlberg, Kravis Roberts & co, est l’un des principaux fonds d’investissement mondiaux, qui a notamment payé en 2006 les plus importantes indemnités (837 millions US$) aux principales banques d’affaires qui le conseillent (dont Goldman Sachs, dont LEAP/E2020 a déjà décrit les relations étroites avec l’administration Bush dans les numéros précédents du GEAB) (suite GEAB N°11).

GEAB N°11 (sur abonnement)


[1] Comme l’équipe LEAP/E2020 a ainsi pu le constater pour les estimations des chiffres de l’emploi américain en Décembre 2006 ou les prévisions des ventes de détail aux USA en Novembre 2006 : voir « Chiffres de décembre 2006 sur l’emploi américain : une dés-information de masse camouflant une forte diminution de l’emploi américain » et « Seul le Père Noël connaît le vrai chiffre des ventes de détail aux Etats-Unis pour Novembre 2006 ». Ainsi pour ce qui est des ventes de détail aux Etats-Unis en Nomvembre 2006, le chiffre « affiné » (mais non encore définitif) est ainsi sorti le 12 Janvier 2007 à 0,6% au lieu de 1% annoncé. Attendons donc quelques semaines pour voir combien vont devenir les 167.000 emplois nouveaux de Décembre 2006. Une fois le « brouillard statistique » en dissipation...

Communiqué public GEAB N°11
15/01/2007



Pour l’équipe LEAP/E2020, l’année 2007 va voir les Etats-Unis s’enfoncer dans la « Très Grande Dépression », à savoir la rare conjonction historique d’une forte dépression économique, d’un effondrement stratégique et d’une crise politique et sociale interne majeure, qui constituera le cœur de la phase d’impact de la crise systémique globale : crise immobilière, crise financière, crise économique, guerre commerciale, escalade militaire et crise politique en seront les six principaux aspects développés dans le GEAB N°11, selon les axes ci-dessous :

1. Taux d’épargne négatif et baisse annuelle des prix de l’immobilier au niveau national : deux indicateurs économiques majeurs américains désormais à leur plus bas depuis la crise des années 1930

2. La « montagne russe » des taux d’intérêts US en 2007 : Forte baisse au printemps et forte hausse à l’automne

3. Le secteur financier US est déjà entré en faillite : aujourd’hui Ownit, Mortgage USA Lenders,… demain Ameriquest, Wells Fargo, HSBC Finances ?

4. Moyen-Orient : pour masquer son échec en Irak, l’administration Bush prépare la guerre intra-musulmane chiites contre sunnites et Israël le bombardement nucléaire tactique du programme atomique iranien

5. Chine et Russie s’activent pour refouler en 2007 les Etats-Unis hors d’Asie centrale et organiser la poursuite de la chute du Dollar

6. Marchés émergents, prêts immobiliers à risque : 2007 va voir le grand retour du risque sur les marchés financiers … et l’addition va être lourde après les années d’insouciance.

 

Dans ce communiqué public, LEAP/E2020 a choisi de présenter des extraits des chapitres 1 et 4 qui permettent au lecteur de bien mesurer l’ampleur de la dépression en train de se mettre en place. Mais auparavant, il paraît important de bien préciser les raisons des incertitudes sur l’avenir qui dominent les analyses de ce début d’année 2007. La principale cause selon les chercheurs de LEAP/E2020 tient au concept de « brouillard statistique ».

_______

Le « brouillard statistique » de l’entrée en récession destiné à faire douter que le Titanic est bien en train de couler

Le passage de 2006 à 2007 illustre parfaitement l’entrée dans la phase d’impact de la crise systémique globale annoncé par LEAP/E2020. Et comme dans tout changement de phase, le passage par le point zéro est caractérisé par ce qu’on peut appeler le « brouillard statistique », qui voit les indicateurs pointer dans de directions opposées et les mesures donner des résultats contradictoires, avec des marges d’erreur désormais supérieures ou égales aux mesures elles-mêmes [1] C’est une situation caractéristique des naufrages, quand progressivement le navire est en train d’être inondé mais que les machines fonctionnent encore. Les impressions sont confuses ; les informations deviennent contradictoires.

Ainsi, lorsque le Titanic est déjà condamné, les passagers de première classe dansent encore, persuadés par les officiers que le naufrage est impossible.

En l’occurrence pour la planète en 2007, le naufrage qui va préoccuper tout le monde est celui des Etats-Unis, que LEAP/E2020 a décidé d’appeler la « Très Grande Dépression », d’une part parce que le nom « Grande Dépression » est déjà utilisé pour faire référence à la crise de 1929 et aux années qui ont suivi ; d’autre part car pour nos chercheurs, la nature et l’ampleur de ce qui va se passer est d’une tout autre dimension (suite GEAB N°11).

Et ce n’est pas le discours officiel ronronnant de ce début d’année 2007 qui peut changer grand-chose à l’évolution déjà bien entamée. Il suffit pour s’en convaincre de mettre les déclarations actuelles en perspective avec les annonces du début 2006.

Taux d’épargne négatif et baisse annuelle des prix de l’immobilier au niveau national : deux indicateurs économiques majeurs américains désormais à leur plus bas depuis la crise des années 1930

Ainsi, lorsqu’au début 2006 la Réserve Fédérale américaine et l’ensemble des principaux opérateurs et relais d’information économique et financière niaient l’existence d’une bulle immobilière (et rejetaient donc formellement tout risque de crise dans ce secteur), l’effondrement des prix avait déjà commencé conduisant l’immobilier américain à sa plus grande crise depuis les années 1930 (d’ailleurs des analystes parlent désormais de « la dépression immobilière 2007 ») avec pour la première fois depuis cette époque une baisse annuelle du prix de l’immobilier sur l’ensemble du territoire des Etats-Unis (Standards and Poors / Business Week). Et la baisse de l’immobilier US n’est pas terminée même si les données officielles essaient de cacher la réalité, au point que même CNN s’en émeut et dénonce la déconnection entre des chiffres qui décrivent une « réalité » mitigée et un marché immobilier américain réel s’enfonçant dans la crise (CNN Money). Ainsi, comme le rapporte une très intéressante étude de Merryl Linch, fin Décembre, l’indice de l’achat immobilier de l’Université du Michigan est tombé à 41 (contre 45 précédemment) (Merrill Lynch) . Le marché va donc continuer à s’effondrer faute d’acheteurs [2].

Avec les taux d’épargne négatifs, la baisse annuelle du prix de l’immobilier est la deuxième donnée économique fondamentale en moins d’un an à rejoindre des niveaux jamais observés depuis la Grande Dépression des années 30 ((suite GEAB N°11))

Moyen-Orient : pour masquer son échec en Irak, l’administration Bush prépare la guerre intra-musulmane ‘chiites contre sunnites’ et Israël le bombardement nucléaire tactique du programme atomique iranien

Ainsi lorsque, il y a un an seulement, le gouvernement américain vantait le succès des élections législatives en Irak et la formation du nouveau gouvernement en niant tout risque de conflagration interne au pays, la guerre civile avait déjà débuté pour aboutir aujourd’hui à l’escalade militaire américaine dans la région et aux prémisses d’une crise politique interne majeure aux Etats-Unis même. La confrontation entre le Congrès démocrate et l’administration Bush a commencé dès l’entrée en fonction des nouveaux élus, comme annoncé dès Septembre 2006 dans le GEAB N°7. Et ce n’est qu’un début. L’approche des élections présidentielles de 2008 va entraîner une radicalisation des deux camps dès le Printemps 2007. Le tropisme pro- israélien d’une grande partie des ténors démocrates cumulé avec le choix pro-sionniste de l’administration Bush place la crise israélo-iranienne au cours de l’agenda washingtonien des trois prochains mois. Une fois que G.W. Bush aura constaté (au Printemps) que l’ajout de 20.000 soldats US en Iraq n’a en rien empêché (au contraire) l’extension de la guerre civile, dans un contexte de dépression économique et de conflit politique intérieur croissant, il ne trouvera de « solution politique » que dans une nouvelle aventure militaire au Moyen-Orient. Son allié israélien Ehud Olmert ayant lui aussi désespérément besoin de se « refaire » une image de leader fort, les conditions idéales pour l’escalade contre l’Iran sont réunies. Pour l’équipe LEAP/E2020, il apparaît donc clairement que si les Etats-Unis acceptent l’idée d’une confrontation militaire avec l’Iran, elle aura lieu au Printemps 2007 et tentera de prendre deux formes complémentaires : une attaque nucléaire tactique israélienne sur les installations atomiques iraniennes d’une part, et d’autre part, un conflit de « terrain » sur le sol irakien dissimulé sous l’habit d’une nouvelle guerre de religion intra-musulmane Chiites contre Sunnites [3]. Outre que ce scénario est dans la logique guerrière des décisions de G.W. Bush, dont tout le monde a pu constater qu’il a superbement ignoré (comme l’anticipait l’équipe de LEAP/E2020 dans les GEAB N°9 et GEAB N°10) les conseils diplomatiques de la Commission Baker-Hamilton ou les volontés du nouveau Congrès démocrate. Il est également en phase avec la relation incestueuse de cette Administration américaine avec les grands intérêts financiers et pétroliers puisque non seulement c’est bien un militaire qui est à l’origine du « nouveau » plan pour l’Irak, le Général Jack Keane, mais il l’a rédigé en coopération avec un universitaire de l’American Enterprise Institute, Frederik W. Kagan (The Red Hunter) ; et surtout, ce général a la retraite dirige une entreprise de conseil, est un consultant senior de la firme KKR et siège au conseil d’administration de grands groupes américains comme l’assureur Metlife ou le groupe d’armement General Dynamics et la société de sécurité Allied Security Holdings. Allied Security Holdings (Metlife) est une des principales firmes privées américaines dans le domaine de la sécurité ; General Dynamics est la 6° société mondiale dans le domaine de l’armement ; et KKR, Kohlberg, Kravis Roberts & co, est l’un des principaux fonds d’investissement mondiaux, qui a notamment payé en 2006 les plus importantes indemnités (837 millions US$) aux principales banques d’affaires qui le conseillent (dont Goldman Sachs, dont LEAP/E2020 a déjà décrit les relations étroites avec l’administration Bush dans les numéros précédents du GEAB) (suite GEAB N°11).

GEAB N°11 (sur abonnement)


[1] Comme l’équipe LEAP/E2020 a ainsi pu le constater pour les estimations des chiffres de l’emploi américain en Décembre 2006 ou les prévisions des ventes de détail aux USA en Novembre 2006 : voir « Chiffres de décembre 2006 sur l’emploi américain : une dés-information de masse camouflant une forte diminution de l’emploi américain » et « Seul le Père Noël connaît le vrai chiffre des ventes de détail aux Etats-Unis pour Novembre 2006 ». Ainsi pour ce qui est des ventes de détail aux Etats-Unis en Nomvembre 2006, le chiffre « affiné » (mais non encore définitif) est ainsi sorti le 12 Janvier 2007 à 0,6% au lieu de 1% annoncé. Attendons donc quelques semaines pour voir combien vont devenir les 167.000 emplois nouveaux de Décembre 2006. Une fois le « brouillard statistique » en dissipation...

[2] Tout résultat en-dessous de 50 indique une contraction du marché ; et plus le chiffre s’éloigne de 50 vers le bas, plus la situation va se dégrader.

[3] Sources « Exit US, Enter Saudi in Long Intra-Muslim War », Claude Salhani, WhiteHouse Chronicle, 30/11/2006 and Washington Times, 02/12/2006



© Copyright Europe 2020 - Contact Email : centre@europe2020.org - Site réalisé sous Spip

[3] Sources « Exit US, Enter Saudi in Long Intra-Muslim War », Claude Salhani, WhiteHouse Chronicle, 30/11/2006 and Washington Times, 02/12/2006



© Copyright Europe 2020 - Contact Email : centre@europe2020.org - Site réalisé sous Spip
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29 mars 2007 4 29 /03 /mars /2007 09:37

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Communiqué public GEAB N°11
15/01/2007



Pour l’équipe LEAP/E2020, l’année 2007 va voir les Etats-Unis s’enfoncer dans la « Très Grande Dépression », à savoir la rare conjonction historique d’une forte dépression économique, d’un effondrement stratégique et d’une crise politique et sociale interne majeure, qui constituera le cœur de la phase d’impact de la crise systémique globale : crise immobilière, crise financière, crise économique, guerre commerciale, escalade militaire et crise politique en seront les six principaux aspects développés dans le GEAB N°11, selon les axes ci-dessous :

1. Taux d’épargne négatif et baisse annuelle des prix de l’immobilier au niveau national : deux indicateurs économiques majeurs américains désormais à leur plus bas depuis la crise des années 1930

2. La « montagne russe » des taux d’intérêts US en 2007 : Forte baisse au printemps et forte hausse à l’automne

3. Le secteur financier US est déjà entré en faillite : aujourd’hui Ownit, Mortgage USA Lenders,… demain Ameriquest, Wells Fargo, HSBC Finances ?

4. Moyen-Orient : pour masquer son échec en Irak, l’administration Bush prépare la guerre intra-musulmane chiites contre sunnites et Israël le bombardement nucléaire tactique du programme atomique iranien

5. Chine et Russie s’activent pour refouler en 2007 les Etats-Unis hors d’Asie centrale et organiser la poursuite de la chute du Dollar

6. Marchés émergents, prêts immobiliers à risque : 2007 va voir le grand retour du risque sur les marchés financiers … et l’addition va être lourde après les années d’insouciance.

 

Dans ce communiqué public, LEAP/E2020 a choisi de présenter des extraits des chapitres 1 et 4 qui permettent au lecteur de bien mesurer l’ampleur de la dépression en train de se mettre en place. Mais auparavant, il paraît important de bien préciser les raisons des incertitudes sur l’avenir qui dominent les analyses de ce début d’année 2007. La principale cause selon les chercheurs de LEAP/E2020 tient au concept de « brouillard statistique ».

_______

Le « brouillard statistique » de l’entrée en récession destiné à faire douter que le Titanic est bien en train de couler

Le passage de 2006 à 2007 illustre parfaitement l’entrée dans la phase d’impact de la crise systémique globale annoncé par LEAP/E2020. Et comme dans tout changement de phase, le passage par le point zéro est caractérisé par ce qu’on peut appeler le « brouillard statistique », qui voit les indicateurs pointer dans de directions opposées et les mesures donner des résultats contradictoires, avec des marges d’erreur désormais supérieures ou égales aux mesures elles-mêmes [1] C’est une situation caractéristique des naufrages, quand progressivement le navire est en train d’être inondé mais que les machines fonctionnent encore. Les impressions sont confuses ; les informations deviennent contradictoires.

Ainsi, lorsque le Titanic est déjà condamné, les passagers de première classe dansent encore, persuadés par les officiers que le naufrage est impossible.

En l’occurrence pour la planète en 2007, le naufrage qui va préoccuper tout le monde est celui des Etats-Unis, que LEAP/E2020 a décidé d’appeler la « Très Grande Dépression », d’une part parce que le nom « Grande Dépression » est déjà utilisé pour faire référence à la crise de 1929 et aux années qui ont suivi ; d’autre part car pour nos chercheurs, la nature et l’ampleur de ce qui va se passer est d’une tout autre dimension (suite GEAB N°11).

Et ce n’est pas le discours officiel ronronnant de ce début d’année 2007 qui peut changer grand-chose à l’évolution déjà bien entamée. Il suffit pour s’en convaincre de mettre les déclarations actuelles en perspective avec les annonces du début 2006.

Taux d’épargne négatif et baisse annuelle des prix de l’immobilier au niveau national : deux indicateurs économiques majeurs américains désormais à leur plus bas depuis la crise des années 1930

Ainsi, lorsqu’au début 2006 la Réserve Fédérale américaine et l’ensemble des principaux opérateurs et relais d’information économique et financière niaient l’existence d’une bulle immobilière (et rejetaient donc formellement tout risque de crise dans ce secteur), l’effondrement des prix avait déjà commencé conduisant l’immobilier américain à sa plus grande crise depuis les années 1930 (d’ailleurs des analystes parlent désormais de « la dépression immobilière 2007 ») avec pour la première fois depuis cette époque une baisse annuelle du prix de l’immobilier sur l’ensemble du territoire des Etats-Unis (Standards and Poors / Business Week). Et la baisse de l’immobilier US n’est pas terminée même si les données officielles essaient de cacher la réalité, au point que même CNN s’en émeut et dénonce la déconnection entre des chiffres qui décrivent une « réalité » mitigée et un marché immobilier américain réel s’enfonçant dans la crise (CNN Money). Ainsi, comme le rapporte une très intéressante étude de Merryl Linch, fin Décembre, l’indice de l’achat immobilier de l’Université du Michigan est tombé à 41 (contre 45 précédemment) (Merrill Lynch) . Le marché va donc continuer à s’effondrer faute d’acheteurs [2].

Avec les taux d’épargne négatifs, la baisse annuelle du prix de l’immobilier est la deuxième donnée économique fondamentale en moins d’un an à rejoindre des niveaux jamais observés depuis la Grande Dépression des années 30 ((suite GEAB N°11))

Moyen-Orient : pour masquer son échec en Irak, l’administration Bush prépare la guerre intra-musulmane ‘chiites contre sunnites’ et Israël le bombardement nucléaire tactique du programme atomique iranien

Ainsi lorsque, il y a un an seulement, le gouvernement américain vantait le succès des élections législatives en Irak et la formation du nouveau gouvernement en niant tout risque de conflagration interne au pays, la guerre civile avait déjà débuté pour aboutir aujourd’hui à l’escalade militaire américaine dans la région et aux prémisses d’une crise politique interne majeure aux Etats-Unis même. La confrontation entre le Congrès démocrate et l’administration Bush a commencé dès l’entrée en fonction des nouveaux élus, comme annoncé dès Septembre 2006 dans le GEAB N°7. Et ce n’est qu’un début. L’approche des élections présidentielles de 2008 va entraîner une radicalisation des deux camps dès le Printemps 2007. Le tropisme pro- israélien d’une grande partie des ténors démocrates cumulé avec le choix pro-sionniste de l’administration Bush place la crise israélo-iranienne au cours de l’agenda washingtonien des trois prochains mois. Une fois que G.W. Bush aura constaté (au Printemps) que l’ajout de 20.000 soldats US en Iraq n’a en rien empêché (au contraire) l’extension de la guerre civile, dans un contexte de dépression économique et de conflit politique intérieur croissant, il ne trouvera de « solution politique » que dans une nouvelle aventure militaire au Moyen-Orient. Son allié israélien Ehud Olmert ayant lui aussi désespérément besoin de se « refaire » une image de leader fort, les conditions idéales pour l’escalade contre l’Iran sont réunies. Pour l’équipe LEAP/E2020, il apparaît donc clairement que si les Etats-Unis acceptent l’idée d’une confrontation militaire avec l’Iran, elle aura lieu au Printemps 2007 et tentera de prendre deux formes complémentaires : une attaque nucléaire tactique israélienne sur les installations atomiques iraniennes d’une part, et d’autre part, un conflit de « terrain » sur le sol irakien dissimulé sous l’habit d’une nouvelle guerre de religion intra-musulmane Chiites contre Sunnites [3]. Outre que ce scénario est dans la logique guerrière des décisions de G.W. Bush, dont tout le monde a pu constater qu’il a superbement ignoré (comme l’anticipait l’équipe de LEAP/E2020 dans les GEAB N°9 et GEAB N°10) les conseils diplomatiques de la Commission Baker-Hamilton ou les volontés du nouveau Congrès démocrate. Il est également en phase avec la relation incestueuse de cette Administration américaine avec les grands intérêts financiers et pétroliers puisque non seulement c’est bien un militaire qui est à l’origine du « nouveau » plan pour l’Irak, le Général Jack Keane, mais il l’a rédigé en coopération avec un universitaire de l’American Enterprise Institute, Frederik W. Kagan (The Red Hunter) ; et surtout, ce général a la retraite dirige une entreprise de conseil, est un consultant senior de la firme KKR et siège au conseil d’administration de grands groupes américains comme l’assureur Metlife ou le groupe d’armement General Dynamics et la société de sécurité Allied Security Holdings. Allied Security Holdings (Metlife) est une des principales firmes privées américaines dans le domaine de la sécurité ; General Dynamics est la 6° société mondiale dans le domaine de l’armement ; et KKR, Kohlberg, Kravis Roberts & co, est l’un des principaux fonds d’investissement mondiaux, qui a notamment payé en 2006 les plus importantes indemnités (837 millions US$) aux principales banques d’affaires qui le conseillent (dont Goldman Sachs, dont LEAP/E2020 a déjà décrit les relations étroites avec l’administration Bush dans les numéros précédents du GEAB) (suite GEAB N°11).

GEAB N°11 (sur abonnement)


Communiqué public GEAB N°11
15/01/2007



Pour l’équipe LEAP/E2020, l’année 2007 va voir les Etats-Unis s’enfoncer dans la « Très Grande Dépression », à savoir la rare conjonction historique d’une forte dépression économique, d’un effondrement stratégique et d’une crise politique et sociale interne majeure, qui constituera le cœur de la phase d’impact de la crise systémique globale : crise immobilière, crise financière, crise économique, guerre commerciale, escalade militaire et crise politique en seront les six principaux aspects développés dans le GEAB N°11, selon les axes ci-dessous :

1. Taux d’épargne négatif et baisse annuelle des prix de l’immobilier au niveau national : deux indicateurs économiques majeurs américains désormais à leur plus bas depuis la crise des années 1930

2. La « montagne russe » des taux d’intérêts US en 2007 : Forte baisse au printemps et forte hausse à l’automne

3. Le secteur financier US est déjà entré en faillite : aujourd’hui Ownit, Mortgage USA Lenders,… demain Ameriquest, Wells Fargo, HSBC Finances ?

4. Moyen-Orient : pour masquer son échec en Irak, l’administration Bush prépare la guerre intra-musulmane chiites contre sunnites et Israël le bombardement nucléaire tactique du programme atomique iranien

5. Chine et Russie s’activent pour refouler en 2007 les Etats-Unis hors d’Asie centrale et organiser la poursuite de la chute du Dollar

6. Marchés émergents, prêts immobiliers à risque : 2007 va voir le grand retour du risque sur les marchés financiers … et l’addition va être lourde après les années d’insouciance.

 

Dans ce communiqué public, LEAP/E2020 a choisi de présenter des extraits des chapitres 1 et 4 qui permettent au lecteur de bien mesurer l’ampleur de la dépression en train de se mettre en place. Mais auparavant, il paraît important de bien préciser les raisons des incertitudes sur l’avenir qui dominent les analyses de ce début d’année 2007. La principale cause selon les chercheurs de LEAP/E2020 tient au concept de « brouillard statistique ».

_______

Le « brouillard statistique » de l’entrée en récession destiné à faire douter que le Titanic est bien en train de couler

Le passage de 2006 à 2007 illustre parfaitement l’entrée dans la phase d’impact de la crise systémique globale annoncé par LEAP/E2020. Et comme dans tout changement de phase, le passage par le point zéro est caractérisé par ce qu’on peut appeler le « brouillard statistique », qui voit les indicateurs pointer dans de directions opposées et les mesures donner des résultats contradictoires, avec des marges d’erreur désormais supérieures ou égales aux mesures elles-mêmes [1] C’est une situation caractéristique des naufrages, quand progressivement le navire est en train d’être inondé mais que les machines fonctionnent encore. Les impressions sont confuses ; les informations deviennent contradictoires.

Ainsi, lorsque le Titanic est déjà condamné, les passagers de première classe dansent encore, persuadés par les officiers que le naufrage est impossible.

En l’occurrence pour la planète en 2007, le naufrage qui va préoccuper tout le monde est celui des Etats-Unis, que LEAP/E2020 a décidé d’appeler la « Très Grande Dépression », d’une part parce que le nom « Grande Dépression » est déjà utilisé pour faire référence à la crise de 1929 et aux années qui ont suivi ; d’autre part car pour nos chercheurs, la nature et l’ampleur de ce qui va se passer est d’une tout autre dimension (suite GEAB N°11).

Et ce n’est pas le discours officiel ronronnant de ce début d’année 2007 qui peut changer grand-chose à l’évolution déjà bien entamée. Il suffit pour s’en convaincre de mettre les déclarations actuelles en perspective avec les annonces du début 2006.

Taux d’épargne négatif et baisse annuelle des prix de l’immobilier au niveau national : deux indicateurs économiques majeurs américains désormais à leur plus bas depuis la crise des années 1930

Ainsi, lorsqu’au début 2006 la Réserve Fédérale américaine et l’ensemble des principaux opérateurs et relais d’information économique et financière niaient l’existence d’une bulle immobilière (et rejetaient donc formellement tout risque de crise dans ce secteur), l’effondrement des prix avait déjà commencé conduisant l’immobilier américain à sa plus grande crise depuis les années 1930 (d’ailleurs des analystes parlent désormais de « la dépression immobilière 2007 ») avec pour la première fois depuis cette époque une baisse annuelle du prix de l’immobilier sur l’ensemble du territoire des Etats-Unis (Standards and Poors / Business Week). Et la baisse de l’immobilier US n’est pas terminée même si les données officielles essaient de cacher la réalité, au point que même CNN s’en émeut et dénonce la déconnection entre des chiffres qui décrivent une « réalité » mitigée et un marché immobilier américain réel s’enfonçant dans la crise (CNN Money). Ainsi, comme le rapporte une très intéressante étude de Merryl Linch, fin Décembre, l’indice de l’achat immobilier de l’Université du Michigan est tombé à 41 (contre 45 précédemment) (Merrill Lynch) . Le marché va donc continuer à s’effondrer faute d’acheteurs [2].

Avec les taux d’épargne négatifs, la baisse annuelle du prix de l’immobilier est la deuxième donnée économique fondamentale en moins d’un an à rejoindre des niveaux jamais observés depuis la Grande Dépression des années 30 ((suite GEAB N°11))

Moyen-Orient : pour masquer son échec en Irak, l’administration Bush prépare la guerre intra-musulmane ‘chiites contre sunnites’ et Israël le bombardement nucléaire tactique du programme atomique iranien

Ainsi lorsque, il y a un an seulement, le gouvernement américain vantait le succès des élections législatives en Irak et la formation du nouveau gouvernement en niant tout risque de conflagration interne au pays, la guerre civile avait déjà débuté pour aboutir aujourd’hui à l’escalade militaire américaine dans la région et aux prémisses d’une crise politique interne majeure aux Etats-Unis même. La confrontation entre le Congrès démocrate et l’administration Bush a commencé dès l’entrée en fonction des nouveaux élus, comme annoncé dès Septembre 2006 dans le GEAB N°7. Et ce n’est qu’un début. L’approche des élections présidentielles de 2008 va entraîner une radicalisation des deux camps dès le Printemps 2007. Le tropisme pro- israélien d’une grande partie des ténors démocrates cumulé avec le choix pro-sionniste de l’administration Bush place la crise israélo-iranienne au cours de l’agenda washingtonien des trois prochains mois. Une fois que G.W. Bush aura constaté (au Printemps) que l’ajout de 20.000 soldats US en Iraq n’a en rien empêché (au contraire) l’extension de la guerre civile, dans un contexte de dépression économique et de conflit politique intérieur croissant, il ne trouvera de « solution politique » que dans une nouvelle aventure militaire au Moyen-Orient. Son allié israélien Ehud Olmert ayant lui aussi désespérément besoin de se « refaire » une image de leader fort, les conditions idéales pour l’escalade contre l’Iran sont réunies. Pour l’équipe LEAP/E2020, il apparaît donc clairement que si les Etats-Unis acceptent l’idée d’une confrontation militaire avec l’Iran, elle aura lieu au Printemps 2007 et tentera de prendre deux formes complémentaires : une attaque nucléaire tactique israélienne sur les installations atomiques iraniennes d’une part, et d’autre part, un conflit de « terrain » sur le sol irakien dissimulé sous l’habit d’une nouvelle guerre de religion intra-musulmane Chiites contre Sunnites [3]. Outre que ce scénario est dans la logique guerrière des décisions de G.W. Bush, dont tout le monde a pu constater qu’il a superbement ignoré (comme l’anticipait l’équipe de LEAP/E2020 dans les GEAB N°9 et GEAB N°10) les conseils diplomatiques de la Commission Baker-Hamilton ou les volontés du nouveau Congrès démocrate. Il est également en phase avec la relation incestueuse de cette Administration américaine avec les grands intérêts financiers et pétroliers puisque non seulement c’est bien un militaire qui est à l’origine du « nouveau » plan pour l’Irak, le Général Jack Keane, mais il l’a rédigé en coopération avec un universitaire de l’American Enterprise Institute, Frederik W. Kagan (The Red Hunter) ; et surtout, ce général a la retraite dirige une entreprise de conseil, est un consultant senior de la firme KKR et siège au conseil d’administration de grands groupes américains comme l’assureur Metlife ou le groupe d’armement General Dynamics et la société de sécurité Allied Security Holdings. Allied Security Holdings (Metlife) est une des principales firmes privées américaines dans le domaine de la sécurité ; General Dynamics est la 6° société mondiale dans le domaine de l’armement ; et KKR, Kohlberg, Kravis Roberts & co, est l’un des principaux fonds d’investissement mondiaux, qui a notamment payé en 2006 les plus importantes indemnités (837 millions US$) aux principales banques d’affaires qui le conseillent (dont Goldman Sachs, dont LEAP/E2020 a déjà décrit les relations étroites avec l’administration Bush dans les numéros précédents du GEAB) (suite GEAB N°11).

GEAB N°11 (sur abonnement)


[1] Comme l’équipe LEAP/E2020 a ainsi pu le constater pour les estimations des chiffres de l’emploi américain en Décembre 2006 ou les prévisions des ventes de détail aux USA en Novembre 2006 : voir « Chiffres de décembre 2006 sur l’emploi américain : une dés-information de masse camouflant une forte diminution de l’emploi américain » et « Seul le Père Noël connaît le vrai chiffre des ventes de détail aux Etats-Unis pour Novembre 2006 ». Ainsi pour ce qui est des ventes de détail aux Etats-Unis en Nomvembre 2006, le chiffre « affiné » (mais non encore définitif) est ainsi sorti le 12 Janvier 2007 à 0,6% au lieu de 1% annoncé. Attendons donc quelques semaines pour voir combien vont devenir les 167.000 emplois nouveaux de Décembre 2006. Une fois le « brouillard statistique » en dissipation...

[2] Tout résultat en-dessous de 50 indique une contraction du marché ; et plus le chiffre s’éloigne de 50 vers le bas, plus la situation va se dégrader.

[3] Sources « Exit US, Enter Saudi in Long Intra-Muslim War », Claude Salhani, WhiteHouse Chronicle, 30/11/2006 and Washington Times, 02/12/2006



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Communiqué public GEAB N°11
15/01/2007



Pour l’équipe LEAP/E2020, l’année 2007 va voir les Etats-Unis s’enfoncer dans la « Très Grande Dépression », à savoir la rare conjonction historique d’une forte dépression économique, d’un effondrement stratégique et d’une crise politique et sociale interne majeure, qui constituera le cœur de la phase d’impact de la crise systémique globale : crise immobilière, crise financière, crise économique, guerre commerciale, escalade militaire et crise politique en seront les six principaux aspects développés dans le GEAB N°11, selon les axes ci-dessous :

1. Taux d’épargne négatif et baisse annuelle des prix de l’immobilier au niveau national : deux indicateurs économiques majeurs américains désormais à leur plus bas depuis la crise des années 1930

2. La « montagne russe » des taux d’intérêts US en 2007 : Forte baisse au printemps et forte hausse à l’automne

3. Le secteur financier US est déjà entré en faillite : aujourd’hui Ownit, Mortgage USA Lenders,… demain Ameriquest, Wells Fargo, HSBC Finances ?

4. Moyen-Orient : pour masquer son échec en Irak, l’administration Bush prépare la guerre intra-musulmane chiites contre sunnites et Israël le bombardement nucléaire tactique du programme atomique iranien

5. Chine et Russie s’activent pour refouler en 2007 les Etats-Unis hors d’Asie centrale et organiser la poursuite de la chute du Dollar

6. Marchés émergents, prêts immobiliers à risque : 2007 va voir le grand retour du risque sur les marchés financiers … et l’addition va être lourde après les années d’insouciance.

 

Dans ce communiqué public, LEAP/E2020 a choisi de présenter des extraits des chapitres 1 et 4 qui permettent au lecteur de bien mesurer l’ampleur de la dépression en train de se mettre en place. Mais auparavant, il paraît important de bien préciser les raisons des incertitudes sur l’avenir qui dominent les analyses de ce début d’année 2007. La principale cause selon les chercheurs de LEAP/E2020 tient au concept de « brouillard statistique ».

_______

Le « brouillard statistique » de l’entrée en récession destiné à faire douter que le Titanic est bien en train de couler

Le passage de 2006 à 2007 illustre parfaitement l’entrée dans la phase d’impact de la crise systémique globale annoncé par LEAP/E2020. Et comme dans tout changement de phase, le passage par le point zéro est caractérisé par ce qu’on peut appeler le « brouillard statistique », qui voit les indicateurs pointer dans de directions opposées et les mesures donner des résultats contradictoires, avec des marges d’erreur désormais supérieures ou égales aux mesures elles-mêmes [1] C’est une situation caractéristique des naufrages, quand progressivement le navire est en train d’être inondé mais que les machines fonctionnent encore. Les impressions sont confuses ; les informations deviennent contradictoires.

Ainsi, lorsque le Titanic est déjà condamné, les passagers de première classe dansent encore, persuadés par les officiers que le naufrage est impossible.

En l’occurrence pour la planète en 2007, le naufrage qui va préoccuper tout le monde est celui des Etats-Unis, que LEAP/E2020 a décidé d’appeler la « Très Grande Dépression », d’une part parce que le nom « Grande Dépression » est déjà utilisé pour faire référence à la crise de 1929 et aux années qui ont suivi ; d’autre part car pour nos chercheurs, la nature et l’ampleur de ce qui va se passer est d’une tout autre dimension (suite GEAB N°11).

Et ce n’est pas le discours officiel ronronnant de ce début d’année 2007 qui peut changer grand-chose à l’évolution déjà bien entamée. Il suffit pour s’en convaincre de mettre les déclarations actuelles en perspective avec les annonces du début 2006.

Taux d’épargne négatif et baisse annuelle des prix de l’immobilier au niveau national : deux indicateurs économiques majeurs américains désormais à leur plus bas depuis la crise des années 1930

Ainsi, lorsqu’au début 2006 la Réserve Fédérale américaine et l’ensemble des principaux opérateurs et relais d’information économique et financière niaient l’existence d’une bulle immobilière (et rejetaient donc formellement tout risque de crise dans ce secteur), l’effondrement des prix avait déjà commencé conduisant l’immobilier américain à sa plus grande crise depuis les années 1930 (d’ailleurs des analystes parlent désormais de « la dépression immobilière 2007 ») avec pour la première fois depuis cette époque une baisse annuelle du prix de l’immobilier sur l’ensemble du territoire des Etats-Unis (Standards and Poors / Business Week). Et la baisse de l’immobilier US n’est pas terminée même si les données officielles essaient de cacher la réalité, au point que même CNN s’en émeut et dénonce la déconnection entre des chiffres qui décrivent une « réalité » mitigée et un marché immobilier américain réel s’enfonçant dans la crise (CNN Money). Ainsi, comme le rapporte une très intéressante étude de Merryl Linch, fin Décembre, l’indice de l’achat immobilier de l’Université du Michigan est tombé à 41 (contre 45 précédemment) (Merrill Lynch) . Le marché va donc continuer à s’effondrer faute d’acheteurs [2].

Avec les taux d’épargne négatifs, la baisse annuelle du prix de l’immobilier est la deuxième donnée économique fondamentale en moins d’un an à rejoindre des niveaux jamais observés depuis la Grande Dépression des années 30 ((suite GEAB N°11))

Moyen-Orient : pour masquer son échec en Irak, l’administration Bush prépare la guerre intra-musulmane ‘chiites contre sunnites’ et Israël le bombardement nucléaire tactique du programme atomique iranien

Ainsi lorsque, il y a un an seulement, le gouvernement américain vantait le succès des élections législatives en Irak et la formation du nouveau gouvernement en niant tout risque de conflagration interne au pays, la guerre civile avait déjà débuté pour aboutir aujourd’hui à l’escalade militaire américaine dans la région et aux prémisses d’une crise politique interne majeure aux Etats-Unis même. La confrontation entre le Congrès démocrate et l’administration Bush a commencé dès l’entrée en fonction des nouveaux élus, comme annoncé dès Septembre 2006 dans le GEAB N°7. Et ce n’est qu’un début. L’approche des élections présidentielles de 2008 va entraîner une radicalisation des deux camps dès le Printemps 2007. Le tropisme pro- israélien d’une grande partie des ténors démocrates cumulé avec le choix pro-sionniste de l’administration Bush place la crise israélo-iranienne au cours de l’agenda washingtonien des trois prochains mois. Une fois que G.W. Bush aura constaté (au Printemps) que l’ajout de 20.000 soldats US en Iraq n’a en rien empêché (au contraire) l’extension de la guerre civile, dans un contexte de dépression économique et de conflit politique intérieur croissant, il ne trouvera de « solution politique » que dans une nouvelle aventure militaire au Moyen-Orient. Son allié israélien Ehud Olmert ayant lui aussi désespérément besoin de se « refaire » une image de leader fort, les conditions idéales pour l’escalade contre l’Iran sont réunies. Pour l’équipe LEAP/E2020, il apparaît donc clairement que si les Etats-Unis acceptent l’idée d’une confrontation militaire avec l’Iran, elle aura lieu au Printemps 2007 et tentera de prendre deux formes complémentaires : une attaque nucléaire tactique israélienne sur les installations atomiques iraniennes d’une part, et d’autre part, un conflit de « terrain » sur le sol irakien dissimulé sous l’habit d’une nouvelle guerre de religion intra-musulmane Chiites contre Sunnites [3]. Outre que ce scénario est dans la logique guerrière des décisions de G.W. Bush, dont tout le monde a pu constater qu’il a superbement ignoré (comme l’anticipait l’équipe de LEAP/E2020 dans les GEAB N°9 et GEAB N°10) les conseils diplomatiques de la Commission Baker-Hamilton ou les volontés du nouveau Congrès démocrate. Il est également en phase avec la relation incestueuse de cette Administration américaine avec les grands intérêts financiers et pétroliers puisque non seulement c’est bien un militaire qui est à l’origine du « nouveau » plan pour l’Irak, le Général Jack Keane, mais il l’a rédigé en coopération avec un universitaire de l’American Enterprise Institute, Frederik W. Kagan (The Red Hunter) ; et surtout, ce général a la retraite dirige une entreprise de conseil, est un consultant senior de la firme KKR et siège au conseil d’administration de grands groupes américains comme l’assureur Metlife ou le groupe d’armement General Dynamics et la société de sécurité Allied Security Holdings. Allied Security Holdings (Metlife) est une des principales firmes privées américaines dans le domaine de la sécurité ; General Dynamics est la 6° société mondiale dans le domaine de l’armement ; et KKR, Kohlberg, Kravis Roberts & co, est l’un des principaux fonds d’investissement mondiaux, qui a notamment payé en 2006 les plus importantes indemnités (837 millions US$) aux principales banques d’affaires qui le conseillent (dont Goldman Sachs, dont LEAP/E2020 a déjà décrit les relations étroites avec l’administration Bush dans les numéros précédents du GEAB) (suite GEAB N°11).

GEAB N°11 (sur abonnement)


[1] Comme l’équipe LEAP/E2020 a ainsi pu le constater pour les estimations des chiffres de l’emploi américain en Décembre 2006 ou les prévisions des ventes de détail aux USA en Novembre 2006 : voir « Chiffres de décembre 2006 sur l’emploi américain : une dés-information de masse camouflant une forte diminution de l’emploi américain » et « Seul le Père Noël connaît le vrai chiffre des ventes de détail aux Etats-Unis pour Novembre 2006 ». Ainsi pour ce qui est des ventes de détail aux Etats-Unis en Nomvembre 2006, le chiffre « affiné » (mais non encore définitif) est ainsi sorti le 12 Janvier 2007 à 0,6% au lieu de 1% annoncé. Attendons donc quelques semaines pour voir combien vont devenir les 167.000 emplois nouveaux de Décembre 2006. Une fois le « brouillard statistique » en dissipation...

[2] Tout résultat en-dessous de 50 indique une contraction du marché ; et plus le chiffre s’éloigne de 50 vers le bas, plus la situation va se dégrader.

[3] Sources « Exit US, Enter Saudi in Long Intra-Muslim War », Claude Salhani, WhiteHouse Chronicle, 30/11/2006 and Washington Times, 02/12/2006



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[2] Tout résultat en-dessous de 50 indique une contraction du marché ; et plus le chiffre s’éloigne de 50 vers le bas, plus la situation va se dégrader.

[3] Sources « Exit US, Enter Saudi in Long Intra-Muslim War », Claude Salhani, WhiteHouse Chronicle, 30/11/2006 and Washington Times, 02/12/2006



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29 mars 2007 4 29 /03 /mars /2007 09:35
15/02/2007


Comme annoncé dans le GEAB N°11 en Janvier dernier, le brouillard statistique se dissipe et l’évolution de l’économie US apparaît désormais clairement (vente de détails au point mort en Janvier 2007, déficit commercial record en 2006, révision à la baisse de la croissance US pour 2006, confirmation du ralentissement économique par la Fed, faillites en série des organismes de prêts hypothécaires, poursuite de l’effondrement de l’immobilier US,...). Ainsi, en fonction des évolutions propres à chaque composante de l’économie US, c’est le mois d’Avril 2007 qui va constituer selon LEAP/E2020 le point d’inflexion de la phase d’impact de la crise systémique globale, c’est-à-dire le moment où les conséquences négatives de la crise s’accroissent de manière exponentielle. Plus précisément, il va marquer le moment où toutes les tendances négatives vont converger, transformant de multiples « crises sectorielles » en une crise généralisée, une « très grande dépression », affectant l’ensemble des acteurs économiques, financiers, commerciaux et politiques.

C’est donc en Avril 2007 que neuf conséquences directes de cette crise vont converger, à savoir :

1. accélération du rythme et de l’importance des faillites de sociétés financières aux Etats-Unis : de une par semaine aujourd’hui à une par jour en Avril

2. hausse spectaculaire des saisies immobilières américaines : 5 millions d’Américains jetés à la rue

3. effondrement accéléré des prix de l’immobilier US : - 25%

4. entrée en récession de l’économie US en Avril 2007

5. baisse précipitée des taux de la Réserve fédérale US

6. montée en puissance du conflit commercial Chine-USA

7. vente chinoise de Dollar US / retournement du Yen carry-trade

8. chute brutale du Dollar US par rapport à l’Euro, au Yuan et au Yen

9. chute de la Livre Sterling.

Dans le numéro de février de GEAB (sur abonnement), l’équipe LEAP/E2020 détaille la nature et l’enchaînement de ces évolutions pour permettre aux acteurs concernés d’anticiper les conséquences de cette accélération des évènements, qu’ils soient opérateurs sur les marchés monétaires ou financiers, investisseurs, opérateurs commerciaux internationaux, décideurs politiques ou économiques, ou analystes. La stratégie c’est d’abord la maîtrise du temps ! Et dans ce numéro du GEAB, c’est un instrument d’aide à la maîtrise des évolutions du trimestre à venir que nos équipes se sont efforcées de construire.

L’équipe LEAP/E2020 présente dans ce communiqué public une de ces neuf conséquences directes qui sont par ailleurs développées dans le GEAB N°12 (sur abonnement), à savoir :

Hausse spectaculaire des saisies immobilières américaines dès le Printemps 2007 : dix millions de citoyens US jetés à la rue dans l’année en cours

En effet, après une hausse de 42%, les saisies immobilières en 2006 aux Etats-Unis touchent désormais en moyenne 1 foyer américain sur 92. Des régions entières comme le Colorado, la Californie, l’Ohio, le Texas atteignent des taux d’un foyer sur 35 ou 40, victime de saisie immobilière. Dans l’Ohio, entre Octobre et Décembre 2006, ce sont 3,3% des maisons et appartements qui ont été saisis [1]. On assiste a une accélération du processus de saisie du fait de l’insolvabilité d’un nombre croissant de ménages US (cf. GEAB N°10 sur cette question de l’insolvabilité) : en 2006, ce sont plus de 1,2 millions de saisies immobilières qui ont été effectuées [2] touchant directement entre 4 à 5 millions de citoyens américains (en comptant entre 3 et 4 personnes par foyer).

Taux de saisies immobilières aux Etats-Unis en Décembre 2006 (ordre croissant du gris au rouge)

Taux de saisies immobilières aux Etats-Unis en Décembre 2006 (ordre croissant du gris au rouge)

Pour LEAP/E2020, l’année 2007 va connaître au moins un doublement du nombre de saisies immobilières [3] puisque c’est cette année qu’arrive sur le marché le plus grand nombre de prêts immobiliers à refinancer (près de 2.000 milliards USD). On s’oriente donc vers deux à trois millions de domiciles saisis et environ 10 millions de citoyens américains jetés à la rue pour l’année en cours. Si certains doutent encore que les Etats-Unis sont bien entrés dans une « très grande dépression », qu’ils aillent sur le terrain constater l’impact dévastateur de la crise immobilière et financière sur des millions d’Américains [4]. Une multitude de blogs est apparue qui essaye de retracer la catastrophe immobilière en cours et son cortège de drames humains [5]. En comptant les trois mois d’intervalle entre le premier non-paiement des intérêts et la saisie du bien immobilier, pour LEAP/E2020 c’est bien en Avril que la seconde grande vague de saisies va frapper le marché US.

GEAB N°12 (sur abonnement)


[1] “Home foreclosures are highest in Ohio”, Beacon Journal, 11/01/2007

[2] “More than 1,2 million foreclosures reported in 2006”, Yahoo Finance, 25/01/2007

[3] “Foreclosures increase 19% in January”, United Business Media, 12/02/2007

[4] “Texas riddled by foreclosures”, Austin Business Journal, 26/01/2007

[5] Comme par exemple, My Real Estate Money ou Foreclosure Pulse.



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15/02/2007


 
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29 mars 2007 4 29 /03 /mars /2007 09:31
Comme l'a annoncé l'équipe LEAP/E2020 ces derniers mois, les Etats-Unis sont bien en train de s'enfoncer dans la « Très Grande Dépression » de 2007, et, comme indiqué dans le GEAB N°12, le point d'inflexion de la crise systémique globale se confirme pour le mois d'Avril. Les semaines à venir vont être caractérisées par une extension de la contagion de la crise immobilière à l'ensemble de la sphère financière et à la consommation des ménages américains, entraînant de sévères conséquences sur les résultats de nombreux secteurs économiques aux Etats-Unis et sur le Dollar US. Parallèlement ces tendances vont considérablement accélérer la montée en puissance de la guerre commerciale trans-pacifique dont, dès Décembre 2006, LEAP/E2020 annonçait qu'elle allait être l'une des dominantes de 2007.

Les quatre directions de la contagion :
1. Les bourses mondiales : Premières victimes du début de la guerre commerciale Chine-USA
2. Crises immobilières : Au-delà des « prêts-à-risques », l'ensemble des opérateurs financiers impliqués dans le marché américain entraînés dans une spirale infernale
3. Dollar (et monnaies associées) : Le nouveau plongeon d'Avril 2007
4. Consommation US : L'exode des grandes entreprises hors du marché US

Dans ce communiqué public, l'équipe de LEAP/E2020 a décidé de présenter la première des quatre grandes directions de la contagion en cours.
 

Les bourses mondiales : Premières victimes du début de la guerre commerciale Chine-USA

Pour les chercheurs de LEAP/E2020, il est significatif que l'actuelle crise boursière mondiale ait été initiée en Chine par la baisse brutale (près de 10%) de la bourse de Shanghai suite à des déclarations des autorités chinoises visant à limiter la spéculation boursière. Outre le fait que la chute des bourses mondiales consécutives à celle de Shanghai illustre l'importance désormais centrale de la Chine dans l'économie globale, il serait très surprenant que les autorités chinoises aient commis un « faux pas involontaire » en déclenchant cette crise, comme par hasard à la veille de l'arrivée du Secrétaire d'Etat américain au Trésor, Hank Paulson, en Asie. On a pu constater combien le contenu de sa tournée asiatique s'est trouvé profondément modifié par la crise boursière mondiale : venu sermonner les partenaires économiques des Etats-Unis dans la région et en particulier donner des leçons de bonne gestion monétaire et financière à la Chine, il a essentiellement passé sa semaine à rassurer l'Asie sur la solidité de l'économie US et l'absence de risques monétaires et financiers générés par cette baisse de Wall Street et la crise des prêts immobiliers à risque.
 

 

Avoirs américains détenus par le reste du monde
Avoirs américains détenus par le reste du monde
Rappelons-nous que c'est une déclaration du gouverneur de la Banque centrale chinoise sur la diversification des réserves de devises du pays hors du Dollar US qui avait en Novembre 2006 déclenché la baisse brutale du Dollar US vis-à-vis de toutes les grandes devises (avec notamment le passage de la barre des 1,30 du taux EURUSD) avec déjà en perspective, comme par hasard, une tournée de Hank Paulson et autres responsables américains en Chine. La Chine persiste d'ailleurs dans cette direction puisque les autorités de Pékin viennent de créer un fond d'investissement pour mieux gérer leurs réserves en devises (1).

Les responsables chinois espèrent ainsi envoyer à Washington des messages clairs destinés à faire réfléchir à deux fois les responsables politiques des Etats-Unis avant qu'ils n'engagent leur pays dans une série de mesures protectionnistes qui affecteront directement les exportations chinoises (et également japonaises) (2). C'est en effet dans les toutes prochaines semaines que le Congrès américain, emmené par les Démocrates, avec le soutien d'une partie des Républicains (et le soutien quasi-explicite du président de la Réserve Fédérale Ben Bernanke), s'apprête à voter une panoplie protectionniste spécialement élaborée pour bloquer une partie des exportations chinoises, comme celles, qui deviennent emblématiques, pour la protection des fabricants de papiers américains (3). En agissant ainsi, Pékin envoie un message très clair qui pourtant ne fera que contribuer à la spirale « action/réaction » qui renforce l'affrontement commercial trans-pacifique.
 

 

Augmentation annuelle en US $ des réserves de change de la Chine
Augmentation annuelle en US $ des réserves de change de la Chine
Comme le souligne le US-China Business Council, les limitations commerciales qu'envisagent de prendre les Etats-Unis peuvent mettre en danger l'ensemble des relations commerciales des deux pays (4). En effet, LEAP/E2020 a largement expliqué dans ses précédents numéros du GEAB (notamment les numéros 8 et 9) pourquoi les élites washingtoniennes étaient fondamentalement incapables de changer le cours d'une telle évolution, du fait d'une part d'un mélange de contraintes électorales (protéger l'emploi aux Etats-Unis est devenu le seul moyen pour les Démocrates d'espérer conserver leur majorité au Congrès, sans même parler des chances de leur candidat aux présidentielles de 2008) ; et d'autre part, l'aveuglement des principaux responsables démocrates et républicains qui ne parviennent pas à mesurer l'ampleur de la dépendance et de la fragilité de leur pays et de son économie par rapport au reste du monde et à l'Asie en particulier.

En résumé, la classe dirigeante US s'apprête à agir pour « donner une leçon » à la Chine (et dans une moindre mesure aux fabricants automobiles nippons), sans se rendre compte, malgré les coups de semonce de Pékin (dont la crise boursière actuelle est une conséquence), que non seulement ils ne sont plus en position de « donner la moindre leçon » à la Chine, mais qu'en plus, ce faisant, ils vont déclencher une guerre commerciale qui va par contagion s'étendre aux sphères financières et monétaires, car c'est à Pékin désormais que se déterminent les valeurs du Dollar et des Bons du Trésor US (sans même parler de la valeur des actions de Fannie Mae et Freddy Mac, que les investisseurs asiatiques ont accumulé ces derniers mois, sur les conseils de leurs banquiers d'affaires US, alors que Ben Bernanke lui-même reconnaît désormais que l'ampleur de leurs engagements fait peser un « risque systémique » sur l'économie US).

Pour prendre une image d'actualité, les Etats-Unis sont devenus un immense « hedge-fund » dont les responsables vont entreprendre d'ici la fin Avril 2007 d'affronter la principale banque (à savoir la Chine) qui leur prête l'argent dont ils ont besoin pour réaliser toutes leurs affaires plus risquées les unes que les autres. L'idée derrière est bien entendu que le « banquier » est en fait condamné à continuer à jouer le jeu faute de tout perdre. C'est une idée très simpliste à ce niveau de jeu (impliquant au total des milliards d'individus et des milliers de milliards de Dollars US), surtout face à un banquier qui est en train de se rendre compte que pratiquement toutes les « garanties » qu'on lui a fournies ces dernières années sont en fait des bouts de papiers sans valeur. Car, c'est bien ce que la contagion de la crise immobilière vers le secteur financier US est en train de démontrer à toute la planète.

Les 200 milliards USD d'excédent commercial chinois avec les Etats-Unis doivent être rapportés à ce que représente une baisse de 10% de la valeur du Dollar US sur un an en terme de réserves en devises de la Chine, soit 100 milliards USD. Penser que Pékin va gentiment accepter de perdre sur tous les tableaux sans déclencher une riposte brutale est vraiment de la plus grande naïveté intellectuelle, comparable à celle qui prévalait à Washington il y a quatre ans seulement quant tout le monde était persuadé que les Irakiens allaient accueillir les soldats américains avec des fleurs.

GEAB N°13 (sur abonnement)
 

 

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Notes :

(1) « China forming fund to invest reserves”, Yahoo News, 09/03/2007

(2) A ce sujet, LEAP/E2020 réitère son anticipation de la fin 2006 (GEAB N°10) dans laquelle nos équipes expliquaient pourquoi à leur avis le Japon sera conduit à se solidariser avec la Chine dans cette guerre commerciale avec les Etats-Unis.

(3) La bataille des “Paper Mills” (usine à papier) risque en effet d'être le déclencheur d'une série de mesures et contre-mesures commerciales des deux côtés du Pacifique. Contrairement à d'autres thèmes (comme les importations de voiture par exemple), ce « combat » est populaire car mettant en scène des petites unités dispersées dans l'Amérique profonde. « US threatening tariffs on paper from China », International Herald Tribune, 28/02/2007.

(4) « US-China Trade Relations », US-China Business Council, 02/2007
 



Comme l'a annoncé l'équipe LEAP/E2020 ces derniers mois, les Etats-Unis sont bien en train de s'enfoncer dans la « Très Grande Dépression » de 2007, et, comme indiqué dans le GEAB N°12, le point d'inflexion de la crise systémique globale se confirme pour le mois d'Avril. Les semaines à venir vont être caractérisées par une extension de la contagion de la crise immobilière à l'ensemble de la sphère financière et à la consommation des ménages américains, entraînant de sévères conséquences sur les résultats de nombreux secteurs économiques aux Etats-Unis et sur le Dollar US. Parallèlement ces tendances vont considérablement accélérer la montée en puissance de la guerre commerciale trans-pacifique dont, dès Décembre 2006, LEAP/E2020 annonçait qu'elle allait être l'une des dominantes de 2007.

Les quatre directions de la contagion :
1. Les bourses mondiales : Premières victimes du début de la guerre commerciale Chine-USA
2. Crises immobilières : Au-delà des « prêts-à-risques », l'ensemble des opérateurs financiers impliqués dans le marché américain entraînés dans une spirale infernale
3. Dollar (et monnaies associées) : Le nouveau plongeon d'Avril 2007
4. Consommation US : L'exode des grandes entreprises hors du marché US

Dans ce communiqué public, l'équipe de LEAP/E2020 a décidé de présenter la première des quatre grandes directions de la contagion en cours.
 

Les bourses mondiales : Premières victimes du début de la guerre commerciale Chine-USA

Pour les chercheurs de LEAP/E2020, il est significatif que l'actuelle crise boursière mondiale ait été initiée en Chine par la baisse brutale (près de 10%) de la bourse de Shanghai suite à des déclarations des autorités chinoises visant à limiter la spéculation boursière. Outre le fait que la chute des bourses mondiales consécutives à celle de Shanghai illustre l'importance désormais centrale de la Chine dans l'économie globale, il serait très surprenant que les autorités chinoises aient commis un « faux pas involontaire » en déclenchant cette crise, comme par hasard à la veille de l'arrivée du Secrétaire d'Etat américain au Trésor, Hank Paulson, en Asie. On a pu constater combien le contenu de sa tournée asiatique s'est trouvé profondément modifié par la crise boursière mondiale : venu sermonner les partenaires économiques des Etats-Unis dans la région et en particulier donner des leçons de bonne gestion monétaire et financière à la Chine, il a essentiellement passé sa semaine à rassurer l'Asie sur la solidité de l'économie US et l'absence de risques monétaires et financiers générés par cette baisse de Wall Street et la crise des prêts immobiliers à risque.
 

 

Avoirs américains détenus par le reste du monde
Avoirs américains détenus par le reste du monde
Rappelons-nous que c'est une déclaration du gouverneur de la Banque centrale chinoise sur la diversification des réserves de devises du pays hors du Dollar US qui avait en Novembre 2006 déclenché la baisse brutale du Dollar US vis-à-vis de toutes les grandes devises (avec notamment le passage de la barre des 1,30 du taux EURUSD) avec déjà en perspective, comme par hasard, une tournée de Hank Paulson et autres responsables américains en Chine. La Chine persiste d'ailleurs dans cette direction puisque les autorités de Pékin viennent de créer un fond d'investissement pour mieux gérer leurs réserves en devises (1).

Les responsables chinois espèrent ainsi envoyer à Washington des messages clairs destinés à faire réfléchir à deux fois les responsables politiques des Etats-Unis avant qu'ils n'engagent leur pays dans une série de mesures protectionnistes qui affecteront directement les exportations chinoises (et également japonaises) (2). C'est en effet dans les toutes prochaines semaines que le Congrès américain, emmené par les Démocrates, avec le soutien d'une partie des Républicains (et le soutien quasi-explicite du président de la Réserve Fédérale Ben Bernanke), s'apprête à voter une panoplie protectionniste spécialement élaborée pour bloquer une partie des exportations chinoises, comme celles, qui deviennent emblématiques, pour la protection des fabricants de papiers américains (3). En agissant ainsi, Pékin envoie un message très clair qui pourtant ne fera que contribuer à la spirale « action/réaction » qui renforce l'affrontement commercial trans-pacifique.
 

 

Augmentation annuelle en US $ des réserves de change de la Chine
Augmentation annuelle en US $ des réserves de change de la Chine
Comme le souligne le US-China Business Council, les limitations commerciales qu'envisagent de prendre les Etats-Unis peuvent mettre en danger l'ensemble des relations commerciales des deux pays (4). En effet, LEAP/E2020 a largement expliqué dans ses précédents numéros du GEAB (notamment les numéros 8 et 9) pourquoi les élites washingtoniennes étaient fondamentalement incapables de changer le cours d'une telle évolution, du fait d'une part d'un mélange de contraintes électorales (protéger l'emploi aux Etats-Unis est devenu le seul moyen pour les Démocrates d'espérer conserver leur majorité au Congrès, sans même parler des chances de leur candidat aux présidentielles de 2008) ; et d'autre part, l'aveuglement des principaux responsables démocrates et républicains qui ne parviennent pas à mesurer l'ampleur de la dépendance et de la fragilité de leur pays et de son économie par rapport au reste du monde et à l'Asie en particulier.

En résumé, la classe dirigeante US s'apprête à agir pour « donner une leçon » à la Chine (et dans une moindre mesure aux fabricants automobiles nippons), sans se rendre compte, malgré les coups de semonce de Pékin (dont la crise boursière actuelle est une conséquence), que non seulement ils ne sont plus en position de « donner la moindre leçon » à la Chine, mais qu'en plus, ce faisant, ils vont déclencher une guerre commerciale qui va par contagion s'étendre aux sphères financières et monétaires, car c'est à Pékin désormais que se déterminent les valeurs du Dollar et des Bons du Trésor US (sans même parler de la valeur des actions de Fannie Mae et Freddy Mac, que les investisseurs asiatiques ont accumulé ces derniers mois, sur les conseils de leurs banquiers d'affaires US, alors que Ben Bernanke lui-même reconnaît désormais que l'ampleur de leurs engagements fait peser un « risque systémique » sur l'économie US).

Pour prendre une image d'actualité, les Etats-Unis sont devenus un immense « hedge-fund » dont les responsables vont entreprendre d'ici la fin Avril 2007 d'affronter la principale banque (à savoir la Chine) qui leur prête l'argent dont ils ont besoin pour réaliser toutes leurs affaires plus risquées les unes que les autres. L'idée derrière est bien entendu que le « banquier » est en fait condamné à continuer à jouer le jeu faute de tout perdre. C'est une idée très simpliste à ce niveau de jeu (impliquant au total des milliards d'individus et des milliers de milliards de Dollars US), surtout face à un banquier qui est en train de se rendre compte que pratiquement toutes les « garanties » qu'on lui a fournies ces dernières années sont en fait des bouts de papiers sans valeur. Car, c'est bien ce que la contagion de la crise immobilière vers le secteur financier US est en train de démontrer à toute la planète.

Les 200 milliards USD d'excédent commercial chinois avec les Etats-Unis doivent être rapportés à ce que représente une baisse de 10% de la valeur du Dollar US sur un an en terme de réserves en devises de la Chine, soit 100 milliards USD. Penser que Pékin va gentiment accepter de perdre sur tous les tableaux sans déclencher une riposte brutale est vraiment de la plus grande naïveté intellectuelle, comparable à celle qui prévalait à Washington il y a quatre ans seulement quant tout le monde était persuadé que les Irakiens allaient accueillir les soldats américains avec des fleurs.

GEAB N°13 (sur abonnement)
 

 

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Notes :

(1) « China forming fund to invest reserves”, Yahoo News, 09/03/2007

(2) A ce sujet, LEAP/E2020 réitère son anticipation de la fin 2006 (GEAB N°10) dans laquelle nos équipes expliquaient pourquoi à leur avis le Japon sera conduit à se solidariser avec la Chine dans cette guerre commerciale avec les Etats-Unis.

(3) La bataille des “Paper Mills” (usine à papier) risque en effet d'être le déclencheur d'une série de mesures et contre-mesures commerciales des deux côtés du Pacifique. Contrairement à d'autres thèmes (comme les importations de voiture par exemple), ce « combat » est populaire car mettant en scène des petites unités dispersées dans l'Amérique profonde. « US threatening tariffs on paper from China », International Herald Tribune, 28/02/2007.

(4) « US-China Trade Relations », US-China Business Council, 02/2007
 



Dans la même rubrique :
Comme l'a annoncé l'équipe LEAP/E2020 ces derniers mois, les Etats-Unis sont bien en train de s'enfoncer dans la « Très Grande Dépression » de 2007, et, comme indiqué dans le GEAB N°12, le point d'inflexion de la crise systémique globale se confirme pour le mois d'Avril. Les semaines à venir vont être caractérisées par une extension de la contagion de la crise immobilière à l'ensemble de la sphère financière et à la consommation des ménages américains, entraînant de sévères conséquences sur les résultats de nombreux secteurs économiques aux Etats-Unis et sur le Dollar US. Parallèlement ces tendances vont considérablement accélérer la montée en puissance de la guerre commerciale trans-pacifique dont, dès Décembre 2006, LEAP/E2020 annonçait qu'elle allait être l'une des dominantes de 2007.

Les quatre directions de la contagion :
1. Les bourses mondiales : Premières victimes du début de la guerre commerciale Chine-USA
2. Crises immobilières : Au-delà des « prêts-à-risques », l'ensemble des opérateurs financiers impliqués dans le marché américain entraînés dans une spirale infernale
3. Dollar (et monnaies associées) : Le nouveau plongeon d'Avril 2007
4. Consommation US : L'exode des grandes entreprises hors du marché US

Dans ce communiqué public, l'équipe de LEAP/E2020 a décidé de présenter la première des quatre grandes directions de la contagion en cours.
 

Les bourses mondiales : Premières victimes du début de la guerre commerciale Chine-USA

Pour les chercheurs de LEAP/E2020, il est significatif que l'actuelle crise boursière mondiale ait été initiée en Chine par la baisse brutale (près de 10%) de la bourse de Shanghai suite à des déclarations des autorités chinoises visant à limiter la spéculation boursière. Outre le fait que la chute des bourses mondiales consécutives à celle de Shanghai illustre l'importance désormais centrale de la Chine dans l'économie globale, il serait très surprenant que les autorités chinoises aient commis un « faux pas involontaire » en déclenchant cette crise, comme par hasard à la veille de l'arrivée du Secrétaire d'Etat américain au Trésor, Hank Paulson, en Asie. On a pu constater combien le contenu de sa tournée asiatique s'est trouvé profondément modifié par la crise boursière mondiale : venu sermonner les partenaires économiques des Etats-Unis dans la région et en particulier donner des leçons de bonne gestion monétaire et financière à la Chine, il a essentiellement passé sa semaine à rassurer l'Asie sur la solidité de l'économie US et l'absence de risques monétaires et financiers générés par cette baisse de Wall Street et la crise des prêts immobiliers à risque.
 

 

Avoirs américains détenus par le reste du monde
Avoirs américains détenus par le reste du monde
Rappelons-nous que c'est une déclaration du gouverneur de la Banque centrale chinoise sur la diversification des réserves de devises du pays hors du Dollar US qui avait en Novembre 2006 déclenché la baisse brutale du Dollar US vis-à-vis de toutes les grandes devises (avec notamment le passage de la barre des 1,30 du taux EURUSD) avec déjà en perspective, comme par hasard, une tournée de Hank Paulson et autres responsables américains en Chine. La Chine persiste d'ailleurs dans cette direction puisque les autorités de Pékin viennent de créer un fond d'investissement pour mieux gérer leurs réserves en devises (1).

Les responsables chinois espèrent ainsi envoyer à Washington des messages clairs destinés à faire réfléchir à deux fois les responsables politiques des Etats-Unis avant qu'ils n'engagent leur pays dans une série de mesures protectionnistes qui affecteront directement les exportations chinoises (et également japonaises) (2). C'est en effet dans les toutes prochaines semaines que le Congrès américain, emmené par les Démocrates, avec le soutien d'une partie des Républicains (et le soutien quasi-explicite du président de la Réserve Fédérale Ben Bernanke), s'apprête à voter une panoplie protectionniste spécialement élaborée pour bloquer une partie des exportations chinoises, comme celles, qui deviennent emblématiques, pour la protection des fabricants de papiers américains (3). En agissant ainsi, Pékin envoie un message très clair qui pourtant ne fera que contribuer à la spirale « action/réaction » qui renforce l'affrontement commercial trans-pacifique.
 

 

Augmentation annuelle en US $ des réserves de change de la Chine
Augmentation annuelle en US $ des réserves de change de la Chine
Comme le souligne le US-China Business Council, les limitations commerciales qu'envisagent de prendre les Etats-Unis peuvent mettre en danger l'ensemble des relations commerciales des deux pays (4). En effet, LEAP/E2020 a largement expliqué dans ses précédents numéros du GEAB (notamment les numéros 8 et 9) pourquoi les élites washingtoniennes étaient fondamentalement incapables de changer le cours d'une telle évolution, du fait d'une part d'un mélange de contraintes électorales (protéger l'emploi aux Etats-Unis est devenu le seul moyen pour les Démocrates d'espérer conserver leur majorité au Congrès, sans même parler des chances de leur candidat aux présidentielles de 2008) ; et d'autre part, l'aveuglement des principaux responsables démocrates et républicains qui ne parviennent pas à mesurer l'ampleur de la dépendance et de la fragilité de leur pays et de son économie par rapport au reste du monde et à l'Asie en particulier.

En résumé, la classe dirigeante US s'apprête à agir pour « donner une leçon » à la Chine (et dans une moindre mesure aux fabricants automobiles nippons), sans se rendre compte, malgré les coups de semonce de Pékin (dont la crise boursière actuelle est une conséquence), que non seulement ils ne sont plus en position de « donner la moindre leçon » à la Chine, mais qu'en plus, ce faisant, ils vont déclencher une guerre commerciale qui va par contagion s'étendre aux sphères financières et monétaires, car c'est à Pékin désormais que se déterminent les valeurs du Dollar et des Bons du Trésor US (sans même parler de la valeur des actions de Fannie Mae et Freddy Mac, que les investisseurs asiatiques ont accumulé ces derniers mois, sur les conseils de leurs banquiers d'affaires US, alors que Ben Bernanke lui-même reconnaît désormais que l'ampleur de leurs engagements fait peser un « risque systémique » sur l'économie US).

Pour prendre une image d'actualité, les Etats-Unis sont devenus un immense « hedge-fund » dont les responsables vont entreprendre d'ici la fin Avril 2007 d'affronter la principale banque (à savoir la Chine) qui leur prête l'argent dont ils ont besoin pour réaliser toutes leurs affaires plus risquées les unes que les autres. L'idée derrière est bien entendu que le « banquier » est en fait condamné à continuer à jouer le jeu faute de tout perdre. C'est une idée très simpliste à ce niveau de jeu (impliquant au total des milliards d'individus et des milliers de milliards de Dollars US), surtout face à un banquier qui est en train de se rendre compte que pratiquement toutes les « garanties » qu'on lui a fournies ces dernières années sont en fait des bouts de papiers sans valeur. Car, c'est bien ce que la contagion de la crise immobilière vers le secteur financier US est en train de démontrer à toute la planète.

Les 200 milliards USD d'excédent commercial chinois avec les Etats-Unis doivent être rapportés à ce que représente une baisse de 10% de la valeur du Dollar US sur un an en terme de réserves en devises de la Chine, soit 100 milliards USD. Penser que Pékin va gentiment accepter de perdre sur tous les tableaux sans déclencher une riposte brutale est vraiment de la plus grande naïveté intellectuelle, comparable à celle qui prévalait à Washington il y a quatre ans seulement quant tout le monde était persuadé que les Irakiens allaient accueillir les soldats américains avec des fleurs.

GEAB N°13 (sur abonnement)
 

 

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Notes :

(1) « China forming fund to invest reserves”, Yahoo News, 09/03/2007

(2) A ce sujet, LEAP/E2020 réitère son anticipation de la fin 2006 (GEAB N°10) dans laquelle nos équipes expliquaient pourquoi à leur avis le Japon sera conduit à se solidariser avec la Chine dans cette guerre commerciale avec les Etats-Unis.

(3) La bataille des “Paper Mills” (usine à papier) risque en effet d'être le déclencheur d'une série de mesures et contre-mesures commerciales des deux côtés du Pacifique. Contrairement à d'autres thèmes (comme les importations de voiture par exemple), ce « combat » est populaire car mettant en scène des petites unités dispersées dans l'Amérique profonde. « US threatening tariffs on paper from China », International Herald Tribune, 28/02/2007.

(4) « US-China Trade Relations », US-China Business Council, 02/2007
 



Dans la même rubrique :
Comme l'a annoncé l'équipe LEAP/E2020 ces derniers mois, les Etats-Unis sont bien en train de s'enfoncer dans la « Très Grande Dépression » de 2007, et, comme indiqué dans le GEAB N°12, le point d'inflexion de la crise systémique globale se confirme pour le mois d'Avril. Les semaines à venir vont être caractérisées par une extension de la contagion de la crise immobilière à l'ensemble de la sphère financière et à la consommation des ménages américains, entraînant de sévères conséquences sur les résultats de nombreux secteurs économiques aux Etats-Unis et sur le Dollar US. Parallèlement ces tendances vont considérablement accélérer la montée en puissance de la guerre commerciale trans-pacifique dont, dès Décembre 2006, LEAP/E2020 annonçait qu'elle allait être l'une des dominantes de 2007.

Les quatre directions de la contagion :
1. Les bourses mondiales : Premières victimes du début de la guerre commerciale Chine-USA
2. Crises immobilières : Au-delà des « prêts-à-risques », l'ensemble des opérateurs financiers impliqués dans le marché américain entraînés dans une spirale infernale
3. Dollar (et monnaies associées) : Le nouveau plongeon d'Avril 2007
4. Consommation US : L'exode des grandes entreprises hors du marché US

Dans ce communiqué public, l'équipe de LEAP/E2020 a décidé de présenter la première des quatre grandes directions de la contagion en cours.
 

Les bourses mondiales : Premières victimes du début de la guerre commerciale Chine-USA

Pour les chercheurs de LEAP/E2020, il est significatif que l'actuelle crise boursière mondiale ait été initiée en Chine par la baisse brutale (près de 10%) de la bourse de Shanghai suite à des déclarations des autorités chinoises visant à limiter la spéculation boursière. Outre le fait que la chute des bourses mondiales consécutives à celle de Shanghai illustre l'importance désormais centrale de la Chine dans l'économie globale, il serait très surprenant que les autorités chinoises aient commis un « faux pas involontaire » en déclenchant cette crise, comme par hasard à la veille de l'arrivée du Secrétaire d'Etat américain au Trésor, Hank Paulson, en Asie. On a pu constater combien le contenu de sa tournée asiatique s'est trouvé profondément modifié par la crise boursière mondiale : venu sermonner les partenaires économiques des Etats-Unis dans la région et en particulier donner des leçons de bonne gestion monétaire et financière à la Chine, il a essentiellement passé sa semaine à rassurer l'Asie sur la solidité de l'économie US et l'absence de risques monétaires et financiers générés par cette baisse de Wall Street et la crise des prêts immobiliers à risque.
 

 

Avoirs américains détenus par le reste du monde
Avoirs américains détenus par le reste du monde
Rappelons-nous que c'est une déclaration du gouverneur de la Banque centrale chinoise sur la diversification des réserves de devises du pays hors du Dollar US qui avait en Novembre 2006 déclenché la baisse brutale du Dollar US vis-à-vis de toutes les grandes devises (avec notamment le passage de la barre des 1,30 du taux EURUSD) avec déjà en perspective, comme par hasard, une tournée de Hank Paulson et autres responsables américains en Chine. La Chine persiste d'ailleurs dans cette direction puisque les autorités de Pékin viennent de créer un fond d'investissement pour mieux gérer leurs réserves en devises (1).

Les responsables chinois espèrent ainsi envoyer à Washington des messages clairs destinés à faire réfléchir à deux fois les responsables politiques des Etats-Unis avant qu'ils n'engagent leur pays dans une série de mesures protectionnistes qui affecteront directement les exportations chinoises (et également japonaises) (2). C'est en effet dans les toutes prochaines semaines que le Congrès américain, emmené par les Démocrates, avec le soutien d'une partie des Républicains (et le soutien quasi-explicite du président de la Réserve Fédérale Ben Bernanke), s'apprête à voter une panoplie protectionniste spécialement élaborée pour bloquer une partie des exportations chinoises, comme celles, qui deviennent emblématiques, pour la protection des fabricants de papiers américains (3). En agissant ainsi, Pékin envoie un message très clair qui pourtant ne fera que contribuer à la spirale « action/réaction » qui renforce l'affrontement commercial trans-pacifique.
 

 

Augmentation annuelle en US $ des réserves de change de la Chine
Augmentation annuelle en US $ des réserves de change de la Chine
Comme le souligne le US-China Business Council, les limitations commerciales qu'envisagent de prendre les Etats-Unis peuvent mettre en danger l'ensemble des relations commerciales des deux pays (4). En effet, LEAP/E2020 a largement expliqué dans ses précédents numéros du GEAB (notamment les numéros 8 et 9) pourquoi les élites washingtoniennes étaient fondamentalement incapables de changer le cours d'une telle évolution, du fait d'une part d'un mélange de contraintes électorales (protéger l'emploi aux Etats-Unis est devenu le seul moyen pour les Démocrates d'espérer conserver leur majorité au Congrès, sans même parler des chances de leur candidat aux présidentielles de 2008) ; et d'autre part, l'aveuglement des principaux responsables démocrates et républicains qui ne parviennent pas à mesurer l'ampleur de la dépendance et de la fragilité de leur pays et de son économie par rapport au reste du monde et à l'Asie en particulier.

En résumé, la classe dirigeante US s'apprête à agir pour « donner une leçon » à la Chine (et dans une moindre mesure aux fabricants automobiles nippons), sans se rendre compte, malgré les coups de semonce de Pékin (dont la crise boursière actuelle est une conséquence), que non seulement ils ne sont plus en position de « donner la moindre leçon » à la Chine, mais qu'en plus, ce faisant, ils vont déclencher une guerre commerciale qui va par contagion s'étendre aux sphères financières et monétaires, car c'est à Pékin désormais que se déterminent les valeurs du Dollar et des Bons du Trésor US (sans même parler de la valeur des actions de Fannie Mae et Freddy Mac, que les investisseurs asiatiques ont accumulé ces derniers mois, sur les conseils de leurs banquiers d'affaires US, alors que Ben Bernanke lui-même reconnaît désormais que l'ampleur de leurs engagements fait peser un « risque systémique » sur l'économie US).

Pour prendre une image d'actualité, les Etats-Unis sont devenus un immense « hedge-fund » dont les responsables vont entreprendre d'ici la fin Avril 2007 d'affronter la principale banque (à savoir la Chine) qui leur prête l'argent dont ils ont besoin pour réaliser toutes leurs affaires plus risquées les unes que les autres. L'idée derrière est bien entendu que le « banquier » est en fait condamné à continuer à jouer le jeu faute de tout perdre. C'est une idée très simpliste à ce niveau de jeu (impliquant au total des milliards d'individus et des milliers de milliards de Dollars US), surtout face à un banquier qui est en train de se rendre compte que pratiquement toutes les « garanties » qu'on lui a fournies ces dernières années sont en fait des bouts de papiers sans valeur. Car, c'est bien ce que la contagion de la crise immobilière vers le secteur financier US est en train de démontrer à toute la planète.

Les 200 milliards USD d'excédent commercial chinois avec les Etats-Unis doivent être rapportés à ce que représente une baisse de 10% de la valeur du Dollar US sur un an en terme de réserves en devises de la Chine, soit 100 milliards USD. Penser que Pékin va gentiment accepter de perdre sur tous les tableaux sans déclencher une riposte brutale est vraiment de la plus grande naïveté intellectuelle, comparable à celle qui prévalait à Washington il y a quatre ans seulement quant tout le monde était persuadé que les Irakiens allaient accueillir les soldats américains avec des fleurs.

GEAB N°13 (sur abonnement)
 

 

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Notes :

(1) « China forming fund to invest reserves”, Yahoo News, 09/03/2007

(2) A ce sujet, LEAP/E2020 réitère son anticipation de la fin 2006 (GEAB N°10) dans laquelle nos équipes expliquaient pourquoi à leur avis le Japon sera conduit à se solidariser avec la Chine dans cette guerre commerciale avec les Etats-Unis.

(3) La bataille des “Paper Mills” (usine à papier) risque en effet d'être le déclencheur d'une série de mesures et contre-mesures commerciales des deux côtés du Pacifique. Contrairement à d'autres thèmes (comme les importations de voiture par exemple), ce « combat » est populaire car mettant en scène des petites unités dispersées dans l'Amérique profonde. « US threatening tariffs on paper from China », International Herald Tribune, 28/02/2007.

(4) « US-China Trade Relations », US-China Business Council, 02/2007
 



Dans la même rubrique :
Comme l'a annoncé l'équipe LEAP/E2020 ces derniers mois, les Etats-Unis sont bien en train de s'enfoncer dans la « Très Grande Dépression » de 2007, et, comme indiqué dans le GEAB N°12, le point d'inflexion de la crise systémique globale se confirme pour le mois d'Avril. Les semaines à venir vont être caractérisées par une extension de la contagion de la crise immobilière à l'ensemble de la sphère financière et à la consommation des ménages américains, entraînant de sévères conséquences sur les résultats de nombreux secteurs économiques aux Etats-Unis et sur le Dollar US. Parallèlement ces tendances vont considérablement accélérer la montée en puissance de la guerre commerciale trans-pacifique dont, dès Décembre 2006, LEAP/E2020 annonçait qu'elle allait être l'une des dominantes de 2007.

Les quatre directions de la contagion :
1. Les bourses mondiales : Premières victimes du début de la guerre commerciale Chine-USA
2. Crises immobilières : Au-delà des « prêts-à-risques », l'ensemble des opérateurs financiers impliqués dans le marché américain entraînés dans une spirale infernale
3. Dollar (et monnaies associées) : Le nouveau plongeon d'Avril 2007
4. Consommation US : L'exode des grandes entreprises hors du marché US

Dans ce communiqué public, l'équipe de LEAP/E2020 a décidé de présenter la première des quatre grandes directions de la contagion en cours.
 

Les bourses mondiales : Premières victimes du début de la guerre commerciale Chine-USA

Pour les chercheurs de LEAP/E2020, il est significatif que l'actuelle crise boursière mondiale ait été initiée en Chine par la baisse brutale (près de 10%) de la bourse de Shanghai suite à des déclarations des autorités chinoises visant à limiter la spéculation boursière. Outre le fait que la chute des bourses mondiales consécutives à celle de Shanghai illustre l'importance désormais centrale de la Chine dans l'économie globale, il serait très surprenant que les autorités chinoises aient commis un « faux pas involontaire » en déclenchant cette crise, comme par hasard à la veille de l'arrivée du Secrétaire d'Etat américain au Trésor, Hank Paulson, en Asie. On a pu constater combien le contenu de sa tournée asiatique s'est trouvé profondément modifié par la crise boursière mondiale : venu sermonner les partenaires économiques des Etats-Unis dans la région et en particulier donner des leçons de bonne gestion monétaire et financière à la Chine, il a essentiellement passé sa semaine à rassurer l'Asie sur la solidité de l'économie US et l'absence de risques monétaires et financiers générés par cette baisse de Wall Street et la crise des prêts immobiliers à risque.
 

 

Avoirs américains détenus par le reste du monde
Avoirs américains détenus par le reste du monde
Rappelons-nous que c'est une déclaration du gouverneur de la Banque centrale chinoise sur la diversification des réserves de devises du pays hors du Dollar US qui avait en Novembre 2006 déclenché la baisse brutale du Dollar US vis-à-vis de toutes les grandes devises (avec notamment le passage de la barre des 1,30 du taux EURUSD) avec déjà en perspective, comme par hasard, une tournée de Hank Paulson et autres responsables américains en Chine. La Chine persiste d'ailleurs dans cette direction puisque les autorités de Pékin viennent de créer un fond d'investissement pour mieux gérer leurs réserves en devises (1).

Les respo
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29 mars 2007 4 29 /03 /mars /2007 09:27
Extrait de GEAB N°9 (15 novembre 2006)
14/03/2007



Conséquences politiques : Vers une aggravation de toutes les faiblesses du leadership US (dirigeants en perte de légitimité, contexte de récession économique, impasse diplomatique en Iraq/Iran/Corée du Nord...)

Le récent vote des électeurs américains, qui ont violemment rejeté la politique conduite depuis six ans, n’est rien d’autre qu’un immense appel au secours [1]. Tout autant que l’Iraq, ce sont les questions économiques et sociales, et le rejet de la corruption à Washington, qui ont déterminé le choix des électeurs [2].

Cette question de la corruption est un indicateur significatif à double titre : . d’une part, il est révélateur d’une société en voie d’appauvrissement rapide, car la corruption ne devient un thème dominant que lorsque la majorité des citoyens ressent l’enrichissement de ses élites comme illégitime, comme se faisant au détriment de son propre bien-être. La corruption n’est pas un thème de société « bien portante ». C’est dans le tiers-monde ou dans les pays en transition économique ou politique qu’on le retrouve prioritaire. Cela tend à confirmer l’analyse de LEAP/E2020 que les Etats-Unis sont bien une puissance en transition, passant du statut de première puissance économique et politique de la planète à autre chose, un autre chose qui sera nettement moins enviable. Par certains aspects, l’évolution à venir des Etats-Unis peut faire penser au chemin suivi par l’Argentine il y a quelques décennies [3], au prix du basculement de la quasi-totalité de sa classe moyenne dans le camp des classes pauvres.

. d’autre part, il dénote une décrédibilisation très forte des classes dirigeantes américaines au-delà même des personnes de G.W. Bush, Dick Cheney ou Donald Rumsfeld. C’est en effet le Congrès qui est également très fortement accusé d’être déconnecté des intérêts des citoyens américains et de servir de relais privilégié aux intérêts privés. Un autre chiffre illustre cette déconnection croissante entre classes dirigeantes US et citoyens américains : la participation à l’élection de Novembre 2006 n’a été que de 40% (à peine plus qu’aux élections mi-mandat de 2002) [4] alors que la polarisation de l’électorat et l’enjeu de la guerre en Iraq étaient censés mobiliser largement les électeurs. Cela signifie que désormais 60% des citoyens américains ne se sentent plus représentés, concernés ou incarnés par les deux grands partis en présence, même quand les enjeux sont forts et clairs. Tout autant que les 40% de votants qui ont placé la corruption en tête de leurs priorités électorales [5], ces 60% de non-votants témoignent de l’affaiblissement croissant des élites washingtoniennes en terme de crédibilité et de légitimité politique. On trouve d’ailleurs ici un parallèle saisissant avec une problématique identique au sein de l’Union européenne.

Cette situation politique va peser de manière déterminante sur l’évolution de la crise affectant les Etats-Unis car elle prouve que la récente victoire des démocrates au Congrès ne fera qu’aggraver l’impuissance de Washington à résoudre les problèmes du pays puisqu’ils ne bénéficient d’aucun mandat clair ni d’aucune légitimité électorale forte, alors qu’ils sanctionnent un affaiblissement radical de la capacité décisionnelle du pouvoir politique américain. Avec seulement vingt-deux mois de pouvoir effectif au Congrès (puisque les Démocrates ne prendront leurs fonctions au Congrès qu’en Janvier 2007 et que les prochaines élections auront lieu en Novembre 2008), les Démocrates vont devoir « gérer les affaires courantes » dans le cadre d’une « guérilla » quotidienne avec l’exécutif républicain, avec en ligne de mire l’élection présidentielle de 2008 (rendant impossible toute mesure drastique nécessairement impopulaire), sur fond de récession économique, de chute du Dollar et d’impasse diplomatique et militaire en Iraq, sur l’Iran et avec la Corée du Nord.

Pour l’équipe LEAP/E2020, et contrairement à ce qu’on peut lire dans de nombreux médias depuis une semaine, il est donc certain que les deux années à venir vont voir une aggravation de toutes les faiblesses actuelles des Etats-Unis, et donc une accélération de l’effondrement de l’ordre mondial né après 1945, en particulier de sa composante dite « occidentale » qui résultait de deux causes fondamentales : une communauté de valeurs et une zone de co-prospérité entre les Etats-Unis et l’Europe. A partir du moment où l’existence d’une communauté de valeurs a été profondément remise en cause ces six dernières années (et ça n’est pas l’adhésion répétée de la nouvelle majorité démocrate au concept de « guerre contre la terreur » qui va inverser cette tendance) et où, loin de propager la prospérité, les Etats-Unis deviennent un vecteur d’appauvrissement ou d’instabilité, l’ « Occident » redevient ce qu’il était avant 1945, à savoir les Etats-Unis d’une part et l’Europe d’autre part.

On va d’ailleurs pouvoir le constater au prochain sommet de l’OTAN à Riga, où comme anticipé dès Avril 2006 dans le GEAB N°4 par LEAP/E2020, l’Alliance sous impulsion américaine va s’élargir à une échelle globale. Elle perdra ainsi sa spécificité euro-américaine et renforcera la tendance croissante des Européens à s’organiser entre eux, orientant à l’horizon d’une décennie la relation transatlantique en matière de sécurité et de défense à un dialogue UE/USA, où les Etats membres de l’UE auront abandonné la dimension bilatérale avec les Etats-Unis au profit du niveau commun européen. Et Riga illustrera le fait qu’une une majorité démocrate ou républicaine n’affectera en rien cette évolution.

Conséquences militaires : Renforcement de l’autonomie de décision du pouvoir militaire américain, anticipation d’une augmentation des dépenses militaires

En matière militaire, la division des deux branches du pouvoir politique à Washington sur fond de guerre en Iraq va renforcer l’autonomie de décision du pouvoir militaire. Cela est d’autant plus vrai que la haute hiérarchie militaire peut se targuer d’avoir directement contribué à l’échec des Républicains à ces élections de mi-mandat et d’avoir « eu la peau » du Secrétaire d’Etat à la Défense, Donald Rumsfeld. Les déclarations publiques de généraux à la retraite critiquant les décisions sur l’invasion de l’Iraq et les annonces de « mauvaises nouvelles » concernant l’Iraq issues du Pentagone à quelques jours des élections ont fortement contribué à faire douter nombre d’électeurs républicains, voire à les faire voter démocrate afin d’obliger le président Bush à infléchir sa politique en la matière. Là encore, le vote de la mi-Novembre apparaît plus comme un vote sanction de l’équipe au pouvoir à Washington que comme un soutien aux Démocrates élus.

Le résultat de tout cela est que les généraux sont désormais seuls aux commandes pour l’Iraq et en fait pour l’ensemble de la politique de défense des Etats-Unis. Du fait de la division politique entre le Congrès et l’administration présidentielle, ils sont en mesure de neutraliser toute initiative qui leur déplairait ; et à cause de la guerre en Iraq, ils sont intouchables puisque « sur le front ». Enfin, ayant réussi à « casser » un ministre de la défense qui avait essayé de leur imposer sa volonté, ils n’ont rien à craindre de ses successeurs dans les années à venir.

Cette situation implique notamment que les dépenses militaires des Etats-Unis, et leur très fort impact sur le déficit public du pays, ne seront pas réduites de manière significative. L’équipe LEAP/E2020 anticipe même que du fait d’une surenchère « patriotique » entre Démocrates et Républicains, on pourrait assister à une augmentation de l’ensemble des dépenses de sécurité (défense, sécurité intérieure, guerre contre le terrorisme, … ) au détriment bien entendu de l’équilibre budgétaire américain.

GlobalEurope Anticipation Bulletin (sur abonnement)


[1] Il est d’ailleurs significatif que WalMart, le géant de la distribution, soit obligé de lancer une vaste opération de baisse des prix à l’orée de la saison des fêtes. Pour les observateurs, cela indique une prise de conscience de l’épuisement du consommateur qui n’a tout simplement plus les moyens d’acheter. Source USA Today, 10/11/2006

[2] Source sondage USA Today/Gallup, 23-25 juin 2006

[3] L’histoire économique de l’Argentine après la Seconde Guerre Mondiale est en effet très instructive au regard de la situation de l’économie américaine aujourd’hui. Pour plus d’information : consulter le wikipedia sur l’histoire économique de l’Argentine.

[4] Source MSNBC, 08/11/2006

[5] Source Polling Report, 6-8/10/2006



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14/03/2007



Conséquences politiques : Vers une aggravation de toutes les faiblesses du leadership US (dirigeants en perte de légitimité, contexte de récession économique, impasse diplomatique en Iraq/Iran/Corée du Nord...)

Le récent vote des électeurs américains, qui ont violemment rejeté la politique conduite depuis six ans, n’est rien d’autre qu’un immense appel au secours [1]. Tout autant que l’Iraq, ce sont les questions économiques et sociales, et le rejet de la corruption à Washington, qui ont déterminé le choix des électeurs [2].

Cette question de la corruption est un indicateur significatif à double titre : . d’une part, il est révélateur d’une société en voie d’appauvrissement rapide, car la corruption ne devient un thème dominant que lorsque la majorité des citoyens ressent l’enrichissement de ses élites comme illégitime, comme se faisant au détriment de son propre bien-être. La corruption n’est pas un thème de société « bien portante ». C’est dans le tiers-monde ou dans les pays en transition économique ou politique qu’on le retrouve prioritaire. Cela tend à confirmer l’analyse de LEAP/E2020 que les Etats-Unis sont bien une puissance en transition, passant du statut de première puissance économique et politique de la planète à autre chose, un autre chose qui sera nettement moins enviable. Par certains aspects, l’évolution à venir des Etats-Unis peut faire penser au chemin suivi par l’Argentine il y a quelques décennies [3], au prix du basculement de la quasi-totalité de sa classe moyenne dans le camp des classes pauvres.

. d’autre part, il dénote une décrédibilisation très forte des classes dirigeantes américaines au-delà même des personnes de G.W. Bush, Dick Cheney ou Donald Rumsfeld. C’est en effet le Congrès qui est également très fortement accusé d’être déconnecté des intérêts des citoyens américains et de servir de relais privilégié aux intérêts privés. Un autre chiffre illustre cette déconnection croissante entre classes dirigeantes US et citoyens américains : la participation à l’élection de Novembre 2006 n’a été que de 40% (à peine plus qu’aux élections mi-mandat de 2002) [4] alors que la polarisation de l’électorat et l’enjeu de la guerre en Iraq étaient censés mobiliser largement les électeurs. Cela signifie que désormais 60% des citoyens américains ne se sentent plus représentés, concernés ou incarnés par les deux grands partis en présence, même quand les enjeux sont forts et clairs. Tout autant que les 40% de votants qui ont placé la corruption en tête de leurs priorités électorales [5], ces 60% de non-votants témoignent de l’affaiblissement croissant des élites washingtoniennes en terme de crédibilité et de légitimité politique. On trouve d’ailleurs ici un parallèle saisissant avec une problématique identique au sein de l’Union européenne.

Cette situation politique va peser de manière déterminante sur l’évolution de la crise affectant les Etats-Unis car elle prouve que la récente victoire des démocrates au Congrès ne fera qu’aggraver l’impuissance de Washington à résoudre les problèmes du pays puisqu’ils ne bénéficient d’aucun mandat clair ni d’aucune légitimité électorale forte, alors qu’ils sanctionnent un affaiblissement radical de la capacité décisionnelle du pouvoir politique américain. Avec seulement vingt-deux mois de pouvoir effectif au Congrès (puisque les Démocrates ne prendront leurs fonctions au Congrès qu’en Janvier 2007 et que les prochaines élections auront lieu en Novembre 2008), les Démocrates vont devoir « gérer les affaires courantes » dans le cadre d’une « guérilla » quotidienne avec l’exécutif républicain, avec en ligne de mire l’élection présidentielle de 2008 (rendant impossible toute mesure drastique nécessairement impopulaire), sur fond de récession économique, de chute du Dollar et d’impasse diplomatique et militaire en Iraq, sur l’Iran et avec la Corée du Nord.

Pour l’équipe LEAP/E2020, et contrairement à ce qu’on peut lire dans de nombreux médias depuis une semaine, il est donc certain que les deux années à venir vont voir une aggravation de toutes les faiblesses actuelles des Etats-Unis, et donc une accélération de l’effondrement de l’ordre mondial né après 1945, en particulier de sa composante dite « occidentale » qui résultait de deux causes fondamentales : une communauté de valeurs et une zone de co-prospérité entre les Etats-Unis et l’Europe. A partir du moment où l’existence d’une communauté de valeurs a été profondément remise en cause ces six dernières années (et ça n’est pas l’adhésion répétée de la nouvelle majorité démocrate au concept de « guerre contre la terreur » qui va inverser cette tendance) et où, loin de propager la prospérité, les Etats-Unis deviennent un vecteur d’appauvrissement ou d’instabilité, l’ « Occident » redevient ce qu’il était avant 1945, à savoir les Etats-Unis d’une part et l’Europe d’autre part.

On va d’ailleurs pouvoir le constater au prochain sommet de l’OTAN à Riga, où comme anticipé dès Avril 2006 dans le GEAB N°4 par LEAP/E2020, l’Alliance sous impulsion américaine va s’élargir à une échelle globale. Elle perdra ainsi sa spécificité euro-américaine et renforcera la tendance croissante des Européens à s’organiser entre eux, orientant à l’horizon d’une décennie la relation transatlantique en matière de sécurité et de défense à un dialogue UE/USA, où les Etats membres de l’UE auront abandonné la dimension bilatérale avec les Etats-Unis au profit du niveau commun européen. Et Riga illustrera le fait qu’une une majorité démocrate ou républicaine n’affectera en rien cette évolution.

Conséquences militaires : Renforcement de l’autonomie de décision du pouvoir militaire américain, anticipation d’une augmentation des dépenses militaires

En matière militaire, la division des deux branches du pouvoir politique à Washington sur fond de guerre en Iraq va renforcer l’autonomie de décision du pouvoir militaire. Cela est d’autant plus vrai que la haute hiérarchie militaire peut se targuer d’avoir directement contribué à l’échec des Républicains à ces élections de mi-mandat et d’avoir « eu la peau » du Secrétaire d’Etat à la Défense, Donald Rumsfeld. Les déclarations publiques de généraux à la retraite critiquant les décisions sur l’invasion de l’Iraq et les annonces de « mauvaises nouvelles » concernant l’Iraq issues du Pentagone à quelques jours des élections ont fortement contribué à faire douter nombre d’électeurs républicains, voire à les faire voter démocrate afin d’obliger le président Bush à infléchir sa politique en la matière. Là encore, le vote de la mi-Novembre apparaît plus comme un vote sanction de l’équipe au pouvoir à Washington que comme un soutien aux Démocrates élus.

Le résultat de tout cela est que les généraux sont désormais seuls aux commandes pour l’Iraq et en fait pour l’ensemble de la politique de défense des Etats-Unis. Du fait de la division politique entre le Congrès et l’administration présidentielle, ils sont en mesure de neutraliser toute initiative qui leur déplairait ; et à cause de la guerre en Iraq, ils sont intouchables puisque « sur le front ». Enfin, ayant réussi à « casser » un ministre de la défense qui avait essayé de leur imposer sa volonté, ils n’ont rien à craindre de ses successeurs dans les années à venir.

Cette situation implique notamment que les dépenses militaires des Etats-Unis, et leur très fort impact sur le déficit public du pays, ne seront pas réduites de manière significative. L’équipe LEAP/E2020 anticipe même que du fait d’une surenchère « patriotique » entre Démocrates et Républicains, on pourrait assister à une augmentation de l’ensemble des dépenses de sécurité (défense, sécurité intérieure, guerre contre le terrorisme, … ) au détriment bien entendu de l’équilibre budgétaire américain.

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[1] Il est d’ailleurs significatif que WalMart, le géant de la distribution, soit obligé de lancer une vaste opération de baisse des prix à l’orée de la saison des fêtes. Pour les observateurs, cela indique une prise de conscience de l’épuisement du consommateur qui n’a tout simplement plus les moyens d’acheter. Source USA Today, 10/11/2006

[2] Source sondage USA Today/Gallup, 23-25 juin 2006

[3] L’histoire économique de l’Argentine après la Seconde Guerre Mondiale est en effet très instructive au regard de la situation de l’économie américaine aujourd’hui. Pour plus d’information : consulter le wikipedia sur l’histoire économique de l’Argentine.

[4] Source MSNBC, 08/11/2006

[5] Source Polling Report, 6-8/10/2006



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Extrait de GEAB N°9 (15 novembre 2006)
14/03/2007



Conséquences politiques : Vers une aggravation de toutes les faiblesses du leadership US (dirigeants en perte de légitimité, contexte de récession économique, impasse diplomatique en Iraq/Iran/Corée du Nord...)

Le récent vote des électeurs américains, qui ont violemment rejeté la politique conduite depuis six ans, n’est rien d’autre qu’un immense appel au secours [1]. Tout autant que l’Iraq, ce sont les questions économiques et sociales, et le rejet de la corruption à Washington, qui ont déterminé le choix des électeurs [2].

Cette question de la corruption est un indicateur significatif à double titre : . d’une part, il est révélateur d’une société en voie d’appauvrissement rapide, car la corruption ne devient un thème dominant que lorsque la majorité des citoyens ressent l’enrichissement de ses élites comme illégitime, comme se faisant au détriment de son propre bien-être. La corruption n’est pas un thème de société « bien portante ». C’est dans le tiers-monde ou dans les pays en transition économique ou politique qu’on le retrouve prioritaire. Cela tend à confirmer l’analyse de LEAP/E2020 que les Etats-Unis sont bien une puissance en transition, passant du statut de première puissance économique et politique de la planète à autre chose, un autre chose qui sera nettement moins enviable. Par certains aspects, l’évolution à venir des Etats-Unis peut faire penser au chemin suivi par l’Argentine il y a quelques décennies [3], au prix du basculement de la quasi-totalité de sa classe moyenne dans le camp des classes pauvres.

. d’autre part, il dénote une décrédibilisation très forte des classes dirigeantes américaines au-delà même des personnes de G.W. Bush, Dick Cheney ou Donald Rumsfeld. C’est en effet le Congrès qui est également très fortement accusé d’être déconnecté des intérêts des citoyens américains et de servir de relais privilégié aux intérêts privés. Un autre chiffre illustre cette déconnection croissante entre classes dirigeantes US et citoyens américains : la participation à l’élection de Novembre 2006 n’a été que de 40% (à peine plus qu’aux élections mi-mandat de 2002) [4] alors que la polarisation de l’électorat et l’enjeu de la guerre en Iraq étaient censés mobiliser largement les électeurs. Cela signifie que désormais 60% des citoyens américains ne se sentent plus représentés, concernés ou incarnés par les deux grands partis en présence, même quand les enjeux sont forts et clairs. Tout autant que les 40% de votants qui ont placé la corruption en tête de leurs priorités électorales [5], ces 60% de non-votants témoignent de l’affaiblissement croissant des élites washingtoniennes en terme de crédibilité et de légitimité politique. On trouve d’ailleurs ici un parallèle saisissant avec une problématique identique au sein de l’Union européenne.

Cette situation politique va peser de manière déterminante sur l’évolution de la crise affectant les Etats-Unis car elle prouve que la récente victoire des démocrates au Congrès ne fera qu’aggraver l’impuissance de Washington à résoudre les problèmes du pays puisqu’ils ne bénéficient d’aucun mandat clair ni d’aucune légitimité électorale forte, alors qu’ils sanctionnent un affaiblissement radical de la capacité décisionnelle du pouvoir politique américain. Avec seulement vingt-deux mois de pouvoir effectif au Congrès (puisque les Démocrates ne prendront leurs fonctions au Congrès qu’en Janvier 2007 et que les prochaines élections auront lieu en Novembre 2008), les Démocrates vont devoir « gérer les affaires courantes » dans le cadre d’une « guérilla » quotidienne avec l’exécutif républicain, avec en ligne de mire l’élection présidentielle de 2008 (rendant impossible toute mesure drastique nécessairement impopulaire), sur fond de récession économique, de chute du Dollar et d’impasse diplomatique et militaire en Iraq, sur l’Iran et avec la Corée du Nord.

Pour l’équipe LEAP/E2020, et contrairement à ce qu’on peut lire dans de nombreux médias depuis une semaine, il est donc certain que les deux années à venir vont voir une aggravation de toutes les faiblesses actuelles des Etats-Unis, et donc une accélération de l’effondrement de l’ordre mondial né après 1945, en particulier de sa composante dite « occidentale » qui résultait de deux causes fondamentales : une communauté de valeurs et une zone de co-prospérité entre les Etats-Unis et l’Europe. A partir du moment où l’existence d’une communauté de valeurs a été profondément remise en cause ces six dernières années (et ça n’est pas l’adhésion répétée de la nouvelle majorité démocrate au concept de « guerre contre la terreur » qui va inverser cette tendance) et où, loin de propager la prospérité, les Etats-Unis deviennent un vecteur d’appauvrissement ou d’instabilité, l’ « Occident » redevient ce qu’il était avant 1945, à savoir les Etats-Unis d’une part et l’Europe d’autre part.

On va d’ailleurs pouvoir le constater au prochain sommet de l’OTAN à Riga, où comme anticipé dès Avril 2006 dans le GEAB N°4 par LEAP/E2020, l’Alliance sous impulsion américaine va s’élargir à une échelle globale. Elle perdra ainsi sa spécificité euro-américaine et renforcera la tendance croissante des Européens à s’organiser entre eux, orientant à l’horizon d’une décennie la relation transatlantique en matière de sécurité et de défense à un dialogue UE/USA, où les Etats membres de l’UE auront abandonné la dimension bilatérale avec les Etats-Unis au profit du niveau commun européen. Et Riga illustrera le fait qu’une une majorité démocrate ou républicaine n’affectera en rien cette évolution.

Conséquences militaires : Renforcement de l’autonomie de décision du pouvoir militaire américain, anticipation d’une augmentation des dépenses militaires

En matière militaire, la division des deux branches du pouvoir politique à Washington sur fond de guerre en Iraq va renforcer l’autonomie de décision du pouvoir militaire. Cela est d’autant plus vrai que la haute hiérarchie militaire peut se targuer d’avoir directement contribué à l’échec des Républicains à ces élections de mi-mandat et d’avoir « eu la peau » du Secrétaire d’Etat à la Défense, Donald Rumsfeld. Les déclarations publiques de généraux à la retraite critiquant les décisions sur l’invasion de l’Iraq et les annonces de « mauvaises nouvelles » concernant l’Iraq issues du Pentagone à quelques jours des élections ont fortement contribué à faire douter nombre d’électeurs républicains, voire à les faire voter démocrate afin d’obliger le président Bush à infléchir sa politique en la matière. Là encore, le vote de la mi-Novembre apparaît plus comme un vote sanction de l’équipe au pouvoir à Washington que comme un soutien aux Démocrates élus.

Le résultat de tout cela est que les généraux sont désormais seuls aux commandes pour l’Iraq et en fait pour l’ensemble de la politique de défense des Etats-Unis. Du fait de la division politique entre le Congrès et l’administration présidentielle, ils sont en mesure de neutraliser toute initiative qui leur déplairait ; et à cause de la guerre en Iraq, ils sont intouchables puisque « sur le front ». Enfin, ayant réussi à « casser » un ministre de la défense qui avait essayé de leur imposer sa volonté, ils n’ont rien à craindre de ses successeurs dans les années à venir.

Cette situation implique notamment que les dépenses militaires des Etats-Unis, et leur très fort impact sur le déficit public du pays, ne seront pas réduites de manière significative. L’équipe LEAP/E2020 anticipe même que du fait d’une surenchère « patriotique » entre Démocrates et Républicains, on pourrait assister à une augmentation de l’ensemble des dépenses de sécurité (défense, sécurité intérieure, guerre contre le terrorisme, … ) au détriment bien entendu de l’équilibre budgétaire américain.

GlobalEurope Anticipation Bulletin (sur abonnement)


[1] Il est d’ailleurs significatif que WalMart, le géant de la distribution, soit obligé de lancer une vaste opération de baisse des prix à l’orée de la saison des fêtes. Pour les observateurs, cela indique une prise de conscience de l’épuisement du consommateur qui n’a tout simplement plus les moyens d’acheter. Source USA Today, 10/11/2006

[2] Source sondage USA Today/Gallup, 23-25 juin 2006

[3] L’histoire économique de l’Argentine après la Seconde Guerre Mondiale est en effet très instructive au regard de la situation de l’économie américaine aujourd’hui. Pour plus d’information : consulter le wikipedia sur l’histoire économique de l’Argentine.

[4] Source MSNBC, 08/11/2006

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Conséquences politiques : Vers une aggravation de toutes les faiblesses du leadership US (dirigeants en perte de légitimité, contexte de récession économique, impasse diplomatique en Iraq/Iran/Corée du Nord...)

Le récent vote des électeurs américains, qui ont violemment rejeté la politique conduite depuis six ans, n’est rien d’autre qu’un immense appel au secours [1]. Tout autant que l’Iraq, ce sont les questions économiques et sociales, et le rejet de la corruption à Washington, qui ont déterminé le choix des électeurs [2].

Cette question de la corruption est un indicateur significatif à double titre : . d’une part, il est révélateur d’une société en voie d’appauvrissement rapide, car la corruption ne devient un thème dominant que lorsque la majorité des citoyens ressent l’enrichissement de ses élites comme illégitime, comme se faisant au détriment de son propre bien-être. La corruption n’est pas un thème de société « bien portante ». C’est dans le tiers-monde ou dans les pays en transition économique ou politique qu’on le retrouve prioritaire. Cela tend à confirmer l’analyse de LEAP/E2020 que les Etats-Unis sont bien une puissance en transition, passant du statut de première puissance économique et politique de la planète à autre chose, un autre chose qui sera nettement moins enviable. Par certains aspects, l’évolution à venir des Etats-Unis peut faire penser au chemin suivi par l’Argentine il y a quelques décennies [3], au prix du basculement de la quasi-totalité de sa classe moyenne dans le camp des classes pauvres.

. d’autre part, il dénote une décrédibilisation très forte des classes dirigeantes américaines au-delà même des personnes de G.W. Bush, Dick Cheney ou Donald Rumsfeld. C’est en effet le Congrès qui est également très fortement accusé d’être déconnecté des intérêts des citoyens américains et de servir de relais privilégié aux intérêts privés. Un autre chiffre illustre cette déconnection croissante entre classes dirigeantes US et citoyens américains : la participation à l’élection de Novembre 2006 n’a été que de 40% (à peine plus qu’aux élections mi-mandat de 2002) [4] alors que la polarisation de l’électorat et l’enjeu de la guerre en Iraq étaient censés mobiliser largement les électeurs. Cela signifie que désormais 60% des citoyens américains ne se sentent plus représentés, concernés ou incarnés par les deux grands partis en présence, même quand les enjeux sont forts et clairs. Tout autant que les 40% de votants qui ont placé la corruption en tête de leurs priorités électorales [5], ces 60% de non-votants témoignent de l’affaiblissement croissant des élites washingtoniennes en terme de crédibilité et de légitimité politique. On trouve d’ailleurs ici un parallèle saisissant avec une problématique identique au sein de l’Union européenne.

Cette situation politique va peser de manière déterminante sur l’évolution de la crise affectant les Etats-Unis car elle prouve que la récente victoire des démocrates au Congrès ne fera qu’aggraver l’impuissance de Washington à résoudre les problèmes du pays puisqu’ils ne bénéficient d’aucun mandat clair ni d’aucune légitimité électorale forte, alors qu’ils sanctionnent un affaiblissement radical de la capacité décisionnelle du pouvoir politique américain. Avec seulement vingt-deux mois de pouvoir effectif au Congrès (puisque les Démocrates ne prendront leurs fonctions au Congrès qu’en Janvier 2007 et que les prochaines élections auront lieu en Novembre 2008), les Démocrates vont devoir « gérer les affaires courantes » dans le cadre d’une « guérilla » quotidienne avec l’exécutif républicain, avec en ligne de mire l’élection présidentielle de 2008 (rendant impossible toute mesure drastique nécessairement impopulaire), sur fond de récession économique, de chute du Dollar et d’impasse diplomatique et militaire en Iraq, sur l’Iran et avec la Corée du Nord.

Pour l’équipe LEAP/E2020, et contrairement à ce qu’on peut lire dans de nombreux médias depuis une semaine, il est donc certain que les deux années à venir vont voir une aggravation de toutes les faiblesses actuelles des Etats-Unis, et donc une accélération de l’effondrement de l’ordre mondial né après 1945, en particulier de sa composante dite « occidentale » qui résultait de deux causes fondamentales : une communauté de valeurs et une zone de co-prospérité entre les Etats-Unis et l’Europe. A partir du moment où l’existence d’une communauté de valeurs a été profondément remise en cause ces six dernières années (et ça n’est pas l’adhésion répétée de la nouvelle majorité démocrate au concept de « guerre contre la terreur » qui va inverser cette tendance) et où, loin de propager la prospérité, les Etats-Unis deviennent un vecteur d’appauvrissement ou d’instabilité, l’ « Occident » redevient ce qu’il était avant 1945, à savoir les Etats-Unis d’une part et l’Europe d’autre part.

On va d’ailleurs pouvoir le constater au prochain sommet de l’OTAN à Riga, où comme anticipé dès Avril 2006 dans le GEAB N°4 par LEAP/E2020, l’Alliance sous impulsion américaine va s’élargir à une échelle globale. Elle perdra ainsi sa spécificité euro-américaine et renforcera la tendance croissante des Européens à s’organiser entre eux, orientant à l’horizon d’une décennie la relation transatlantique en matière de sécurité et de défense à un dialogue UE/USA, où les Etats membres de l’UE auront abandonné la dimension bilatérale avec les Etats-Unis au profit du niveau commun européen. Et Riga illustrera le fait qu’une une majorité démocrate ou républicaine n’affectera en rien cette évolution.

Conséquences militaires : Renforcement de l’autonomie de décision du pouvoir militaire américain, anticipation d’une augmentation des dépenses militaires

En matière militaire, la division des deux branches du pouvoir politique à Washington sur fond de guerre en Iraq va renforcer l’autonomie de décision du pouvoir militaire. Cela est d’autant plus vrai que la haute hiérarchie militaire peut se targuer d’avoir directement contribué à l’échec des Républicains à ces élections de mi-mandat et d’avoir « eu la peau » du Secrétaire d’Etat à la Défense, Donald Rumsfeld. Les déclarations publiques de généraux à la retraite critiquant les décisions sur l’invasion de l’Iraq et les annonces de « mauvaises nouvelles » concernant l’Iraq issues du Pentagone à quelques jours des élections ont fortement contribué à faire douter nombre d’électeurs républicains, voire à les faire voter démocrate afin d’obliger le président Bush à infléchir sa politique en la matière. Là encore, le vote de la mi-Novembre apparaît plus comme un vote sanction de l’équipe au pouvoir à Washington que comme un soutien aux Démocrates élus.

Le résultat de tout cela est que les généraux sont désormais seuls aux commandes pour l’Iraq et en fait pour l’ensemble de la politique de défense des Etats-Unis. Du fait de la division politique entre le Congrès et l’administration présidentielle, ils sont en mesure de neutraliser toute initiative qui leur déplairait ; et à cause de la guerre en Iraq, ils sont intouchables puisque « sur le front ». Enfin, ayant réussi à « casser » un ministre de la défense qui avait essayé de leur imposer sa volonté, ils n’ont rien à craindre de ses successeurs dans les années à venir.

Cette situation implique notamment que les dépenses militaires des Etats-Unis, et leur très fort impact sur le déficit public du pays, ne seront pas réduites de manière significative. L’équipe LEAP/E2020 anticipe même que du fait d’une surenchère « patriotique » entre Démocrates et Républicains, on pourrait assister à une augmentation de l’ensemble des dépenses de sécurité (défense, sécurité intérieure, guerre contre le terrorisme, … ) au détriment bien entendu de l’équilibre budgétaire américain.

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[1] Il est d’ailleurs significatif que WalMart, le géant de la distribution, soit obligé de lancer une vaste opération de baisse des prix à l’orée de la saison des fêtes. Pour les observateurs, cela indique une prise de conscience de l’épuisement du consommateur qui n’a tout simplement plus les moyens d’acheter. Source USA Today, 10/11/2006

[2] Source sondage USA Today/Gallup, 23-25 juin 2006

[3] L’histoire économique de l’Argentine après la Seconde Guerre Mondiale est en effet très instructive au regard de la situation de l’économie américaine aujourd’hui. Pour plus d’information : consulter le wikipedia sur l’histoire économique de l’Argentine.

[4] Source MSNBC, 08/11/2006

[5] Source Polling Report, 6-8/10/2006



© Copyright Europe 2020 - Contact Email : centre@europe2020.org - Site réalisé sous Spip
Extrait de GEAB N°9 (15 novembre 2006)
14/03/2007



Conséquences politiques : Vers une aggravation de toutes les faiblesses du leadership US (dirigeants en perte de légitimité, contexte de récession économique, impasse diplomatique en Iraq/Iran/Corée du Nord...)

Le récent vote des électeurs américains, qui ont violemment rejeté la politique conduite depuis six ans, n’est rien d’autre qu’un immense appel au secours [1]. Tout autant que l’Iraq, ce sont les questions économiques et sociales, et le rejet de la corruption à Washington, qui ont déterminé le choix des électeurs [2].

Cette question de la corruption est un indicateur significatif à double titre : . d’une part, il est révélateur d’une société en voie d’appauvrissement rapide, car la corruption ne devient un thème dominant que lorsque la majorité des citoyens ressent l’enrichissement de ses élites comme illégitime, comme se faisant au détriment de son propre bien-être. La corruption n’est pas un thème de société « bien portante ». C’est dans le tiers-monde ou dans les pays en transition économique ou politique qu’on le retrouve prioritaire. Cela tend à confirmer l’analyse de LEAP/E2020 que les Etats-Unis sont bien une puissance en transition, passant du statut de première puissance économique et politique de la planète à autre chose, un autre chose qui sera nettement moins enviable. Par certains aspects, l’évolution à venir des Etats-Unis peut faire penser au chemin suivi par l’Argentine il y a quelques décennies [3], au prix du basculement de la quasi-totalité de sa classe moyenne dans le camp des classes pauvres.

. d’autre part, il dénote une décrédibilisation très forte des classes dirigeantes américaines au-delà même des personnes de G.W. Bush, Dick Cheney ou Donald Rumsfeld. C’est en effet le Congrès qui est également très fortement accusé d’être déconnecté des intérêts des citoyens américains et de servir de relais privilégié aux intérêts privés. Un autre chiffre illustre cette déconnection croissante entre classes dirigeantes US et citoyens américains : la participation à l’élection de Novembre 2006 n’a été que de 40% (à peine plus qu’aux élections mi-mandat de 2002) [4] alors que la polarisation de l’électorat et l’enjeu de la guerre en Iraq étaient censés mobiliser largement les électeurs. Cela signifie que désormais 60% des citoyens américains ne se sentent plus représentés, concernés ou incarnés par les deux grands partis en présence, même quand les enjeux sont forts et clairs. Tout autant que les 40% de votants qui ont placé la corruption en tête de leurs priorités électorales [5], ces 60% de non-votants témoignent de l’affaiblissement croissant des élites washingtoniennes en terme de crédibilité et de légitimité politique. On trouve d’ailleurs ici un parallèle saisissant avec une problématique identique au sein de l’Union européenne.

Cette situation politique va peser de manière déterminante sur l’évolution de la crise affectant les Etats-Unis car elle prouve que la récente victoire des démocrates au Congrès ne fera qu’aggraver l’impuissance de Washington à résoudre les problèmes du pays puisqu’ils ne bénéficient d’aucun mandat clair ni d’aucune légitimité électorale forte, alors qu’ils sanctionnent un affaiblissement radical de la capacité décisionnelle du pouvoir politique américain. Avec seulement vingt-deux mois de pouvoir effectif au Congrès (puisque les Démocrates ne prendront leurs fonctions au Congrès qu’en Janvier 2007 et que les prochaines élections auront lieu en Novembre 2008), les Démocrates vont devoir « gérer les affaires courantes » dans le cadre d’une « guérilla » quotidienne avec l’exécutif républicain, avec en ligne de mire l’élection présidentielle de 2008 (rendant impossible toute mesure drastique nécessairement impopulaire), sur fond de récession économique, de chute du Dollar et d’impasse diplomatique et militaire en Iraq, sur l’Iran et avec la Corée du Nord.

Pour l’équipe LEAP/E2020, et contrairement à ce qu’on peut lire dans de nombreux médias depuis une semaine, il est donc certain que les deux années à venir vont voir une aggravation de toutes les faiblesses actuelles des Etats-Unis, et donc une accélération de l’effondrement de l’ordre mondial né après 1945, en particulier de sa composante dite « occidentale » qui résultait de deux causes fondamentales : une communauté de valeurs et une zone de co-prospérité entre les Etats-Unis et l’Europe. A partir du moment où l’existence d’une communauté de valeurs a été profondément remise en cause ces six dernières années (et ça n’est pas l’adhésion répétée de la nouvelle majorité démocrate au concept de « guerre contre la terreur » qui va inverser cette tendance) et où, loin de propager la prospérité, les Etats-Unis deviennent un vecteur d’appauvrissement ou d’instabilité, l’ « Occident » redevient ce qu’il était avant 1945, à savoir les Etats-Unis d’une part et l’Europe d’autre part.

On va d’ailleurs pouvoir le constater au prochain sommet de l’OTAN à Riga, où comme anticipé dès Avril 2006 dans le GEAB N°4 par LEAP/E2020, l’Alliance sous impulsion américaine va s’élargir à une échelle globale. Elle perdra ainsi sa spécificité euro-américaine et renforcera la tendance croissante des Européens à s’organiser entre eux, orientant à l’horizon d’une décennie la relation transatlantique en matière de sécurité et de défense à un dialogue UE/USA, où les Etats membres de l’UE auront abandonné la dimension bilatérale avec les Etats-Unis au profit du niveau commun européen. Et Riga illustrera le fait qu’une une majorité démocrate ou républicaine n’affectera en rien cette évolution.

Conséquences militaires : Renforcement de l’autonomie de décision du pouvoir militaire américain, anticipation d’une augmentation des dépenses militaires

En matière militaire, la division des deux branches du pouvoir politique à Washington sur fond de guerre en Iraq va renforcer l’autonomie de décision du pouvoir militaire. Cela est d’autant plus vrai que la haute hiérarchie militaire peut se targuer d’avoir directement contribué à l’échec des Républicains à ces élections de mi-mandat et d’avoir « eu la peau » du Secrétaire d’Etat à la Défense, Donald Rumsfeld. Les déclarations publiques de généraux à la retraite critiquant les décisions sur l’invasion de l’Iraq et les annonces de « mauvaises nouvelles » concernant l’Iraq issues du Pentagone à quelques jours des élections ont fortement contribué à faire douter nombre d’électeurs républicains, voire à les faire voter démocrate afin d’obliger le président Bush à infléchir sa politique en la matière. Là encore, le vote de la mi-Novembre apparaît plus comme un vote sanction de l’équipe au pouvoir à Washington que comme un soutien aux Démocrates élus.

Le résultat de tout cela est que les généraux sont désormais seuls aux commandes pour l’Iraq et en fait pour l’ensemble de la politique de défense des Etats-Unis. Du fait de la division politique entre le Congrès et l’administration présidentielle, ils sont en mesure de neutraliser toute initiative qui leur déplairait ; et à cause de la guerre en Iraq, ils sont intouchables puisque « sur le front ». Enfin, ayant réussi à « casser » un ministre de la défense qui avait essayé de leur imposer sa volonté, ils n’ont rien à craindre de ses successeurs dans les années à venir.

Cette situation implique notamment que les dépenses militaires des Etats-Unis, et leur très fort impact sur le déficit public du pays, ne seront pas réduites de manière significative. L’équipe LEAP/E2020 anticipe même que du fait d’une surenchère « patriotique » entre Démocrates et Républicains, on pourrait assister à une augmentation de l’ensemble des dépenses de sécurité (défense, sécurité intérieure, guerre contre le terrorisme, … ) au détriment bien entendu de l’équilibre budgétaire américain.

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[1] Il est d’ailleurs significatif que WalMart, le géant de la distribution, soit obligé de lancer une vaste opération de baisse des prix à l’orée de la saison des fêtes. Pour les observateurs, cela indique une prise de conscience de l’épuisement du consommateur qui n’a tout simplement plus les moyens d’acheter. Source USA Today, 10/11/2006

[2] Source sondage USA Today/Gallup, 23-25 juin 2006

[3] L’histoire économique de l’Argentine après la Seconde Guerre Mondiale est en effet très instructive au regard de la situation de l’économie américaine aujourd’hui. Pour plus d’information : consulter le wikipedia sur l’histoire économique de l’Argentine.

[4] Source MSNBC, 08/11/2006

[5] Source Polling Report, 6-8/10/2006



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Extrait de GEAB N°9 (15 novembre 2006)
14/03/2007


Conséquences politiques : Vers une aggravation de toutes les faiblesses du leadership US (dirigeants en perte de légitimité, contexte de récession économique, impasse diplomatique en Iraq/Iran/Corée du Nord...)

Le récent vote des électeurs américains, qui ont violemment rejeté la politique conduite depuis six ans, n’est rien d’autre qu’un immense appel au secours [1]. Tout autant que l’Iraq, ce sont les questions économiques et sociales, et le rejet de la corruption à Washington, qui ont déterminé le choix des électeurs [2].

Cette question de la corruption est un indicateur significatif à double titre : . d’une part, il est révélateur d’une société en voie d’appauvrissement rapide, car la corruption ne devient un thème dominant que lorsque la majorité des citoyens ressent l’enrichissement de ses élites comme illégitime, comme se faisant au détriment de son propre bien-être. La corruption n’est pas un thème de société « bien portante ». C’est dans le tiers-monde ou dans les pays en transition économique ou politique qu’on le retrouve prioritaire. Cela tend à confirmer l’analyse de LEAP/E2020 que les Etats-Unis sont bien une puissance en transition, passant du statut de première puissance économique et politique de la planète à autre chose, un autre chose qui sera nettement moins enviable. Par certains aspects, l’évolution à venir des Etats-Unis peut faire penser au chemin suivi par l’Argentine il y a quelques décennies [3], au prix du basculement de la quasi-totalité de sa classe moyenne dans le camp des classes pauvres.

. d’autre part, il dénote une décrédibilisation très forte des classes dirigeantes américaines au-delà même des personnes de G.W. Bush, Dick Cheney ou Donald Rumsfeld. C’est en effet le Congrès qui est également très fortement accusé d’être déconnecté des intérêts des citoyens américains et de servir de relais privilégié aux intérêts privés. Un autre chiffre illustre cette déconnection croissante entre classes dirigeantes US et citoyens américains : la participation à l’élection de Novembre 2006 n’a été que de 40% (à peine plus qu’aux élections mi-mandat de 2002) [4] alors que la polarisation de l’électorat et l’enjeu de la guerre en Iraq étaient censés mobiliser largement les électeurs. Cela signifie que désormais 60% des citoyens américains ne se sentent plus représentés, concernés ou incarnés par les deux grands partis en présence, même quand les enjeux sont forts et clairs. Tout autant que les 40% de votants qui ont placé la corruption en tête de leurs priorités électorales [5], ces 60% de non-votants témoignent de l’affaiblissement croissant des élites washingtoniennes en terme de crédibilité et de légitimité politique. On trouve d’ailleurs ici un parallèle saisissant avec une problématique identique au sein de l’Union européenne.

Cette situation politique va peser de manière déterminante sur l’évolution de la crise affectant les Etats-Unis car elle prouve que la récente victoire des démocrates au Congrès ne fera qu’aggraver l’impuissance de Washington à résoudre les problèmes du pays puisqu’ils ne bénéficient d’aucun mandat clair ni d’aucune légitimité électorale forte, alors qu’ils sanctionnent un affaiblissement radical de la capacité décisionnelle du pouvoir politique américain. Avec seulement vingt-deux mois de pouvoir effectif au Congrès (puisque les Démocrates ne prendront leurs fonctions au Congrès qu’en Janvier 2007 et que les prochaines élections auront lieu en Novembre 2008), les Démocrates vont devoir « gérer les affaires courantes » dans le cadre d’une « guérilla » quotidienne avec l’exécutif républicain, avec en ligne de mire l’élection présidentielle de 2008 (rendant impossible toute mesure drastique nécessairement impopulaire), sur fond de récession économique, de chute du Dollar et d’impasse diplomatique et militaire en Iraq, sur l’Iran et avec la Corée du Nord.

Pour l’équipe LEAP/E2020, et contrairement à ce qu’on peut lire dans de nombreux médias depuis une semaine, il est donc certain que les deux années à venir vont voir une aggravation de toutes les faiblesses actuelles des Etats-Unis, et donc une accélération de l’effondrement de l’ordre mondial né après 1945, en particulier de sa composante dite « occidentale » qui résultait de deux causes fondamentales : une communauté de valeurs et une zone de co-prospérité entre les Etats-Unis et l’Europe. A partir du moment où l’existence d’une communauté de valeurs a été profondément remise en cause ces six dernières années (et ça n’est pas l’adhésion répétée de la nouvelle majorité démocrate au concept de « guerre contre la terreur » qui va inverser cette tendance) et où, loin de propager la prospérité, les Etats-Unis deviennent un vecteur d’appauvrissement ou d’instabilité, l’ « Occident » redevient ce qu’il était avant 1945, à savoir les Etats-Unis d’une part et l’Europe d’autre part.

On va d’ailleurs pouvoir le constater au prochain sommet de l’OTAN à Riga, où comme anticipé dès Avril 2006 dans le GEAB N°4 par LEAP/E2020, l’Alliance sous impulsion américaine va s’élargir à une échelle globale. Elle perdra ainsi sa spécificité euro-américaine et renforcera la tendance croissante des Européens à s’organiser entre eux, orientant à l’horizon d’une décennie la relation transatlantique en matière de sécurité et de défense à un dialogue UE/USA, où les Etats membres de l’UE auront abandonné la dimension bilatérale avec les Etats-Unis au profit du niveau commun européen. Et Riga illustrera le fait qu’une une majorité démocrate ou républicaine n’affectera en rien cette évolution.

Conséquences militaires : Renforcement de l’autonomie de décision du pouvoir militaire américain, anticipation d’une augmentation des dépenses militaires

En matière militaire, la division des deux branches du pouvoir politique à Washington sur fond de guerre en Iraq va renforcer l’autonomie de décision du pouvoir militaire. Cela est d’autant plus vrai que la haute hiérarchie militaire peut se targuer d’avoir directement contribué à l’échec des Républicains à ces élections de mi-mandat et d’avoir « eu la peau » du Secrétaire d’Etat à la Défense, Donald Rumsfeld. Les déclarations publiques de généraux à la retraite critiquant les décisions sur l’invasion de l’Iraq et les annonces de « mauvaises nouvelles » concernant l’Iraq issues du Pentagone à quelques jours des élections ont fortement contribué à faire douter nombre d’électeurs républicains, voire à les faire voter démocrate afin d’obliger le président Bush à infléchir sa politique en la matière. Là encore, le vote de la mi-Novembre apparaît plus comme un vote sanction de l’équipe au pouvoir à Washington que comme un soutien aux Démocrates élus.

Le résultat de tout cela est que les généraux sont désormais seuls aux commandes pour l’Iraq et en fait pour l’ensemble de la politique de défense des Etats-Unis. Du fait de la division politique entre le Congrès et l’administration présidentielle, ils sont en mesure de neutraliser toute initiative qui leur déplairait ; et à cause de la guerre en Iraq, ils sont intouchables puisque « sur le front ». Enfin, ayant réussi à « casser » un ministre de la défense qui avait essayé de leur imposer sa volonté, ils n’ont rien à craindre de ses successeurs dans les années à venir.

Cette situation implique notamment que les dépenses militaires des Etats-Unis, et leur très fort impact sur le déficit public du pays, ne seront pas réduites de manière significative. L’équipe LEAP/E2020 anticipe même que du fait d’une surenchère « patriotique » entre Démocrates et Républicains, on pourrait assister à une augmentation de l’ensemble des dépenses de sécurité (défense, sécurité intérieure, guerre contre le terrorisme, … ) au détriment bien entendu de l’équilibre budgétaire américain.

GlobalEurope Anticipation Bulletin (sur abonnement)


[1] Il est d’ailleurs significatif que WalMart, le géant de la distribution, soit obligé de lancer une vaste opération de baisse des prix à l’orée de la saison des fêtes. Pour les observateurs, cela indique une prise de conscience de l’épuisement du consommateur qui n’a tout simplement plus les moyens d’acheter. Source USA Today, 10/11/2006

[2] Source sondage USA Today/Gallup, 23-25 juin 2006

[3] L’histoire économique de l’Argentine après la Seconde Guerre Mondiale est en effet très instructive au regard de la situation de l’économie américaine aujourd’hui. Pour plus d’information : consulter le wikipedia sur l’histoire économique de l’Argentine.

[4] Source MSNBC, 08/11/2006

[5] Source Polling Report, 6-8/10/2006



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Extrait de GEAB N°9 (15 novembre 2006)
14/03/2007


Conséquences politiques : Vers une aggravation de toutes les faiblesses du leadership US (dirigeants en perte de légitimité, contexte de récession économique, impasse diplomatique en Iraq/Iran/Corée du Nord...)

Le récent vote des électeurs américains, qui ont violemment rejeté la politique conduite depuis six ans, n’est rien d’autre qu’un immense appel au secours [1]. Tout autant que l’Iraq, ce sont les questions économiques et sociales, et le rejet de la corruption à Washington, qui ont déterminé le choix des électeurs [2].

Cette question de la corruption est un indicateur significatif à double titre : . d’une part, il est révélateur d’une société en voie d’appauvrissement rapide, car la corruption ne devient un thème dominant que lorsque la majorité des citoyens ressent l’enrichissement de ses élites comme illégitime, comme se faisant au détriment de son propre bien-être. La corruption n’est pas un thème de société « bien portante ». C’est dans le tiers-monde ou dans les pays en transition économique ou politique qu’on le retrouve prioritaire. Cela tend à confirmer l’analyse de LEAP/E2020 que les Etats-Unis sont bien une puissance en transition, passant du statut de première puissance économique et politique de la planète à autre chose, un autre chose qui sera nettement moins enviable. Par certains aspects, l’évolution à venir des Etats-Unis peut faire penser au chemin suivi par l’Argentine il y a quelques décennies [3], au prix du basculement de la quasi-totalité de sa classe moyenne dans le camp des classes pauvres.

. d’autre part, il dénote une décrédibilisation très forte des classes dirigeantes américaines au-delà même des personnes de G.W. Bush, Dick Cheney ou Donald Rumsfeld. C’est en effet le Congrès qui est également très fortement accusé d’être déconnecté des intérêts des citoyens américains et de servir de relais privilégié aux intérêts privés. Un autre chiffre illustre cette déconnection croissante entre classes dirigeantes US et citoyens américains : la participation à l’élection de Novembre 2006 n’a été que de 40% (à peine plus qu’aux élections mi-mandat de 2002) [4] alors que la polarisation de l’électorat et l’enjeu de la guerre en Iraq étaient censés mobiliser largement les électeurs. Cela signifie que désormais 60% des citoyens américains ne se sentent plus représentés, concernés ou incarnés par les deux grands partis en présence, même quand les enjeux sont forts et clairs. Tout autant que les 40% de votants qui ont placé la corruption en tête de leurs priorités électorales [5], ces 60% de non-votants témoignent de l’affaiblissement croissant des élites washingtoniennes en terme de crédibilité et de légitimité politique. On trouve d’ailleurs ici un parallèle saisissant avec une problématique identique au sein de l’Union européenne.

Cette situation politique va peser de manière déterminante sur l’évolution de la crise affectant les Etats-Unis car elle prouve que la récente victoire des démocrates au Congrès ne fera qu’aggraver l’impuissance de Washington à résoudre les problèmes du pays puisqu’ils ne bénéficient d’aucun mandat clair ni d’aucune légitimité électorale forte, alors qu’ils sanctionnent un affaiblissement radical de la capacité décisionnelle du pouvoir politique américain. Avec seulement vingt-deux mois de pouvoir effectif au Congrès (puisque les Démocrates ne prendront leurs fonctions au Congrès qu’en Janvier 2007 et que les prochaines élections auront lieu en Novembre 2008), les Démocrates vont devoir « gérer les affaires courantes » dans le cadre d’une « guérilla » quotidienne avec l’exécutif républicain, avec en ligne de mire l’élection présidentielle de 2008 (rendant impossible toute mesure drastique nécessairement impopulaire), sur fond de récession économique, de chute du Dollar et d’impasse diplomatique et militaire en Iraq, sur l’Iran et avec la Corée du Nord.

Pour l’équipe LEAP/E2020, et contrairement à ce qu’on peut lire dans de nombreux médias depuis une semaine, il est donc certain que les deux années à venir vont voir une aggravation de toutes les faiblesses actuelles des Etats-Unis, et donc une accélération de l’effondrement de l’ordre mondial né après 1945, en particulier de sa composante dite « occidentale » qui résultait de deux causes fondamentales : une communauté de valeurs et une zone de co-prospérité entre les Etats-Unis et l’Europe. A partir du moment où l’existence d’une communauté de valeurs a été profondément remise en cause ces six dernières années (et ça n’est pas l’adhésion répétée de la nouvelle majorité démocrate au concept de « guerre contre la terreur » qui va inverser cette tendance) et où, loin de propager la prospérité, les Etats-Unis deviennent un vecteur d’appauvrissement ou d’instabilité, l’ « Occident » redevient ce qu’il était avant 1945, à savoir les Etats-Unis d’une part et l’Europe d’autre part.

On va d’ailleurs pouvoir le constater au prochain sommet de l’OTAN à Riga, où comme anticipé dès Avril 2006 dans le GEAB N°4 par LEAP/E2020, l’Alliance sous impulsion américaine va s’élargir à une échelle globale. Elle perdra ainsi sa spécificité euro-américaine et renforcera la tendance croissante des Européens à s’organiser entre eux, orientant à l’horizon d’une décennie la relation transatlantique en matière de sécurité et de défense à un dialogue UE/USA, où les Etats membres de l’UE auront abandonné la dimension bilatérale avec les Etats-Unis au profit du niveau commun européen. Et Riga illustrera le fait qu’une une majorité démocrate ou républicaine n’affectera en rien cette évolution.

Conséquences militaires : Renforcement de l’autonomie de décision du pouvoir militaire américain, anticipation d’une augmentation des dépenses militaires

En matière militaire, la division des deux branches du pouvoir politique à Washington sur fond de guerre en Iraq va renforcer l’autonomie de décision du pouvoir militaire. Cela est d’autant plus vrai que la haute hiérarchie militaire peut se targuer d’avoir directement contribué à l’échec des Républicains à ces élections de mi-mandat et d’avoir « eu la peau » du Secrétaire d’Etat à la Défense, Donald Rumsfeld. Les déclarations publiques de généraux à la retraite critiquant les décisions sur l’invasion de l’Iraq et les annonces de « mauvaises nouvelles » concernant l’Iraq issues du Pentagone à quelques jours des élections ont fortement contribué à faire douter nombre d’électeurs républicains, voire à les faire voter démocrate afin d’obliger le président Bush à infléchir sa politique en la matière. Là encore, le vote de la mi-Novembre apparaît plus comme un vote sanction de l’équipe au pouvoir à Washington que comme un soutien aux Démocrates élus.

Le résultat de tout cela est que les généraux sont désormais seuls aux commandes pour l’Iraq et en fait pour l’ensemble de la politique de défense des Etats-Unis. Du fait de la division politique entre le Congrès et l’administration présidentielle, ils sont en mesure de neutraliser toute initiative qui leur déplairait ; et à cause de la guerre en Iraq, ils sont intouchables puisque « sur le front ». Enfin, ayant réussi à « casser » un ministre de la défense qui avait essayé de leur imposer sa volonté, ils n’ont rien à craindre de ses successeurs dans les années à venir.

Cette situation implique notamment que les dépenses militaires des Etats-Unis, et leur très fort impact sur le déficit public du pays, ne seront pas réduites de manière significative. L’équipe LEAP/E2020 anticipe même que du fait d’une surenchère « patriotique » entre Démocrates et Républicains, on pourrait assister à une augmentation de l’ensemble des dépenses de sécurité (défense, sécurité intérieure, guerre contre le terrorisme, … ) au détriment bien entendu de l’équilibre budgétaire américain.

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[1] Il est d’ailleurs significatif que WalMart, le géant de la distribution, soit obligé de lancer une vaste opération de baisse des prix à l’orée de la saison des fêtes. Pour les observateurs, cela indique une prise de conscience de l’épuisement du consommateur qui n’a tout simplement plus les moyens d’acheter. Source USA Today, 10/11/2006

[2] Source sondage USA Today/Gallup, 23-25 juin 2006

[3] L’histoire économique de l’Argentine après la Seconde Guerre Mondiale est en effet très instructive au regard de la situation de l’économie américaine aujourd’hui. Pour plus d’information : consulter le wikipedia sur l’histoire économique de l’Argentine.

[4] Source MSNBC, 08/11/2006

[5] Source Polling Report, 6-8/10/2006



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Extrait de GEAB N°9 (15 novembre 2006)
14/03/2007


Conséquences politiques : Vers une aggravation de toutes les faiblesses du leadership US (dirigeants en perte de légitimité, contexte de récession économique, impasse diplomatique en Iraq/Iran/Corée du Nord...)

Le récent vote des électeurs américains, qui ont violemment rejeté la politique conduite depuis six ans, n’est rien d’autre qu’un immense appel au secours [1]. Tout autant que l’Iraq, ce sont les questions économiques et sociales, et le rejet de la corruption à Washington, qui ont déterminé le choix des électeurs [2].

Cette question de la corruption est un indicateur significatif à double titre : . d’une part, il est révélateur d’une société en voie d’appauvrissement rapide, car la corruption ne devient un thème dominant que lorsque la majorité des citoyens ressent l’enrichissement de ses élites comme illégitime, comme se faisant au détriment de son propre bien-être. La corruption n’est pas un thème de société « bien portante ». C’est dans le tiers-monde ou dans les pays en transition économique ou politique qu’on le retrouve prioritaire. Cela tend à confirmer l’analyse de LEAP/E2020 que les Etats-Unis sont bien une puissance en transition, passant du statut de première puissance économique et politique de la planète à autre chose, un autre chose qui sera nettement moins enviable. Par certains aspects, l’évolution à venir des Etats-Unis peut faire penser au chemin suivi par l’Argentine il y a quelques décennies [3], au prix du basculement de la quasi-totalité de sa classe moyenne dans le camp des classes pauvres.

. d’autre part, il dénote une décrédibilisation très forte des classes dirigeantes américaines au-delà même des personnes de G.W. Bush, Dick Cheney ou Donald Rumsfeld. C’est en effet le Congrès qui est également très fortement accusé d’être déconnecté des intérêts des citoyens américains et de servir de relais privilégié aux intérêts privés. Un autre chiffre illustre cette déconnection croissante entre classes dirigeantes US et citoyens américains : la participation à l’élection de Novembre 2006 n’a été que de 40% (à peine plus qu’aux élections mi-mandat de 2002) [4] alors que la polarisation de l&rsquo

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28 mars 2007 3 28 /03 /mars /2007 15:14


Amédée VI -

Amédée VI de Savoie (le Comte Vert)

Naissance : Chambéry, 1334 - Décès : San Stéphano, 1383


Comte : Savoie - France

Fils de Yolande Paléologue et Aimon (le Pacifique)
Demi-frère de Blanche-Marie de Savoie



   Filiation   

Marié à Bonne de Bourbon en 1355

Yolande Paléologue

Décès : 1342


Fille de Théodore Ier de Montferrat et Argentina Spinola
Soeur de Jean II de Montferrat



   FiliaYolande Paléologue
Décès : 1342

Fille de Théodore Ier de Montferrat et Argentina Spinola
Soeur de Jean II de Montferrat



   Filiation   

Mariée à Aimon (le Pacifique) en 1330
Yolande Paléologue
Décès : 1342

Fille de Théodore Ier de Montferrat et Argentina Spinola
Soeur de Jean II de Montferrat



   Filiation   

         

 

 

 

Aimon le Pacifique   

Naissance : 1291 - Décès : 1343


Comte : Savoie - France

Fils de Amédée V (le Grand) et Sibylle de Baugé
Frère de Bonne de Savoie, Agnès de Savoie, Edouard (le Libéral) et Eléonore de Savoie



   Filiation   

Marié à Yolande Paléologue en 1330
Enfant : Amédée VI de Savoie (le Comte Vert)

    Relations    
Père adoptif de Blanche-Marie de Savoie

-


 



 

 

 

 



 

 

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26 mars 2007 1 26 /03 /mars /2007 13:59
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