Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 07:25

 

 

Un monde post-américain

14 novembre 2012 
 
Millière 
 

J’ai écrit ici, voici dix mois, qu’Obama serait réélu.

 

Il l’a été. J’ai, pendant quelques jours, espéré qu’un sursaut se produirait.

 

 Le sursaut ne s’est pas produit.

 

Je n’ai pas consulté les médias français depuis le 6 novembre, car je suis aux États-Unis.

 

Je n’ai aucune difficulté à imaginer ce qui se dit et s’écrit en France présentement.

 

  

Ce qui n’est pas perçu est que nous entrons dans un monde très différent.

 

 

La réélection de Barack Obama signifie que l’économie américaine va cesser d’être le moteur du monde.

 

Aucune autre économie de la planète n’est à même de jouer ce rôle aujourd’hui. Ni l’économie chinoise, qui subit déjà les conséquences du déclin américain, ni les économies eu­ropéennes, qui vont continuer à se détériorer.

 

Ce qu’on appelle de manière vague la « crise », depuis 2008, va s’accentuer.

 

 

La réélection de Barack Obama signifie aussi que l’ordre du monde tel qu’il a été mis en place après la Seconde Guerre mondiale va continuer à s’effondrer.

 

Le monde va devenir plus sûr pour les dictateurs, les fanatiques, les totalitaires. Tous ceux qui sont encore attachés à la liberté vont connaître des années difficiles.

 

 

Tout en s’essoufflant économiquement, la Chine va se renforcer géopolitiquement et affirmer sa prépondérance sur l’Asie. Outre la Chine, les pays qui vont voir leur puissance et leur pouvoir de nuisance conforté sont la Russie, l’Iran, le Venezuela.

L’Organisation des Nations Unies, ce club de tyrans et de corrompus, va se trouver définie de plus en plus comme la « communauté internationale », et il faudra en attendre des régulations, des taxes supplémentaires et des tentatives accentuées d’aller vers une forme de gouvernement technocratique planétaire.

Le monde dans lequel nous entrons sera post-américain. Il sera aussi graduellement post-démocratique. Les élections perdront de leur sens, mais elles ont déjà perdu leur sens en Europe. Le choix sera, là où le choix existe encore, entre des socialistes de diverses obédiences. Aux États-Unis, où le choix n’avait pas encore été anéanti, on peut considérer qu’il est en voie de l’être, car la vague qui a porté Obama sera difficilement réversible.

Le monde dans lequel nous entrons sera post-capitaliste, au sens où les liens entre grandes entreprises, financiers et gouvernements vont devenir plus étroits qu’ils ne sont déjà. La liberté d’entreprendre vit sans doute ses derniers instants, et elle appartient vraisemblablement au passé. Aux États-Unis où elle existait encore, elle a été remplacée pendant les années Obama par ce qu’on appelle le « crony capitalism », le capitalisme d’accointances.

 

 

 

Dois-je l’ajouter ? Le monde dans lequel nous entrons sera aussi post-occidental.

 

 

Le christianisme, le judaïsme sont en reflux.

 

La seule religion qui gagne du terrain est l’islam.

 

 Et la réélection d’Obama est aussi une victoire pour l’islam, et, au sein de l’islam, pour l’islam radical.

Mon amie Bat Ye’or a beaucoup écrit sur la transformation de l’Europe en « Eurabia ». Cette transformation va se poursuivre.

 

Elle a écrit aussi sur la volonté des tenants de l’islam radical de restaurer le califat.

 

Nous allons voir cette restauration se rapprocher.

 

 

Peu de maillons manquent à ce jour. L’un des principaux maillons est l’Arabie Saoudite. L’un des objectifs de l’administration Obama II sera de faire que le maillon saoudien se rattache à la chaîne et suive le chemin de l’Égypte, de la Libye, de la Tunisie, du Yémen.

 

 

 

 

 

 

 

Le monde dans lequel nous entrons sera un monde plus dangereux. La prolifération nucléaire va se poursuivre.

 

Le terrorisme va rester un péril majeur.

 

 

 

 

 

Je n’ai aucune difficulté à imaginer ce qui se dit et s’écrit en France, non.

Je pense que ceux qui se réjouissent de la réélection de Barack Obama sont sourds et aveugles.

 Je ne puis imaginer qu’ils souhaitent consciemment le monde qui vient.

Leur détestation des États-Unis est assouvie.

 

Ce qu’ils ne perçoivent pas est que l’élection, puis la réélection du premier Président anti-américain de l’histoire des États-Unis, va avoir des conséquences infiniment plus vastes que la simple chute des États-Unis.

 

 

Le désastre Obama va se poursuivre. Et le mot « désastre » est trop faible pour définir ce qui se profile…

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Rechercher

Archives