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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 11:11

 

 

 

 

 

La Côte d’Ivoire a semblé, pendant des an­nées, un État d’Afrique presque exemplaire.
Sa gestion était moins catastrophique que celle de nombreux pays de la région. Sur un plan politique, le pays incarnait une certaine forme de modération. Une prospérité relative existait.

Les difficultés ont commencé au cours des années 1990. Elles ont découlé d’une baisse du prix des produits agricoles : la Côte d’Ivoire, exportant essentiellement du café et du cacao, a été touchée de plein fouet. Les difficultés ont découlé aussi du fait que le pays est divisé en deux grandes zones : un Sud animiste et chrétien, et un Nord musulman. Elles se sont trouvées exacerbées par des flux migratoires venus de pays voisins plus pauvres, et eux-mêmes musulmans. Henri Konan Bedié, le successeur du premier président, Félix Houphouët-Boigny, a développé la notion d’« ivoirité », destinée à insister sur la prééminence des « Ivoiriens de souche » sur ceux issus de l’immigration musulmane incontrôlée. Ce fut le début d’un conflit entre le Nord et le Sud qui semble trouver sa triste conclusion aujourd’hui. En 1999, un coup d’État renverse Konan Bedié et l’armée, menée par Robert Guei, prétend remettre de l’ordre face aux tensions croissantes.

Des élections présidentielles ont lieu en 2000, qui voient la victoire de Laurent Gbagbo. Une tentative de prise de pouvoir par les armes est organisée depuis le Nord deux ans plus tard par des mouvements qui se regrouperont sous le nom de « Forces nouvelles de Côte d’Ivoire ».
Ces mouvements ont reçu, clairement, l’appui de pays musulmans de la région et celui de la France. La prise de pouvoir échouera. Une force d’interposition de l’ONU prendra place, l’ONUCI. Un contingent français contribuera aux opérations. Un cessez-le-feu suivra, puis des « accords de réconciliation nationale » en 2003, prévoyant une restructuration du pays et l’organisation d’élections.

Une élection présidentielle aura lieu en 2010, sous contrôle des Nations Unies, mais sera entachée de nombreuses irrégularités. Cette élection donnera pour vainqueur Alassane Ouatara, musulman issu du nord, et dont l’« ivoirité » n’a cessé d’être contestée au Sud. Laurent Gbagbo, considérant que l’élection n’est pas valide, restera au pouvoir et demandera des négociations. L’ONU, soutenue par la France, refusera, et reconnaîtra Alassane Ouattara comme Président élu. Un statu quo durera plusieurs mois au cours desquels l’Organisation de l’unité africaine tentera de trouver une issue, jusqu’à l’offensive de ces derniers jours. Cette offensive vise à installer Ouattara à la présidence et à éliminer Gbagbo. Elle s’appuie sur des déserteurs de l’armée régulière ivoirienne et sur les milices des Forces nouvelles de Côte d’Ivoire, les deux étant regroupés sous le nom de « Forces républicaines de Côte d’Ivoire ». Elle bénéficie du soutien des Nations Unies et des forces françaises. Elle a été financée par le Nigeria et le Burkina Faso, qui ont reçu à cette fin des appuis financiers dont on sait peu de choses.

Ce qui prend forme peut sembler être une résolution de la « crise », mais je crains qu’il n’en soit rien. Pour les populations animistes et chrétiennes du Sud, ce qui se passe est une prise de pouvoir violente par les musulmans du Nord et une intégration forcée de la Côte d’Ivoire dans la oumma, communauté des croyants. Des massacres de chrétiens ont eu lieu par les « Forces Républicaines ».

L’économie étant tenue largement par les ethnies chrétiennes, on peut se demander si celles-ci se soumettront, ou renonceront et connaîtront l’exode.
On ne peut ignorer, de surcroît, que cela se passe dans un contexte où des chrétiens sont massacrés aussi au Nigeria voisin. La Côte d’Ivoire semble en tout cas sur le chemin qui en fera un pays musulman de plus, dans un contexte d’avancée de l’islam radical. Elle semble sur le chemin d’une destruction économique qui contribuera à déstabiliser davantage cette région du monde. Qu’au nom de ce club de dictatures dominé par l’Organisation de la Conférence Islamique qu’est l’ONU, la France ait invoqué le « droit international », et ait contribué à ce résultat montre qu’elle pratique la politique du pire. Une Côte d’Ivoire divisée en deux aurait été une solution moins dévastatrice, mais qui avait la force de proposer cette issue ? Personne dans le monde tel qu’il est aujourd’hui.

 

 

 

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