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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 07:17

 

 

 

Oui, les surfaces consacrées aux agrocarburants devraient rester limitées en Europe. 

 

 

 

Mais il n’est pas sûr qu’elles se développent tant que ça à partir du moment où les prix de l’énergie fossile se mettront à grimper vraiment, car alors la fertilisation azotée très consommatrice de gaz deviendra inabordable, et dans ce cas, il ne sera pas possible de produire du maïs, du blé ou du colza, (qui demandent beaucoup d’azote fossile), pour en faire des carburants.

 

Dans une agriculture sans énergie fossile, on aura besoin de beaucoup de place, de toute la place, pour des cultures de légumineuses en fourrage ou en engrais verts : fourrage de luzerne riche en protéines notamment pour remplacer le soja (OGM en plus) qui nous vient d’Amérique du sud, et qui lui, est directement responsable de l’arrachage de la forêt amazonienne, et engrais verts pour fournir de l’azote (solaire et non pas fossile) aux céréales et oléagineux. Mais à mon humble avis, il y a une autre menace peut-être plus grave que les agrocarburants : l’urbanisation. Chaque jour en France, on arrache plus de 200 hectares de terre agricole pour en faire des routes, des LGV pour TGV, des lotissements, des zones industrielles, bref du béton. Cela fait quelques 80000 ha par an, soit un département tous les 7 ans. C’est une folie. Pour compenser ces ha manquants, on compte sur le reste du monde, donc sur ses forêts.
Pour revenir aux agrocarburants, le prix de l’azote sera vite un facteur déterminant. Il y a 2 ans, j’avais payé de l’urée (engrais azoté pour le maïs) 280 € la tonne, à l’automne dernier 370 €. Ce matin, on m’a annoncé un prix de 450 €. Je n’ai rien acheté. Il faut être sûr de vendre son maïs bien cher pour y mettre 500 kg/ha d’un engrais à ce prix.
J’espère ne pas trop vous gonfler avec tous ces détails très techniques. En tous cas, merci pour ce blog.
Alain, agriculteur à Cintegabelle.
PS : Si certains passent dans le coin, qu’ils n’hésitent pas à venir discuter, ce sera avec plaisir.

 

 

 

 

 

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L’agriculture n’est uniquement destinée à l’alimentation humaine mais aussi à l’élevage: ce qui militerait fortement en faveur des cultures duales jumelées à la rotation des terres (notamment luzerne qui reconstitue les sols en profondeur.)
- Le zonage agricole doit impérativement protéger les sols arables et les littoraux (mais la volonté politique face aux promoteurs manque tragiquement.) Par contre les biofuels devraient viser les zones non agricoles, par exemple en montagne (je ne suis pas certains que les cultures duales n’absorbent pas autant si non plus de carbone que les forêts, tout dépend.)
- Le gaz naturel dégage beaucoup de méthane qui est bien plus nocif dans l’atmosphère que le carbone (y compris le CO2 dégagés pour la production des sables bitumineux)
- Chaque éolienne demande des kilos de terres rares très polluantes à produire – sans compter les autres aspects de leur production, plus les dommages physiques, auditifs et esthétiques causés à l’environnement et aux divers volatils, etc. …)
- Selon Science et Vie du mois de septembre la production de charbon – la source d’énergie la plus abondante et la mieux répartie dans le monde – produit du soufre qui a un puissant effet de refroidissement sur le climat (mais qui cause des pluies acides.)

On peut continuer ainsi : il semble que le problème soit un problème d’équilibre national conçu selon de bons paramètres régionaux et internationaux (disons des critères de Kyoto débarrassés de leurs neiges himalayennes etc. …)

Le problème le plus grave semble être la production pour le profit plutôt que la production visant à répondre à de vrais besoins humains. Les agriculteurs et les viticulteurs, qui font les frais de cette politique, le savent mieux que quiconque. Je note par exemple que l’UE paient pour l’arrachage des vignes (qui embellissent pourtant les paysages et font office de coupe feu.) Bien entendu, plus tard on libéralisera le secteur et cela nous donnera des grands domaines viticoles commerciaux utilisant beaucoup d’eau … Or, en généralisant les moteurs à air comprimé (stockage facile des énergies alternatives erratiques) avec un adjuvent (produits de la distillation : vigne ou betterave, ou encore colza etc.) on pourrait éliminer une grande partie du CO2 produit annuellement (car il semblerait que la moitié provienne du transport du moins en Occident.) Ceci permettrait de soutenir les petits agricultures, en garantissant une partie de leurs revenus, tout maintenant les paysages et en assainissant l’air dans les milieux urbains. Le tout en luttant efficacement contre le réchauffement climatique. Malheureusement, la recherche du profit avant tout signifie gaspillage systémique : il faut donc « changer la vie » ainsi que le préconisait Rimbaud, et par conséquent le mode de production.

Paul

 

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oui M. Auzanneau, si vous vous mettez à fouiller dans la politique face au climat, vous allez trouver matière à encore beaucoup d’articles de qualité : on est encore plus aveugle face au réchauffement climatique que face au peak oil, et les conséquences seront bien plus désastreuses, et surtout pour les générations dites futures, c’est-à-dire ceux qui devront vivre (ou survivre) à la fois avec beaucoup moins d’énergie et des énergies plus chères, et avec un climat dégradé.

Effectivement, l’inventaire des émissions sur notre sol, ça ne correspond pas à l’inventaire des émissions qu’on génère par notre consommation. Nos brillants « créateurs de valeur pour les actionnaires » ont choisi d’exploiter la main d’œuvre pas chère dans des pays où on fabrique l’électricité au charbon et où on n’est pas gêné par toutes ces lois sociales ou environnementales (ils appellent ça la concurrence libre et non faussée).

Et concernant les « biocarburants », ça fait longtemps que les gens un peu sérieux savent que ce n’est pas une solution. Il y a et il y aura des possibilités pour fabriquer intelligemment du carburant à partir de biomasse, notamment en valorisant des déchets agricoles, mais ce n’est pas à l’échelle de notre consommation de pétrole.

Ce n’est pas la première arnaque; l’histoire des ampoules basses consommation en est une autre: pour une personne chauffée au fuel ou au gaz, remplacer les ampoules à,filament (des petits radiateurs électriques) par des ampoules basse conso fait qu’en période de chauffage, cette personne consommera plus de gaz et de fioul (donc beaucoup plus de CO2) et moins d’électricité (un tout petit peu moins de CO2). Le résultat global est plus de CO2…et plus de fric pour les fabricants d’ampoules.

Si ça peut vous consoler, regardez ce qui se passe aux Etats-Unis, avec un parti républicain qui tire sur tout ce qui concerne le social ou l’environnement et qui continue à nier le réchauffement climatique.

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Complètement d’accord.
C’est ce que je lisais aussi dans Alternatives Économiques d’octobre : ce mode de calcul ne prend pas en compte la consommation, mais uniquement la production. Or une part grandissante de ce que l’on consomme a été produit en Chine… Autant de rejets dont on se disculpe (c’est pas nous c’est eux), mais au final, ce sont bien les produits que nous avons consommé qui en sont la cause !
Pour la France, si on prend en compte l’ensemble des rejets de CO2 dont est responsable la consommation française, la hausse est de 20% depuis 1990. Premiers responsables : l’équipement électronique des ménages.

 

Faut il croire l’europe concernant la baisse des 10 %… Pas sur (surtout quand on connait un peu comment sont realise ce genre d’etudes…).

En suede, le gouvernement a sorti des chiffres similaires, mais ceux ci ont ete ridiculise par une etude, elle scientifique, de Kjell aleklett

http://aleklett.wordpress.com/2011/09/14/green-growth-a-consumption-perspective-on-swedish-environmental-impact-trends-using-input–output-analysis-”sveriges-klimatutslapp-ar-storre-an-regeringen-sager”/

Resultat: sur la meme periode, en prenant en compte de facon rigoureuse la conssommation, on obtient une croissance des emissions de + 20 %.
Donc grosse catastrophe.

Isoler, dans une economie absolument mondialise, la part d’emission de tel ou tel n’a strictement aucun sens

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Alain, la fabrication d’une molécule de nitrate d’ammonium ( NH4NO3, 80 grammes) utilise 2 molécules de méthane (CH4, 16 grammes)+1 pour fournir l’énergie nécessaire. Donc, pour produire une tonne de nitrate d’ammonium, il faut 600 kilog de méthane, soit à peu près 0,8 tonne-équivalent énergétique en équivalent énergétique. Le rendement en agrocarburant brut est de l’ordre de 1,2 tep par hectare pour le colza, 3,7 tep par hectare pour la betterave ( mais pour faire de l’éthanol, il faut distiller le jus de fermentation, ce qui demande beaucoup d’énergie). A vous de nous dire quelle quantité de nitrate d’ammonium il faut utiliser par hectare

 

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Je donne des chiffres bruts (sans prendre en compte les relicats), l’échelle dépend surtout du rendement (potentiel pédo-climatique):

maïs: 200 à 300 kg d’azote/ha
colza: 120 à 180
tournesol: 80 à 120
blé: 150 à 250

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Ce qu’il faut savoir sur la situation économique, énergétique et sociale :
http://avenirenquestions.over-blog.fr/

 

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