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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 06:05
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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 06:00

CORRUPTION DE L'UMP

 

 

 

 

Si l’UMP paie à la mairie de Paris le montant des dommages causés par l’infraction pénale pour laquelle Jacques Chirac est poursuivi, ce sera, d’abord une reconnaissance de la culpabilité de l’ancien président de la république, ensuite un (nouveau) détournement de fonds publics.

 

 

Les partis politiques sont largement subventionnés par les contribuables et il n’existe aucune raison, ni morale (au contraire) ni juridique, pour que l’UMP paie à la place de Chirac.

Enfin, que la mairie de Paris, dirigée par le socialiste Delanoë, se prête à ce trafic montre bien la collusion des partis politiques du système.

Alors que M. Marin, procureur de Paris, a, en outre, décidé de ne pas soutenir l’accusation contre J. Chirac, le Front National demande que les subventions que reçoit l’UMP ne servent pas à rembourser ce qui a déjà été un premier vol des contribuables français.

 

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L’accord passé entre Sarkozy et Delanoë visant à exonérer Chirac des conséquences de ses graves infractions qui relèvent du code pénal éclaire à nouveau les scandaleuses connivences qui unissent les amis, copains et coquins du système.

Sans aucune vergogne, au vu et au su des Français, ces gens-là exposent leurs pratiques avec une désinvolture qui en dit long sur la considération dans laquelle ils tiennent nos compatriotes. Puiser dans la caisse d’un parti, très largement abondé par les contribuables, en s’affranchissant ainsi de toute morale publique et privée, afin de se jouer des poursuites judiciaires, relève de pratiques mafieuses, dignes des républiques bananières.

Les citoyens, ainsi du reste que les militants des partis concernés, devraient s’en souvenir lors des prochaines consultations électorales.

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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 05:59

Une majorité de français voit avec faveur le démantèlement des campements sauvages de Roms et l’expulsion du territoire d’un certain nombre d’entre eux. Mais ces grandes manœuvres sarkozystes sont essentiellement à visée électoraliste.

 

 

 

Car ces « expulsions » « volontaires » (sic) coûteuses ne servent à rien : les intéressés, de l’aveu des forces de police et de gendarmerie, ne se gênent pas pour revenir, le gouvernement français s’étant privé lui-même des moyens de les en empêcher.

Une majorité de français voit avec faveur le démantèlement des campements sauvages de Roms et l’expulsion du territoire d’un certain nombre d’entre eux. Mais ces grandes manœuvres sarkozystes sont essentiellement à visée électoraliste.

 

 

 

Car ces « expulsions » « volontaires » (sic) coûteuses ne servent à rien : les intéressés, de l’aveu des forces de police et de gendarmerie, ne se gênent pas pour revenir, le gouvernement français s’étant privé lui-même des moyens de les en empêcher.

Certains, éternels naïfs et futurs cocus, s’enthousiasment à nouveau, comme en 2007, de la posture en apparence « sécuritaire » de Nicolas Sarkozy, dont le bilan en matière de sécurité et d’immigration est pourtant catastrophique

Or c’est lui qui, en promouvant le traité de Lisbonne, a ouvert les frontières à tous les ressortissants venant d’Europe Centrale. Comme ne se prive pas de le dire l’association « Terre d’Asile », les millions de Roms originaires de Roumanie, Hongrie, Tchéquie, Slovaquie, Slovénie, ont, comme les autres citoyens de ces pays, acquis en vertu de ces traités le droit d’entrer en France sans visa et sans autorisation, tout comme les Belges, les Italiens. etc. Et ce que nous voyons n’est que le début de cette transhumance !

La conclusion est claire : rien n’est possible, sans renégociation des traités européens et sans restauration de notre souveraineté sur notre territoire. Tout le reste n’est que poudre aux yeux pour électeur de droite myope et amnésique.

Or c’est lui qui, en promouvant le traité de Lisbonne, a ouvert les frontières à tous les ressortissants venant d’Europe Centrale. Comme ne se prive pas de le dire l’association « Terre d’Asile », les millions de Roms originaires de Roumanie, Hongrie, Tchéquie, Slovaquie, Slovénie, ont, comme les autres citoyens de ces pays, acquis en vertu de ces traités le droit d’entrer en France sans visa et sans autorisation, tout comme les Belges, les Italiens. etc. Et ce que nous voyons n’est que le début de cette transhumance !

La conclusion est claire : rien n’est possible, sans renégociation des traités européens et sans restauration de notre souveraineté sur notre territoire. Tout le reste n’est que poudre aux yeux pour électeur de droite myope et amnésique.

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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 05:50

LA RISLE

 

 

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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 05:46
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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 00:06

LE ROUMOIS

 

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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 23:20

 

 

MOULINEAUX

 

 

MAISON BRULEE

 

 

 

 

http://wikimapia.org/#lat=49.3573338&lon=0.9564972&z=13&l=2&m=h

 

 

 

 

 

 

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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 23:17
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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 23:14

CORNEVILLE-SUR-RISLE

 

 

LES CLOCHES DE CORNEVILLE

 

 

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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 23:12

Roms et manouches

 

Romano et romani, romanichel, tzigane, zingaro et zingari et même zingara, bohémien, égyptien, gitano, gitana, gitan, manouche et le dernier né : rom

 

C’est un casse-tête et une source d’embrouilles que de nommer les populations, nomades ou non, établies en France et en Europe, qui sont dites « rom » ou « gens du voyage » en novlangue bien pensante. Un simple écart de langage, du type baraquoin ou voleurs de poules, et hop, ni une ni deux, ou plutôt eins zwei drei comme dans la France occupée,  vous voilà collé au poteau : pardon, mis au pilori antiraciste. Outre les noms cités ci-dessus, ces populations ont été appelées au cours des siècles cigain, cingre, singuane, cingle, cingane, cingari, zingane, zingre, gitain, tchingari. Voilà de quoi donner le tournis et des occasions innombrables de tourner cent fois sa langue dans sa bouche avant même de se risquer à émettre le moindre son, comme s’il était tabou de nommer ces hommes et ces femmes. Ils ont un nom variable, changeant, fluctuant ; et en plus il est interdit de leur donner un nom ou de les nommer par quelque nom que ce soit. Il y aura toujours un censeur ou un inquisiteur pour vous remettre dans le droit chemin ou la bonne voie, laquelle se dit en arabe charia. Les « roms », c’est comme Iahvé : il n’est pas recommandé de dire leur nom.

Les dictionnaires portent les traces – en NLF les « stigmates » - de ces hésitations. Ce qui a longtemps suscité l’intérêt des autochtones (comprendre : les Français), c’est l’origine de ce ou ces peuple(s). Aujourd’hui, les savants, en se fondant sur une comparaison entre le romani tschib (ou « langue des tziganes ») et les diverses langues d’Europe et d’Inde, ont acquis la certitude (cette certitude est « leur », ce n’est pas celle d’Arouet, qui est sceptique en tout) que ces populations sont originaires du nord de l’Inde : « peuple nomade, vivant de petits métiers, originaire du nord de l’Inde, et répandu en Europe aux XVe-XVIe siècles après de longs périples à travers le Proche-Orient », « peuple originaire de l’Inde, présent en Europe depuis le début des temps modernes et menant une existence nomade », Trésor de la langue française, 1971-94 ; « membres d’une tribu vagabonde que l’on croit venue de l’Inde, et qui se rattache, par son langage, à la famille sanskrite », Barré, 1842, Complément au DAF ; « (la) langue des tzingaris (…) parait être un dialecte indien très corrompu », « ces peuples, sorte de parias, sont venus originairement de l’Indoustan », Littré, Dictionnaire de la langue française, 1863-77. Or, les Français des siècles classiques n’étaient pas des linguistes. La responsabilité en incombe peut-être au sanscrit, langue sacrée et archaïque de l’Inde, qui n’a été découverte et étudiée qu’à la fin du XVIIIe siècle, ce qui a fondé la grammaire comparée des langues indo-européennes ou, pour parler comme les Allemands, indo-germaniques ou aryennes. Les Français d’aujourd’hui ne sont pas plus versés que leurs ancêtres dans cette linguistique-là. Naïvement ou plutôt empiriquement, ces ancêtres pensaient que ce peuple nomade était originaire de Bohême : « Les Bohémiens, ainsi nommés parce qu’ils venaient de Bohême, lorsqu’ils parurent pour la première fois en France (1427, en 1467 selon les auteurs du TLF), sont appelés Roma, Kola ou Sinte dans l’Orient, Zigeuner en Allemagne, Zingari en Italie, Gitanos en Espagne, Gipsy en Angleterre » (Barré, 1842) ; « membre de tribus vagabondes que l’on croyait originaires de Bohême » (TLF, 1971-94) ; « vagabonds que l’on croyait originaires de la Bohême et qui errent dans beaucoup de pays, disant la bonne aventure, exerçant diverses industries » (DAF, 1879) ; « ainsi dits parce qu’on croyait qu’ils venaient de la Bohème » (Littré, 1863-77) ; ou encore que ce peuple était originaire du Proche-Orient ou d’Egypte : « Egyptien, vieilli, celui, celle qui est membre de tribus nomades qu’on croyait originaires d’Égypte » (TLF) ; « les mots (tzigane, gitan et autres) font référence à l’Égypte, pays que l’on croyait alors berceau de ce peuple » (TLF) ; « Les Gitanos sont appelés aussi Bohémiens ; suivant les uns, ils descendent des anciens Maures ; suivant d’autres, dont l’opinion a été confirmée par la linguistique, ils appartiennent à la race hindoue » (Barré, 1842) ; ou bien, tout simplement, ils reconnaissent leur ignorance : « (Tzigane) se dit d’une race nomade d’origine inconnue » (DAF, 1932-35).

Pourtant, aucun des noms par lesquels ce ou ces peuple(s) sont désignés depuis quatre ou cinq siècles n’est un terme de mépris. Ils sont parfaitement honorables. Tzigane, déformation d’égyptien, est un emprunt à l’allemand ou au russe ; zingari, zingaro, zingaro est un emprunt à l’italien, « tzigane » ; bohémien est dérivé du nom propre Bohême ; Egyptien d’Egypte ; gitan est un emprunt à l’espagnol gitano, déformation d’egiptano ; romanichel (attesté au début du XIXe siècle) est un mot de la langue des tziganes d’Allemagne signifiant « peuple des tziganes », composé de romani, « propre aux tziganes », et de tchel, « peuple, race » ; romani est un adjectif de la langue des tziganes qui signifie « propre aux roms », les tziganes se désignant eux-mêmes par ce dernier nom ; manouche est un mot tzigane qui signifie aussi « homme ».

Certes, les définitions des anciens dictionnaires ne sont pas toutes flatteuses : « (bohémien) désigne une sorte de gens vagabonds qui courent le pays, disant la bonne aventure, et dérobant avec adresse » (DAF, 1740). Ces préjugés, assez flatteurs à dire vrai puisque les académiciens reconnaissent des talents à ces vagabonds (« dérobant avec adresse » : il n’est pas donné à tout le monde de voler son prochain sans que ce dernier s’en rende compte – il n’y a plus que les politiciens aujourd’hui qui sachent le faire), disparaissent du Dictionnaire de la langue française de Littré : « Nom de bandes vagabondes, sans domicile fixe, sans métier régulier, et se mêlant souvent de dire la bonne aventure : on leur donne aussi le nom d’Égyptiens et de Zingaris » (la dernière trace de mépris se loge peut-être dans bandes) et du Trésor de la langue française (1971-94, autre monument du progressisme moral) : « Usuel, membre de tribus vagabondes se livrant à diverses activités artisanales (chaudronnerie, maquignonnage, vannerie, etc.) et disant la bonne aventure » (campement, roulotte, troupe de bohémiens ; synonymes bohême, romanichel, tzigane, etc.). Ils ne volent pas, ils travaillent, comme tout un chacun – sauf ceux qui chôment. En bref, circulez, braves gens, il n’y a rien à leur reprocher.

 

 

 

Tous ces noms bien formés et riches de sens ont une histoire ; ou, plus exactement, ils disent une histoire, qui est ce qu’elle est, imparfaite comme toute histoire, singulière, attachante, et les relations difficiles ou agitées qui opposent, depuis la nuit des temps, les peuples nomades aux peuples sédentaires. Quoi qu’il en soit, cette histoire n’a rien des contes de fées ou du monde enchanté des bisounours que les bien pensants voudraient que soit désormais l’histoire. C’est sans doute ce qui explique que ces mots soient interdits et que, à cause des tabous, de la censure, de l’épuration terminologique, ils aient été remplacés par le sinistre et crétin gens du voyage (Jean Duvoyage ?) et le non moins sinistre rom. Ce dernier est certes un mot de la langue des tziganes et autres romanos, ce qui a sans doute poussé les dévots à l’adopter au détriment des vieux mots français et européens, en vertu de la loi non écrite et qui n’est pas universelle qui veut ou qui voudrait que l’on nommât les peuples par le nom qu’eux-mêmes se donnent. On ne dit plus lapons ni esquimaux, mais Inuits (avec un I majuscule), plus mahométans, mais musulmans, plus tziganes ou bohémiens, mais roms. Cette règle s’arrête aux Allemands ou aux Anglais. Ils se disent Deutsch, on les dit Allemands ; ils se disent English ou British, on les dit Anglais ou Britanniques, etc. Va comprendre, Charles.

 

 

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Roms et manouches

 

Romano et romani, romanichel, tzigane, zingaro et zingari et même zingara, bohémien, égyptien, gitano, gitana, gitan, manouche et le dernier né : rom

 

C’est un casse-tête et une source d’embrouilles que de nommer les populations, nomades ou non, établies en France et en Europe, qui sont dites « rom » ou « gens du voyage » en novlangue bien pensante. Un simple écart de langage, du type baraquoin ou voleurs de poules, et hop, ni une ni deux, ou plutôt eins zwei drei comme dans la France occupée,  vous voilà collé au poteau : pardon, mis au pilori antiraciste. Outre les noms cités ci-dessus, ces populations ont été appelées au cours des siècles cigain, cingre, singuane, cingle, cingane, cingari, zingane, zingre, gitain, tchingari. Voilà de quoi donner le tournis et des occasions innombrables de tourner cent fois sa langue dans sa bouche avant même de se risquer à émettre le moindre son, comme s’il était tabou de nommer ces hommes et ces femmes. Ils ont un nom variable, changeant, fluctuant ; et en plus il est interdit de leur donner un nom ou de les nommer par quelque nom que ce soit. Il y aura toujours un censeur ou un inquisiteur pour vous remettre dans le droit chemin ou la bonne voie, laquelle se dit en arabe charia. Les « roms », c’est comme Iahvé : il n’est pas recommandé de dire leur nom.

Les dictionnaires portent les traces – en NLF les « stigmates » - de ces hésitations. Ce qui a longtemps suscité l’intérêt des autochtones (comprendre : les Français), c’est l’origine de ce ou ces peuple(s). Aujourd’hui, les savants, en se fondant sur une comparaison entre le romani tschib (ou « langue des tziganes ») et les diverses langues d’Europe et d’Inde, ont acquis la certitude (cette certitude est « leur », ce n’est pas celle d’Arouet, qui est sceptique en tout) que ces populations sont originaires du nord de l’Inde : « peuple nomade, vivant de petits métiers, originaire du nord de l’Inde, et répandu en Europe aux XVe-XVIe siècles après de longs périples à travers le Proche-Orient », « peuple originaire de l’Inde, présent en Europe depuis le début des temps modernes et menant une existence nomade », Trésor de la langue française, 1971-94 ; « membres d’une tribu vagabonde que l’on croit venue de l’Inde, et qui se rattache, par son langage, à la famille sanskrite », Barré, 1842, Complément au DAF ; « (la) langue des tzingaris (…) parait être un dialecte indien très corrompu », « ces peuples, sorte de parias, sont venus originairement de l’Indoustan », Littré, Dictionnaire de la langue française, 1863-77. Or, les Français des siècles classiques n’étaient pas des linguistes. La responsabilité en incombe peut-être au sanscrit, langue sacrée et archaïque de l’Inde, qui n’a été découverte et étudiée qu’à la fin du XVIIIe siècle, ce qui a fondé la grammaire comparée des langues indo-européennes ou, pour parler comme les Allemands, indo-germaniques ou aryennes. Les Français d’aujourd’hui ne sont pas plus versés que leurs ancêtres dans cette linguistique-là. Naïvement ou plutôt empiriquement, ces ancêtres pensaient que ce peuple nomade était originaire de Bohême : « Les Bohémiens, ainsi nommés parce qu’ils venaient de Bohême, lorsqu’ils parurent pour la première fois en France (1427, en 1467 selon les auteurs du TLF), sont appelés Roma, Kola ou Sinte dans l’Orient, Zigeuner en Allemagne, Zingari en Italie, Gitanos en Espagne, Gipsy en Angleterre » (Barré, 1842) ; « membre de tribus vagabondes que l’on croyait originaires de Bohême » (TLF, 1971-94) ; « vagabonds que l’on croyait originaires de la Bohême et qui errent dans beaucoup de pays, disant la bonne aventure, exerçant diverses industries » (DAF, 1879) ; « ainsi dits parce qu’on croyait qu’ils venaient de la Bohème » (Littré, 1863-77) ; ou encore que ce peuple était originaire du Proche-Orient ou d’Egypte : « Egyptien, vieilli, celui, celle qui est membre de tribus nomades qu’on croyait originaires d’Égypte » (TLF) ; « les mots (tzigane, gitan et autres) font référence à l’Égypte, pays que l’on croyait alors berceau de ce peuple » (TLF) ; « Les Gitanos sont appelés aussi Bohémiens ; suivant les uns, ils descendent des anciens Maures ; suivant d’autres, dont l’opinion a été confirmée par la linguistique, ils appartiennent à la race hindoue » (Barré, 1842) ; ou bien, tout simplement, ils reconnaissent leur ignorance : « (Tzigane) se dit d’une race nomade d’origine inconnue » (DAF, 1932-35).

Pourtant, aucun des noms par lesquels ce ou ces peuple(s) sont désignés depuis quatre ou cinq siècles n’est un terme de mépris. Ils sont parfaitement honorables. Tzigane, déformation d’égyptien, est un emprunt à l’allemand ou au russe ; zingari, zingaro, zingaro est un emprunt à l’italien, « tzigane » ; bohémien est dérivé du nom propre Bohême ; Egyptien d’Egypte ; gitan est un emprunt à l’espagnol gitano, déformation d’egiptano ; romanichel (attesté au début du XIXe siècle) est un mot de la langue des tziganes d’Allemagne signifiant « peuple des tziganes », composé de romani, « propre aux tziganes », et de tchel, « peuple, race » ; romani est un adjectif de la langue des tziganes qui signifie « propre aux roms », les tziganes se désignant eux-mêmes par ce dernier nom ; manouche est un mot tzigane qui signifie aussi « homme ».

Certes, les définitions des anciens dictionnaires ne sont pas toutes flatteuses : « (bohémien) désigne une sorte de gens vagabonds qui courent le pays, disant la bonne aventure, et dérobant avec adresse » (DAF, 1740). Ces préjugés, assez flatteurs à dire vrai puisque les académiciens reconnaissent des talents à ces vagabonds (« dérobant avec adresse » : il n’est pas donné à tout le monde de voler son prochain sans que ce dernier s’en rende compte – il n’y a plus que les politiciens aujourd’hui qui sachent le faire), disparaissent du Dictionnaire de la langue française de Littré : « Nom de bandes vagabondes, sans domicile fixe, sans métier régulier, et se mêlant souvent de dire la bonne aventure : on leur donne aussi le nom d’Égyptiens et de Zingaris » (la dernière trace de mépris se loge peut-être dans bandes) et du Trésor de la langue française (1971-94, autre monument du progressisme moral) : « Usuel, membre de tribus vagabondes se livrant à diverses activités artisanales (chaudronnerie, maquignonnage, vannerie, etc.) et disant la bonne aventure » (campement, roulotte, troupe de bohémiens ; synonymes bohême, romanichel, tzigane, etc.). Ils ne volent pas, ils travaillent, comme tout un chacun – sauf ceux qui chôment. En bref, circulez, braves gens, il n’y a rien à leur reprocher.

 

 

 

Tous ces noms bien formés et riches de sens ont une histoire ; ou, plus exactement, ils disent une histoire, qui est ce qu’elle est, imparfaite comme toute histoire, singulière, attachante, et les relations difficiles ou agitées qui opposent, depuis la nuit des temps, les peuples nomades aux peuples sédentaires. Quoi qu’il en soit, cette histoire n’a rien des contes de fées ou du monde enchanté des bisounours que les bien pensants voudraient que soit désormais l’histoire. C’est sans doute ce qui explique que ces mots soient interdits et que, à cause des tabous, de la censure, de l’épuration terminologique, ils aient été remplacés par le sinistre et crétin gens du voyage (Jean Duvoyage ?) et le non moins sinistre rom. Ce dernier est certes un mot de la langue des tziganes et autres romanos, ce qui a sans doute poussé les dévots à l’adopter au détriment des vieux mots français et européens, en vertu de la loi non écrite et qui n’est pas universelle qui veut ou qui voudrait que l’on nommât les peuples par le nom qu’eux-mêmes se donnent. On ne dit plus lapons ni esquimaux, mais Inuits (avec un I majuscule), plus mahométans, mais musulmans, plus tziganes ou bohémiens, mais roms. Cette règle s’arrête aux Allemands ou aux Anglais. Ils se disent Deutsch, on les dit Allemands ; ils se disent English ou British, on les dit Anglais ou Britanniques, etc. Va comprendre, Charles.

Pour ce qui est de rom, le problème n’est pas la forme, mais le sens qu’a ce mot dans la langue des tziganes. Il signifie « homme », comme manouche. Oui, ces peuples se désignent fièrement, et même arrogamment, par le mot qui signifie « homme » ; ce qui implique que, dans l’esprit de ceux qui se désignent ainsi, les autres – ceux qui ne sont pas de leur peuple, race, ethnie, histoire et tout ce que l’on voudra d’autre – sont au mieux des sous-hommes, au pis des animaux. Si les Français décidaient de se nommer hommes, les cris d’indignation, poussés par les commissaires politiques, les auraient sans doute rendus sourds avant qu’ils ne mettent leur projet à exécution. Autrement dit, rom et manouche exaltent une lignée, une ethnie, une race, un peuple. Ils sont les über alles de sinistre mémoire. Pourtant, ces tares « nauséabondes », pour parler en NLF bien pensante, n’ont pas dissuadé les dévots de les imposer (il n’est pas un seul politiqueux ou cultureux ou conscienceux qui ne dise pas ce sésame ouvre-toi) pour remplacer les vieux et beaux mots bohémien, égyptien, gitan, tzigane, romanichel… La condamnation de la fierté raciale est à géométrie variable. Tout dépend de la race de celui qui exalte la fierté de sa race.

 

 

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