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27 octobre 2007 6 27 /10 /octobre /2007 22:41

La saga hongroise de la famille Sarkozy

De notre envoyée spéciale en Hongrie STÉPHANE KOVACS.
 Publié le 07 février 2007
Actualisé le 07 février 2007 : 09h11
  •  
 
Nicolas Sarkozy, son épouse et ses parents, venus en 1994 visiter Bocsa, berceau de la famille.
Nicolas Sarkozy, son épouse et ses parents, venus en 1994 visiter Bocsa, berceau de la famille.
 
 

 
Nicolas Sarkozy, son épouse et ses parents, venus en 1994 visiter Bocsa, berceau de la famille.
 

Candidat à l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy rappelle souvent ses origines étrangères. La saga familiale passe par la Grèce côté maternel, et par la Hongrie où est né son père, Paul, en 1928. « Le Figaro » est allé en pays magyar, sur les traces des Sarközy de Nagy-Bocsa, en quête de témoignages et de souvenirs.

 
Le prochain président de la France sera « peut-être hongrois, c'est la télé qui l'a dit. » À Alattyan, il y a peu, la nouvelle a fait le tour du village en quelques heures. Car dans cette bourgade de 2 091 habitants, à une centaine de kilomètres à l'est de Budapest, les aînés s'en souviennent très bien : c'est ici que le père de Nicolas Sarkozy a passé toutes ses vacances jusqu'à ce qu'il quitte la Hongrie, en 1948, à l'âge de vingt ans.
 
Pour éblouir sa future belle-famille française, Paul Sarkozy, né en 1928 à Budapest, aurait raconté que ses parents possédaient un château près d'Alattyan. Son père György régnait, disait-il,
 
sur un domaine agricole et industriel riche de milliers d'hectares, sur lequel travaillaient des milliers de gens à son service. La réalité était un peu moins flamboyante.
 
« Au lendemain de la Première Guerre mondiale, György et Katalin Sarközy - selon l'orthographe hongroise, NDLR -, les parents de Paul, ont acheté le tiers d'un domaine de 705 arpents, un peu plus de 200 hectares, indique aujourd'hui Sandor Mosonyi, historien et conseiller municipal d'Alattyan, qui a fouillé dans les archives.
 
Ils ne logeaient pas dans le manoir, occupé par une autre famille, mais dans la maison d'amis. »
 
Une esquisse, effectuée de mémoire par un peintre local, montre une grande bâtisse aux hautes fenêtres, surmontées de mascarons représentant des visages d'enfants. Les Sarközy l'ont revendue en 1934, période d'inflation galopante, pour quelques dizaines de sacs de blé... La propriété sera ensuite rasée et remplacée par des lotissements. Ne subsiste actuellement qu'une grille en fer forgé, mangée par la rouille.
 
En fait, le véritable châtelain d'Alattyan, c'était Lajos Toth Maar, un cousin de la mère de Paul. Célibataire, il accueillait volontiers, pendant les vacances, les Sarközy avec leurs trois garçons : György, Gedeon et Paul. Ses parties de chasse étaient très courues. Ses soupers, rassemblant souvent une trentaine de convives, étaient suivis d'interminables parties de cartes. Sa collection d'Oldsmobile éblouissait les villageois. Sa ferme, ultramoderne pour l'époque, aussi. Mais en ajoutant salariés et journaliers, on arrivait « seulement à 260 employés », précise Sandor Mosonyi.
 

 
Au château d'Alattyan, le parrain de Jusztika Ivanics était valet de chambre ; sa marraine, cuisinière. Elle avait à peine dix ans, mais quand elle « ferme les yeux », elle « revoit tout » : l'enfilade de salons richement décorés, les deux salles de bains aux carreaux de faïence peints à la main, et même le tableau qui jouait la Marche de Rakoczy lorsqu'on tirait sur une ficelle. « Avec mon club de retraités, on est allé visiter Gödöllö (résidence d'été des Habsbourg, NDLR), près de Budapest, explique cette délicieuse grand-mère, eh bien c'était presque pareil ! »
 
« Pour Monsieur Paul, on préparait la chambre rouge, se souvient Jusztika. Ce qu'il était beau, élégant et charmeur ! J'enviais toutes ces jolies jeunes filles en robes soyeuses qu'il emmenait derrière les framboisiers. Moi, je n'avais le droit qu'à quelques bonbons et une caresse sur les cheveux... » De son buffet, elle sort une carafe à vin : « Regardez, surmontés d'une couronne, on voit le S et le B entrelacés, pour Sarközy de Nagy-Bocsa. Ma marraine l'a reçue en remerciement. » Sandor Mosonyi, lui, a hérité d'un service complet en faïence française, bordé de turquoise et or. « Sûrement Monsieur Paul se souviendra-t-il d'avoir mangé du faisan ou du lièvre dans ces assiettes ! s'émeut Jusztika. J'espère qu'il reviendra nous voir ! Et son cher petit Nicolas, on est tous derrière lui... Savez-vous que mon fils aussi est né en 1955, et qu'il a fait toute sa carrière dans la police ? »
 

 
En 1948, les communistes nationalisent la propriété et la transforment en coopérative agricole. Le château sera rasé en 1963. Des nombreuses dépendances, il ne reste qu'un petit bâtiment délabré dans la cave duquel les Sarközy s'abritèrent durant les bombardements. Mais les villageois n'oublieront jamais cette famille « très charitable, très proche du peuple », et qui « payait largement ».
 
Les Sarközy appartiennent à une famille de la petite noblesse.
 
Pour récompenser Mihaly Sarközy de sa bravoure contre l'envahisseur turc, Ferdinand II de Habsbourg l'inscrit, le 10 septembre 1628, « au nombre des nobles authentiques » du royaume. Ses armoiries représentent un loup brandissant un sabre. En 1754, son petit-fils, Janos, accole à son nom celui de son domaine de Nagy-Bocsa, au sud de la ville de Kecskemét.
 
Lors de la Première Guerre mondiale, le grand-père de Nicolas, György, sous-lieutenant dans le 68e régiment d'infanterie, sera, lui, décoré pour son courage sur les fronts russe, roumain et italien.
 

 
Collier de perles et twin-set rose poudre, à 91 ans, Marianne Sarközy, la cousine de Paul, en paraît vingt-cinq de moins. Dans son modeste appartement de Budapest, le magnétophone joue du Bécaud. « Nous vivions bien, mais nous n'étions pas riches, raconte la dernière représentante de la famille en Hongrie. À cause de notre grande différence d'âge, je n'ai pas beaucoup joué avec Paul, mais nous nous voyions chez nos grands-parents, à Szolnok. »
 
Le grand-père, également prénommé György, fut adjoint au maire de la ville de Szolnok, près d'Alattyan, avant de transmettre cette charge à son fils, le père de Paul. « Mon grand-père était très populaire, précise Marianne. Emprisonné par les communistes en 1919, il sera libéré après deux semaines, grâce à un cordonnier, pourtant communiste lui aussi. »
 
Marianne est venue plusieurs fois à Paris dans les années 1960, et se souvient des trois fils de Paul, « mignons et bien élevés ». « S'ils n'ont malheureusement pas appris la langue, souligne-t-elle, il y a au moins une chose qu'ils ont héritée de leur famille hongroise, c'est cette aversion pour le communisme ! »
 
Au coeur de la Puszta, la vaste plaine du centre du pays, le village de Bocsa, 1 865 habitants, est le berceau originel des Sarközy. Des archives du XVIIIe siècle évoquent une métairie de 2 000  à 3 000 arpents. Sur les terres des Sarközy, se trouvaient les ruines d'une église médiévale. En 1794, la famille a fait cadeau de ces pierres pour faire construire un temple protestant, dans le village voisin de Soltvadkert.
 

 
«Nous ne faisons pas de compétition avec Alattyan, insiste l'historienne Margit Toth. N'empêche que c'est chez nous que sont venus Nicolas Sarkozy, son épouse et ses parents, le 9 avril 1994 ! » Une visite dont le programme et les photos figurent en bonne place dans le petit musée de la commune.
 
« Cela se voyait que Nicolas Sarkozy avait vraiment envie de venir ici, raconte le maire de l'époque, Ferenc Eifert. La délégation est arrivée une demi-heure en avance. Nous avions organisé un déjeuner avec une dégustation de vins, mais le ministre n'y a pas goûté. En revanche, il a semblé très intéressé lorsque nous lui avons présenté notre village et les documents sur sa famille. Un « moment privilégié », résumera le ministre dans le Livre d'or, en signant, pour la première fois semble-t-il, de son nom complet : Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa. « J'ai pu me replonger dans mes racines hongroises et partager ainsi avec vous ces moments d'émotion », soulignera-t-il encore dans une lettre de remerciements.
*****************  
     
 
Nicolas Sarkozy, son épouse et ses parents, venus en 1994 visiter Bocsa, berceau de la famille.
Nicolas Sarkozy, son épouse et ses parents, venus en 1994 visiter Bocsa, berceau de la famille.
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1994                       BOCSA    

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http://www.lefigaro.fr/reportage/20070207.FIG000000032_la_saga_hongroise_de_la_famille_sarkozy.html

 

http://www.lefigaro.fr/reportage/20070207.FIG000000032_la_saga_hongroise_de_la_famille_sarkozy.html

  La saga hongroise de la famille Sarkozy

De notre envoyée spéciale en Hongrie STÉPHANE KOVACS.
 le 07 février 2007  
 
Nicolas Sarkozy, son épouse et ses parents, venus en 1994 visiter Bocsa, berceau de la famille. 
   

Candidat à l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy rappelle souvent ses origines étrangères. La saga familiale passe par la Grèce côté maternel, et par la Hongrie où est né son père, Paul, en 1928. « Le Figaro » est allé en pays magyar, sur les traces des Sarközy de Nagy-Bocsa, en quête de témoignages et de souvenirs.

 
Le prochain président de la France sera « peut-être hongrois, c'est la télé qui l'a dit. » À Alattyan, il y a peu, la nouvelle a fait le tour du village en quelques heures. Car dans cette bourgade de 2 091 habitants, à une centaine de kilomètres à l'est de Budapest, les aînés s'en souviennent très bien : c'est ici que le père de Nicolas Sarkozy a passé toutes ses vacances jusqu'à ce qu'il quitte la Hongrie, en 1948, à l'âge de vingt ans.
 
Pour éblouir sa future belle-famille française, Paul Sarkozy, né en 1928 à Budapest, aurait raconté que ses parents possédaient un château près d'Alattyan. Son père György régnait, disait-il,
 
sur un domaine agricole et industriel riche de milliers d'hectares, sur lequel travaillaient des milliers de gens à son service. La réalité était un peu moins flamboyante.
 
« Au lendemain de la Première Guerre mondiale, György et Katalin Sarközy - selon l'orthographe hongroise, NDLR -, les parents de Paul, ont acheté le tiers d'un domaine de 705 arpents, un peu plus de 200 hectares, indique aujourd'hui Sandor Mosonyi, historien et conseiller municipal d'Alattyan, qui a fouillé dans les archives.
 
Ils ne logeaient pas dans le manoir, occupé par une autre famille, mais dans la maison d'amis. »
 
Une esquisse, effectuée de mémoire par un peintre local, montre une grande bâtisse aux hautes fenêtres, surmontées de mascarons représentant des visages d'enfants. Les Sarközy l'ont revendue en 1934, période d'inflation galopante, pour quelques dizaines de sacs de blé... La propriété sera ensuite rasée et remplacée par des lotissements. Ne subsiste actuellement qu'une grille en fer forgé, mangée par la rouille.
 
En fait, le véritable châtelain d'Alattyan, c'était Lajos Toth Maar, un cousin de la mère de Paul. Célibataire, il accueillait volontiers, pendant les vacances, les Sarközy avec leurs trois garçons : György, Gedeon et Paul. Ses parties de chasse étaient très courues. Ses soupers, rassemblant souvent une trentaine de convives, étaient suivis d'interminables parties de cartes. Sa collection d'Oldsmobile éblouissait les villageois. Sa ferme, ultramoderne pour l'époque, aussi. Mais en ajoutant salariés et journaliers, on arrivait « seulement à 260 employés », précise Sandor Mosonyi.
 

 
Au château d'Alattyan, le parrain de Jusztika Ivanics était valet de chambre ; sa marraine, cuisinière. Elle avait à peine dix ans, mais quand elle « ferme les yeux », elle « revoit tout » : l'enfilade de salons richement décorés, les deux salles de bains aux carreaux de faïence peints à la main, et même le tableau qui jouait la Marche de Rakoczy lorsqu'on tirait sur une ficelle. « Avec mon club de retraités, on est allé visiter Gödöllö (résidence d'été des Habsbourg, NDLR), près de Budapest, explique cette délicieuse grand-mère, eh bien c'était presque pareil ! »
 
« Pour Monsieur Paul, on préparait la chambre rouge, se souvient Jusztika. Ce qu'il était beau, élégant et charmeur ! J'enviais toutes ces jolies jeunes filles en robes soyeuses qu'il emmenait derrière les framboisiers. Moi, je n'avais le droit qu'à quelques bonbons et une caresse sur les cheveux... » De son buffet, elle sort une carafe à vin : « Regardez, surmontés d'une couronne, on voit le S et le B entrelacés, pour Sarközy de Nagy-Bocsa. Ma marraine l'a reçue en remerciement. » Sandor Mosonyi, lui, a hérité d'un service complet en faïence française, bordé de turquoise et or. « Sûrement Monsieur Paul se souviendra-t-il d'avoir mangé du faisan ou du lièvre dans ces assiettes ! s'émeut Jusztika. J'espère qu'il reviendra nous voir ! Et son cher petit Nicolas, on est tous derrière lui... Savez-vous que mon fils aussi est né en 1955, et qu'il a fait toute sa carrière dans la police ? »
 

 
En 1948, les communistes nationalisent la propriété et la transforment en coopérative agricole. Le château sera rasé en 1963. Des nombreuses dépendances, il ne reste qu'un petit bâtiment délabré dans la cave duquel les Sarközy s'abritèrent durant les bombardements. Mais les villageois n'oublieront jamais cette famille « très charitable, très proche du peuple », et qui « payait largement ».
 
Les Sarközy appartiennent à une famille de la petite noblesse.
 
Pour récompenser Mihaly Sarközy de sa bravoure contre l'envahisseur turc, Ferdinand II de Habsbourg l'inscrit, le 10 septembre 1628, « au nombre des nobles authentiques » du royaume. Ses armoiries représentent un loup brandissant un sabre. En 1754, son petit-fils, Janos, accole à son nom celui de son domaine de Nagy-Bocsa, au sud de la ville de Kecskemét.
 
Lors de la Première Guerre mondiale, le grand-père de Nicolas, György, sous-lieutenant dans le 68e régiment d'infanterie, sera, lui, décoré pour son courage sur les fronts russe, roumain et italien.
 

 
Collier de perles et twin-set rose poudre, à 91 ans, Marianne Sarközy, la cousine de Paul, en paraît vingt-cinq de moins. Dans son modeste appartement de Budapest, le magnétophone joue du Bécaud. « Nous vivions bien, mais nous n'étions pas riches, raconte la dernière représentante de la famille en Hongrie. À cause de notre grande différence d'âge, je n'ai pas beaucoup joué avec Paul, mais nous nous voyions chez nos grands-parents, à Szolnok. »
 
Le grand-père, également prénommé György, fut adjoint au maire de la ville de Szolnok, près d'Alattyan, avant de transmettre cette charge à son fils, le père de Paul. « Mon grand-père était très populaire, précise Marianne. Emprisonné par les communistes en 1919, il sera libéré après deux semaines, grâce à un cordonnier, pourtant communiste lui aussi. »
 
Marianne est venue plusieurs fois à Paris dans les années 1960, et se souvient des trois fils de Paul, « mignons et bien élevés ». « S'ils n'ont malheureusement pas appris la langue, souligne-t-elle, il y a au moins une chose qu'ils ont héritée de leur famille hongroise, c'est cette aversion pour le communisme ! »
 
Au coeur de la Puszta, la vaste plaine du centre du pays, le village de Bocsa, 1 865 habitants, est le berceau originel des Sarközy. Des archives du XVIIIe siècle évoquent une métairie de 2 000  à 3 000 arpents. Sur les terres des Sarközy, se trouvaient les ruines d'une église médiévale. En 1794, la famille a fait cadeau de ces pierres pour faire construire un temple protestant, dans le village voisin de Soltvadkert.
 

 
«Nous ne faisons pas de compétition avec Alattyan, insiste l'historienne Margit Toth. N'empêche que c'est chez nous que sont venus Nicolas Sarkozy, son épouse et ses parents, le 9 avril 1994 ! » Une visite dont le programme et les photos figurent en bonne place dans le petit musée de la commune.
 
« Cela se voyait que Nicolas Sarkozy avait vraiment envie de venir ici, raconte le maire de l'époque, Ferenc Eifert. La délégation est arrivée une demi-heure en avance. Nous avions organisé un déjeuner avec une dégustation de vins, mais le ministre n'y a pas goûté. En revanche, il a semblé très intéressé lorsque nous lui avons présenté notre village et les documents sur sa famille. Un « moment privilégié », résumera le ministre dans le Livre d'or, en signant, pour la première fois semble-t-il, de son nom complet : Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa. « J'ai pu me replonger dans mes racines hongroises et partager ainsi avec vous ces moments d'émotion », soulignera-t-il encore dans une lettre de remerciements.
 
Quant à Paul Sarkozy, il était sans doute moins passionné par l'exposé du maire. « Avez-vous des nouvelles d'Eva Szöke ? demandera-t-il discrètement à l'historien Nandor Heltai. Elle fut mon premier grand amour. L'historien en est resté bouche bée. Eva Szöke, « l'un des plus belles femmes de Hongrie », est devenue, entre-temps, une actrice de renom. L'été dernier, à l'occasion d'une fête locale, Bocsa a réinvité Nicolas Sarkozy. Sans succès.
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1994                       BOCSA    

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http://www.lefigaro.fr/reportage/20070207.FIG000000032_la_saga_hongroise_de_la_famille_sarkozy.html

 

http://www.lefigaro.fr/reportage/20070207.FIG000000032_la_saga_hongroise_de_la_famille_sarkozy.html

  La saga hongroise de la famille Sarkozy

De notre envoyée spéciale en Hongrie STÉPHANE KOVACS.
 le 07 février 2007  
 
Nicolas Sarkozy, son épouse et ses parents, venus en 1994 visiter Bocsa, berceau de la famille. 
   

Candidat à l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy rappelle souvent ses origines étrangères. La saga familiale passe par la Grèce côté maternel, et par la Hongrie où est né son père, Paul, en 1928. « Le Figaro » est allé en pays magyar, sur les traces des Sarközy de Nagy-Bocsa, en quête de témoignages et de souvenirs.

 
Le prochain président de la France sera « peut-être hongrois, c'est la télé qui l'a dit. » À Alattyan, il y a peu, la nouvelle a fait le tour du village en quelques heures. Car dans cette bourgade de 2 091 habitants, à une centaine de kilomètres à l'est de Budapest, les aînés s'en souviennent très bien : c'est ici que le père de Nicolas Sarkozy a passé toutes ses vacances jusqu'à ce qu'il quitte la Hongrie, en 1948, à l'âge de vingt ans.
 
Pour éblouir sa future belle-famille française, Paul Sarkozy, né en 1928 à Budapest, aurait raconté que ses parents possédaient un château près d'Alattyan. Son père György régnait, disait-il,
 
sur un domaine agricole et industriel riche de milliers d'hectares, sur lequel travaillaient des milliers de gens à son service. La réalité était un peu moins flamboyante.
 
« Au lendemain de la Première Guerre mondiale, György et Katalin Sarközy - selon l'orthographe hongroise, NDLR -, les parents de Paul, ont acheté le tiers d'un domaine de 705 arpents, un peu plus de 200 hectares, indique aujourd'hui Sandor Mosonyi, historien et conseiller municipal d'Alattyan, qui a fouillé dans les archives.
 
Ils ne logeaient pas dans le manoir, occupé par une autre famille, mais dans la maison d'amis. »
 
Une esquisse, effectuée de mémoire par un peintre local, montre une grande bâtisse aux hautes fenêtres, surmontées de mascarons représentant des visages d'enfants. Les Sarközy l'ont revendue en 1934, période d'inflation galopante, pour quelques dizaines de sacs de blé... La propriété sera ensuite rasée et remplacée par des lotissements. Ne subsiste actuellement qu'une grille en fer forgé, mangée par la rouille.
 
En fait, le véritable châtelain d'Alattyan, c'était Lajos Toth Maar, un cousin de la mère de Paul. Célibataire, il accueillait volontiers, pendant les vacances, les Sarközy avec leurs trois garçons : György, Gedeon et Paul. Ses parties de chasse étaient très courues. Ses soupers, rassemblant souvent une trentaine de convives, étaient suivis d'interminables parties de cartes. Sa collection d'Oldsmobile éblouissait les villageois. Sa ferme, ultramoderne pour l'époque, aussi. Mais en ajoutant salariés et journaliers, on arrivait « seulement à 260 employés », précise Sandor Mosonyi.
 

 
Au château d'Alattyan, le parrain de Jusztika Ivanics était valet de chambre ; sa marraine, cuisinière. Elle avait à peine dix ans, mais quand elle « ferme les yeux », elle « revoit tout » : l'enfilade de salons richement décorés, les deux salles de bains aux carreaux de faïence peints à la main, et même le tableau qui jouait la Marche de Rakoczy lorsqu'on tirait sur une ficelle. « Avec mon club de retraités, on est allé visiter Gödöllö (résidence d'été des Habsbourg, NDLR), près de Budapest, explique cette délicieuse grand-mère, eh bien c'était presque pareil ! »
 
« Pour Monsieur Paul, on préparait la chambre rouge, se souvient Jusztika. Ce qu'il était beau, élégant et charmeur ! J'enviais toutes ces jolies jeunes filles en robes soyeuses qu'il emmenait derrière les framboisiers. Moi, je n'avais le droit qu'à quelques bonbons et une caresse sur les cheveux... » De son buffet, elle sort une carafe à vin : « Regardez, surmontés d'une couronne, on voit le S et le B entrelacés, pour Sarközy de Nagy-Bocsa. Ma marraine l'a reçue en remerciement. » Sandor Mosonyi, lui, a hérité d'un service complet en faïence française, bordé de turquoise et or. « Sûrement Monsieur Paul se souviendra-t-il d'avoir mangé du faisan ou du lièvre dans ces assiettes ! s'émeut Jusztika. J'espère qu'il reviendra nous voir ! Et son cher petit Nicolas, on est tous derrière lui... Savez-vous que mon fils aussi est né en 1955, et qu'il a fait toute sa carrière dans la police ? »
 

 
En 1948, les communistes nationalisent la propriété et la transforment en coopérative agricole. Le château sera rasé en 1963. Des nombreuses dépendances, il ne reste qu'un petit bâtiment délabré dans la cave duquel les Sarközy s'abritèrent durant les bombardements. Mais les villageois n'oublieront jamais cette famille « très charitable, très proche du peuple », et qui « payait largement ».
 
Les Sarközy appartiennent à une famille de la petite noblesse.
 
Pour récompenser Mihaly Sarközy de sa bravoure contre l'envahisseur turc, Ferdinand II de Habsbourg l'inscrit, le 10 septembre 1628, « au nombre des nobles authentiques » du royaume. Ses armoiries représentent un loup brandissant un sabre. En 1754, son petit-fils, Janos, accole à son nom celui de son domaine de Nagy-Bocsa, au sud de la ville de Kecskemét.
 
Lors de la Première Guerre mondiale, le grand-père de Nicolas, György, sous-lieutenant dans le 68e régiment d'infanterie, sera, lui, décoré pour son courage sur les fronts russe, roumain et italien.
 

 
Collier de perles et twin-set rose poudre, à 91 ans, Marianne Sarközy, la cousine de Paul, en paraît vingt-cinq de moins. Dans son modeste appartement de Budapest, le magnétophone joue du Bécaud. « Nous vivions bien, mais nous n'étions pas riches, raconte la dernière représentante de la famille en Hongrie. À cause de notre grande différence d'âge, je n'ai pas beaucoup joué avec Paul, mais nous nous voyions chez nos grands-parents, à Szolnok. »
 
Le grand-père, également prénommé György, fut adjoint au maire de la ville de Szolnok, près d'Alattyan, avant de transmettre cette charge à son fils, le père de Paul. « Mon grand-père était très populaire, précise Marianne. Emprisonné par les communistes en 1919, il sera libéré après deux semaines, grâce à un cordonnier, pourtant communiste lui aussi. »
 
Marianne est venue plusieurs fois à Paris dans les années 1960, et se souvient des trois fils de Paul, « mignons et bien élevés ». « S'ils n'ont malheureusement pas appris la langue, souligne-t-elle, il y a au moins une chose qu'ils ont héritée de leur famille hongroise, c'est cette aversion pour le communisme ! »
 
Au coeur de la Puszta, la vaste plaine du centre du pays, le village de Bocsa, 1 865 habitants, est le berceau originel des Sarközy. Des archives du XVIIIe siècle évoquent une métairie de 2 000  à 3 000 arpents. Sur les terres des Sarközy, se trouvaient les ruines d'une église médiévale. En 1794, la famille a fait cadeau de ces pierres pour faire construire un temple protestant, dans le village voisin de Soltvadkert.
 

 
«Nous ne faisons pas de compétition avec Alattyan, insiste l'historienne Margit Toth. N'empêche que c'est chez nous que sont venus Nicolas Sarkozy, son épouse et ses parents, le 9 avril 1994 ! » Une visite dont le programme et les photos figurent en bonne place dans le petit musée de la commune.
 
« Cela se voyait que Nicolas Sarkozy avait vraiment envie de venir ici, raconte le maire de l'époque, Ferenc Eifert. La délégation est arrivée une demi-heure en avance. Nous avions organisé un déjeuner avec une dégustation de vins, mais le ministre n'y a pas goûté. En revanche, il a semblé très intéressé lorsque nous lui avons présenté notre village et les documents sur sa famille. Un « moment privilégié », résumera le ministre dans le Livre d'or, en signant, pour la première fois semble-t-il, de son nom complet : Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa. « J'ai pu me replonger dans mes racines hongroises et partager ainsi avec vous ces moments d'émotion », soulignera-t-il encore dans une lettre de remerciements.
 
Quant à Paul Sarkozy, il était sans doute moins passionné par l'exposé du maire. « Avez-vous des nouvelles d'Eva Szöke ? demandera-t-il discrètement à l'historien Nandor Heltai. Elle fut mon premier grand amour. L'historien en est resté bouche bée. Eva Szöke, « l'un des plus belles femmes de Hongrie », est devenue, entre-temps, une actrice de renom. L'été dernier, à l'occasion d'une fête locale, Bocsa a réinvité Nicolas Sarkozy. Sans succès.
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