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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 12:48

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LE BAN DE LA ROCHE STEINTAL 

LE PEUPLEMENT

 

La densité démographique de ce pays de montagnes et de vallées a subi dans son histoire de profondes fluctuations.

 

383 âmes environ en 1489 à

560 âmes en 1534 et

860 âmes en 1578 

 

plus de 1200 habitants après 1600.

 

Les désordres de la guerre de Trente Ans font chuter le peuplement à deux cents personnes en 1655

 

 

 Le dépeuplement favorisa l’implantation relative d’une population en provenance de Suisse bernoise, elle-même contrariée par les contres coups de la guerre de Hollande (1672-1678) avec par exemple l’incendie de Belmont en 1675.

 

 

 L'évolution démographique, sensible après le retour de la paix en 1715 par la mort de Louis XIV,

 

est attestée par le nombre de près de 3500 âmes en 1800

 

 (y compris les ouvriers des forges de Rothau).

Dénombrement de la population
1489 1534 1578 1600 1655 1680 1766
365 535 820 1200 204 366 1400

L'immigration suisse

Cette population d’expression alémanique s’installa de préférence dans les fermes seigneuriales du Ban de la Roche comme aussi dans celles des autres seigneuries du voisinage

 

 (Évêché de Strasbourg en particulier à la ferme de la Bringue devenue

 

 Struthof, dans la principauté de Salm et dans le bailliage de Villé).

 

Au début du XVIIe siècle apparaissent les premiers représentants helvètes au Ban de la Roche :

 

Hans Drotter du canton de Berne (1630),

Jost Neuweiler (de Suisse !)

et Jakob Krieger, tous vers 1650 et de confession réformée

 

 

Un autre groupe anabaptistes-mennonites fuyant leur pays où leur religion n’est plus tolérée, apparait autour de 1700.

 

De passage au Ban de la Roche (ferme du Sommerhof), ils s’établiront de préférence dans la principauté de Salm où les censes anabaptistes formeront de fortes communautés (hameau de Salm et des Quelles) et dans le versant de la Bruche du bailliage de Villé (clairière du Hang).

 

Pourtant, ce sont les suisses réformés (dénommés par erreur dans les registres de catholicité par « calvinistes ») qui furent les plus nombreux et qui s'intégrèrent mieux et plus rapidement au sein des communautés villageoises du pays.

L'émigration vers Barr

L'apparente richesse de la ville de Barr contribua dès le début du XVIIe siècle à attirer plusieurs familles du Ban de la Roche dans ses murs alors que d'autres - mais beaucoup plus rarement - s'installèrent dans des localités catholiques de la vallée de la Bruche.

L'émigration vers le Nouveau Monde

Une première « vague » d’émigration

 

(une famille Caquelin accompagnées de plusieurs autres de la vallée de la Bruche et d’immigrants suisse)

 

est attestée en 1736.

 

Ces premiers candidats pour l'Amérique embarquèrent sur le Princess Augusta à Rotterdam, navire spécialisé dans le transport des migrants, à destination de Philadelphie.

 

 

Ce phénomène ne fut cependant pas l’exclusivité du Ban de la Roche car il fut élargi dès le début du XVIIIe siècle à presque toute l'Alsace et à de nombreuses autres régions voisines germaniques ponctuellement jusqu’au XXe siècle

 

(plus de 68 800 personnes de 1727 à 1775 originaires du Wurtemberg et de Suisse)

 

 

Cette contribution à la colonisation de l'Amérique du Nord (on ne peut pas encore parler d’émigration) est encore très faible mais elle éveilla cependant un intérêt croissant suscité par l’insistance des racoleurs aux services des compagnies maritimes envoyés dans les campagnes pour faire miroiter à leurs yeux (des villageois) les promesses les plus abracadabrantes.

 

 

Jean Frédéric Oberlin, tenant bien ses paroissiens et très opposé à toute idée d’émigration, écrit :

 

 

Quiconque veut travailler, trouve du pain chez lui aussi bien qu’ailleurs.

 

Et en 1786 : (…) il n’y a que deux bourgeois qu’on ait pu soupçonner avoir quelqu’envie de s’expatrier.

 

 

Ce ne fut que vers le milieu du XIXe siècle (vingt ans après la disparition d’Oberlin) que se développa le spectaculaire intérêt du Ban de la Roche pour les terres du nouveau continent.

Pour les familles concernées, on se reportera sur les villages suivants dans Geneawiki :

Les États d'Amérique les plus sollicités furent la Pennsylvanie, l'Illinois et l'Iowa, de 1830 jusqu'après 1930.

 

 

D'autres encore choisirent de partir vers les colonies françaises d'Afrique du Nord autour de 1900 (le Ban de la Roche était à ce moment-là territoire allemand !).

 

 

Plusieurs communautés nouvellement fondées édifièrent leurs propres lieux de culte, comme celle de Woolstock dans l'Iowa, où un service religieux en langue française fut célébré.

 

 

Les Américains d'origine bandelarochoise, en particulier ceux devant faire appel aux fonds d'archives moraves ou Amish, témoignent encore de leur difficulté à faire le lien entre leur origine partagée et cette petite région aujourd'hui en France et connue sous le nom allemand de Steintal.

 

 Le Ban de la Roche s'est jumelé en 1984 avec la ville de Woolstock.

 

 

 

 

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