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23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 07:42

REMIREMONT

 

Image:Remiremont StPierre.jpg

abbatiale Saint-Pierre
VOSGES

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23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 07:36
POLEMIA

Le : 07 Aôut 2009

Crise : Pourquoi rien n'a changé ?

En période estivale, les esprits se relachent, profitant d’une certaine oisiveté pour laisser libre cours à leurs réflexions. Polémia a reçu d’un correspondant anonyme un long texte qui est à la fois un constat, un réquisitoire, une supplique, le tout se terminant malgré tout par une lueur d’espoir, sous certaines conditions.



 Il faut dire que l’actualité ne fait rien pour apaiser les inquiétudes. Ce ne sont pas les tout derniers avatars de nos plus importantes banques (les bonus de la BNP et les cafouillages d’initiés à la Société Générale) qui rassureront les angoissés, même si le président Sarkozy vient d’intervenir aujourd’hui même dans la polémique sur les rémunérations et bonus des traders financiers, en demandant la « fermeté » dans l'application des règles et en annonçant une réunion autour de lui dès le Conseil des ministres de rentrée. (AFP, 07/08/2009 10:51).


 Et pourtant, ils étaient bien parties prenantes, lui et son ministre de l’économie, l’inoxydable Christine Lagarde, aux G8 et G20 de Londres et de Pittsburg !


Polémia livre à ses lecteurs ce texte en laissant à son auteur toute la responsabilité de ses propos.

Polémia




Après plusieurs mois de silence et d’observation, j’ai décidé de synthétiser dans un article unique les raisons qui m’amènent à penser que, même le nez dans le mur, rien n’arrêtera la cupidité profonde d’une minorité qui définit le système.

La mécanique est trop forte, les contre-pouvoirs trop minces, les défis à relever trop importants.

Il ne s’agit pas de résignation, mais de lucidité : en l’état actuel des choses, ce que certains dénomment comme étant la crise ne sera qu’une occasion ratée de changer radicalement de cap avant qu’il ne soit trop tard. Le syndrôme du Titanic : c’est bien de cela dont il s’agit.

I. Une crise pour rien

Déclenchée dès 2007, puis révélée au grand jour suite à la faillite de la banque d’affaire Lehman Brothers, la crise issue du délire des prêts hypothécaires Subprimes, n’a finalement eu aucune conséquence majeure de modification des pratiques au sommet des hiérarchies.


Le G20 n’a acté d’aucune décision déterminante. Les banques, après avoir bénéficié du renflouement sympathique d’Etats dont les dettes ont explosé, n’ont absolument pas changé leurs pratiques. La distribution de Bonus continue, mais pire encore, le système bancaire s’est sans aucun doute renforcé de nouvelles protections pour manier des masses financières colossales au détriment de l’économie réelle.

Sur le terrain, bien sûr, les activités économiques « traditionnelles », dont les plus fragiles, c’est à dire les activités industrielles, ont trinqué.

Les directions ont profité du prétexte pour délester du personnel et délocaliser.

Les conséquences, après quelques mois « tampons », ont été dès début 2009 une forte remontée du chômage, une récession et un effort des finances publiques d’autant plus important en dépenses que les rentrées d’argent ont été moindres.

Le bilan est sans appel :

pour l’Etat français, le déficit annuel est passé de 42G€ en 2007 à 75G€ en 2008 et une estimation avoisinant les 110G€ en 2009, soit près du triplement en moins de 2 ans.

Parallèlement, les institutions bancaires, non contentes d’avoir été sauvées d’une faillite causée par leur avidité sans limites, peuvent aujourd’hui se congratuler d’avoir obtenue une bouée de sauvetage sans contre-partie aucune : ni régulation, ni modification des gouvernances, ni changements des règles du jeu.

 Et cela, à l’ensemble de l’échelle européenne, voire au delà.

Le cas de l’Islande, plus encore que le cas Irlandais, est symptomatique d’un Titanic qui, en plein naufrage, se croit encore insubmersible.

Le fameux modèle islandais, construit sur du virtuel (la croissance du pays - comme d’autres -
n’était générée que par les bénéfices issues des transactions boursières, donc sur de la valeur « financière » sans réelle connexion avec une activité concrète de production ou de service) a été balayé en quelques mois, révélant alors les connivences, cooptations et délits en tous genres tels que les emprunts sans conditions octroyés aux cadres dirigeants et personnalités des grandes institutions financières ou publiques du pays.


Une sorte de départ chapeau d’initiés, à la Forgeard ou Madoff, en sachant pertinemment que le bateau allait sombrer et qu’il faudrait des dizaines d’années avant de retrouver le chemin de leurs pillages.

 Une société islandaise surendettée sur plusieurs générations au bénéfice d’une minorité qui est finalement partie avec les coffres-forts du pays, mais aussi des Anglais, bien mal leur ayant pris de croire dans un système aussi fictif (ce que l’on appelle du reste un superbe vecteur de contagion de la crise).

Le bilan est là aussi sans appel, avec des récessions à deux chiffres et autres révoltes qui se réveillent parmi ceux qui vont payer pour ces excès.

Face à ces réalités, on aurait pu s’attendre à des prises de position fortes pour freiner puis stopper les délires à l’œuvre. Non content d’avoir adoubé ce système, la gouvernance mondiale démontre son incapacité totale à affronter le monde de l’argent.

Pire encore, elle s’y soumet, posant alors les États comme les puits sans fond où l’on peut s’endetter pour financer les « excentricités folles » d’une minorité qui abuse, à ne plus s’en rassasier, de règles du jeu inexistantes là où elles devraient être les plus coercitives.


Le Congrès américain comme beaucoup d’autres institutions, privées ou publiques, sont vampirisées par l’argent :

plus les dettes des Etats augmentent, plus les prêteurs sont en position de force, même s’il s’agit de prêteurs renfloués à grands renforts d’argent public. Goldman Sachs, la Fed, la BCE : tous se tiennent pour maintenir le pillage à l’ordre du jour.

Les banques et les banquiers tiennent ce monde par la peau du dos, c’est pourtant clair.

Le G20 n’a rien apporté, si ce n’est la confirmation qu’il est impossible, seul, d’imposer à des banques multinationales de respecter des règles. Pire encore, ceux-là mêmes qui seraient censés leur en donner, jouent leur carte de carrière et visent des places de prestige pour bénéficier des subsides des lois qu’ils auront créées et dont ils connaîtront les failles.

Dommage en effet que l’économie réelle soit sacrifiée sur l’autel de la finance et de la cupidité sans fin.

En France, rien n’a changé également, si ce n’est en pire, puisqu’au lieu de tirer des enseignements sur ce qui constitue une alerte avant crash, il a été décidé de maintenir des règles type bouclier fiscal, niches fiscales mais en plus de les compléter avec d’autres mécanismes encore plus inégalitaires comme la loi Scellier, l’investissement dans les PME pour liquider l’ISF etc...
le tout permettant à moins de 1% des plus riches de voir arriver un chèque d’environ 350K€ de la part des impôts au mois de septembre. On aura ensuite beau jeu de vous raconter qu’une hausse de 5€ des prestations vieillesses c’est beaucoup...

Le politique est lui-même en otage :

 aujourd’hui il n’a plus aucune prise sur des institutions qui pèsent à elles seules autant que leur PIB et peuvent l’évincer à tout instant. La cupidité à un prix : la dépendance au milieu de l’argent.

Dans cette gestion économique de haut vol

(c’est le cas de le dire), on s’est même demandé comment ne pas abuser encore un peu plus, du cadeau de la TVA aux restaurateurs en passant par le report de dettes passées à Bruxelles sur le dos des contribuables ou même encore à la vente à prix d’or des bijoux de famille (autoroutes, immeubles, entreprises publiques) : tout y passe !

Bien entendu, le train du vie du régime, comme avant 1789, lui reste royal et somptuaire :

 maintenant qu’il sait comment endormir la plèbe (cela s’appelle les médias) il peut continuer à « dépenser sans compter ».

Tout repose donc sur les 45% de contribuables imposables et sur la TVA. Autant prévenir d’emblée :

 la crise, ce sont sur ces 2 facteurs qu’elle va se payer plein pot, surtout qu’en 2010, les chômeurs d’aujourd’hui seront en fin de droit et que « l’embellie de la reprise » est une fiction pour maintenir les esprits dans l’espoir.

Les seules reprises à attendre, sont celles des excès financiers (qui généreront des reprises de taux de croissance... ) et celles des impôts.

Et autant vous dire que la suppression de la TP sur le volet investissement ne va pas alléger la facture des ménages qui, concrètement, perdent chaque année en pouvoir d’achat (ce qui les sauve actuellement étant l’entraide familiale et les transmissions de patrimoine).

II. Un système d’inégalités croissantes

Dans ce panorama réjouissant, les défis à relever sont immenses.

L’environnement, en soit, est déjà un défi colossale que nous serons sans doute jamais à même de relever tant l’indexation du taux de croissance est lié au rythme de bétonnement de la planète. Une contradiction qu’il sera difficile de résoudre sans véritablement se pencher sur le but de nos vies : consommer sans compter ou bien vivre avec d’autres valeurs plus humaines et plus qualitatives que la course au score sur un compte en banque ?

La lutte contre les inégalités, est un défi encore plus colossal à mon sens, et tout aussi important.

Du point de vu des élites, noyées dans des sommes d’argent générant toujours plus de rentes, se pencher sur les inégalités revient à mettre le nez dans la masse informe de prolétaires qui, puisqu’ils ne sont pas arrivées à être riches, doivent bien d’une façon ou d’une autre mériter leur médiocre train de vie.

 On omettra dans l’analyse de préciser que le fait de payer la majorité dans des canaux de rémunérations compris (en France) entre 1000 et 3000€/nets/mois conduit mécaniquement - en plus de prestations sociales qui tirent les classes moyennes vers le bas -
 à comprimer une majorité des citoyens dans une masse de « médiocres », masse comprimant encore plus bas les classes en difficultés qui ne subsistent que par d’autres voies de rémunération.

Bref, une minorité contrôle totalement la redistribution des richesses et ne souhaite pas les partager, le tout en habillant ce choix de « compétitivité », « mérite » et autres justifications de bon aloi.

Effectivement, ils ont raison :

quand un trader ou bien un « avocat de cabinet conseil » réalise en un mois ce qu’un salarié de base (cadre ou pas d’ailleurs) gagne en une vie, on imagine très bien qu’il y a une justification rationnelle et raisonnée...

Ce principe, purement délirant, revient à devoir se poser une question clé : puisqu’il n’existe actuellement aucune règle mathématique liant effort/mérite et rémunération, ne serait-il pas grand temps de lisser les écarts et donc d’appliquer des mécanismes de compression des hautes rémunérations pour une meilleure redistribution ? Celle-là même permettant ensuite de réinjecter les crédits dans le système, générant croissance et hausse du niveau de vie globale ?

Malheureusement ce concept est aujourd’hui écrasé.

Les mécanismes de concentration à l’œuvre sont beaucoup trop puissants pour être arrêtés sans une convergence forte de plusieurs autorités nationales, elles-mêmes de plus en plus dépendantes lors de leur élection des jeux de pouvoir à l’œuvre, autant dire que cela semble compromis.

Par ailleurs, l’individualisation des sociétés, conséquence directe de l’égoïsme parfois arrogant des plus aisés et du renfermement sur soi afin de se protéger d’un système prédateur, conduit à ne plus savoir croire dans un mouvement collectif de rééquilibrage de la donne.

En d’autres termes, l’immense majorité des citoyens vit avec des moyens extrêmement limités qui ne donnent pas le droit à l’erreur et ne sait plus comment revendiquer son droit à exprimer ses difficultés. La crise du PS provient d’ailleurs de cette incapacité à relayer les cris et attentes des moins aisés et des classes moyennes autour d’idées fortes constituant un projet fédérateur.

Les citoyens se retrouvent alors face à eux-mêmes, conscient ou non de ces réalités, payant pour les erreurs des autres parce qu’ils n’ont pas le choix, subissant, parce qu’ils en ont pris l’habitude, les assauts répétés d’une gouvernance cherchant à rogner sur les progrès du passé. Autrefois les gens se battaient pour avoir mieux, maintenant ils se battent pour conserver ce qu’ils ont acquis.

Loin de moi l’idée de défendre les « acquis sociaux », faut-il encore savoir de quels acquis il s’agit et à qui ils profitent. Car si les raids actuellement menés sur les plus faibles peuvent satisfaire certains esprits libéraux, il serait bon également, en toute libéralité, de briser les acquis de position, de rente, de lignée ou de pouvoir que certains s’arrogent comme étant un dû inaliénable. En clair, il semble vital de commencer là où les plus gros excès en volume sont commis.

En quelques décennies, plus que jamais auparavant, les inégalités se sont creusées et accrues au point de conduire la société, en France et ailleurs, à se rapprocher d’un modèle d’Ancien Régime où l’élite détient tout et détermine tout au détriment d’une masse incapable de prendre son destin en main ou de comprendre sa piètre condition.

 La seule chose qui ait changé entre temps, étant les avancées technologiques et sociologiques permettant de consoler le plus pauvre de sa condition parce qu’il détient un écran plat et quelques jours de congés par an (quand il lui reste un emploi).

 III.
Les banques et le politique d’abord


Le système peut changer, reste à savoir qui le veut et qui peut conduire ce changement.

A l’heure actuelle, certains leviers cruciaux me semblent incontournables si l’on souhaite réellement agir pour la majorité. Reste à savoir s’il est encore possible d’agir, si les rapports de force à l’œuvre ne conduisent pas, inéluctablement, à l’impasse de pouvoirs oligarques hard ou light, qui détermineront avec les moyens dont ils disposent, toujours des règles du jeu favorisant leur « monde ».

Cela peut sembler abstrait, mais ceci est très réel.

La privatisation de l’éducation, la détermination de filières d’élites, la cooptation, le langage, le cercle de relations, la consécration autour de valeurs communes, le mépris des plus faibles, la soumission au plus fort...

 toutes ces caractéristiques conduisent une partie de la société à s’auto-sélectionner pour reproduire, encore et encore, un modèle de domination qui consiste à exploiter la faiblesse des autres, plus nombreux mais moins organisés, pour en tirer un bénéfice de situation.

Là où une génération pouvait jadis l’assurer à sa lignée (droit du sang), les générations au pouvoir cherchent, quel qu’en soit le prix, à rétablir cette souveraineté par d’autres biais.

Parallèlement, la recherche du bouc-émissaire, la sanction de la faute, la poursuite de l’excès mineur, l’évincement de toutes classes ou catégories rebelles, constituent le pendant visible d’une stratégie clairement établie dont l’objectif est de « chasser et compliquer » la vie du faible pour mieux consacrer l’énergie du fort à concentrer toujours plus de richesses.

La loi « HADOPI » en est un parfait exemple : on chasse le « pirate » parce qu’il porte atteinte à la rente de situation de majors, le tout sous un habillage médiatique de « juste rémunération des artistes ». Mais qu’en pensent-ils eux ? Est-ce que leur rémunération est toujours « juste » ?

La remontée du « niveau de l’eau » par la hausse vertigineuse de tarifs comme celui du gaz ou de l’électricité est également une conséquence d’une stratégie de « rente » qui s’appuie sur le fait de faire payer aux « captifs » les prises de risques notamment pour des rachats d’actifs ou d’activités douteuses dont le bénéfice ne sera jamais redistribué à ceux qui paient in fine.

Ce « transfert du risque » est tout aussi lisible via des dispositions qui renforcent les « forts » comme Bouygues ou Vinci sur les marchés de travaux et affaiblissent les faibles, en leur faisant assumer via sous-traitance ou « statut d’auto-entrepreneur » les risques sur les délais ou sur les accidents de chantier.

Cet échantillon de disposition, parmi tout un éventail, n’est qu’un extrait dont la conséquence finale est de conduire à l’accroissement des inégalités, le renforcement des forts et l’affaiblissement des moyens et des faibles.

Au niveau mondial, la finance procède de même, jouissant à n’en plus pouvoir de sa position pour « presser le citron » jusqu’au bout, quitte à demander au serveur d’autres citrons même s’ils n’existent pas.

Ces réalités sont lisibles, compréhensibles, visibles.

Si on veut les voir, si on veut les affronter, on peut le faire.

Les outils existent, ils sont principalement d’ordre public, mais ils peuvent aussi être privés si le principe de concurrence n’est pas biaisé pour devenir entente.

Les leviers les plus forts résident dans la fiscalité, dans le rétablissement d’un impôt sur les revenus progressif et non émietté, dans l’affectation des impôts locaux à des échelons dotés de compétences claires, dans la répartition des efforts rationnelle entres les entreprises et les particuliers, mais aussi entre les entreprises en effectuant le même travail de rétablissement de progressivité de l’impôt pour les entreprises.


Il faut pour cela casser, briser, effacer des règles sédimentées dans le temps dont les plus puissants usent et abusent pour se soustraire à l’impôt, voire pour en bénéficier.

D’autres leviers, organisationnels et légaux, comme l’organisation du travail, la répartition des bénéfices, les règles de rémunération des organes de direction, tout cela peut et doit être réécrit.

Les banques doivent elles aussi avoir des comptes à rendre et être sous contrôle d’une autorité supranationale, d’individus qui ne pourront pas aller vendre leurs services à ces mêmes firmes qu’ils auront ou iront contrôler. Il semble plus que jamais nécessaire d’abattre les cloisons opaques qui entourent le monde de la finance, des banques et des assurances. Les Etats eux-mêmes en étant dépendant des établissements bancaires ont signé en bas à droite l’hégémonie d’un système qui vampirise toutes les ressources pour la satisfaction de la cupidité de certains.

Les bonus en sont la face émergée, mais qu’y a-t-il encore d’autre à découvrir ? Des retraites chapeaux en passant par les prêts à taux nuls non échéancés ? Qui sait ?

On vit dans un système où le détail est contrôlé mais où l’essentiel est laissé hors de porté du regard.

IV.
 Les règles du jeu doivent changer


L’environnement ne doit plus venir également en support publicitaire d’opportunité, mais doit être pensé en amont et mis en priorité pour tous les projets. Cela signifie également de ne plus céder à tous les lobbies en place, et notamment celui du pétrole, alors même que les ressources seront nécessairement consumées plus vites que prévues.

Là où le gouvernement s’attelle à amonceler de nouvelles « réformes » inégalitaires, il est vital de faire le ménage juridique sur des piles de lois dont on sait que la profusion conduit à un libéralisme sans contre-pouvoir. L’idée de liberté n’est pas contradictoire avec celle d’égalité. Elle ne doit pas néanmoins occulter que toute liberté a des limites, et qu’il n’existe pas de libertés pour 6 milliards d’individus sans règles à respecter.

Je ne suis pas optimiste pour l’avenir proche car l’aveuglement et l’incompétence sont bien trop ancrés au pouvoir pour que le monde puisse changer avant qu’une crise, bien pire, ne déferle.

Je ne suis pas optimiste parce que les systèmes sont verrouillés de l’intérieur, que les techniques à disposition des pouvoirs en place et de l’ordre établi ne permettent plus de dialoguer sans engager le rapport de force, que l’influence des égoïsmes et de la médiocrité tend à refouler toute intellectualité et esprit collectif des sphères de décisions.

Je pense enfin que les hommes se trompent en mettant l’argent au dessus de tout le reste.

En oubliant de placer l’homme au centre du jeu (ce que l’on appelle l’humanisme) nous allons, forcément, droit vers des crises bien plus graves.

Il paraît que nous ne savons réagir qu’une fois le nez dans le caca : faut-il encore qu’il soit encore possible d’infléchir les cours du destin.

Autrefois l’aristocratie avait encore le mérite d’être cultivée :

aujourd’hui les milliardaires sont des imbéciles aux dents longues et à la progéniture sans repères...

autant dire qu’il sera difficile d’infléchir les tendances à l’œuvre à court terme.
 
Néanmoins, nous avons toujours la possibilité, à moyen ou long terme de réagir.

Les outils existent, les gens existent, les idéaux sont là et n’ont pas encore été réalisés.

Plus concrètement, plutôt que de laisser une jeunesse livrée à elle même et au chômage, nous avons aussi la possibilité de la former, de lui proposer des fonctions et perspectives gratifiantes.

Nous avons la possibilité de donner aux « séniors » la possibilité d’exprimer leur expérience pour la mettre au service du progrès collectif.

 Nous avons aussi la possibilité de ne plus tout accepter en fermant les yeux et en espérant, dans le secret dans nos sphères individuels, que demain sera moins pire qu’aujourd’hui.

Si nous cessons de nous détester, montés les uns contres autres à se regarder les avantages et autres privilèges, si nous levons les yeux pour constater que nous avons trop longtemps détourné notre regard de l’essentiel, à savoir la qualité de vie, peut-être que nous pourrons espérer améliorer notre quotidien.

Je sais, certains ne croient pas dans ce type de discours mièvre et sympathique. Ils préfèrent consommer leur réalité finalement pas si mal et se contempler dans leur réussite propre qui finalement se fiche bien de la détresse du voisin, ou même de la grand-mère qui crève lors d’une canicule. Bien sûr, rien ne les oblige à penser qu’ils puissent espérer vivre mieux en essayant, un instant, de ne plus courir sans arrêts dans le jeu qui consume leur vie pour produire des euros.

Mais pour ma part, je pense que l’humanité arrive à un tournant de son existence non seulement parce que son poids sur Terre devient un danger pour elle-même, mais également parce que les modèles que nous poursuivons nous conduisent irrémédiablement à des crises, plus dures, plus injustes, plus inégales et plus violentes qu’on ne l’imagine.

Certains diront alors qu’ils ne savaient pas.
Pourtant ils savent, et ils en jouent dans la course à l’immédiateté.

Anonymus
07/08/2009  Correspondance Polémia



 

 

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Le : 18 Aôut 2009

POLEMIA

Afghanistan: la France a perdu la mémoire.

Au moment où est rapatrié le corps d’un nouveau soldat français mort en Afghanistan, on ne sait de quoi il faut s’étonner le plus : de la passivité de l’opinion publique ou du silence de la classe politique sur cette guerre. Un silence qui contraste avec les critiques de plus en plus vives qu’elle suscite au Royaume-Uni et en Allemagne.


Et pourtant, s’il y a un pays qui devrait être critique sur cet engagement, c’est bien la France.



La France marquée par sa double et tragique expérience de l’Indochine et de l’Algérie, la France dont la figure emblématique du dernier siècle, Charles de Gaulle fonda l’essentiel de son action politique sur le pari que les solidarités nationales l’emportaient toujours en dernière instance. Un pari qu’il n’a jamais perdu : l’occupant allemand a été vaincu, les peuples colonisés se sont émancipés, l’Amérique a perdu au Vietnam, « la Russie a bu le communisme comme le buvard boit l’encre ».


Or, comme si ces expériences n’avaient jamais eu lieu, comme si de Gaulle n’avait jamais existé, une presse de plus en plus paresseuse évoque la nécessité de protéger les populations d’Afghanistan des talibans, dont au fond elle ne voudrait pas, l’espoir de consolider le régime du président Karzaï, le juste combat des soldats de l’OTAN pour la civilisation contre la barbarie etc. Ne se croirait-on pas revenu au conformisme du milieu des années cinquante sur le problème algérien : nos soldats se battant pour protéger les indigènes des « fellaghas », appelés aussi terroristes, l’action psychologique auprès des populations etc.


N’avons-nous pas entendu que l’état-major américain avait voulu s’informer des méthodes françaises de « pacification » utilisées à cette époque ?


Tout cela, comme s’il y avait lieu de douter un instant des sentiments de cette population quand elle voit d’un côté des maquisards issus de ses rangs, de son sang, de l’autre des étrangers dont elle ignore la langue et exècre les mœurs, venus de pays lointains avec un état d’esprit complètement différent, des moyens techniques démesurés et sans doute la délicatesse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Comme si on pouvait espérer la moindre sympathie de villageois qui ont appris qu’à quelque distance de chez eux, l’aviation américaine avait fait des centaines de morts en bombardant par erreur une noce, comme si le problème du président Karzaï se réduisait à sa corruption. Corrompu, certes, il l’est ; mais quel gouvernement ne l’est pas sous ces latitudes ? La question n’est pas là ; elle est la profonde illégitimité d’un régime venu « dans les fourgons de l’étranger » comme la monarchie restaurée de 1815, un vice irrémédiable pour une population montagnarde, où le sentiment national - ou tribal qu’importe - est à vif.



Moins encore qu’en Algérie où une communauté d’un million de Français devait être défendue, au Vietnam, où les Américains avaient l’alibi d’endiguer le communisme, cette guerre n’a la moindre légitimité, une fois acquis que les grandes opérations terroristes ne se sont jamais préparées là et que savoir si les femmes d’Afghanistan porteront ou non la burqa ne nous regarde pas –

nous qui ne sommes même pas capable de décider si elle sera autorisée ou non sur notre sol !


Parmi les conditions de la guerre juste énumérées par saint Thomas d’Aquin, outre celles qui sont bien connues – légitime défense, épuisement des autres moyens de régler le conflit, proportionnalité des moyens aux fins, etc. il en est une moins connue : avoir des chances raisonnables de l’emporter.


En l’espèce, ces chances se réduisent à près de zéro. Ce n’est pas quelque tiers-mondiste attardé ou un vieux gaulliste du canal historique, c’est le premier ministre du Canada, Stephen Harper, faucon repenti, qui avoue publiquement son scepticisme sur les chances de jamais gagner cette guerre.


Le premier ministre du Canada, pas de la France.


Combien faudra t-il encore rapatrier de cercueils pour que notre opinion se réveille de sa léthargie et que notre classe politique ose dire l’absurdité d’un engagement militaire français dans les lointaines montagnes de l’Hindou Koush ?

Roland Hureaux


chroniqueur associé à Marianne 2


http://www.marianne2.fr

13/08/2009  |


Normalien et énarque, Roland Hureaux a été membre des cabinets de Philippe Séguin et Édouard Balladur et professeur associé à l'Institut d'études politiques de Toulouse.
Agrégé d'histoire, il a publié différents essais touchant à la politique et à l'histoire, inspirés à la fois par sa connaissance de l'histoire et une large expérience administrative, diplomatique et politique.

Correspondance Polémia
18/08/2009

 

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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 18:10

POLEMIA


Le : 19 Aôut 2009

Bagnolet, à travers un fait divers, autopsie d'une société malade

Villiers le Bel, Clichy sous Bois, Firminy et plus récemment Bagnolet : le dénominateur commun de ces localités est « émeutes urbaines » avec cet élément déclencheur invariable qu'est la mort accidentelle de jeune(s) délinquant(s) poursuivi(s). Récemment un article d'Agoravox évoquait la nuit d'émeutes de Bagnolet suite au décès accidentel dimanche soir 9 août d'un jeune à moto poursuivi par la police, sans prendre clairement position l'article semblait davantage mettre l'accent sur la responsabilité des forces de police dans le déclenchement de ces émeutes nocturnes et déplorer le manque de transparence des pouvoirs publics sur les circonstances de ce drame, plutôt que de s'inquiéter de la généralisation de ce phénomène d'émeutes de la part de certaines catégories de la population dans certaines cités, chaque fois qu'un fait divers tragique de cette nature se produit.

Sur les causes du drame les versions divergent […]. D'après certaines sources le jeune à moto aurait perdu le contrôle de son véhicule, d'après d'autres une voiture de police l'aurait poussé provoquant sa chute mortelle. Etait-il un livreur de pizza en scooter ou un fuyard en moto cross ? Le but de cet article n'est pas de trancher ce débat, mais d'observer comment les autorités, les médias et la société civile réagissent dans leur ensemble quand de tels incidents dramatiques se produisent ! En ce qui concerne les autorités, Marc Everbecq, maire de Bagnolet, anime un blog où certains de ces énoncés laissent perplexes ceux qui s'inquiètent du développement de cette culture de l'excuse vis à vis des jeunes populations immigrée. Le lundi 10 août, il énonce :  « C'est un drame épouvantable pour la famille, pour ses amis, pour notre ville ... ». « J'ai aussi constaté l'émotion et la colère des jeunes de notre ville ... ». « Bagnolet est rassemblée dans la douleur et dans la solidarité, autour de la famille et des proches ... ». « Il ne faut pas que la mémoire de ce jeune soit entachée par des débordements de colère dans les rues, comme ce fût le cas cette nuit ... ». « Que Bagnolet rende un hommage digne et respectueux à ce jeune... ».

Magnifique de compassion ! Chaque citoyen victime d'accident aimerait pouvoir bénéficier de tant d'attention ! Or celle-ci échoit à un jeune qui n'est pourtant pas peu responsable des causes de son décès : refus d'obéissance à une injonction de s'arrêter, fuite délibérée, prise de risque inconsidérée, qu'importe tout le monde lui rend hommage ! Encore plus saisissant sont les termes de l'entretien radiophonique accordé à RTL le 10 août au soir […], où le maire de Bagnolet, garant de l'ordre public déclare : […] « les jeunes, ils ont raison ! » (de tout casser ?)  « cette colère est légitime ! », fichtre ! « il est temps qu'on arrête de stigmatiser tous ces jeunes », « ce sont des jeunes qui sont plein de talent ». On voit… Dans ces interviews et encore plus sur son blog, Marc Everbecq va jusqu'à invoquer dans ce drame la responsabilité de groupes d'extrême droite comme du patronat immigrationiste colonisateur et autres fadaises qui n'ont absolument aucun rapport. Cette insulte au bon sens dans l'analyse et cette volonté à tout prix d'aller vouloir chercher des responsables ailleurs que dans le comportement de ces jeunes issus de l'immigration est particulièrement symptomatique de notre époque. Il semble s'agir d'une sorte de discours obligé qui s'est progressivement imposé à toute une classe politique même si complètement faux à la base ! Ce que j'affirme, c'est qu'au delà de la bêtise de cet élu communiste manifestement psychorigide et prisonnier de son catéchisme marxiste, un processus de soumission psychologique et de décrépitude morale s'est développé non seulement chez les politiques, mais aussi dans l'inconscient collectif de nos concitoyens.

Des éléments à l'appui de ce que j'avance ? Le traitement de l'info Bagnolet par les médias (voir la video) et l'exemple plus récent survenu à Royan. Quand on décrypte à froid cette vidéo, on se dit que fondamentalement quelque chose ne va pas, ne fonctionne plus normalement dans cette société française. En résumé sur 2 min. et 1/2 de reportage, 2min. sont consacrées à la mise en accusation des procédés de la police et les 30' restantes à la réponse de cette police d'ailleurs assez maladroite car visiblement sur la défensive. Pour bien fixer l'ambiance et mettre en exergue quelle doit être à notre époque la question essentielle, le reporter déclare à 1'38 : « témoignages assez graves qui contredisent la police ». Son résumé à lui : fi des émeutes nocturnes, fi des troubles à l'ordre public, des destructions de biens ! Les antécédents du jeune tué à moto ne sont nullement évoqués, le fait qu'il fuyait brutalement la police est complètement passé sous silence, qu'importe ! Les forces de l'ordre, en bute à des vexations constantes, lâchées par leur hiérarchie, sont les seules à être mises sur la sellette dans les reportages des médias ; nul doute qu'elles apprécieront cette évolution de nature à leur « faciliter » la tâche…

 Dans le cas de Royan où en résumé une bande de jeunes du 9-3 s'est « amusée » à reproduire dans une station balnéaire d'ordinaire paisible leurs « méthodes » de banlieue, c'est la réaction de Didier Besson adjoint au maire en charge de la sécurité (sic) qui laisse pantois ou plus exactement la sémantique du discours utilisé. Ainsi il tient à tempérer : «  C'est vrai qu'ils étaient menaçants. Mais il faut aussi comprendre que nous vivons dans un petit coin calme où la population présente une sensibilité très élevée à ce type d'incidents. » Vous suivez ? Les mœurs du 9-3, c'est désormais la norme et ce « petit coin calme » n'a qu'à s'adapter ; la population peu habituée aux violences devra s'y faire comme tout le monde ! Ces violences de Royan n'ont été rendues publiques que parce qu'une violence beaucoup plus inadmissible pour les autorités, s'est produite. En effet les commerçants forains, excédés par l'impunité dont bénéficiaient ces jeunes, ont décidé de se faire justice eux-mêmes, ce que les pouvoirs publics ne pouvaient tolérer ! (la réaction des forains, pas les « incivilités » des jeunes) !

On pourrait multiplier les exemples de cette nature : à chaque fois les forces de l'ordre sont tétanisées par la peur de la « bavure ». Par contre, les médias tiennent désormais pour normale la mise à sac de zones d'habitation, les politiques veillent à exprimer leur « compréhension » de la révolte de ces jeunes (…).

Tout concourt à reproduire un type de scénario bien rodé où il est interdit de stigmatiser certaines populations délinquantes (sous entendues victimes) et donc d'établir un diagnostic impartial de la situation, la doxa étant : « Si certains groupes communautaires sont violents et agressent délibérément notre société, les responsabilités sont à rechercher exclusivement du côté de cette dernière, fermez le ban ! » Or de même qu'un corps qui perd ses réflexes d'auto immunité ne tarde pas à contracter la maladie, une société qui n'est plus à même d'assurer son auto défense mais accepte au contraire sans réagir comme un fait obligé une déferlante de plus en plus pressante d'agressions est une société malade, où l'état souffreteux devient la norme et qui est destinée inévitablement à développer de plus en plus de pathologies ..

Le seul antidote serait encore un sursaut national consistant à rétablir la fierté d'être français, l'affirmation des principes républicains comme valeurs intangibles et le souci d'insister en premier sur les devoirs du citoyen avant de parler de ses droits !


Agoravox Hieronymus
17/08/2009
http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/bagnolet-a-travers-un-fait-divers-60248

Correspondance Polémia
18/08/2009

Image : Bagnolet
 

 

Agoravox Hieronymus

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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 18:07

POLEMIALe : 20 Aôut 2009 L'empire euro-américain à nos portes

Pour répondre à ces questions [qui nous sont posées sur notre site], je ne peux mieux faire que d’exposer une fois encore que nous ne pourrons échapper au destin mortel que nous ont préparé nos gouvernants autrement qu’en nous opposant à l’unification de l’Europe, en sortant politiquement de l’Union européenne, et en même temps admettre que pour réussir il nous faudrait des forces économiques et organisationnelles que les Italiens Libres n’ont pas.



En réalité, nous avons devant nous une énorme montagne : la volonté univoque de tous les partis, aussi bien italiens qu’européens, qu’ils soient de droite ou de gauche, stimulés, épaulés et alimentés financièrement par l’Amérique ; et ce qui rend la tâche encore plus difficile est le fait que pratiquement aucun citoyen, en Italie ou dans les autres pays, ne sait bien ce qui est en train de se produire, vu la complicité absolue entretenus par les journalistes pour conserver le silence.

Je sais qu’il est difficile, pour beaucoup de gens, de se rendre compte que la cause fondamentale de tous les maux qui nous oppressent est la mise en place, de la part des hommes politiques, des instruments indispensables à la réalisation concrète du projet d’unification de l’Europe ; projet qui auparavant était resté pratiquement sur le papier par crainte de l’ingérence de l’Union soviétique.

Je vais essayer de faire le point de la situation le plus simplement possible, en invitant les lecteurs à regarder les faits tels qu’ils se présentent sous leurs yeux.

Nous pouvons considérer la journée sur 29 mars 2009 comme une date déterminante du long parcours qui a été né cécessaire pour nous préparer à l’élimination de la Nation italienne. En fait, Berlusconi a déclaré solennellement, à l’issue du congrès du Peuple de la Liberté, que la fusion des divers partis du centre-droite servirait, en confluant dans le Parti Populaire Européen, à en faire le groupe le plus fort de tout le Parlement de Strasbourg.

Il s’agit là de la pure vérité ; mais il faut en prendre acte : Toutes les opérations politiques ont pour but d’aboutir au maximum de capacité directive de l’Empire européen. Bien entendu, les paroles de Berlusconi sur le Parti Populaire Européen ont été considérées par tous comme une conséquence logique et bienvenue et non comme le but primaire de la fusion ; mais ce genre de duperie est toujours le même, utilisé et mis en pratique chaque jour par tous les hommes politiques, par tous les dirigeants de parti : faire croire que ce qui a été fait, même au niveau européen, concerne l’Italie, les intérêts de l’Italie, laissant l’Europe et l’Amérique en toile de fond, presque invisibles, alors que c’est le contraire qui est vrai.

L’Italie est seulement le corps dont se sont servis et se servent les politiciens pour construire un empire transatlantique, un corps qu’ils sont en train de forger, morceau par morceau, sur le modèle des formes américaines afin qu’il puisse s’ajouter et l’unifier politiquement aux Etats-Unis d’Amérique.

Quelles sont ces formes ? Celles qui, dans le projet conçu par les politiciens le rendront analogue à l’Amérique : un territoire unique, sans frontières afin de supprimer les Etats, rendre les Régions toujours plus importantes et autonomes, à commencer par le fédéralisme fiscal, afin de devenir ce que sont aujourd’hui en Amérique les Etats (ce n’est pas sans raison que les présidents se sont autoproclamés des Gouverneurs) ; avec l’afflux des immigrés obtenir la multiplicité des races, des religions, des coutumes qui caractérisent l’Amérique, et avec l’imposition d’une constitution unique, une monnaie unique, un marché unique, une police unique, une armée unique, une identité unique, devenir l’Etat européen.

Les instruments strictement politiques ont déjà été créés depuis longtemps à coups de traités. En 1993-1994, le Traité de Maastricht a imposé les règles économiques et financières et a fixé les prémisses de la monnaie unique et de la prétendue « harmonisation » des polices, des codes juridiques, des programmes scolaires, culturels, sanitaires, etc. ; en 1995 a été signé le Nouvel agenda transatlantique (NAT) aux fins de former un bloc unique entre l’Union européenne et les Etats-Unis au niveau politique, économique et militaire (le centre de propulsion du projet est le Transtlantic Policy Network), financé par d’importantes multinationales américaines et eropéennes telles que Michelin, Boeing, IBM, Microsift, la Deutsche Bank et bien d’autres. D’après les recommandations émanant précisément ces jours-ci du Parlement européen, le marché transatlantique unifié devrait commencer à fonctionner à partir de 2015. Le bloc unifié politique et militaire a, en revanche, subi quelques temps d’arrêt ces dernières années mais nul ne doute que, avec la sympathique impulsion donnée par le changement de garde à la Maison-Blanche, on le mettra rapidement au pas.

Un certain nombre de lecteurs penseront alors : qu’y a-t-il de mal à essayer de devenir plus forts en s’unissant à l’Amérique, d’autant plus quand on se trouve à devoir rivaliser avec un monde globalisé ? Eh bien la réponse est très simple : tout ce projet est dénué de réalité. Il a été conçu sans tenir compte ni des antécédents de l’Amérique et de l’Europe, ni de ce qu’est en réalité le « modèle » américain et que les Italiens, les Français, les Allemands, les Espagnols, etc. devraient partager et mettre à exécution.

J’invite les personnes qui sont en train de me lire à réfléchir un instant à quelques-uns de ces téléfilms que les diverses chaînes de télévision nous proposent dans des séries interminables depuis des dizaines d’années : les « policiers », les « soap opera » comme L’Ispettore Tibbs, Ranger Walcher, Le strade della California, Colombo…

Ce sont les Américains qui se racontent eux-mêmes dans ces produits de consommation pour télévision, ce n’est pas nous qui les inventons, ou qui les racontons à partir de nos voyages, de nos études, de notre sensibilité, de nos préjudices. La vie quotidienne en terre américaine est faite de rencontres continuelles entre Blancs, Noirs, Jaunes, Mexicains, Chinois, femmes, hommes, gangs de jeunes rivalisant à qui tuera le plus, policiers corrompus ou jouant aux justiciers, shérifs en compétition avec la police fédérale, vieux menager et politiciens prêts à tout pour aboutir à leurs buts, immigrés clandestins engagés dans la prostitution et dans les trafics d’organes, clochards ressemblant à des lambeux d’êtres humains endormis sur les trottoirs, trafic de drogue constellé d’homicides… Le paradis de la société multiethnique que nous prêchent continuellement nos hommes politiques n’existe pas et ne peur pas exister.

L’Amérique en est la preuve incontestable précisément parce qu’elle est née avec cette caractéristique. Les premiers immigrants anglaise ont débarqué sur la côte américaine (la Virginie) en 1607. Les premiers Noirs les rejoignirent quelques années plus tard, en 1620, amenés par un bateau hollandais qui faisait commerce d’esclaves. C’est à partir de cette époque que sont arrivés en Amérique des individus de toutes les races, de toutes les religions, de toutes les cultures. Mais, en dépit de l’immensité du territoire et de ses richesses considérables, malgré l’origine commune des immigrés et l’usage de la même langue, l’unique modèle culturel qui a pu se développer est le modèle, matériel, du marché, du commerce, du culte de l’argent et de la volonté de l’accroître en abattant toutes les barrières qui fassent obstacle à la circulation des marchandises. De là découle toute l’histoire de l’Amérique, sa volonté de domination pratiquement jusqu’à l’actuelle crise économique.

Inutile de tourner autour du pot : l’Europe doit se tuer pour essayer de leur ressembler. La richesse de l’Europe réside dans son intelligence, sa créativité, ses productions de langues, de pensée, d’art, de musique, de droit, de sciences.

Réduite à un modèle de marché, sens identités de nations, de patries, de civilisations, l’Europe sera, comme elle le démontrer dès aujourd’hui, extrêmement faible, extrêmement pauvre.

La démocratie sera ce qu’elle est aujourd’hui, de pure formalité électorale, dont nous ne connaissons ni le nom ni la langue de ceux qui nous gouvernent. Et puis la liberté n’est qu’apparente puisque tous les instruments ont été mis en place afin que personne ne puisse de rebeller. Le mandat d’arrêt européen, qui sera étendu au système judiciaire américain ; l’archivage commun de toutes les empreintes digitales ; le contrôle des comptes courants et l’interdiction de la circulation de l’argent en espèces, toutes choses qui suffisent pour empêcher toute velléité d’opposition. Sans argent et sans secret il est naturellement impossible d’organiser la moindre petite action de désordre [perturbation ?] ; pour cela la querelle sur les paradis fiscaus concerne exclusivement l’Europe, laissant dans la complète indifférence les Américains et les Israéliens : il n’y a qu’en Europe que le fait de possséder secrètement de l’argent pourrait permettre une quelconque rébellion contre la perte de la patrie.

C’est ainsi que vont les choses. Mais même si le cadre est atroce, nous devons continuer à surveiller les événements avec la plus grande attention, nous efforcer de gagner les informations et ouvrir les yeux à tous ceux qui ne savent âs encore et ne se rendent pas compte de ce qu’est le projets des politiciens et nous tenir prêts pour quand arrivera le moment – ça c’est certain – où il sera possible d’agir.

Ida Magli
ItalianiLiberi
02/04/09
http://www.italianiliberi.it/Edito09/ilpunto.html

Traduction de l’italien pour Polémia par YF

Correspondance Polémia
20/08/2009

Image : Eutope des régions
 

 

Ida Magli

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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 18:06

POLEMIA


Le : 14 Aôut 2009

L'Europe aux prises avec l'immigration de masse

L’Europe est pour la première fois de son histoire un continent de migrants. 40 millions sont nés dans un autre pays. Plus de 10% du total.

L’effet de taille compte énormément, écrit Christopher Caldwell, éditorialiste au Financial Times. On dénombre 15 à 17 millions de musulmans en Europe. C’est unique dans l’histoire. Et cette immigration constitue le plus grand problème que rencontre l’Europe. Il est frappant de constater le manque de confiance de la démocratie, sa plus importante valeur morale, à le traiter, écrit-il.

Si l’Europe accueille davantage d’immigrants que ses citoyens ne le souhaitent, c’est une bonne indication que la démocratie fonctionne mal. Dans ce contexte de «confrontation avec l’islam», il dépeint des Européens de souche qui «se sentent exclus chez eux, victimes d’une OPA culturelle» et propose ses propres pistes.

L’islam a brisé bien des habitudes, structures et institutions de l’Etat. L’immigration, à travers sa main-d’œuvre bon marché, peut être bénéfique à l’économie privée. Pour l’Etat, c’est différent. Les prestations aux immigrés et à leurs familles dépassent leurs contributions. En Allemagne, les indigènes de 20 à 65 ans paient davantage de contributions qu’ils ne font appel aux prestations sociales. Les Turcs d’Allemagne ne le font qu’entre 28 et 57 ans. La tendance n’est pas encourageante. Entre 1971 et 2000, le nombre de résidents étrangers en Allemagne a explosé de 3 à 7,5 millions, mais le nombre d’étrangers actifs s’est maintenu à 2 millions!

L’immigration et l’Etat social se marient mal. «Une fois que les immigrés comprennent le système d’Etat social, ils peuvent changer les objectifs des assurances sociales. Au lieu de dépenser les prestations sociales, par exemple en nourriture, l’argent peut financer l’islam. Les deux tiers des imans en France sont à la sécurité sociale», explique Caldwell.

Certes la gestion cohérente des flux de population n’est pas aisée avec une économie globale complexe et les conséquences culturelles qui en résultent. Il ne s’agit pas seulement d’importer des facteurs de production, mais aussi le changement social. Car avec l’immigration de masse, la diversité, la tolérance, le sécularisme sont mis à rude épreuve.

Ces 20 dernières années mettent en lumière l’absence d’assimilation. Caldwell observe même une détérioration avec les nouvelles générations. Des zones de non-droit émergent dans les banlieues. Nicolas Sarkozy est le seul chef d’Etat à condamner les responsables d’émeutes dans les banlieues et non pas le manque de générosité à leur égard. Ce n’est pas à des délinquants de déterminer l’agenda politique. Caldwell approuve avec force. Mais est-il trop tard ? Les lois sur la tolérance ont commencé à profiter aux intolérants, dit-il.

Caldwell s’en tient aux faits: 19% des Européens pensent que l’immigration est bonne pour leur pays. Les autres ne sont pas devenus moins généreux envers les immigrés. «Simplement, ils paient la facture». Beaucoup d’Européens sont à la recherche d’une vie meilleure, comme les immigrés. Mais, contrairement à ces derniers, «ils n’ont pas voulu le changement», explique l’auteur. Ils sont pourtant expulsés de la culture de leurs parents. Certaines de leurs traditions sont parfois rejetées sous prétexte que les immigrés musulmans pourraient se sentir exclus. La réciprocité des pays musulmans à l’égard de religion chrétienne n’est pourtant de loin pas garantie.

Pour l’auteur, l’histoire de l’Europe est, depuis la Seconde Guerre mondiale, une histoire d’émancipation à l’égard des Etats-Unis. La création de l’Union européenne s’inscrit dans ce contexte. La solution à l’immigration de masse risque toutefois d’obliger l’Europe à suivre l’exemple américain. Les Etats-Unis sont, en théorie, libres, ouverts et occidentaux. En pratique, «l’Amérique exerce des pressions dignes de Procuste sur les immigrés pour qu’ils se conforment à leur système. Ce sont ces pressions et non son ouverture qui font des Etats-Unis un peuple». L’immigré peut maintenir sa culture ancestrale, mais «si elle l’empêche de parler l’anglais ou d’être à l’heure au travail, il aura faim. Il rentrera dans son pays et personne ne le regrettera». Le modèle américain ne peut toutefois être transposé intégralement. Il résulte de conditions historiques particulières et d’une réforme du système pénal , sous Nixon, destiné à lutter plus férocement contre la drogue. De plus, l’Amérique compte seulement 2 millions de musulmans.

Le problème de base avec l’islam et avec l’immigration tient au fait que les communautés les plus fortes en Europe ne sont pas des communautés européennes», selon Caldwell. Ce problème existe malgré le multiculturalisme des Pays-Bas et la laïcité de la France. L’islam est une religion magnifique, mais ce n’est pas la religion de l’Europe et ce n’est en aucune manière la culture européenne. Il est certain que l’Europe sortira changée de la confrontation.

Quand une culture malléable, incertaine et relative rencontre une culture confiante, bien ancrée, renforcée par des doctrines communes, c’est la première qui s’adapte à la seconde.

Emmanuel Garessus
03/07/2009

LeTemps.ch

Christopher Caldwell, Reflections on the Revolution in Europe: Immigration,
Islam and the West
, : Allen Lane (22 avril 2009) Collection : A/L PENG PRESS,
384 pages

http://www.amazon.fr/Reflections-Revolution-Europe-Immigration-Islam/dp/0713999365
 

Correspondance Polémia
14/08/2009

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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 18:06

POLEMIA


Le : 20 Aôut 2009

Fabriquer l'apparence du redressement : « L'intox. » est un produit mondialisé

Vendredi dernier, il y avait un gros titre sur Bloomberg.com :


« Les actions américaines montent et les bons du trésor chutent alors que le taux de chômage baisse ».

Observons la baisse du taux de chômage qui a été rapportée.


Pensez-vous vraiment que l’industrie automobile des Etats-Unis a créé 28.000 emplois en juillet, en plein milieu de la faillite de General Motors (GM), de la vente et de la fermeture de divisions auto de GM et de la disparition de concessionnaires GM ?


 Non ? Eh bien, c’est ce que le Bureau des Statistiques sur l’Emploi [Bureau of Labor Statistics] (BLS) a rapporté.


Ces 28.000 nouveaux emplois ont été créés par « ajustements saisonniers ». Juillet est un mois où des emplois sont automatiquement ajoutés par le BLS pour atténuer la variation saisonnière des licenciements des travailleurs automobile durant la réorganisation pour la nouvelle année automobile [les nouveaux modèles sortent au second semestre].


 Cette année, la majeure partie de la réorganisation ne s’est pas produite, pourtant, il y a bien eu des réajustements saisonniers. Les ajustements sont également faits pour soutenir les industries qui sont partiellement à l’arrêt alors que la production automobile stoppe pour se réorganiser.

Encore plus d’emplois fantômes ont été créés par le « Modèle Création/Destruction ». Les données sur les emplois salariés contiennent des estimations sur les embauches par les nouvelles entreprises et sur les emplois détruits par les faillites d’entreprises. Les entreprises faisant faillite ne rapportent pas les emplois perdus (destructions) et les nouveaux emplois créés par les start-up (créations) ne sont pas pris en compte dans le rapport. Le gouvernement estime ces chiffres, mais ces estimations sont principalement basées sur les périodes de croissance, pas en périodes de récession. Par conséquent, durant les retournements économiques, les estimations selon le Modèle Création/Destruction surestime le nombre de nouveaux emplois créés par les start-up et sous-estime les destructions d’emplois.

Les perspectives de l’emploi ont été encore améliorées en supprimant des chiffres du chômage une autre catégorie de travailleurs, qui sont restés trop longtemps au chômage sans rechercher activement un emploi. Souvenez-vous que les chômeurs de longue durée ne recherchant pas activement un emploi (les personnes au chômage depuis plus d’un an) ne sont pas comptabilisés dans la population active. La longueur du déclin actuel signifie que les chômeurs plus récents découragés par la recherche d’emploi, qui sont comptabilisés parmi les chômeurs, sont en train de passer dans la catégorie des chômeurs de longue durée, qui efface tout simplement leur existence et qui abaisse le taux officiel de chômage.

Toutes sortes de distorsions peuvent trouver leur voie dans les statistiques officielles. Par exemple, les estimations de la production industrielle sont basées sur la consommation d’électricité. Un temps inhabituellement chaud, qui provoque un bond de l’utilisation de l’air conditionné, apparaît dans les statistiques comme une augmentation de la production industrielle. Des périodes fraîches durant l’été réduisent la consommation d’électricité et ont pour résultat des chutes fantômes de la production industrielle.

 Des chiffres dérisoires des ventes de détail peuvent augmenter sous l’effet d’une augmentation de l’inflation.

 Une augmentation du PIB peut être le résultat d’une inflation sous-estimée.

D’autres distorsions apparaissent lors des comparaisons d’une année sur l’autre. Au fur et mesure que le temps passe, les nouvelles comparaisons ne se font pas avec les pics précédents, mais avec les plus bas plus récents. Par conséquent, les déclins qui sont rapportés sont moins sévères que les précédents, ce qui a pour résultat que les choses paraissent meilleures alors qu’elles ne le sont pas.

En arrangeant les nouvelles économiques, une apparence de redressement est créée et ceci trompe les gens qui retournent vers la bourse et les marchés immobiliers, où ils peuvent perdre l’argent qu’il leur reste.

Paul Craig Roberts
13/08/2009
CounterPunch,
Titre original : « Spinning the Economics News »

Paul Craig Roberts a été Secrétaire au Trésor adjoint sous Ronald Reagan.

Traduction : [JFG-QuestionsCritiques]
http://questionscritiques.free.fr/edito/CP/Paul_Craig_Roberts/statitiques_emploi_Etats-Unis_tromperie_120809.htm

Correpondance Polémia
20/08/2009
 

 

Paul Craig Roberts

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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 18:03
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