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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 08:27

Posté le 21 décembre 2009  |  

Voici la Tribune de Marine LE PEN à paraître dans la rubrique « Point de vue » du journal « Le Monde » du mardi 22 décembre :

Identité nationale : la tentative d’enfumage a échoué

Affolé par sa chute dans les sondages et les perspectives électorales de son parti, le président de la République a cherché une nouvelle fois à enfumer les Français en lançant un débat sur l’identité nationale.



A notre sens, un double objectif a motivé cette initiative dénuée de sincérité.
Nicolas Sarkozy voulait en premier lieu détourner l’attention d’un peuple de plus en plus conscient de ses échecs face à la crise et faire oublier sa promesse d’être « le président du pouvoir d’achat ». Chômage, délocalisations, fiscalités locale et nationale, inégalités, dette publique : les voyants sont tous passés au rouge écarlate. L’affaiblissement méthodique de l’Etat et des services publics attise la colère sociale.
Le président souhaitait aussi, pour la nième fois, retenter le « coup » de la campagne de 2007 : apparaître comme le protecteur de notre pays, de ses valeurs et de son identité face à toutes les agressions. Ce débat devait être l’occasion d’entonner le refrain maintes fois entendu d’un homme qui n’a pas peur du peuple, qui se soucie de défendre les Français d’abord. Pour le président, il s’agissait une fois encore, afin de fidéliser un électorat capté par la duperie d’une campagne mensongère, de tenir un discours contraire à la réalité de l’action menée en matière d’insécurité et d’immigration depuis 2002, et plus grave, certainement fort éloigné de ses convictions réelles.
Reste qu’à la différence de ce qui s’était toujours produit dans le passé, nos compatriotes ont cette fois déjoué la stratégie présidentielle, rapidement décryptée comme purement électoraliste. La réalité de la délinquance, marquée par une hausse continue de ses formes les plus violentes, et le caractère massif de l’immigration, qui affecte gravement les équilibres économiques, sociaux et identitaires de notre pays, ont souligné le décalage entre le discours du président et ses actes, et ont certainement contribué à ouvrir les yeux des Français.
Ayant repéré les grosses ficelles de cette nouvelle esbroufe, ils ont vite conduit Nicolas Sarkozy à se prendre les pieds dans le tapis. Son discours, plus que jamais, sonne faux, et le président se présente aujourd’hui dans toute sa faiblesse : celle d’un homme dur dans le verbe, mais mou dans l’action, celle d’un communicant qui préfère les écrans de fumée à une réelle politique de fermeté. Les Français avaient cru élire en 2007 le président du volontarisme, ils découvrent aujourd’hui un simple phraseur.
Le large soutien populaire à la décision des Suisses d’interdire la construction de nouveaux minarets, de même que la révolte légitime devant les nombreuses manifestations de racisme anti-français, comme ces drapeaux tricolores brûlés dans nos villes le soir de la victoire de l’Algérie sur l’Egypte, incitent Nicolas Sarkozy à faire vibrer ses accents les plus patriotes. Sauf que ce n’est plus de mots et de paroles dont nous avons besoin aujourd’hui, mais d’action. Il est plus que temps, Monsieur le président, d’agir !
Agir en matière d’identité nationale, d’immigration et d’insécurité, cela signifie d’abord prendre les mesures d’urgence qui s’imposent. C’est prohiber dès maintenant les signes ostensibles de prosélytisme religieux, contraires à nos traditions et à la laïcité, telles que les mosquées cathédrales, et ne pas se contenter, par opportunisme, d’interdire la burqa la veille des élections régionales. C’est aussi définir un plan d’action pour restaurer l’ordre en France et éviter par exemple que dans trois semaines, la Saint-Sylvestre ne soit une nouvelle nuit de feu. C’est évidemment stopper l’immigration de masse et démanteler enfin les filières clandestines plutôt que de multiplier les régularisations.
Il ne sera possible d’agir efficacement que lorsque l’on cessera de nier les aspirations du peuple français. Affirmer son respect de la volonté populaire ne suffit pas, il faut en donner la preuve, et arrêter sur ce sujet-là aussi de faire le contraire de ce qu’on dit. A cet égard, les responsables de l’UMP, dont plusieurs ministres, ne furent pas en reste pour fustiger le choix du peuple suisse. Rappelons que Nicolas Sarkozy a lui-même organisé le contournement du vote des Français sur la constitution européenne en faisant discrètement adopter par le parlement le Traité de Lisbonne, sa copie-conforme. Il s’agissait d’effacer une décision souveraine que les élites politiques et médiatiques n’ont jamais supportée. Le président semble d’ailleurs très mal à l’aise avec le principe même du référendum, lui qui supprima son caractère obligatoire concernant l’adhésion de nouveaux pays à l’Union européenne.
Nous proposons au contraire sur les sujets essentiels touchant au pacte social de nous tourner vers le peuple parce que ce doit être, au final, toujours à lui de trancher. Faut-il inscrire dans notre Constitution que la République ne reconnaît aucune communauté ? Voilà une question qui mériterait d’être posée directement aux Français. Faut-il interdire la discrimination positive ? En voici une deuxième qui permettrait à nos compatriotes de choisir entre deux conceptions opposées : d’un côté, l’égalité républicaine et la méritocratie, de l’autre la politique des passe-droits sur fondement ethnoculturel, telle qu’elle est progressivement mise en place sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy.
Affermir l’identité nationale, c’est enfin rassembler les Français. Pour cela, il convient de lutter contre les inégalités, qui sont avant tout économiques et sociales, notamment en redressant l’école. Confondre sciemment inégalités et discriminations, pour ne pas avoir à s’attaquer aux premières, et pour justifier la discrimination positive, c’est l’aboutissement cynique de l’ultralibéralisme, auquel la gauche et la droite souscrivent, mais que nous devons combattre. C’est tout le sens de mon soutien à la création de l’association SOS Egalité, qui vise à défendre les victimes de ce système et à promouvoir l’égalité républicaine.

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