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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 05:44

 

MILLIERE   23 MARS 2011 LES 4 V

 

 


transforming fireUn livre a été publié aux États-Unis voici quelques semaines par Jonathan Spyer, un jeune chercheur israélien, livre que le grand islamologue Barry Rubin n’a pas hésité à définir comme le plus important depuis trente ans sur la situation au Proche-Orient.

Le livre s’appelle « The Trans­forming Fire », Le feu transformateur. Il est question, très largement, de la guerre que le monde musulman mène contre Israël depuis plus de soixante ans. Mais il y est question, surtout, de la transformation de cette guerre et de ce que cette transformation signifie pour les États-Unis et pour l’Europe.

Bien que le livre ait été écrit avant les événements récents, il est, souvent, porteur d’accents prémonitoires qui donnent à penser longtemps après qu’on a achevé la lecture.

La guerre contre Israël, dit Spyer, a d’abord visé à détruire l’État juif au nom du nationalisme arabe. Elle a été utilisée comme un instrument de culpabilisation des Occidentaux. Elle a été utilisée aussi dans le cadre de la guerre froide par l’URSS, alliée privilégiée d’une bonne part du monde arabe.

Cette première forme de guerre s’est achevée en 1973 et a commencé à laisser place à une autre forme de guerre, enclenchée quelques années plus tôt : celle menée par le biais du terrorisme. Non seulement le mouvement palestinien est devenu l’inventeur des formes essentielles du terrorisme moderne, mais le monde occidental s’est re­trouvé de plus en plus soumis à des chantages et à des menaces terroristes au nom du fait qu’il opprimait le monde arabe, et tout particulièrement le « peuple palestinien », décidément bien utile pour ceux qui l’instrumentalisaient. Chantages et menaces ont, bien sûr, largement servi les intérêts de l’Union soviétique.

Avec l’effondrement de l’Union soviétique voici deux décennies, on aurait pu penser que les cartes allaient être rebattues, que le nationalisme arabe agoniserait, et que, privés de leur principal soutien financier, les groupes terroristes disparaîtraient. Des accords ont été passés entre l’Europe et le monde arabe dans cette perspective, les accords existants entre les États-Unis et divers pays arabes se sont trouvés renforcés. C’était, dit Spyer, compter sans l’islam radical.

L’islam radical est aujourd’hui en pleine offensive.
Les tenants du nationalisme arabe se sont crispés sur leur siège pour survivre à la vague qui montait, mais ont commencé à se trouver balayés. Un grand front islamique radical mêlant shiites et sunnites regroupe autour de l’Iran révolutionnaire et apocalyptique la Syrie, le Liban, la Turquie, le Hamastan de Gaza, ce qui en fait l’axe anti-occidental le plus inquiétant depuis la chute du mur de Berlin.


Le destin de l’Égypte n’est pas scellé, mais ceux qui sous-estiment le risque de l’islamisation du pays se trompent. Le destin de l’Arabie saoudite n’est pas scellé non plus, mais la déstabilisation du Bahreïn et du Yemen ont pour but qu’une contagion s’opère. La situation en Jordanie est très inquiétante. L’Irak est quasiment abandonné par les États-Unis aux mains de l’Iran. La Libye, si elle est reprise en main par Kadhafi, devrait retrouver le camp révolutionnaire.

Le discours de l’islam radical reprend à son compte la volonté de détruire Israël, mais ce n’est là que l’un de ses objectifs. Il considère qu’il a une revanche à prendre sur l’Occident. Que les États-Unis sont faibles et vont s’affaiblir encore sous Obama. Que l’Europe est plus faible encore et constitue une terre déjà à demi-conquise.

Les islamistes sunnites n’ont jamais fait leur deuil du califat. Et ils voient dans ce qui se passe en ce moment une potentialité extraordinaire d’avancer vers leur but ultime : la restauration d’un califat qui régnerait temporellement et spirituellement sur le dar el islam, le territoire de l’islam. Ils trouvent en Europe une multitude de complices : tous les artisans des politiques arabes de l’Europe.

Les shiites, eux, ont d’autres objectifs : préparer le retour du douzième imam dans une apocalypse de sang.

En tant qu’Israélien, Jonathan Spyer est en première ligne pour voir ce qui se prépare. Son livre s’adresse au public américain, et constitue un appel au redressement avant qu’il ne soit trop tard. Jonathan Spyer n’espère rien de l’Europe. Je souhaite qu’il se trompe. Mais, quand je regarde la télévision française, je crains qu’il ait raison.

 

 

 

 

 

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