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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 08:27

LU

 

 

Je vous suis en partie pour les cause historique du prolétariat anglais (apparition précoce du pouvoir de la bourgeoisie) mais je pense que les causes sont infiniment plus complexes et contingentes et que l’on ne peut pas les réduire aux grandes lignes idéologiques et politiques qui ont traversé le pays.
Je vois surtout d’autres causes à la pauvreté et l’exploitation extrême du prolétariat anglais aux XVIIIe et XIXe siécles: la pauvreté du territoire anglais couplé la précocité de la transition démographique.  

 

 

 

- Le territoire anglais s’il est très vert est en réalité très pauvre, les terres suffisamment chaudes pour les bonnes cultures et les riches pâturages sont peu étendus, et surtout la géologie anglaise (socle granitique largement majoritaire alors qu’en France on a de vastes territoires sédimentaires beaucoup plus fertiles même dans nos montagnes)

 

 offre surtout des terre acides et oligotrophes qui ne donnent de bons rendements qu’avec un très lourd apport d’engrais, de ce fait avant l’invention des techniques modernes la grande Bretagne pouvait nourrir une population d’environs 6 millions d’habitants 

 

 

(en comptant l’important apport de la pêche) tendit que la France pouvait aisément en nourrir 20 millions.  

 

 L’Angleterre a donc été presque constamment surpeuplé et a eu recours très précocement aux importations, importations qui aggravaient la surpopulation et a rendu l’Angleterre dépendante du commerce extérieur devenue rapidement vital, ce qui ne fut pas le cas de la France pendant longtemps.  

 

- La dépendance de l’Angleterre à ses importations l’a donc conduit à être beaucoup plus hargneuse dans le commerce international et a sans doute été le moteur de la précoce révolution industrielle et de son exode rural associé. Le succès de la colonisation anglaise et du commerce international, et donc des importations, a donc conduit l’Angleterre très tôt vers sa transition démographique pour deux raisons: plus de vivres disponibles, et dans une moindre mesure l’essor de la médecine (conséquence du développement précoce des sciences et de l’éducation dans ce pays pour soutenir le développement industriel) qui a précocement allongé l’espérance de vie (ce qui augmente la population), ainsi l’Angleterre est rentré dans une spirale infernale ou l’augmentation de la population demande toujours plus de progrès commerciales et industrielles et où ce progrès provoque par divers voies une augmentation de population, population qui ne peut travailler dans les champs et est donc dépendante de l’industrie, et l’augmentation de population fut trop rapide ce qui a conduit naturellement à la compétition féroce entre les anglais pour le travail et donc a leur exploitation par la bourgeoisie.  

 

 

En France on a connu le même phénomène en bien moins important, seulement dans le Nord-Pas-de-Calais, dés le XVIIIe siècle sous l’ancien régime, avec déjà des exploitations de charbons (surtout à Valencienne) et surtout le textile (industrie très ancienne et traditionnelle dans la région mais qui prend une tournure plus industrielle au XVIIIe siècle), et ce développement a connu dans certaines villes le même emballement qu’en Angleterre produisant un prolétariat et une pauvreté extrême et très exploité dés l’ancien régime, les conditions de travail se sont amélioré après la révolution même si elles ont été encore extrêmement dure.

 

 

 Pourtant le Nord-Pas-de-Calais était sous le même ancien régime que le reste de la France et sous la même religion.

 

 

 

Ainsi la pauvreté extrême et l’exploitation qu’a connu le prolétariat français au XIXe siècle n’est probablement pas du au régime politique ni à la religion pas plus qu’aux idéologies, c’est simplement la révolution industrielle et scientifique provoquant la transition démographique que nous avons connu à cette époque et qui a provoqué une trop rapide augmentation de population, les progrès de l’agriculture n’arrivant pas a suivre accroissant la dépendance extrême des prolétaires urbains à la bourgeoisie ce qui provoque inévitablement son leur exploitation et leur asservissement.

 

 

 

 Ce n’est que lorsque la transition démographique commença à arriver à son équilibre que les progrès ont pu enfin suivre au bon rythme et améliorer la vie des français (la belle époque).

Révolution ou pas révolution ça n’aurait strictement rien changé, l’emballement aurait été le même avec les même conséquences, quelque soit le régime politique et les idées dominantes.

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@

Vous avez tort de penser que ce sont les conditions matérielles qui font les sociétés, et que les idéologies sont un phénomène secondaire.  

 

 

 

 On est complètement revenu du marxisme, du matérialisme historique et du darwinisme social: ce sont les peuples et les cultures qui font l’histoire, quelles que soient les conditions matérielles.

 

Sinon, comment expliquer la prospérité du Japon, qui est un pays isolé et sans ressources, et l’arriération économique de l’Afrique où il y a tant de fertilité et de ressources naturelles.

 

 

La notion de transition démographique ne s’applique pas en France, c’est un mythe qui a été démonté par Dupâquier par ses études sur la régulation des naissances sous l’Ancien Régime.

Partant de l’observation que la France avait un dynamisme démographique énorme qui lui avait permis de combler le trou démographique de grandes calamités comme la peste noire, il a mis en évidence que la société française avait un système de postes fixes (exploitations agricoles de dimension permanente, offices, métiers, emplois nobles,..) occupés par des lignages qui avaient beaucoup d’enfants mais qui ne mariaient qu’un garçon et une fille, à un âge correspondant au changement de génération (vers 25 ans pour les filles), de telle sorte qu’une famille était remplacé par une famille. Il y avait aussi un nombre de places fixes dans les collèges, chez les Pages, en apprentissage. Les autres enfants restaient célibataires ou allaient se placer comme domestiques en ville où les souches s’éteignent. La position de salarié était considérée comme une position inférieure, servile. En cas de grande calamité, les aînés reproducteurs trouvaient immédiatement plusieurs cadets déjà là pour les remplacer.

La Révolution a bouleversé ce système de postes fixes en bradant les terres, en supprimant les communautés de métiers, les communautés religieuses, en privatisant les biens communaux des communautés d’habitants qui permettaient à des familles pauvres de se maintenir dans les paroisses. Elle a déraciné les populations des villages et créé un prolétariat autour des villes qui allait pouvoir être réduit en esclavage par les nouveau maîtres du pays et le régime capitaliste-manufacturier.

Ce sont les hommes vertueux (les généreux et les héroïques) qui font la prospérité et l’harmonie des sociétés, donc à la base les religions, et ce sont les mauvaises religions et les hommes mauvais (les égoïstes, les cupides et les arrivistes) qui ruinent les peuples, les maintiennent dans la guerre et la servitude.

La prospérité de la France est le produit de la vertu, c’est-à-dire du sens de l’intérêt général et de la Justice, des rois, du courage, du sens du sacrifice et de l’idéal de perfection des clercs, des mères de famille, des nobles, des paysans et des artisans, donc de la religion catholique. Le modèle

 

 

 

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Il n’y a jamais eu de transition démographique, d’abord parce que la France n’a jamais été sous-développée, ensuite parce qu’il y toujours eu une régulation qui n’était pas la mortalité infantile et qui a fait que la population française est restée extrêmement stable pendant des millénaires, sans excédent ni poussée démographique.

 

 

 

L’article de Dupâquier n’est pas publié sur le net, mais j’ai donné les principes: un seul enfant de chaque sexe était voué à devenir reproducteur et se mariait, l’âge du mariage des fille étant reculé lorsqu’il fallait allonger les générations, et avancé sinon. Les célibataires prenaient la place des héritiers en se mariant et reconstituaient très rapidement la population manquante en cas de famine ou d’épidémie.

 

Il n’y avait pas plus de familles cheffes, ou de lignages que de maisons (paysannes, de maîtrises de métiers ou de châteaux), leur nombre étant stable ou très faiblement augmenté à chaque génération depuis le néolithique. C’est ce nombre de manses (espace permettant à une famille de vivre) qui servait de gabarit à la population depuis le néolithique.

La baissse de la mortalité infantile s’est faite sur plusieurs siècles. La natalité a marqué des baisses à plusieurs moments au XIXe et au XXe siècle, mais pas du tout à cause de problème d’excédents démographiques, car cela a au contraire provoquant un déficit démographique momentané provoquant un manque de main d’oeuvre.

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« Vous avez tort de penser que ce sont les conditions matérielles qui font les sociétés, et que les idéologies sont un phénomène secondaire. ».
- – - – - -
Non je relativise (au sens premier, de mettre en relation) simplement l’importance des idéologies, car celles si son dépendantes de leur cadre matériel et circonstanciel, il y a des évènements qui ne sont dû qu’aux idéologies quand elles sont capables de modifier les conditions matérielles et d’autres evenements qui sont principalement dû aux conditions matérielles et où les idéologies ont très peu le pouvoir d’en modifier le cours.

Les conditions matérielles et les déterminismes sont parfois insurmontables par les idées et la volonté, le cas de la surpopulation anglaise durant la révolution industrielle est bien typique d’un emballement socio-économique presque insurmontable, car la bourgeoisie qui était maitre du commerce international pour les importations et de l’industrie avait une position centrale et vitale dans ce pays, et son efficacité dépendait de son pouvoir et de son « libéralisme », l’esclavage du peuple à la bourgeoisie était quasiment inévitable dans un tel emballement sociologique qui allait trop vite et ne laisser pas le recul nécessaire pour être compris et maitrisé politiquement ou idéologiquement, même pas par la bourgeoisie elle même. Ce dont les anglais étaient sûr c’est qu’ils étaient dépendants à l’industrie et au commerce et donc à la bourgeoisie et que les idées socialistes n’ont donc pas eu le même succès outre manche que sur le continent, le passage à un système communiste ou simplement socialiste aurait été un suicide généralisé pour ce pays sans ressource aliementaire plus que pour n’importe quel autre.

« On est complètement revenu du marxisme, du matérialisme historique et du darwinisme social »
- – - – -
Oui en partie c’est vraie, je suis très en phase avec ces idées de « darwinisme social » et de « matérialisme historique », mais à ma manière, ce sont d’ailleurs bien parmi les seules idées de Marx que je trouve intéressantes, car je ne suis pas marxiste du tout par ailleurs, et les arguments d’autorité ou d’anti-autorité ont peut d’effet sur ma pensée, ces notions m’ont toujours paru d’une évidence limpide et de pur bon sens avant même d’en avoir eu connaissance, ces notions sont en réalité bien plus anciennes et ne sont pas de Marx, elles ont toujours existé, il les a simplement formulé à sa manière. Cependant Marx était un homme qui plus que beaucoup d’autres prônait la supériorité des idées et des vertu, la folle utopie communiste en est d’ailleurs bien un résultat. Moi je pense que les idées de l’homme se sont toujours adapté au circonstances matérielles et sociales qu’il ne pouvait pas changer, l’inverse ne se produisant que suite à des découvertes techniques, scientifiques ou autres permettant de maitriser de nouvelles conditions matérielles entrainant l’ouverture de nouveaux horizons idéologiques afin de s’y adapter, j’y ajouterai tout de même un important bémol: les découvertes justement, bien que souvent contingentes, sont souvent le fruit d’une recherche dont l’idéologie est le moteur, mais dans l’histoire généralement on ne sait pas ce qu’ont va découvrir ni quelles en serons les conséquences. J’obtiens donc un peu un serpent qui se mort la queue, mais où c’est la tête, les circonstances matérielles (au sens très large), qui actionne le mouvement permettant au serpent de rouler, tandis que la queue, les idées et la volonté, donnant souvent mais pas toujours l’élan final permettant à la tête de refaire un tour. Mais je n’est pas encore suffisamment réfléchi à ce sujet inextricable, je ne peut me permettre de faire des affirmations prématurés.

« ce sont les peuples et les cultures qui font l’histoire, quelles que soient les conditions matérielles. »
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Oui pour les peuples et leurs particularités biologiques, c’est un facteur primordial, je met d’ailleurs ça dans les conditions « matérielles » (c’est simplement une tournure de vocabulaire, ne rien y voire de moral) qu’on ne peut pas facilement changer (partie biologique des conditions matérielles) si ce n’est de nos jours par l’invasion migratoire et le métissage, mais c’est un évènement tout à fait exceptionnel dans l’histoire et d’une gravité extrême. La culture quand à elle me parait être la manière de vivre que le peuple s’invente en fonction principalement de deux choses: d’une part son identité biologique et d’autre part de ses circonstances environnementales (sens large) et historiques (histoire précédente, héritage culturel), mais la culture prenant à partir de cette base des directions et des colorations souvent imprévisibles pour des raisons que je qualifierait de « quantiques » c’est à dire par la somme des effets de la multitude des micro-circonstances et de micro-évènements inconnaissables par l’étude et que l’on nome souvent « hasard ».

« La prospérité de la France est le produit de la vertu, c’est-à-dire du sens de l’intérêt général et de la Justice, des rois, du courage, du sens du sacrifice et de l’idéal de perfection des clercs, des mères de famille, des nobles, des paysans et des artisans, donc de la religion catholique. Le modèle »
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Je vous pris d’excuser ma froideur terre à terre, mais non, je pense que la grandeur de la civilisation française est principalement le résultat des particularités biologiques de son peuple couplé à ces circonstances environnementales (un territoire exceptionnel avec des particularité dont il faut s’adapter) dans des circonstances historiques particulières (une période dans l’histoire héritant des évènements précédant, et où l’on maitrisait le savoir acquis à cette période) le tout avec un important facteur « hasard » agissant plus sur les angles que dans les fondements, et toute les belles choses que vous listez ici sont pour moi avant tout des conséquences et non les causes de la grandeur de la France et de la qualité de son peuple, aussi odieusement déterministe que cela puisse paraitre.

Cette minimisation de la volonté, de la vertu et des idées n’a pour moi tout son sens que dans une réflexion historique ou sociologique, voire philosophique, mais il ne s’agit évidement pas pour moi d’un système moral ou idéologique que je prônerait pour guider la société ou ma conduite, je fait une net séparation entre mes « idées d’études » et mes « idées morales », bien qu’il y a des liens ce sont pour moi deux domaines de pensée différents en pratique.

 

 

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« La notion de transition démographique ne s’applique pas en France, c’est un mythe qui a été démonté par Dupâquier par ses études sur la régulation des naissances sous l’Ancien Régime. »
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J’y avait déjà eu vent brièvement et je trouve cela très intéressant, ça montre à quel point un peuple intelligent est capable de s’organiser de lui même afin de vivre le moins péniblement possible le « plateau démographique » (c’est à dire la capacité maximal de population par rapport aux ressources accessibles, seuil au delà duquel il y a forcement famine ou disette entrainant des épidémies) et ainsi d’éviter tant bien que mal la surpopulation et ses conséquences implacables, dans ce sens j’ajouterais aussi le rôle des abbayes qui ont parfois abrités des populations conséquentes, et plus accessoirement le célibat des prêtres qui a probablement cette même origine du nombre important de célibataires à occuper. Mais je doute fortement que ce système a toujours fonctionné idéalement étant donné les nombreuses régulations « naturelles » de population (famines, disettes, épidémies) que le peuple français a eu à subir avant l’amélioration de l’agriculture, et de plus le nombre de célibataires ne devait pas être si important du fait d’une mortalité infantile inévitablement élevé sans les progrès de la médecine moderne. En France dans l’ancien régime il n’y avait pas d’importation alimentaire (très peu), la population ne pouvait pas dépasser un certain seuil, que ce soit par pénurie meurtrières ou par auto-contrôle, en fait il y a eu une combinaison des deux.

Cependant cela ne remet pas en cause la transition démographique.
Il est vraie qu’en France cette transition démographique a été beaucoup moins importante que chez nos voisins, la France était déjà très peuplé et la population a « seulement » doublé. Une transition démographique c’est simplement une augmentation de population dû à une baisse de mortalité suivi en retard d’une baisse de natalité, provoquant entre temps une augmentation de la population. Or en France la mortalité infantile a bien baissé mais surtout l’espérance de vie à fortement augmenté durant le XIXe siècle, le vieillissement de la population suffit à lui seul à expliquer une transition démographique, augmentant considérablement le nombre de bouches à nourrir et donc le besoin de ressource. Cependant en France la période industrielle si elle a été dure elle a été moins atroce qu’en Angleterre, et l’amélioration de l’agriculture a permis assez vite de diminuer la pression et le chantage aux ressources sur le prolétariat urbain et par conséquent la mise en œuvre de politique d’améliorations sociales, nous faisant sortir de l’eau à la belle époque alors qu’en Angleterre il a fallu attendre encore. La situation de la France est effectivement particulière mais le XIXe siècle a bien connu une transition démographique, un doublement de population, principalement dû à la médecine.

En Angleterre c’est non seulement la baisse de la mortalité mais surtout une population dont la démographie n’était pas naturellement régulé du fait de son urbanisation précoce et de son approvisionnement constant par les importations, la population n’était régulée ni par contraception ou auto-contrôle démographique ni par des disettes, famines ou épidémies, elle ne pouvait qu’augmenter tant que l’importation de ressources le permettait, jusqu’à ce que la contraception y mette un terme.

 

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