Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 15:50

 

 

  -

 

 

Voici bientôt deux mois et demi que des forces de l’OTAN pilonnent les forces gouvernementales libyennes…
 

 

 je m’interrogeais (entre autres) sur nos motifs et moyens d’interventions dans cet État du Maghreb. Or, je remarque que le cours des événements ne fait que corroborer mes analyses antérieures…

Dès le début des opérations, les médias nous affirmaient qu’aucune troupe au sol occidentale n’était présente. On sait maintenant que des membres des Services spéciaux (deux du Special Intelligence Service et six du Special Air Service ou Spécial Boat Service) britanniques ont été infiltrés, dès le 4 mars, parmi vingt-deux éléments, afin de prendre contact avec les insurgés… De plus des militaires français du Service Action de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE) sont sur zone pour épauler les rebelles libyens bien incapables d’affronter une armée encore dangereuse et qui tient tête à nos moyens ultramodernes pour une « guerre propre » !

Dans l’euphorie générale du « printemps arabe », une bonne partie de la classe pensante du moment attendait la chute du "Guide" dans les jours qui ont suivi les premières frappes occidentales (18 mars)… Deux mois plus tard, le colonel Kadhafi est toujours à Tripoli et ses ennemis sont toujours confinés aux mêmes sites…

Bien que la déclaration onusienne prohibe toujours la mise en place (officielle) de troupes au sol, les pilonnages se rapprochent dangereusement du sable libyen avec l’emploi d’hélicoptères pour appuyer plus précisément les opposants contre les forces kadhafistes imbriquées dans le tissu urbain et donc plus difficiles à atteindre pour nos militaires qui doivent impérativement éviter tout dommage collatéral, médiatiquement et politiquement très risqué…

Cette intervention militaire qui ne devait être qu’une promenade de santé (aucun mort officiel dans le camp ami, certes, pour le moment) grignote très sensiblement notre budget des armées déjà fortement réduit. En effet, on peut estimer que le coût des opérations dépassait début juin les 30 millions d’euros sur un montant de 900 mil­lions alloués à nos OPEX (Opé­rations Extérieures) sur un total d’à peine 35 milliards pour l’ensemble de notre Défense…

De source militaire, on souhaite que tout soit terminé fin juillet,
car nos stocks de missiles et autres bombes guidées fondent à vue d’œil ! Et compte tenu des restrictions de nos forces, nos soldats vont encore pratiquer le bon vieux « système D »… qui peut entraîner leur propre mort, faute de matériel adéquat !


Je ne m’oppose pas en général à une intervention militaire, pourvu que les objectifs soient clairs.
Si les frappes sur la Libye ne sont qu’à but humanitaire, que les ONG et ONU fassent appel aux sociétés militaires privées (SMP, les mercenaires de jadis). Si, au contraire, elles obéissent à des retombées bénéfiques pour notre pays, il faut y mettre le paquet et frapper où il faut, c’est-à-dire les éléments militaires libyens dans leur totalité, tenter de liquider aussi l’appareil gouvernemental au risque de s’aliéner une bonne partie de la population libyenne. Cela s’appelle faire la guerre, avec tous les corollaires.


On remarque, de fait, que les frappes se font de plus en plus précises envers le dirigeant libyen, et que les soi-disant mercenaires favorables à Kadhafi sont peu nombreux et peu soutenus par une large partie de la population libyenne…

À qui profite donc cette guerre, pour le moment ? En premier lieu, aux États-Unis d’Amérique qui, depuis leur retrait aérien de la coalition, laissent les Euro­péens seuls face à leurs déficits quantitatifs et qualitatifs. Et, en second lieu, à différents groupes terroristes et mafieux qui vont pouvoir s’approvisionner en armes de toutes sortes qu’on retrouvera partout – y compris dans nos banlieues. Sans parler d’autres bénéficiaires que nos experts ont (je le souhaite) identifiés…

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Rechercher

Archives