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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 05:32

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L'heure de gloire des eurosceptiques

Les irréductibles eurosceptiques britanniques crient victoire… peut-être prématurément !

Dans la tourmente dialectique des économistes de toute tendance, à qui se fier, aux europhiles ou aux europhobes ? A moins d’être doté d’une culture exceptionnelle en économie et de s’extraire de toute idéologie, le profane y perd son latin.

Après avoir présenté trois articles (*), émanant du monde universitaire, politique et économique, qui rejettent toute velléité d’abandon de l’euro pour retrouver les monnaies nationales, Polémia, pour respecter un certain équilibre, met en ligne la traduction d’une longue communication publiée par l’hebdomadaire britannique The Spectator sous le titre The great euro swindle [la grande escroquerie]. Les auteurs ne ménagent pas les partisans de l’euro et s’attaquent tout spécialement au principal défenseur de la monnaie unique, Financial Times.

Polémia

A voir la zone euro aller de Charybde en Scylla, faut-il conclure que l’euro est condamné ? Deux Britanniques estiment que les eurosceptiques ont gagné et demandent des comptes aux partisans de la monnaie unique.

Dans l’histoire, peu de factions ou de mouvements ont remporté une victoire aussi complète et aussi écrasante que celle des conservateurs eurosceptiques aujourd’hui. Ce sont eux, aujourd’hui, les maîtres du jeu. Non seulement avaient-ils raison sur la monnaie unique, le plus grand enjeu économique de notre temps, mais ils avaient raison pour les bonnes raisons. Ils avaient prévu avec une précision d’une lucidité quasi-prophétique comment et pourquoi l’euro allait entraîner dans son sillage la dévastation financière et l’effondrement des sociétés. Pendant ce temps, les pro-européens se retrouvent dans la même situation que les pacifistes en 1940, ou les communistes après la chute du mur de Berlin.

Ils sont parfaitement KO. Penchons-nous sur le cas du Financial Times, qui se targue d’être la meilleure publication économique de Grande-Bretagne : il y a 25 ans environ, le FT s’est mis à dérailler. Tournant le dos à ses lecteurs, le journal est alors tombé sous la coupe d’une clique de journalistes de gauche. Il y avait déjà eu un signe annonciateur de déraillement, quand le FT avait pris position contre l’invasion des Malouines [en 1982]. Naturellement, le quotidien a soutenu l’adhésion de la Grande-Bretagne au Mécanisme de taux de change européen en 1990.

Le FT s'est trompé dans tous ses grands jugements économiques

Depuis un quart de siècle, il s’est trompé dans tous ses grands jugements économiques. La plus grosse erreur du Financial Times moderne concerne l’euro. Le FT s’est jeté à corps perdu dans le camp des pro-euros, adhérant à leur cause avec une ferveur toute religieuse. Et il ne fut laissé aucune place au doute. Ecoutons un peu ce qu’avait à nous dire Lex dans sa chronique (censée être sceptique et anti-conformiste) le 8 janvier 2001 au sujet de l’entrée de la Grèce dans la zone euro. « Comme les échanges avec la Grèce se feront désormais en euro, écrivait Lex, peu de gens pleureront la disparition de la drachme. Appartenir à la zone euro est le garant d’une stabilité économique à long terme ».

Le FT avait également réservé un accueil chaleureux à l’Irlande. Même en mai 2008, alors que le boom économique en Irlande et partout ailleurs commençait de toute évidence à montrer des signes de faiblesse, le journal gardait la foi : « l’Union monétaire européenne est sortie de sa chrysalide et a pris son envol », s’enthousiasmait le journal dans son éditorial. « Et si sur le papier le projet paraissait des plus improbables, il a abouti dans la vraie vie. »

Pour un quotidien qui prétend faire autorité en matière financière, sa gestion de la monnaie unique a été des plus catastrophiques. Qu’en est-il de la BBC ? Au cours des neuf semaines qui ont précédé le 21 juillet 2000, au plus fort du débat sur l’euro, l’émission Today a interrogé 121 intervenants sur le sujet. 87 d’entre eux étaient favorables à l’euro et 34 y étaient hostiles.

Et deux fois plus de chiffres, d’interviews et de petites phrases défendaient la cause de l’euro. Les journalistes de la BBC avaient tendance à présenter la position pro-euro elle-même comme une voie médiane. Par conséquent, les voix même modérément eurosceptiques faisaient figure d’extrémistes, et étaient donc balayées avant même d’entrer dans le débat. La BBC adoptait systématiquement un ton alarmiste, agitant le spectre d’une catastrophe économique ou industrielle si le pays ne rejoignait pas la zone euro. Lorsque ces prévisions se sont révélées fausses, elle n’a pas pris la peine de corriger le tir.

Les entêtés finissent toujours par avoir raison

De fait, le Royaume-Uni a enregistré des niveaux record d’investissement étranger, mais lorsque les chiffres du Bureau des statistiques nationales l’ont confirmé, la BBC en a à peine parlé. Ce parti pris allait effectivement très loin. Rod Liddle, alors rédacteur en chef de l’émission Today sur Radio 4, se souvient d’une rencontre avec une très haut responsable de la BBC pour traiter des accusations de partialité portée par les eurosceptiques. « Rod, il vous absolument comprendre que ces gens sont cinglés. Ils sont fous ».

En réalité, les eurosceptiques étaient parfaitement sains d’esprit. S’exprimant à la Chambre des communes en 1936, Winston Churchill – qui était à l’époque une personnalité marginale et largement méprisée – a prononcé ces mots : « se lamenter sur le passé, ‘c’est mener une action efficace dans le présent ». Alors, quelles sont les leçons à tirer du débat au Royaume-Uni sur l’euro ? En premier lieu, nous devrions chérir ce trait de caractère on ne peut plus britannique qu’est l’excentricité. Au plus fort du débat sur la monnaie unique, on a souvent vu les tenants de l'euro isoler leurs détracteurs en les traitant d'excentriques.

Voici ce que disait Andrew Rawnsley de l'Observer dans une chronique du 31 janvier 1999 : « Dans le camp des pro-euro, les milieux d'affaires, les syndicats, des personnalités politiques de premier plan, influentes, raisonnables. Dans l'autre camp, une ménagerie de vieilles gloires, d'illustres inconnus et de fous à lier ». Mais en fait, ce sont encore et toujours les solitaires, les entêtés, ceux qui refusent l'orthodoxie de l'establishment, qui finissent par avoir le dernier mot. Il reste essentiel pour notre démocratie que le point de vue pro-euro se fasse entendre.

Mais avant toute chose, les partisans de l'euro doivent nous dire pourquoi ils ont essayé de pousser la Grande-Bretagne sur la voie calamiteuse de l'adhésion à la monnaie unique. Revenons sur une remarque faite par Danny Alexander, Premier secrétaire au Trésor, qui a déclaré que ceux qu'il qualifiait d'isolationnistes ou de nationalistes européens étaient “ennemis de la croissance”. Pendant cinq ans, M. Alexander a fait campagne en faveur de l'euro et s'il était arrivé à ses fins, il aurait mené la Grande-Bretagne droit à la catastrophe. Comment a-t-il osé dénoncer ainsi les Eurosceptiques ? Il serait grand temps que les partisans de l'euro rendent des comptes.

Peter Oborne - Frances Weaver
The Spectator (Londres)
Titre original : The great euro swindle
24/09/2011

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Les mains liées par la crise de l'euro

Il y a peu, Polémia mettait en ligne, sous le titre « L’heure de gloire des eurosceptiques », la traduction d’un article paru dans The Spectator dont les auteurs s’en prenaient vivement aux partisans de l’euro. Cette fois, c’est The Daily Telegraph qui s’alarme des effets préoccupants de la crise de l’euro sur l’économie britannique. L’article est assez long, aussi nous nous limiterons à en donner un résumé, tel que le fournit Euro Press.

Polémia

« L'économie britannique freinée brutalement par la crise de l'euro », titre The Daily Telegraph après la publication d'un rapport d'Ernst & Young ITEM Club sur la situation économique du pays. Une situation qui est « pire que ce que nous pensions », écrivent les rapporteurs. Selon le chef économique conseiller du Club : « Les points forts de nos prévisions il y a trois mois, – les investissements et les exportations – se sont réduits à peau de chagrin à mesure que s'accroissaient les incertitudes sur la Grèce et sur la stabilité de la zone euro ».

Le Club estime que l'économie britannique a enregistré une croissance de 0,9% en 2011, soit une croissance « proche de zéro d'ici la fin de l'année ». Avec les coupes dans le secteur public qui entrent en vigueur, le club ITEM prévoit que le chômage britannique pourrait toucher 2,7 millions de personnes d'ici le printemps 2013. Les auteurs du rapport préconisent des « réductions de taxes sur les actes notariés » ainsi que des « allégements fiscaux ciblés » afin de stimuler la croissance, mais ne peuvent avoir qu'un regard attristé sur la « réponse bien morne des leaders européens à la crise de la monnaie unique ».

The Daily Telegraph,
17 octobre 2011
Press Euro

 

 

 

 

 

 

 

 

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