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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 08:24

 

 

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  1. Quelques remarques. La crise de 1907 est due à des facteurs purement monétaires. Uniquement monétaire. Ce n’était pas une crise économique, par ailleurs, mais une panique bancaire, ce qui est tout à fait différent. La raison en est expliqué dans « The Theory of Free Banking » de George Selgin que j’ai passé en revue sur mon blog il y a 2 ans de ça. Grosso modo, les réglementations de l’époque ont rendu la monnaie bancaire très inélastique, si bien que les banques ne pouvaient pas accommoder l’offre de monnaie à la demande. Or cette demande fluctue grandement en fonction des saisons. Notez que la crise de 1907 s’est déroulé un Automne, exactement durant la période où il y a un pic annuelle de demande. Donc les banques avaient des difficultés pour cette raison.
  2. Quant à la crise actuelle, vous négligez le fait qu’à chaque récession les gouvernements essaient de relancer l’économie à coup de politique keynésienne, que j’ai critiqué ici. Or, les autrichiens estiment justement que ça ne marche pas, et ce qui empêche même la reprise, en prolongeant la période de vache maigre encore plus loin. Vous pouvez difficilement démêler pétrole et politique keynésienne.
  3. Concernant les inégalités grimpantes depuis 1980, c’est dû là encore à des facteurs monétaires. L’effet Cantillon. Il se produit lorsque la monnaie est produite en excès, ce qui redistribue les revenus depuis les pauvres vers les riches. Car lorsque le crédit déferle, cette nouvelle monnaie arrive d’abord dans la main des plus riches, qui empruntent, et ils ont de la monnaie supplémentaire, alors que les prix n’ont pas encore monté. C’est lorsqu’ils effectuent leurs dépenses que les prix vont monter. Les ouvriers modestes, ensuite, reçoivent cette monnaie, mais les prix ont déjà monté au préalable. Pour les premiers, la monnaie n’est pas encore dévaluée, pour les seconds, la monnaie est dévaluée du fait des hausses de prix.
  4. Une autre possible raison de la hausse des inégalités est peut-être à chercher dans les racines de la « guerre contre la pauvreté » depuis les années 60s. Jetez un oeil à cette série d’articles, des notes de lectures de Losing Ground de Charles Murray. Il explique comment et pourquoi la redistribution des richesses ne conduit pas à une réduction des inégalités.
    http://aristidebis.blogspot.fr/2012/01/losing-ground-la-tragedie-de-letat_7027.html
    http://aristidebis.blogspot.fr/2012/01/losing-ground-la-tragedie-de-letat_17.html
    http://aristidebis.blogspot.fr/2012/01/losing-ground-la-tragedie-de-letat_24.html
  5. Vous pouvez par la suite lire le chapitre 9 de Coming Apart, du même auteur. Lisez surtout les paragraphes sous la figure 9.7.
    http://analyseeconomique.wordpress.com/2012/11/10/coming-apart-by-charles-murray/
  6. Je pense que avez là les meilleurs éléments de réponses.

    Je le redis : je ne néglige, ni n’ignore tous ces facteurs. Bien au contraire. Je suis tout à fait d’accord avec vous. Je proposes une approche systémique de la situation (raisonnement analogique) et non pas analytique.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Approche_syst%C3%A9mique

    L’approche analytique néglige les boucles de retroactions inhérentes au systèmes complexes de l’économie et de la société. Entre autre. Je suis en train de préparer un papier dessus pour expliquer cette approche.

  1. « Quand quelqu’un est endetté, vous ne voulez pas sa maison, vous en faites un esclave, c’est bien plus intéressant »
  2. Sinon, je trouve cette remarque tout à fait caricaturale. Vous sous-entendez que la banqueroute des clients plait aux banquiers. C’est tout le contraire. C’est justement ce qu’elles veulent éviter. Les banqueroutes sont des signes d’instabilité et elles envoient des signaux aux clients de banques. Des banqueroutes sont des incitations à faire un bank run. Vu que les banques souhaitent éviter les bank runs, alors toute banqueroute, quelle qu’elle soit n’arrange pas les banques, bien au contraire.

    En effet, ma remarque est simpliste et caricaturale. Je ne parle pas des banqueroutes qui, comme vous le dites, n’arrange pas du tout les banquiers. Par contre, devoir travailler dur pour rembourser les dettes, oui. Le banquier gagne un maximum quand on est à la limite de la banqueroute. Le jeu est de nous y pousser le plus près possible, sans nous y faire tomber dedans. C’est un mélange subtil proche de la corde raide.
    Je ne me souviens plus de l’article, mais aux USA les banques sont friandes des multiples cartes bancaires a cause de ça.
    Mais je ne peux pas expliquer tout ces détails dans le cadre d’un article. Je fais des raccourcis.

  • 猛虎 décembre 6, 2012 à 11:14

    La banque veut des clients fiables. Si elles ne vous croient pas capable de rembourser, elles ne prêtent pas. La banque n’aime pas les pauvres. Elles prêtent aux riches. Si les clients font de mauvais investissements et font finalement banqueroute, vous ne pouvez pas blâmer la banque pour les erreurs des emprunteurs. L’erreur est partie intégrante du business. La banque choisit toujours un client qu’elle croit fiable. Parfois, elle se trompe. L’investisseur, lui, investit avec le crédit qu’il vient d’obtenir. Toujours dans un business qu’il croit rentable. Parfois, ça ne se passe pas comme prévu. Il est ruiné pour ses erreurs. C’est comme ça. C’est partie intégrante de la vie. Ce n’est pas le système qui est cruel et inhumain. C’est juste le cours de la vie.

    En outre, il est normal de payer des taux d’intérêts. Un taux d’intérêt de zéro implique que les employés de banques ne gagnent pas un centime. N’oubliez pas non plus que les taux d’intérêts sur les prêts permettent aux banques de rémunérer les épargnants. C’est pour cette raison qu’ils déposent leur argent en banque. Parce qu’ils perçoivent des « indemnités » pour le risque de laisser leur argent en banque.

    • yoananda décembre 6, 2012 à 11:30

      Non,la banque cherche un compromis entre rentabilité et fiabilité. Il faudrait que je vous retrouve cet article qui montrait que les banques faisaient leur beurre sur les pauvres aux USA justement. Sinon, vous ne me croirez pas.

    • 猛虎 décembre 6, 2012 à 11:37

      Pas en principe. Si elles le font néanmoins, alors ça veut dire que des réglementations derrière les y poussaient. N’oubliez pas que la réputation de la banque dépend de la qualité de ses clients, et leur probabilité à rembourser. Personne ne va vous croire si vous dites que les banques préfèrent les clients pauvres qui par définition ont plus de difficultés à rembourser. Ça s’appelle tuer son propre business.

    • yoananda décembre 7, 2012 à 8:08

      Non, parce que ce sont eux (les pauvres) qui rapportent le plus (parfois, pas toujours) : arbitrage entre risque / rendement. Comme je l’ai dit. Les subprimes c’est quoi d’après vous ?

  1. Vous ne répondez toujours pas à ma question. Comme je l’ai dit « les clients pauvres qui par définition ont plus de difficultés à rembourser ». Donc, à moins de prétendre que les banques peuvent maximiser les profits en prêtant à des individus incapables de rembourser plutôt qu’à des individus riches, les prêts aux pauvres ne rapportent jamais plus. Mais moins. Si vous dites que ça rapporte davantage de prêter à des gens insolvables, il faudra démontrer et convaincre votre public que les banques améliorent leurs profits en vendant leurs crédits à des gens incapables de rembourser. Dans aucune entreprise une telle manoeuvre est rentable. Pourquoi la banque ferait-elle exception ? Je ne vois aucune raison.

    En outre, vous raisonnez comme si les banques n’étaient pas régulées. C’est tout le contraire. Ça fait plusieurs décennies que nous sommes dans une économie d’aléa moral. Si les entrepreneurs savent que les risques entrepreneuriaux sont « subventionnés » en cas de faillite, la prise de risque devient plus rentable que ce qu’il en aurait été autrement. C’est ça les Subprimes, que vous me citez.

    Par ailleurs, il n’y aurait pas de « crise des Subprimes » sans sur-expansion monétaire. Ça fait plusieurs jours que je le dis et que j’insiste lourdement dessus. Je remets sur la table la citation de Fritz Machlup :

    If it were not for the elasticity of bank credit, which has often been regarded as such a good thing, the boom in security values could not last for any length of time. In the absence of inflationary credit the funds available for lending to the public for security purchases would soon be exhausted.

    Cette dernière phrase est à retenir. Elle indique qu’il est impossible d’étendre le crédit sans expansion monétaire. Il n’y a pas de bulles sans crédit. Même la soi-disante Tulipomanie n’était qu’un mythe : (1) il y avait bien une expansion de monnaie (2) il n’y avait pas de bulle ni de crise de toute façon. Aucune bulle dans l’histoire n’a gonflé sans l’impulsion de la monnaie. C’est même théoriquement impossible.

    N’oubliez pas en outre. Les épisodes de Free Banking n’ont été touchées par aucune crise que ce soit. Les seules exceptions sont l’Australie et le Chili. Mais là encore, c’est dû à des facteurs externes, comme par exemple l’intervention du gouvernement (voir mon blog). Il n’y a aucune preuve que le système bancaire dérégulé conduit à des crises. C’est prouvé empiriquement, et théoriquement, les théories de ‘défaillance bancaire’ sont au mieux incohérentes, auto-contradictoires au pire.

    Il n’est prouvé, ni théoriquement, ni empiriquement, que les banques non régulées, ont un appétit certain pour le risque.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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