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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 07:29

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Une société profondément dévoyée

 

 

 - mercredi 07 décembre 2011


Au moment où ces li­gnes paraîtront, bien d’autres nouvelles seront venues faire la première page des journaux, et le meurtre de la jeune Agnès au Chambon-sur-Lignon sera ou­blié.

La langue de béton du politiquement correct aura disséminé ses stéréotypes. Il y a, dit-on, d’un côté, les bien-pensants emplis de compassion et pour lesquels un criminel a toujours le droit de se trouver réhabilité, « réinséré » dans la société. Il y a les psychologues et les psychiatres qui viennent expliquer qu’un assassin sommeille en chacun de nous, qu’il y aura toujours de la violence et qu’il y en a toujours eu. Il y a les juges de gauche qui viennent dire, dès que l’occasion leur est offerte, que les cas de récidive sont statistiquement infimes et qu’on ne va pas condamner à vie tous les auteurs de crimes parce qu’une poignée retombe.

Et puis, il y a, en face, les méchants, les mauvais, les galeux au front bas et aux traits crispés, les adeptes de la perpétuité réelle, de la peine de mort et de la tolérance zéro face au risque de récidive. Ceux-là seront décrits comme adeptes du « tout répressif », et classés à l’extrême droite, à moins que ce ne soit à la droite extrême.

Les arguments échangés de part et d’autre sont connus. Et les arguments des premiers, à la différence de ceux des seconds, étant ceux de la haute intelligentsia et du personnel politique et médiatique, sont hégémoniques. Le débat est biaisé, escamoté depuis des décennies, et cela ne changera pas.

Je sais tout cela. Je tiens à dire néanmoins que je suis libéral, et partisan dès lors de la plus grande liberté possible pour tous les habitants de la société dans laquelle je vis – ce qui inclut la liberté de parler, d’écrire, d’entreprendre, de créer, d’aller et venir sans être victime d’un contrôle d’identité, qui est, pour moi, un acte arbitraire marqué d’une présomption de culpabilité.
Je suis libéral et, en tant que tel, je tiens à ce que l’État occupe ses fonctions régaliennes, seulement ses fonctions régaliennes, qui en font le gardien du droit de tous les citoyens.

Mais je tiens à ajouter que je pense que l’État, en France, est en de multiples secteurs où il n’a pas à être et n’est pas, ou de plus en plus mal, dans les secteurs où il devrait être.

La liberté des honnêtes gens n’est vraiment assurée que si ceux qui portent atteinte à cette liberté sont mis hors d’état de nuire. Le châtiment, pour être juste, doit être proportionnel au crime et, dès lors que la vie est le bien le plus précieux d’un être humain, celui qui prend la vie d’un autre doit risquer la peine capitale ou, pour le moins, la perpétuité réelle, et pas la perpétuité de papier mâché qui se trouve appliquée en France au­jourd’hui, et qui dévalue considérablement le prix de la vie humaine.


Un viol avec violence implique enfermement immédiat du coupable pour de longues années, surveillance pour le reste des jours de celui-ci, condamnation à la perpétuité réelle en cas de récidive.
Celui qui tue ou viole s’exclut lui-même de l’humanité et les conséquences de cette exclusion doivent être claires, nettes et précises.
Nous vivons, à mes yeux, dans une société profondément dé­voyée et pervertie.

Le meurtrier de la jeune Agnès a agi seul, mais il a de multiples complices qui l’ont aidé à commettre son geste : le juge qui l’a relâché après quatre mois de prison préventive, le psychiatre qui a examiné son cas, les services de la justice qui n’ont pas signalé la nature de son crime au collège où a eu lieu le meurtre, les parents du meurtrier qui ont relativisé l’acte de leur fils et lui ont donné l’opportunité de recommencer, les responsables du collège qui ont fait preuve d’une tolérance frelatée et d’une suspecte absence de curiosité. Sont complices aussi tous les adeptes du politiquement correct.

Tous les meurtres ne sont pas évitables. Mais tous ceux qui peuvent être évités doivent l’être. Celui-là pouvait l’être aisément. Il y en a, chaque année, des dizaines comme celui-là. Il y en aura encore des dizaines dans les années à venir.

Les complices des assassins futurs sont en action. Ils parlent. Ils écrivent. Après le meurtre d’Agnès, on n’a quasiment vu qu’eux sur les écrans de télévision. Ils ont beaucoup évoqué l’assassin. Ils l’ont évoqué sans cesse. Ils ont laissé de côté la victime. Elle ne semblait pas les intéresser. Le futur de l’assassin semblait les passionner. Le futur de la victime ne pouvait les passionner, bien sûr, puisqu’il n’existera jamais. Abominable époque !

 

 

 

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