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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 08:02

 

 

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Des choses sont à retenir de l’interview.

 

 2% de déplétion pétrolière par an conduirait 1% de récession mondiale permanente, soit, 20% environ de régression du PIB mondial (et donc du niveau de vie) sur 20 ans, et une augmentation de 800% du prix du baril (et donc X8 pour l’essence, environ).

Cependant, ce responsable de modélisation avoue qu’il y a des effets de seuil imprévisibles, possiblement en cascade. Par exemple, on pourrait imaginer qu’au dela de 200€ le baril le tourisme souffre énormément, ce qui pourrait avoir un impact sur l’automobile, et l’aviation, etc…

 

 

Par contre, ce qui m’étonne au plus haut point, c’est qu’il ne fait pas le lien entre le plateau pétrolier de 2005 et la crise de 2007. Bien sûr, on ne peut pas l’affirmer ainsi sans plus d’explication. La crise de 2007 aurait eu lieu sans pic pétrolier.

 

 La différence ? c’est qu’elle aurait eu lieu plus tard (légèrement), et surtout qu’elle serait déjà finie. La reprise aurait repris ! C’est la toute la différence. Le pic pétrolier empêche toute reprise.

D’autre part, on peut aller plus loin et affirmer que justement, cette crise a été le résultat du premier choc pétrolier : le plateau de production par personne est en 1979 (qui coïncide avec le plateau de production onshore, le pétrole le plus facile a exploiter – et ce n’est pas un hasard car l’autre pétrole, il faut aller le chercher dans des conditions plus difficiles). Si nous empilons les dettes et les bulles depuis 30 ans, ce n’est pas pour rien. Cela fait 30 ans que l’économie patine en réalité. Le plateau de 2005 à juste donné la pichenette qui manquait. Le pic pétrolier absolu, donnera la dernière pichenette à l’économie avant qu’elle ne s’effondre (lentement ou brutalement, mais inévitablement

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Le FMI manque aussi le lien avec les crises précédentes. Crise financière de 1907 juste avant que le charbon n’atteigne son « pic vapeur ». Crise qui s’est terminée en guerre mondiale. Puis, pendant 30 ans, pendant que le charbon continuait son déclin, le temps que le pétrole prennent le relais, on se retrouve avec une énorme crise financière (1929) qui se solde par une dernière guerre mondiale, qui sera en réalité, la guerre pour le contrôle du pétrole.

 

Si Hitler a envahit la Pologne, c’était pour l’accès au pétrole.

 

 

Ce n’est pas très différent de la guerre récente en Lybie, qui survient, comme par hasard, juste après qu’on y ai découvert un gisement géant de gaz (NC007).

 

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s’est produit la même chose en 1313, avec le bois/sidérurgie (grâce a l’invention des roues à aubes quelques décennies plus tôt qui ont accéléré l’utilisation du bois dans les fourneaux – coïncidence, c’est justement en ce moment qu’on est en crise pour les hauts fourneaux de Florange) qui atteint son pic, ce qui provoque, crise financière de Venise (mais ce n’était pas orchestré comme le prétends l’article, c’était le résultat de la pénurie de bois), famine, puis guerre des cents ans (1337-1453), puis épidémies de pestes, le temps qu’on trouve d’autres solutions pour la croissance économique : ce sont les grandes découvertes (1419 par les portugais) qui marquent le renouveau.

 

 

 

Mais il reste une objection à traiter : la crise serait du aux inégalités, au fait que les riches s’accaparent trop de richesse, et ruinent les pauvres, provoquant ainsi chômage et misère. Ce ne serait donc pas les lois de la physique qui provoqueraient les pénuries, mais l’avarice. Pour preuve, le maïs qui est utilisé pour faire de l’essence. C’est un peu vrai. Mais ce n’est qu’un phénomène à la marge.

Vous pouvez être aussi riche que vous le voulez, vous ne mangerez que 3 fois par jours. Vous pouvez être aussi riche que vous le voulez, vous n’habiterez au final qu’une seule maison. Ok, elle sera plus grand, plus belle, mieux située. Un riche n’habite pas toute une ville à lui tout seul ! Par contre, la richesse donne le pouvoir de décider pour les autres. Quand quelqu’un est endetté, vous ne voulez pas sa maison, vous en faites un esclave, c’est bien plus intéressant. (je simplifie – les gens expulsés existent parce que les banques ont l’espoir que d’autres les remplaceront – mais au final, c’est un jeu à somme nulle, on vous logera contre travail) D’autant qu’il ne faut pas oublier qu’aujourd’hui il y a beaucoup de riches « virtuellement », en billet de banque, mais billets qui ne peuvent rien acheter, qui ne valent rien

 

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enfin, que dire d’un riche qui possède une usine … 10 usines ? Les riches ne possèdent pas que des maisons et des belles voitures, ils possèdent surtout des usines, des robots. Un riche au final n’utilise qu’une seule voiture, voire un jet, pour se déplacer. Il ne peut pas en utiliser 2 pour se déplacer. Il ne prive pas le reste du monde de pétrole, d’espace, de ressources (ou très peu à l’échelle de la planète). Et puis il fait travailler les fabricants de voiture, de maisons, etc… il donne du travail. Et les riches sont souvent obligés de ré-investir la majeure partie de leur richesse. Ils ne peuvent en réalité jouir que du surplus. Sous peine de voir leur richesse s’amenuiser très vite ! Ils sont donc obligés de faire tourner l’économie.

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Donc l’impact des riches, et les chiffres le confirment, ne se fait sentir qu’en période de pénurie d’énergie (les inégalités régressent pendant les 30 glorieuses partout sur la planète). En période de croissance, au contraire, ils agissent comme catalyseur économique (globalement ! il y a toujours quelques profiteurs/tricheurs qui ne jouent pas le jeu). Le facteur primordial duquel les autres découlent est donc l’abondance d’énergie.

Nous retrouvons à chaque fois le même schéma : invention technologique, boom économique et démographique, surexploitation des ressources, pic, crise financière, famines, guerres, épidémies.

  • 1313 : pic du bois/haut fourneaux – crise de Venise – guerre de cent ans – peste noire
  • 1913 : pic du charbon/machine a vapeur – crise de 1907, 1929 – 2 guerres mondiales – grippe espagnole
  • 2013 : pic du pétrole/moteur a explosion – crise de 2007 des subprimes – émeutes de la faim, révolutions arabes – pas encore de grosse guerre ni d’épidémies.

Nuance : Le pic charbon Anglais date de 1913, mais les effets se sont fait sentir avant. Car avant d’atteindre le pic, ils ont sûrement du augmenter les efforts d’extraction. Les dates sont la à titre indicatif voire symbolique pour montrer le parallèle.

Et tout ça le FMI refuse de le voir. En effet, l’entropie est un point aveugle de l’économie, de même que l’énergie, de l’aveu même du conseiller. C’est pourtant presque uniquement de ça qu’il s’agit.

Conclusion ?

Nos dirigeants, même après 5 ans de crise, même après 30 ans de difficultés, même après plusieurs leçons historiques, ne parviennent toujours pas a voir/comprendre ce qui se trame. Ils continueront donc à nous imposer de mauvaises solutions. La crise va s’aggraver. La seule solution serait de faire un diagnostique correct. La, nous aurions seulement une chance d’en sortir, sans garantie, mais une chance tout de même. La, l’issue tragique est inévitable.

 

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PS : mon approche analytique n’est pas traditionnelle. Je n’utilise pas la logique analytique, mais la logique analogique. C’est pour cela que je peux « voir » des choses que les analystes ne voient pas. Pour donner un exemple : il n’y a aucun lien de cause à effet direct entre la guerre mondiale de 1913 et le pic charbon de 1913. La guerre mondiale a été provoquée par des tensions entre les pays, par des rivalités de personnes, etc…

 

Donc « en apparence », on ne peut pas dire que les 2 sont liés. Pourtant, ils sont bien liés temporellement. Et, c’est la même chose pour les crises financières, c’est une « coïncidence » s’il n’y en a pas pendant la période de boom pétrolier. Analytiquement, il n’y a aucun lien entre les 2. En fait, les liens existent, mais demandent une analyse transversale systémique … hors de portée du raisonnement classique. Je n’ai pas encore pris le temps et la peine d’expliquer cette façon différente de penser, très familière aux yogis.

 

 

C’est ce que j’expliquais : la crise est une crise de la rationalité.

 

 

C’est notre manière de réfléchir, et de penser le monde qui est en cause. Nous devons désapprendre à penser …

 

 

 

 

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