Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 08:22

 

 

 

« L’élite » en Angleterre n’a jamais aimé ses pauvres c’est pas nouveau, ils les ont toujours méprisés avec la plus profonde indifférence…

Un peu d’histoire…

En Angleterre, dès 1575, un acte d’Elisabeth I instituait des établissements visant « la punition des vagabonds…


C’est très vrai: c’est probablement dû au fait que l’Église avec tous ses oeuvres charitables a été bannie d’Angleterre par Henri VIII et ses richesses confisquées à partir de 1535, date de l’exécution du chancelier Thomas More.

Ce qu’on appelle actuellement le  » Social  » a été inventé par l’Église à partir du VIIe siècle: ce sont les 7 oeuvres de miséricorde pour lesquelles des ordres religieux spécifiques ont été créés.

une autre raison est probablement que la Bourgeoisie est devenue très tôt la classe dominante en Angleterre, avec la Glorieuse révolution de Cromwell, celle de juillet 1689 qui a servi de modèle à la Révoluton française.

Au XVIIIe siècle, il y avait déjà un prolétariat exploité par le régime manufacturier en Angleterre, ce qui était impossible en France à cause du droit social des communautés de métiers qui a été aboli en 1789 par les lois Le Chapellier et Allarde.

Dans la dèche à paris et à Londres de George Orwell montre que les vagabonds étaient toujours persécutés par les autorités anglaises au début du XXe siècle

-------------------

 

En Angleterre, dès 1575, un acte d’Elisabeth I instituait des établissements visant « la punition des vagabonds et le soulagement des pauvres ». Les « Houses of correction » qui auraient dues être présentes dans chaque comté vont laisser la place aux workhouses qui dans la seconde moitié du XVIIIe siècle trouveront leur véritable expansion.Foucault note qu’en « quelques années, c’est tout un réseau qui a été jeté sur l’Europe. » En Hollande, en Italie, en Espagne, en Allemagne se créent également des lieux d’internement de même nature.

--------------

Cette politique d’enfermement systématique apparaît maintenant inhumaine et dangereuse au plan sanitaire. Elle fut contestée par les philosophes des Lumières et finalement abandonnée. En France, la révolution enclenche une évolution dans la conception de la pauvreté. La pauvreté devient l’expression de dysfonctionnements dans la société.

  Comme le montre le livre d’Orwell qui est un témoignage, les maisons d’enfermement des vagabonds n’ont pas du tout été supprimés avant le milieu du XXe siècle.

Il y avait beaucoup beaucoup plus de pauvres et de misérables en France, et beaucoup moins secourus en France après la Révolution au XIXe sècle qu’au XVIIIe. Le régime manufacturier était terrible, il envoyait les petites filles pousser des wagons au fonds des mines.

 

 

Voilà le résultat de la Révolution française:

 

 

“Dans le douzième arrondissement, sur 98 000 habitants, il se trouve 8 000 ménages inscrits au bureau de bienfaisance, 21 992 secourus extraordinairement, en tout 70 000 personnes vivant du pain précaire de l’aumône.

 

 

La moitié de ces quartiers se composent de rues étroites où le soleil ne pénètre jamais, où une voiture ne s’engagerait pas sans danger, où un homme en frac ne passe pas sans faire événement et sans attirer sur les portes des groupes d’enfants nus et de femmes en haillons.

 

 

Des deux côtés d’un ruisseau infect, s’élèvent des maisons de cinq étages, dont plusieurs réunissent jusqu’ à cinquante familles.

 

 

 Des chambres basses, humides, nauséabondes, sont louées à raison de un 1,50 Francs quand elles sont pourvues d’une cheminée, et de 1,25 Francs quand elles en manquent. Aucun papier, souvent pas un meuble ne cache la nudité de leurs tristes murs.

 

 

Dans une maison de la rue des Lyonnais, qui nous est connue, dix ménages n’avaient plus de bois de lit.

 

Au fond d’une sorte de cave, habitait une famille sans autre couche qu’un peu de paille sur le sol décarrelé, sans autre mobilier qu’une corde qui traversait la pièce; ces pauvres gens y suspendaient leur pain dans un lambeau de linge pour le mettre à l’abri des rats.

 

 

Dans la chambre voisine, une femme avait perdu trois enfants, morts de phtisie, et montrait avec désespoir trois autres réservés à la même fin.

 

Les étages supérieurs n’offraient pas un aspect plus consolant. Sous les combles, un grenier mansardé sans fenêtres, percé seulement de deux ouvertures fermées chacune par un carreau, abritait un pauvre tailleur, sa femme et huit enfants; chaque soir, ils gagnaient en rampant, la paille qui leur servait de gîte, au fond de la pièce et sous la pente du toit. Ne parlons pas de ceux qui avaient deux lits pour six personnes, où s’entassaient pêle-mêle, bien-portants et malades, et des garçons de dix-huit ans avec des filles de seize.

 

Ne parlons pas du délabrement des habits, qui est tel, que dans la même maison, vingt enfants ne peuvent fréquenter les écoles faute de vêtements. Du moins faut-il que ces malheureux trouvent quelque-part leur nourriture, et que si ils périssent de consomption, il ne soit pas dit qu’ils meurent littéralement de faim dan la ville la plus civilisée de la terre.

Il est vrai que la bienfaisance de la nation arrivait au secours d’une si cruelle détresse: les distributeurs qui vont frapper tous les 10 jours à la porte des ouvriers sans travail, y laissent 1 bon kg de viande et 3 kg de pain pour chaque bouche:

 

c’est à peu près la valeur de 12 centimes par jour, et c’est, pour le XIIème arrondissement seul, la somme énorme de 98 000 Francs par mois. (…)

 

 

Ces ouvriers robustes, ces actives ménagères s’indignent de leur désoeuvrement qui, après de longues journées consumées aux portes des chantiers et des magasins où on ne les embauche pas, se plaignent de périr d’ennui autant que de besoin. Il y a cette excuse familière aux coeurs durs que les pauvres le sont par leur faute, comme si le défaut de lumière et de moralité n’était pas la plus déplorable des misère et la plus pressante pour les sociétés qui veulent vivre.

 

On s’ effraye de cette multitude d’enfants qui grandissent sans autre éducation que les exemples du cabaret et les tentations de la place publique.

 

On ne sait pas assez que dans le XIIème arrondissement, quatre mille garçons et filles ne fréquentent pas l’école, faute de places dans les écoles.(…)

 

Voilà les maux, non d’un seul arrondissement, mais de plusieurs arrondissements de Paris; non de Paris seulement, mais de Lyon, de Rouen, et de toutes les villes manufacturières du Nord.”

(1848, Ozanam)

 

Je vous suis en partie pour les cause historique du prolétariat anglais (apparition précoce du pouvoir de la bourgeoisie) mais je pense que les causes sont infiniment plus complexes et contingentes et que l’on ne peut pas les réduire aux grandes lignes idéologiques et politiques qui ont traversé le pays.

 


Je vois surtout d’autres causes à la pauvreté et l’exploitation extrême du prolétariat anglais aux XVIIIe et XIXe siécles: la pauvreté du territoire anglais couplé la précocité de la transition démographique.

 

 

- Le territoire anglais s’il est très vert est en réalité très pauvre, les terres suffisamment chaudes pour les bonnes cultures et les riches pâturages sont peu étendus, et surtout la géologie anglaise (socle granitique largement majoritaire alors qu’en France on a de vastes territoires sédimentaires beaucoup plus fertiles même dans nos montagnes) offre surtout des terre acides et oligotrophes qui ne donnent de bons rendements qu’avec un très lourd apport d’engrais, de ce fait avant l’invention des techniques modernes la grande Bretagne pouvait nourrir une population d’environs 6 millions d’habitants (en comptant l’important apport de la pêche) tendit que la France pouvait aisément en nourrir 20 millions.

 

 

 

L’Angleterre a donc été presque constamment surpeuplé et a eu recours très précocement aux importations, importations qui aggravaient la surpopulation et a rendu l’Angleterre dépendante du commerce extérieur devenue rapidement vital, ce qui ne fut pas le cas de la France pendant longtemps.

- La dépendance de l’Angleterre à ses importations l’a donc conduit à être beaucoup plus hargneuse dans le commerce international et a sans doute été le moteur de la précoce révolution industrielle et de son exode rural associé. Le succès de la colonisation anglaise et du commerce international, et donc des importations, a donc conduit l’Angleterre très tôt vers sa transition démographique pour deux raisons: plus de vivres disponibles, et dans une moindre mesure l’essor de la médecine (conséquence du développement précoce des sciences et de l’éducation dans ce pays pour soutenir le développement industriel) qui a précocement allongé l’espérance de vie (ce qui augmente la population), ainsi l’Angleterre est rentré dans une spirale infernale ou l’augmentation de la population demande toujours plus de progrès commerciales et industrielles et où ce progrès provoque par divers voies une augmentation de population, population qui ne peut travailler dans les champs et est donc dépendante de l’industrie, et l’augmentation de population fut trop rapide ce qui a conduit naturellement à la compétition féroce entre les anglais pour le travail et donc a leur exploitation par la bourgeoisie.

En France on a connu le même phénomène en bien moins important, seulement dans le Nord-Pas-de-Calais, dés le XVIIIe siècle sous l’ancien régime, avec déjà des exploitations de charbons (surtout à Valencienne) et surtout le textile (industrie très ancienne et traditionnelle dans la région mais qui prend une tournure plus industrielle au XVIIIe siècle), et ce développement a connu dans certaines villes le même emballement qu’en Angleterre produisant un prolétariat et une pauvreté extrême et très exploité dés l’ancien régime, les conditions de travail se sont amélioré après la révolution même si elles ont été encore extrêmement dure. Pourtant le Nord-Pas-de-Calais était sous le même ancien régime que le reste de la France et sous la même religion.

Ainsi la pauvreté extrême et l’exploitation qu’a connu le prolétariat français au XIXe siècle n’est probablement pas du au régime politique ni à la religion pas plus qu’aux idéologies, c’est simplement la révolution industrielle et scientifique provoquant la transition démographique que nous avons connu à cette époque et qui a provoqué une trop rapide augmentation de population, les progrès de l’agriculture n’arrivant pas a suivre accroissant la dépendance extrême des prolétaires urbains à la bourgeoisie ce qui provoque inévitablement son leur exploitation et leur asservissement. Ce n’est que lorsque la transition démographique commença à arriver à son équilibre que les progrès ont pu enfin suivre au bon rythme et améliorer la vie des français (la belle époque).

Révolution ou pas révolution ça n’aurait strictement rien changé, l’emballement aurait été le même avec les même conséquences, quelque soit le régime politique et les idées dominantes.

e

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Rechercher

Archives